SEGELENE ROYAL SUR TF1 : SUITE

Publié le par EXCOFFIER


Patrick POIVRE D’ARVOR

     
Alors à ces deux questions, essentiellement sur le financement du programme…

Ségolène ROYAL

     
Je vais peut-être commencer par celle-ci parce que là j’ai pris un engagement extrêmement clair, vous êtes tellement vrai, on est dans un système où le progrès technologique détruit l’emploi et donc paradoxalement, c’est le capital humain qui est à l’origine des solidarités et des cotisations etc, qui se trouvent du coup pénalisé lorsqu’il y a un progrès technologique. Et pourtant il ne faut pas empêcher le progrès technologique qui lui même est créateur d’emplois, donc là aussi ce qui est très important c’est de faire des cercles vertueux et en même temps je vais être très brève et très nette là dessus. Nous ferons, je ferais une réforme de différentes cotisations qui garantiront que le travail est moins taxé que le capital. Et je pense que c’est comme cela qu’une bonne fois pour toute nous pourrons faire en sorte que ce soit les entreprises de main d’œuvre qui ne soient pas pénalisées par rapport aux entreprises qui remplacent effectivement les hommes par les machines.

Grégoire POIREL

     
Merci de la part de tous les travailleurs.

Ségolène ROYAL

     
Pardon.

Grégoire POIREL

     
Merci de la part de tous les travailleurs.

Ségolène ROYAL

     
Oui, je crois que c’est quelque chose de très important et là aussi ce qui est très important c’est que cette démarche là soit faite au niveau européen. Et j’y reviendrais peut-être tout à l’heure, mais dans la façon dont nous devons faire progresser l’Europe sociale, il y a des principes comme ça qui sont presque du bon sens finalement, c'est-à-dire on remet en place des fondamentaux qui correspondent au progrès social, au progrès humain, à la façon d’avancer dans une société. Et donc merci d’avoir posé cette question.

Patrick POIVRE D’ARVOR

     
Alors sur le financement maintenant.

Ségolène ROYAL

     
Alors le financement, comment on paie, c’est une très bonne question et d’ailleurs vous aurez remarqué que j’ai commencé mon pacte présidentiel, c’est assez rare en parlant de la dette, en parlant des différents déficits, aujourd'hui il y a une dette de 18 000 euros par Français, le service de la dette, le coût de la dette est le deuxième budget de la nation, et c’est vrai que c’est très angoissant cette crise de gestion. Alors comment est-ce qu’on va payer les avancées sociales qui sont en même temps, vous l’avez dit aussi indispensables, sur la santé, sur les retraites, sur les bas salaires. La cohérence du projet que je mets en place, c’est que chaque mesure prise, chaque droit nouveau entraîne aussi des devoirs nouveaux ou une dynamique économique nouvelle. Quand j’augmente les bas salaires, cela participe aussi de la relance de la croissance économique par la consommation. Quand on met en place de l’investissement sur la formation professionnelle, on rend les salariés plus efficaces et donc les entreprises plus compétitives, et la clé du financement, c’est la relance de la croissance économique. A partir de,  comment on relance la croissance économique ? On fait comme on fait les pays du Nord de l’Europe, il n’y a aucune raison que la France qui a les mêmes structures que la Suède ou que le Danemark, tous les pays du Nord de l’Europe, n’arrive… ne parvienne pas à surmonter son taux de chômage, à remettre les jeunes au travail, à faire en sorte que le déficit extérieur soit moins élevé, je l’ai dit tout à l’heure, 30 milliards d’euros de déficit, c’est un million d’emplois, donc si on règle cette question là en relançant la machine économique… Et moi je pense que je suis la mieux à même de relancer la machine économique, pourquoi ? Parce que je crois que c’est en faisant aussi de la valeur ajoutée sociale, vous savez le développement économique, il faut le voir différemment, il y a l’efficacité économique de l’entreprise, il y a l’efficacité sociale de l’entreprise et tous les pays qui ont investi dans la formation professionnelle dans le dialogue social, pour empêcher les grèves dures, pour empêcher les licenciements injustes, pour que les salariés aient le sentiment d’être correctement traités,  pour que les profits soient correctement rétablis, ça consolide aussi l’entreprise. Et paradoxalement c’est là dans les pays comme la Suède où le taux de syndicalisation est le plus élevé qu’il n’y a quasiment pas de grève, que les salariés arrivent à changer d’emploi sans drame et qu’en même temps les bas salaires sont les plus élevés. Et donc c’est possible par un effort massif dans la formation, dans l’innovation et dans ce que j’appelle la Sécurité sociale professionnelle. Je veux que les salariés puissent changer d’emploi sans passer par la case chômage parce que ça sécurise les entreprises qui à un moment ont des difficultés, doivent affronter la concurrence internationale, donc doivent avoir de l’agilité, de l’adaptation, et donc si elles ont peur de licencier, elles auront peur d’embaucher. Moi, je veux que les entreprises n’aient plus peur d’embaucher. Comment ? En leur disant que si à un moment elles ont des difficultés parce qu’elles perdent un marché, parce qu’il y a une compétition féroce, à ce moment là les salariés pourront se retirer de l’entreprise mais garder leur rémunération avec une sécurité sociale professionnelle, avec une dignité préservée, pourront se former pour un autre métier, pourront attendre provisoirement que l’entreprise retrouve son marché. Et donc tout le monde est sécurisé, les salariés sont sécurisés parce qu’ils sont correctement payés et ils sont bien considérés. L’entreprise est sécurisée parce qu’elle sait que si elle en a besoin, elle pourra s’adapter rapidement et que l’Etat va l’aider sur l’innovation et sur la recherche. Et donc je pense que la France a les moyens, a les talents, a le potentiel, a les entreprises dynamiques, a les jeunes bien formés pour pouvoir réussir cette mutation qui est très importante.

Patrick POIVRE D’ARVOR

     
Alors il y a beaucoup de questions qui se posent également sur les PME, et les toutes petites entreprises même, il y a des questions de Sylvie je crois qui va la poser, d’Antoine, et de Frédéric…

Sylvie HABIB, 45 ans, chef d’entreprise

     
Oui bonjour madame ROYAL, donc moi je suis effectivement chef d’une petite PME, une TPE même donc moins de dix salariés et nous sommes en France 1 500 000 entreprises PME qui employons 84 % des salariés du secteur privé. Donc je suis contente de voir que vous parlez beaucoup de nous ce soir parce que c’est vrai qu’on est souvent passé sous silence. Et donc ma question était effectivement de savoir quelles mesures concrètes vous comptez prendre. Vous nous en avez donné quelques-unes, mais le principe encore de trier, de sélectionner, de juger sur l’innovation ou des choses comme ça est assez délicat parce que nous sommes là pour nous battre, nous sommes des chefs d’entreprise patrimoniaux, c'est-à-dire que nous sommes dans des petites entreprises quasiment familiales, nous ne sommes pas le grand capital. Il faut nous aider parce que nous pouvons embaucher. Nous représentons un potentiel d’embauche très important, voilà donc nous comptons sur vous.

Frédéric LEJOUR, 33 ans, conseiller investissement financier

     
Oui bonsoir, la question est identique, c'est-à-dire qu’on est énormément chargé, également le jeune entrepreneur doit subvenir à ses besoins, également donc ça c’est très dur pour nous. Si vous ne vous faites pas licencier pour avoir des aides, si vous quittez directement votre emploi, eh bien vous ne pourrez pas avoir d’aide, enfin subvenir à ses besoins c’est assez difficile. Donc que comptez-vous faire pour nous aider lorsqu’on crée une société, sachant que je suis un jeune entrepreneur, que je prends les risques autant pour ma famille également sur le plan financier, et si également vous aviez donc pensé à la fiscalité de l’entreprise surtout ce qu’on parlait pour les PME et les TPE. Voilà pour ma question, la première. Et la deuxième c’était pour l’aide à l’embauche, pour nos premiers salariés, que prévoyez-vous de faire, merci.

Patrick POIVRE D’ARVOR

     
Une question d’Antoine qui se trouve lui à votre droite.

Antoine PREIZAL, 46 ans, restaurateur

     
Bonsoir madame ROYAL, je rejoins un peu mes collègues, je suis également entrepreneur, et finalement vous parlez beaucoup des grandes entreprises, vous parlez également des grandes surfaces mais je ne vous ai pas encore entendu parler de commerçants, de micro-entreprises, alors que finalement ce sont des entreprises qui représentent… 90 % des petites entreprises ont moins de 10 salariés. Alors la difficulté effectivement c’est d’avoir, en fait l’idée c’est de savoir qu’elles sont les mesures que vous allez prendre, fiscales et sur le droit du travail, parce que la difficulté que l’on rencontre, en fait on est à la même enseigne que les grandes entreprises, en matière prud’hommale, donc la difficulté c’est la flexibilité du travail, vous voyez. Il y a une autre remarque également que je voulais vous faire, c’est que début février il y a eu le salon des entrepreneurs, il y a eu deux candidats à la présidentielle qui sont venus, il y a eu monsieur BAYROU et monsieur SARKOZY et on ne vous a pas vu. Alors est-ce que vous pouvez me donner quelques explications alors que vous représentez quand même le parti socialiste, un grand parti ?

Ségolène ROYAL

     
Ecoutez, je serais venue volontiers, mais vous savez je suis aussi à l’action, donc je vais vous parlez de ce que je connais des entreprises.

Antoine PREIZAL

     
Oui vous êtes certainement, vous être peut-être à l’action, mais je crois que vos auriez pu vous faire représenter.

Ségolène ROYAL

     
Oui c’est possible, c’est possible.

Antoine PREIZAL

     
Alors je voulais savoir est-ce que éventuellement c’est votre fief ou pas ?

Ségolène ROYAL

     
Mais bien sûr, je l’ai dit à l’instant d’ailleurs.

Antoine PREIZAL

     
Je n’en suis pas convaincu.

Ségolène ROYAL

     
Ecoutez, je vais vous dire très clairement, d’abord merci pour vos témoignages les uns et les autres, moi je veux être la présidente de la France qui entreprend et qui réhabilite l’esprit d’entreprise, et je pense même comme cela se fait dans d’autres pays qu’il faut apprendre l’esprit d’entreprendre à l’école. Et je crois que cette façon là aussi de rendre hommage aux petites et moyennes entreprises, aux très petites entreprises, vous l’avez dit à l’instant, je l’ai fait, vous l’avez vu si vous avez vu le pacte présidentiel, j’ai commencé par cela,  ce qui n’est pas évident…

Antoine PREIZAL

     
Oui mais il n’y a pas grand chose dedans madame ROYAL.

Ségolène ROYAL

     
Si, il y a beaucoup de choses.

Antoine PREIZAL

     
Non, il n’y a rien, il n’y a aucun chiffrage. Tout à l’heure, vous parlez depuis le début de l’émission, vous donnez beaucoup d’idées, mais il n’y a aucun chiffrage dans tout ce que vous dites.

Ségolène ROYAL

     
Si, je vais vous dire.

Antoine PREIZAL

     
Non, vous n’avez parlé d’aucun chiffre.

Ségolène ROYAL

     
Mais si je vais vous dire.

Antoine PREIZAL

     
Non, allez-y.

Ségolène ROYAL

     
Si, il y a beaucoup de chiffrages, d’abord…

Antoine PREIZAL

     
Pour l’instant il n’y a aucun chiffrage.

Ségolène ROYAL

     
… j’ai dit beaucoup de choses sur l’aide économique aux entreprises à conditions qu’elles soient bien ciblées. J’ai mis dans mon pacte présidentiel, je l’ai évoqué tout à l’heure et je le redis, il  y a trop d’effets d’aubaine sur les aides économiques aux entreprises, aux grosses entreprises, et notamment il y a pleins d’entreprises qui viennent chercher des aides qui n’en ont pas forcément besoin et mon objectif, et ma volonté, c’est de redéployer ces aides sur les entreprises qui créent de l’emploi, sur les entreprises qui innovent, sur les entreprises qui recrutent des jeunes diplômés et sur les entreprises qui sont confrontées à la concurrence internationale. La deuxième chose, je vais vous redonner la parole tout de suite, c’est que je pense en effet qu’il faut aider les très petites entreprises à se créer et c’est l’idée qui est dans le pacte présidentiel aussi de donner aux jeunes, aux moins jeunes, aux jeunes diplômés un prêt de 10 000 euros à taux zéro pour leur permettre de créer leur première activité. Je l’ai fait aussi sur les territoires, nous le faisons parce qu’il faut regarder concrètement ce qui se passe sur le terrain. Cette action là, cette aide immédiate, cette bourse tremplin pour créer une très petite et moyenne entreprise en deux ans, nous en avons créé dans l’ensemble des régions plus de 10 000 très petites et moyennes entreprises se sont créées par ces aides directes, en encourageant les personnes à créer leur activité, commerce, artisanat, atelier de transformation, services etc… Et donc il y a un potentiel considérable dans la capacité d’entreprendre et je veux encourager cette capacité d’entreprendre. Et je sais que les moyennes et petites entreprises sont les premières à recruter, c’est elles qui créent le plus d’emplois, donc vous voyez c’est pour cela que je pense que les aides uniformes qui sont les mêmes aux grosses ou aux petites ne sont pas justes. Il faut aider les entreprises qui créent des emplois et celles qui sont  confrontées à la concurrence internationale et donc je modulerais l’impôt sur les sociétés, je baisserais l’impôt sur les sociétés, c’est dans le  projet, dans mon pacte présidentiel, sur les entreprises, cet impôt, ces bénéfices qui sont réinvestis dans l’entreprise seront moins taxés ou ces bénéfices qui servent à conquérir des marchés seront également moins taxés.

Sylvie HABIB

     
Oui en fait pour rebondir un petit peu sur ce que vous dites, en fait nous dans nos PME, TPE, nous avons du travail, on est souvent surbooké, le chef d’entreprise travaille énormément, je pense que je représente pas mal de monde ici, notamment je suis moi même adhérente à la CGPME, donc on a des discussions et je peux témoigner donc pour l’ensemble, un certain nombre de personnes. Est-ce que vous pouvez vous engager par exemple pour qu’on puisse embaucher un salarié sans charge parce qu’en fait les charges sociales, c’est quelque chose d’impossible, quand on donne 1 000 euros à quelqu’un on doit donner 1 000 euros au niveau des charges. Ca veut dire quoi, ça veut dire qu’un salarié soit produire deux fois ce qu’il est capable de faire y compris son chef d’entreprise, bien sûr. Et croyez-moi on le vit, on le vit. Donc est-ce que vous pouvez à un moment donné, donner un prix à ce travail, le prix réel, c'est-à-dire que moi je préférerais payer les salariés plus, et ce n’est pas que je ne veux pas contribuer à la solidarité, ce n’est pas ça du tout, mais je pense que les gens qui travaillent doivent être rémunérés à leur juste valeur et on ne peut pas toujours le faire, c’est très difficile. Et quand on parle de CDI, nous on souhaite embaucher en CDI, pourquoi ? Parce que quand on est en CDI, on met en place une relation pérenne avec nos salariés, encore heureux, encore une fois, nous sommes très proches, on connaît leur famille, leur vie, donc il faut tenir compte de ça. Nous sommes très nombreux.

Patrick POIVRE D’ARVOR

     
Madame avait également une question à poser.

Cathy RUCQUOIS, 46 ans, gérante de société

     
Oui, j’ai exactement le même problème, j’ai une entreprise de quatre salariés, une entreprise d’ébénisterie artisanale, nous on n’a pas besoin d’argent, on a besoin de mains, on dégage une énorme main d’œuvre. Ce qu’il nous faudrait c’est une baisse des charges pour pouvoir embaucher. Deux fois par semaine je refuse des chantiers, je préférerais embaucher mais je ne peux pas, je n’ai pas les moyens, c’est trop cher. Le coût du travail est trop cher, nous n’avons pratiquement pas de fournitures à facturer, nous n’avons que de la main d’œuvre. Donc dans ces conditions là ce n’est pas possible. La taxe professionnelle beaucoup trop élevée aussi, on ne peut pas s’en sortir. Moi si vous me dites, je baisse les charges de moitié, demain j’augmente mes salariés qui le méritent bien et je peux embaucher au moins deux personnes.

Patrick POIVRE D’ARVOR

     
Alors si c’est sur un même sujet madame. Et puis après on laisse madame ROYAL …

Karima BENAHMED, 35 ans, femme au foyer

     
Bonjour madame ROYAL.

Ségolène ROYAL

     
Bonsoir.

Karima BENHAMED

     
Le sujet de ce soir, c’est délocalisation et perte d’emplois. Que pensez-vous de ces sociétés qui importent des produits qui sont taxés en France entre 2 et 4 % alors qu’en Allemagne ils sont taxés à 68 % ? Alors que pensez-vous pour pouvoir valoriser les produits français ? Merci.

Patrick POIVRE D’ARVOR

     
Voilà sur ce sujet des petites et moyennes entreprises.

Ségolène ROYAL

     
Alors sur les… merci d’abord de ces témoignages très directs et très vivants et qui reflètent en effet les soucis et les difficultés sur la question des embauches par les artisans, les commerçants, les petites entreprises. Ce que j’ai proposé dans le pacte présidentiel, c’est que les exonérations de charges, de cotisations seront modulées en fonction de la masse salariale dans l’entreprise. C’est-à-dire que plutôt que de faire des aides, des exonérations au cas par cas, qui profitent aussi aux entreprises qui n’en ont pas forcément besoin, l’aide que je veux donner, c’est aux entreprises qui font un effort et qui justement augmentent leur masse salariale, parce qu’on est dans du gagnant gagnant, il ne faut pas non plus sous payer le travail qualifié. Vous parlez des métiers du bâtiment, mais si vous voulez qu’il y ait des jeunes qui viennent dans les métiers du bâtiment alors qu’il y a une pénurie de recrutement, vous le savez dans ces métiers, il y a une pénurie, donc il faut aussi que ces jeunes qui rentrent dans les métiers, qui passent, qui viennent dans les lycées professionnels, dans les centres de formation des apprentis et dans les métiers du bâtiment aient aussi le sentiment d’être juste rémunérés à la sortie. Et il faut que les entreprises par leur marché puissent rémunérer correctement ces jeunes. Et l’une des propositions que je fais, c’est que dans les marchés publics, il y aura désormais une part de ces marchés publics qui seront réservés aux petites et moyennes entreprises parce que j’en ai assez de voir y compris, je le sais parce que je construis des lycées en tant que présidente de région, quand je regarde, et c’est vrai aussi pour l’économie solidaire, à laquelle je n’ai pas répondu, excusez-moi, tout à l’heure, qui est une vraie économie, des vraies filières de développement, surtout le recyclage par exemple. Une entreprise EMMAUS qui a 300 salariés qui recyclent les anciens ordinateurs et je viens de découvrir qu’elle échappait aux marchés publics. Et donc je veux que les petites et moyennes entreprises et que l’économie solidaire aient une part réservée dans tous les marchés publics. Vous aurez ainsi du chiffre d’affaires, et vous pourrez recruter et vous pourrez bien payer les bons salariés. Et donc en amont nous pourrons mettre des jeunes dans ces filières de formation qui ont des besoins, c’est ça le gagnant gagnant, c’est faire du sur mesure en encourageant les entreprises qui en ont besoin et en allégeant les charges sur les entreprises qui augmentent leur masse salariale. Nous aurons l’occasion d’en discuter puisque je rencontre aussi les organisations professionnelles.

Patrick POIVRE D’ARVOR

     
Si tout le monde peut intervenir ce serait mieux, comme vous avez déjà posé vos questions, je voudrais qu’on passe peut-être à un chapitre qui justement est relié aux financements ou chiffrages…

Karima BENHAMED

     
Les délocalisations et d’évaluer les produits français alors que les produits importés sont très peu taxés alors qu’en Allemagne, ils sont taxés à 68 %. Alors ils se délocalisent, perte d’emploi, crée des emplois à l’étranger pour payer peu cher les salariés, alors le bénéfice il est où, il faut bien les taxer quelque part ?

Ségolène ROYAL

     
D’abord je vais vous dire très clairement que les entreprises qui ont reçu des fonds publics et qui délocalisent ou qui licencient alors qu’elles font des bénéfices devront rembourser tous les fonds publics et toutes les exonérations dont elles ont bénéficié parce que je trouve que c’est inadmissible de se délocaliser après avoir reçu des fonds publics ou des exonérations de charges. Je souhaite ensuite que l’Europe se protège et que les normes sociales, les normes environnementales soient intégrées pour égaliser les conditions de la concurrence et enfin je veux que les salariés dans le cadre du dialogue social puissent anticiper et être associés aux décisions de l’entreprise, comme cela se fait dans d’autres pays. C’est-à-dire tirer la sonnette d’alarme quand il en ait encore temps, quand j’ai vu moi les salariés d’une entreprise bien connue, l’entreprise AUBADE  et je la nomme volontairement, qui a délocalisé parce qu’elle s’est fait racheter par une entreprise suisse. Elle même possédée par des fonds de pension et que c’est une entreprise qui fait des bénéfices qui fait un produit à haute valeur ajoutée, et qui s’en va uniquement parce qu’il faut des licenciements de confort pour augmenter la rémunération des actionnaires, je dis que ce ne doit plus être possible et je dis qu’il faut anticiper ces problèmes là pour mettre les entreprises devant leurs responsabilités.

Patrick POIVRE D’ARVOR

     
Mesdames s’il vous plait, pour  que chacun puisse intervenir, oui mais il y a 100 personnes qui souhaitent poser des questions.

Karima BENHAMED

     
Allez-vous augmenter la taxe douanière ?

Ségolène ROYAL

     
Oui, je vous ai dit que je veux une Europe qui se protège, par rapport à ces questions là. il y a d’autres solutions d’ailleurs pour se protéger aussi…

Patrick POIVRE D’ARVOR

     
Sur le financement, le chiffrage, il y a des questions plus politiques, celle de Geneviève par exemple.

Ségolène ROYAL

     
Il y a des personnes qui n’ont pas parlé là.

Geneviève FAVARIO, 61 ans, gérante d’une société dans le batiment

     
Le micro merci, aujourd'hui une nouvelle fois, votre staff a été mis à pied, est-ce bien sérieux à deux mois des présidentielles de  tout restructurer et que votre équipe soit mise en difficulté ? Est-ce que ce n’est pas un risque et cela signifierait-il que… excusez-moi, est-ce que votre équipe au risque de signifier des difficultés a accepté des avis contradictoires ?

Ségolène ROYAL

     
Des avis contradictoires.

Patrick POIVRE D’ARVOR

     
Alors il y avait une question de Chaabane peut-être aussi sur le même sujet.

Chaabane AJROUD, 53 ans, ouvrier spécialisé

     
Bonsoir madame ROYAL. Que des exemples que vous venez de donner sur les pays nordiques par rapport, tout va bien là bas…

Ségolène ROYAL

     
Ce n’est pas ce que j’ai dit…

Chaabane AJROUD

     
Mais regardons chez nous et plutôt l’Allemagne ou l’Angleterre par rapport au travail et surtout par rapport aux chômeurs. Par exemple l’Angleterre, elle impose des justificatifs, elle impose des lois pour les chômeurs longue durée ou autres ou qui n’acceptent pas de travailler. En France on parle, on parle, mais on ne fait rien. Soit les autres, je ne sais pas vous, vous venez de programmer quelque chose de bien, j’espère que vous tenez ce que vous dites. En Angleterre l’excédent au niveau commerce international est de 127 millions d’euros, je pense, en France on est en dessous, beaucoup en dessus, qu’est-ce que vous pensez faire pour ça ? Et surtout pour donner du travail pour tout le monde, est-ce que vous allez baisser la TVA par rapport par exemple les matériaux de construction, et c’est là qu’on a besoin pour augmenter le travail dans le bâtiment ou autres, merci.

Ségolène ROYAL

     
Alors, mais vous avez raison qu’on peut regarder dans d’autres pays ce qui marche, ce qui ne marche pas, j’en ai cité que quelques-uns parce que bon je n’ai pas voulu non plus être trop longue sur l’ensemble des questions. Mais vous avez raison. Moi, je veux regarder les choses telles qu’elles sont, allez voir dans d’autres pays ce qui fonctionne, trouver les bonnes idées partout et je pense que c’est comme ça que l’on peut avancer. Sur le contrôle de ceux qui reçoivent les indemnités de chômage, je crois que c’est ça que vous vouliez dire, qu’il y ait une obligation en contrepartie d’avoir une recherche active de chômage, vous avez raison. Moi je veux une société de la responsabilité. Je ne veux pas une société de l’assistanat et donc c’est du donnant donnant. C’est-à-dire toutes les personnes qui bénéficient d’une prestation, de fonds publics, de soutien pour justement remonter la pente, il faut à la fois être juste, c'est-à-dire donner effectivement aux personnes qui en ont besoin et il faut en même temps être exigeant, c'est-à-dire aussi avoir un vrai service de l’emploi qui accompagne les gens individuellement dans une recherche active de travail. Vous avez totalement raison. Et moi je ne suis pas pour l’assistanat, je suis pour donner à tous les citoyens les moyens de maîtriser leur vie et de choisir leur vie. C’est ça la dignité humaine, ce n’est pas d’être assisté, il y a des gens qui sont très malheureux d’être assistés. Je voyais, je me souvenais encore dans un débat participatif, un monsieur qui s’est levé, c’était poignant, il disait je suis au RMI et vis à vis  de mes enfants, comment est-ce que je peux leur expliquer que je ne pars pas au travail tous les matins. J’ai envie de leur donner l’exemple d’un père qui travaille. Donc quand j’entends dire qu’il faudrait donner des heures supplémentaires à certains alors qu’il y en tant qui voudraient du travail, moi je suis pour la société du travail pour tous. Pour tous parce que la dignité humaine, elle est là.

Patrick POIVRE D’ARVOR

     
Et sur la question de Geneviève, c'est-à-dire votre équipe mise à mal.

Ségolène ROYAL

     
Sur la question de Geneviève, écoutez, vous savez moi je suis une femme qui parle clair, donc j’ai entendu les commentaires, j’ai vu qu’il y avait un certain nombre d’ajustements à faire, je les fais et en même temps, je rentre dans une nouvelle phase.

Patrick POIVRE D’ARVOR

     
Parce qu’il y avait du flottement dans l’équipe.

Ségolène ROYAL

     
Oui mais c’est normal, il y a eu les débats internes, donc il y a eu des petites tensions quand même, vous avez vu dans les débats internes, donc elles n’ont pas pu s’effacer tout de suite, du jour au lendemain. Mais moi, je suis très sereine.

Geneviève FAVARIO

     
Justement nous avons une chance d’avoir une femme qui puisse accéder à un super poste, et pourquoi ne s’est-elle pas entourée de femmes qui auraient pu la manager avec les idées de femme ?

Ségolène ROYAL

     
Vous êtes candidate peut-être madame pour venir me manager. Vous êtes bienvenue.

Geneviève FAVARIO

     
Non, mais je veux dire par là, c’était l’occasion, vous êtes une femme mise en avant et vous entourer de femmes, ça aurait été bien pour justement nous représenter.

Patrick POIVRE D’ARVOR

     
Et sur ce même sujet Charlotte peut-être aussi.

Ségolène ROYAL

     
Je vois un peu deux aspects dans votre question, c’est vrai que ce n’est pas forcément, Charlotte ?

Charlotte GUILLERMINT, 63 ans, cadre commerciale dans le mobilier

     
Bonsoir madame. Tout d’abord compliments pour être la première femme arrivée jusqu’aux élections présidentielles, donc je rejoins un peu madame. Mais avec tout le respect que je vous dois madame, gouverner un pays comme la France ne sera pas chose facile et je ne vous apprends rien. Mais il me semble tout de même que vous avez été propulsé sur le devant de la scène par une sorte de frénésie médiatique, que vous vous prépariez plutôt pour 2012 ou tout simplement pour être la première dame de France auprès de monsieur François HOLLANDE. Donc madame, attaquée de toute part, constamment déstabilisée comme vous le disiez madame, connaissez-vous vraiment tous les sujets, croyez-vous sincèrement être prête pour affronter toutes les responsabilités qui incombent à un chef d’Etat ? Et surtout comment réussirez-vous à vous imposer face à tous ces frustrés du pouvoir qui gravitent autour de vous, qui se surcroît ont tout fait pour vous évincer avec inélégance parfois ? Pouvez-vous vraiment leur faire confiance pour former le gouvernement qui va faire avancer la France ? Merci.

Ségolène ROYAL

     
Voilà qui est dit au moins, c’est direct. Ecoutez, c’est vrai que je pense que c’est beaucoup plus dire pour une femme. C’est beaucoup plus dur et en même temps je pense que le moment est venu pour la France d’avoir une femme présidente de la République. Parce que comme vous l’avez dit à l’instant pour en arriver là il faut un concours de circonstances exceptionnelles et je pense également que moi qui suis partie de rien, j’étais une élève boursière, je suis issue d’un milieu moyen, je suis le produit de la réussite de l’école de la République, j’ai passé un concours difficile, que j’ai reçu grâce à mes enseignants qui m’ont poussé. Et n’importe quel homme qui aurait mon itinéraire professionnel ne verrait pas mis en cause comme ça en permanence sa compétence et sa légitimité. Je suis diplômée de l’école nationale d’administration, j’ai travaillé sept ans auprès de François MITTERRAND, j’ai fait pour lui l’ensemble des préparations des sommets internationaux des chefs d’Etat. Je connais donc tous les arcanes et tout le fonctionnement de la présidence de la République et du gouvernement. J’ai été quatre fois ministre, trois fois ministre. J’ai été quatre fois réélue députée même quand il y a eu la débâcle de la gauche en 93. Je suis aujourd'hui présidente de région après avoir battu un ancien Premier ministre, disons que les gens m’ont fait confiance. Et je construis actuellement et je suis fière de ce que je fais sur mon territoire, ce qui me fait connaître à la fois les rouages de l’Etat, les rouages des régions, qui me permet de penser une réforme de l’Etat, qui me permet de voir les choses autrement. Et j’assume mon identité de femme parce que je pense qu’il y a une grave crise aujourd'hui en France, il y a une crise morale, il y a une crise politique, il y a une crise démocratique, donc je fais de la politique autrement. Et c’est ça qui déroute. J’ai pris un mois et demi pour écouter les Français, dans des débats participatifs, on s’est moqué de moi, on a dit, elle n’a rien à dire, elle n’a pas de projet etc… Mais je revendique ce que j’ai fait, c’est très important d’écouter comme je le fais ce soir, pour agir juste, pour voir les problèmes, pour être réaliste, pour sortir des dogmes ou des formules toutes faites. Alors effectivement ça surprend, mais je pense que mes valeurs fondamentales correspondent à ce dont la France a besoin aujourd'hui, la famille, l’éducation, la sécurité des liens, la sécurisation, la lutte contre toutes les formes de violences, la relance économique avec d’autres façons de voir, l’expérience à la fois nationale et l’expérience locale. Donc je pense être prête. Je pense non seulement être prête, mais je pense être la seule à incarner et à pouvoir réaliser le profond changement dont la France a besoin et en particulier de nouer un pacte avec les jeunes. Je pense que notre problème essentiel il est là. Il y a des fractures profondes aujourd'hui en France. Il y a des quartiers qui sont en déshérence, il y a de la violence qui monte. Il y a une crise profonde,  il y a une colère, cette colère là je la sens, et je la ressens et donc je veux y répondre avec ma liberté.

Patrick POIVRE D’ARVOR

     
Il y a une question à votre droite et puis peut-être une question de Mériem aussi puisqu’on parle de femme, de pouvoir, de politique…

Ségolène ROYAL

     
Et donc l’équipe sera rendue publique, pardon je n’ai pas répondu à madame…

Patrick POIVRE D’ARVOR

     
Oui la nouvelle équipe ce sera jeudi…

Ségolène ROYAL

     
Mais vous savez je suis en adaptation, en écoute permanente, ce qui me permet de tenir compte des problèmes et de les réajuster, les régler, ça c’est une façon moderne de gouverner. J’entre dans une nouvelle phase.

Patrick POIVRE D’ARVOR

     
Ce sera jeudi.

Ségolène ROYAL

     
Le pacte présidentiel est là, et donc c’est l’occasion maintenant de donner de la visibilité à tous ceux qui travaillent avec moi. Et je pense avoir la meilleure équipe.

Patrick POIVRE D’ARVOR

     
Donc la nouvelle équipe, elle sera présentée quand ?

Ségolène ROYAL

     
Jeudi.

Patrick POIVRE D’ARVOR

     
Donc vous avez une question là…

Ségolène ROYAL

     
Et il y aura des femmes.

Yacine COUPPE, 21 ans, étudiant en chimie

     
Bonsoir madame ROYAL.

Ségolène ROYAL

     
Bonsoir.

Yacine COUPPE

     
Lors de votre discours donc de Villepinte, vous avez mis en avant deux points pour moi qui me semblent essentiels, dont on ne parle pas assez, notamment le co-développement entre la France et l’Afrique. Vous parliez bien de co-développement, donc c’est un terme assez spécial. Et il y a un autre thème qui me tient à cœur, c’est, il y a un an et demi, tout le monde est au courant, il y a eu des émeutes dans les quartiers, personne n’en parle, je trouve ça, enfin depuis tout à l’heure personne n’en a parlé, c’est peut-être un petit peu… je ne sais pas,  je trouve ça bizarre. Donc, vous avez parlé aussi dans les quartiers de responsabilisation des parents, dans l’éducation des enfants c’est quelque chose de primordial aussi. Personne n’en parle non plus. C’est très important les sujets économiques etc, mais il faut aussi parler des problèmes d’éducation etc… on n’en parle pas du tout.

Patrick POIVRE D’ARVOR

     
On y arrive.

Yacine COUPPE

     
D’accord tant mieux. Donc est-ce que tout le monde s’en fout, ça je ne sais pas, est-ce qu’on a peur d’aborder le problème, je n’en sais rien non plus. J’aimerais que vous me répondiez à ça. Et la France, je crois, a besoin d’un symbole fort pour rapprocher vraiment la jeunesse de ses quartiers, de l’autre France on va dire. Donc moi j’ai une proposition à faire, j’aimerais que vous vous y engagiez ce soir, ce serait pendant six mois, un an, installer la présidence de la République ou des institutions extrêmement importantes, c'est-à-dire, peut-être pas l’Assemblée nationale, mais des ministères dans des quartiers en difficulté, type Clichy-sous-Bois, ce serait un symbole fort vraiment pour la France et voilà j’espère que vous le ferez. Ne riez pas parce que c’est sérieux, c’est vraiment sérieux, je ne suis pas en train de rigoler, Clichy-sous-Bois, c’est en France.

Ségolène ROYAL

     
Mais c’est vrai au sens où derrière la présence symbolique, pourquoi pas les réunions ministérielles dans les quartiers, pourquoi pas c’est une très bonne idée, il y a la présence du service public dans ces quartiers.

Yacine COUPPE

     
Pas assez.

Ségolène ROYAL

     
Je pense qu’il faut renforcer notamment par l’éducation, vous savez la première prévention contre toutes les formes de violence, c’est l’éducation. Et si les enfants sont bien cadrés dès le plus jeune âge, et rattrapés au bon moment y compris avec des internats de proximité, y compris avec des soutiens aux parents, des écoles de parents, une bonne articulation entre l’école et la famille, je pense qu’il y aurait déjà beaucoup moins de problèmes. Je pense aussi qu’il faut le respect. Le respect, c'est-à-dire que des jeunes diplômés de ces quartiers ne subissent plus les discriminations qu’ils subissent, notamment à l’embauche. De toute façon, il y a un problème global, je l’ai dit tout à l’heure, je n’y reviens pas, sur une nouvelle donne avec les jeunes, d’où qu’ils viennent. Et cette exigence là, elle est majeure pour redresser le pays. Sur la question du co-développement c’est un sujet très important, pourquoi ? Je pense que d’ailleurs c’est une dimension de la politique internationale, la toute première parce que notre avenir, on ne se sauvera pas tout seul, notre avenir dépend de la capacité que nous aurons à réduire les écarts entre les pays riches et les pays pauvres. Pourquoi ? C’est très simple, parce que sinon nous avons des migrations de la misère et on ne pourra pas mettre des barbelés autour de nos pays développés, parce que pour manger, pour survivre, eh bien on monte dans des embarcations comme je l’ai vu à Dakar où je suis allée, et j’ai vu les mamans, une centaine de mamans, des jeunes qui se sont noyés en mer parce qu’elles sont montées sur des embarcations. Qu’est-ce qu’elles m’ont dit ces mamans à Dakar ? Si on avait un peu de crédit et de développement, on monterait nos petites entreprises, la poissonnerie, c’était un village de pêcheurs, la poissonnerie, le séchage du poisson, on a besoin d’un camion, d’un camion frigorifique. On veut une salle de sport pour nos enfants. On est capable… on a envie de rester dans notre village et d’y vivre bien et d’y garder nos enfants qu’ils n’aillent pas se noyer en mer. Et donc ça, c’est un défi considérable, à relever. Et moi j’en ai assez des gaspillages des fonds publics sur l’aide au développement qui sont détournés par des régimes corrompus, on ne sait pas où ils vont, ils vont dans des études diverses, dans des organismes intermédiaires, je réformerais en profondeur l’aide au développement et notamment par les circuits courts, et l’aide directe, le micro crédit. Songez que dans les pays d’Afrique, il n’y a même pas l’équipement des maisons en énergie solaire, on se demande mais qui a conçu les aides au développement. Il y a une richesse là naturelle qui est l’énergie solaire, l’énergie gratuite et on leur a imposé des modes de développement avec les énergies fossiles, ce qui fait qu’ils ne peuvent pas décoller, en plus avec la hausse du coût de l’énergie, donc il y aura des chantiers massifs pour équiper les pays d’Afrique en énergie solaire, ils auront déjà une des clés du développement économique. Et dans ce système de co-développement, de respect mutuel pour leur donner les moyens de se développer.

Patrick POIVRE D’ARVOR
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Publié dans segolene

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