BATIR LA GAUCHE DE DEMAIN par S. ROYAL
Ségolène Royal: sortir forts des législatives pour "bâtir la gauche de demain"
PRIVAS, 31 mai 2007 (AFP) - "Tout redémarre de Privas": là où elle avait commencé sa campagne présidentielle, Ségolène Royal a demandé jeudi à ses électeurs du 6 mai de "se remettre en mouvement", contre les projets gouvernementaux qui "creusent les inégalités" et pour "imaginer la gauche de demain".
Moins d'un mois après son échec à la présidentielle, Mme Royal, l'ambition intacte, a repris son bâton de pèlerin pour aller soutenir des candidats socialistes aux législatives des 10 et 17 juin en vue d'avoir "l'opposition la plus forte possible" au parlement.
L'ex-candidate à l'Elysée, qui n'exclut pas de prendre les commandes du Parti socialiste et songe à 2012 - "dans cinq ans, dans cinq ans!", ont crié quelques jeunes -, est relativement confiante: le scrutin ne sera "pas mauvais" pour le PS, dont l'effectif des députés pourrait progresser "un peu", a-t-elle confié aux journalistes.
Depuis le début de la semaine, elle multiplie les déplacements. Elle s'est arrêtée jeudi à Lyon, devenue un bastion "ségoléniste" au PS autour du maire Gérard Collomb, et devait achever sa journée à Digne, chez son ex-directeur de campagne Jean-Louis Bianco, candidat à sa réélection.
A Privas, Mme Royal s'est souvenue de l'affluence lors de sa première réunion publique en mars 2006, qui avait marqué le début du "phénomène Ségolène". "Esprit de Privas, es-tu là ? Tout est parti de Privas, donc tout redémarre de Privas", a-t-elle déclaré d'emblée devant 500 personnes.
"Tout ce que j'ai accumulé comme énergie, je vous le rends et le mets à votre disposition pour vous remettre en mouvement", a affirmé la présidente du Poitou-Charentes. "Ne restez pas chez vous et mobilisez-vous bien".
Certes, "tout est doucereux" côté gouvernement tant qu'il n'a pas gagné les élections. Mais, a-t-elle averti, "ce qui se prépare, c'est un creusement des inégalités": baisse des impôts des plus fortunés, franchise médicale et hausse de la TVA "pour tous".
A "la vague bleue" prédite par "les relais médiatico-financiers et sondagiers qui matraquent tous les jours", elle a demandé à ses électeurs de substituer "une vague blanche", sa couleur fétiche comme celle de la veste qu'elle portait, plus exactement "une vague de toutes les couleurs". Allusion à la "majorité arc-en-ciel" qu'elle souhaitait faire émerger avec François Bayrou ?
Mais Ségolène Royal, qui ne se représente pas dans les Deux-Sèvres, voit au-delà. "Un groupe parlementaire fort, c'est une gauche forte qui se renouvelle, créative, qui réfléchit aux dogmes dont elle a parfois été prisonnière et qui continue le mouvement de rénovation engagé lors de la campagne présidentielle" , a-t-elle affirmé.
Pour celle qui se refuse toujours à qualifier de défaite son résultat du 6 mai, il s'agit maintenant d'"imaginer la gauche de demain, celle qui préparera des victoires". Elle veut aussi "structurer des contre-pouvoirs avec les élus" grâce à l'internet.
Sa première préoccupation: éviter le départ des nouveaux adhérents qui ont assuré sa suprématie au PS depuis l'automne. "Continuez à venir à Désirs d'avenir, venez au Parti socialiste". L'heure est venue de "faire un parti de masse" , y compris par "un dépassement du PS" dont les formes restent à inventer, a-t-elle dit en confidence.
Quant à une prise en main du PS - elle a réaffirmé lundi qu'elle "ne s'interdit rien" -, Ségolène Royal n'entend pas "se précipiter", ni s'engager dans "des affrontements". Elle veut garder toute sa liberté et ne pas "être sous pression de qui que ce soit".
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