B. DELANOE SUR LCI
LCI
L'INVITE DE CHRISTOPHE BARBIER - Le 25/04/2007 – 08 :15
Invité, Bertrand DELANOE maire de Paris
Christophe BARBIER
Bertrand DELANOE bonjour.
Bertrand DELANOE
Bonjour.
Christophe BARBIER
Des ministres UDF au gouvernement, si elle est élue présidente de la République en échange du soutien de François BAYROU, Ségolène ROYAL le propose, est-ce une bonne idée ?
Bertrand DELANOE
J’ai le souvenir d’être venu ici il y a quelques semaines avant le premier tour et de vous dire : la seule chose qui est importante pour cette élection, c’est comment vivront les français en 2008 en 2009 en 2010. Pour ce renouveau démocratique, pour cette nouvelle dynamique de la France, au service de l’innovation, du progrès et aussi de la justice, il faut que se rassemblent tous ceux qui partagent des convictions et des projets concrets. Toute la gauche, toutes les forces progressistes et Ségolène les a toutes citées hier soir à Montpellier. Et celles et ceux venant du centre et François BAYROU a fait une campagne pressentie UMP, pressentie politique menée pendant les cinq ans qui viennent de s’écouler. Toutes celles et tous ceux qui sincèrement, sur le fond, sur des propositions concrètes au service des Français veulent se rassembler, sans exclure qui que ce soit des forces progressistes, ajouter de l’énergie, ajouter de la générosité, ajouter de la compétence, ajouter du désintéressement.
Christophe BARBIER
Mais si on regarde le niveau local le plus concret justement, nulle par en France, dans aucune région, dans aucune grande ville UDF et PS travaillent ensemble, à paris vous gouvernez contre l’UDF.
Bertrand DELANOE
Je vais vous dire, soyons très honnêtes, les élus UDF de paris ont été élus sur des listes UMP, en 2001. Et dans les débats au conseil de Paris, ils prennent des positions autonomes par rapport à l’UMP, parfois en accord avec eux, parfois pas encore avec eux et moi je les gère que sur le fond. Lorsque sur le budget les élus UDF me disent : est-ce qu’on pourrait négocier des amendements. Je dis, écoutez, on va les discuter, pas les négocier. Discuter chaque fois que vous me convainquez, je prends. Et il se trouve qu’ils s’abstiennent sur mon budget. Mais toute ma majorité vote pour mon budget. Et donc, je ne veux, moi, à Paris, et je pense que Ségolène est dans le même état d’esprit, aucune combinaison, aucune négociation : je te donne ça, tu me donnes ça. Mais des idées, du fond, de la sincérité et de l’action.
Christophe BARBIER
Alors sur les idées justement, est-ce qu’il faut par exemple accepter de renoncer à l’idée des 35 heures et d’en faire encore plus en partageant le temps de travail parce que l’UDF ne partage pas cette idée là.
Bertrand DELANOE
Il faut d’abord moderniser la démocratie, faut-il le mandat unique pour les parlementaires ou pas ? Faut-il le droit de vote des étrangers aux élections locales , Faut-il moderniser le Sénat etc. Et le rôle du Parlement. Et sur le social, c’est la dynamique économique, la croissance, la création de richesse au service de l’emploi, au service d’une meilleure répartition des richesses et donc du pouvoir d’achat qui peut rassembler. C’est ça la grande différence entre le projet de Ségolène ROYAL et le projet de Nicolas SARKOZY qui est en fait ce que la France a vécu depuis cinq ans.
Christophe BARBIER
Si le pacte présidentiel est ainsi amendé par le concret qu’apporte l’UDF, est-ce qu’il ne faut pas aller plus loin, faire un ticket ROYAL – BAYROU, ROYAL à l’Elysée BAYROU à Matignon.
Bertrand DELANOE
Vous pensez personne et vous dîtes, amender. Par exemple si le pacte présidentiel de Ségolène peut être enrichi, peut être amélioré sans être dénaturé en restant ce projet progressiste qu’elle a présenté aux Français, s’il peut être enrichi et si des femmes et des hommes veulent le mettre en œuvre, relever les manches pour travailler, François BAYROU a été ministre de Monsieur BALLADUR, ministre de Monsieur JUPPE. S’il veut s’engager, lui ou d’autres, moi ce n’est pas des questions de personnes, je ne fais de procès d’intention à personne, et je ne jette l’anathème sur personne, même pas à l’UMP. Je ne dis pas qu’il faut que des gens de l’UMP viennent gouverner avec nous, mais on a dit dans cette campagne, il y a des anathèmes, de l’agressivité. Mais moi je n’ai d’agressivité vis-à-vis d’aucune personne. Mais la vie des Français, leur angoisse, leur souffrance, leur besoin de rependre confiance en eux-mêmes de 2007 à 2012. Ca mérite que quiconque est sincère, actif, généreux et compétent, vienne le faire.
Christophe BARBIER
Il faudra une majorité législative pour cette éventuelle majorité présidentielle, est-ce à dire qu’il faudra retirer des candidats socialistes, là où il y a de bons candidats UDF et vis et versa.
Bertrand DELANOE
Le fond Monsieur BARBIER, toujours le fond.
Christophe BARBIER
Ca sera le fond sur un même programme.
Bertrand DELANOE
Vous avez raison de dire, il y a les législatives, et après l’élection de la présidente de la République Ségolène ROYAL, il y a une majorité au parlement pour mettre en œuvre les idées, la conviction la sincérité, et la durée, parce qu’il faut pendant cinq ans être d’accord malgré les obstacles, malgré les difficultés pour mettre en œuvre. Prenez l’UDF et je vais êtes honnête, l’UDF pendant trois ans a voté des budgets qui, sur la recherche, l’éducation, le logement, ne convenaient pas puisqu’ils les ont dénoncés pendant les trois mois de la campagne présidentielle. Donc voilà, il faut quand même s’engager sur le fond, sur la sincérité et sur l’action pendant cinq ans.
Christophe BARBIER
Si BAYROU dit « non » cet après midi, ferme la porte.
Bertrand DELANOE
Mais ne soyez pas obsédé pas les personnes, j’ai du respect pour Monsieur BAYROU.
Christophe BARBIER
Il est le candidat quand même.
Bertrand DELANOE
Monsieur BAYROU qui a dit des choses très hostiles à la droite pendant cette campagne, devrait naturellement soutenir une démarche progressiste et de renouveau démocratique mais il se peut que Monsieur BAYROU pense plus à l’élection présidentielle de 2012 qu’à la vie des Français en 2009 en 2010 en 2011. Donc, moi je ne fais aucun procès d’intention, je ne pense qu’à la vie des français en 2008 en 2009 en 2010 et en 2011. Donc voilà après chacun est libre de ses projets de carrière.
Christophe BARBIER
Démarche immorale, il tire contre son camp, alliance de circonstance, il y a à peine dix jours contre Michel ROCARD, les anathèmes fusaient venant du Parti Socialiste, c’était une erreur.
Bertrand DELANOE
Non, non je n’ai jamais dit ça..
Christophe BARBIER
Vous, vous n’avez rien dit..
Bertrand DELANOE
Si on m’a interrogé, j’ai dit : j’ai beaucoup de considération pour Michel ROCARD, avant le premier tour, simplement je ne comprends pas qu’il nous fasse cette proposition à quelques jours du premier tour. Et Michel ROCARD en plus, lui a toujours eu une préférence pour une alliance entre les socialistes et une partie de la droite, plutôt que toute la gauche. En fait, on compare beaucoup à l’Italie, regardez, oui on peut comparer. Nicolas SARKOZY est le candidat qui ressemble à l’idéologie, à la dynamique de BERLUSCONI, Romano PRODI, il a avec lui les forces du centre, mais ces forces du centre, s’ajoutent à toute la gauche sans exception, elles sont même incarnées par l’ancien maire de Rome, mon ami Francesco RUTELLI qui est centriste, qui m’a soutenu dans la campagne des municipales qui était d’ailleurs un Maire de Rome écologiste et qui représente l’aile centriste de la majorité de romano PRODI dans laquelle, il y a absolument toute la gauche sans exception.
Christophe BARBIER
Est-ce que Romano PRODI viendra à un meeting ça a été annoncé, ça a été démenti.
Bertrand DELANOE
Je ne sais pas, mais Romano PRODI soutient la démarche de Ségolène ROYAL et simplement, il ne faut pas non plus vouloir amalgamer les situations italiennes – françaises etc. Mais il faut toujours chercher la vérité et la vérité et les comparaisons possibles avec l’Italie, c’est qu’il y a le camp BERLUSCONI qui est assez bien identifié à celui de Monsieur SARKOZY et que le rassemblement que crée Monsieur Romano PRODI il est avec une partie du centre, mais toute la gauche sans exception.
Christophe BARBIER
Quand vous dites SARKOZY c’est plutôt BERLUSCONI, est ce que vous ne participez pas à cette diabolisation. Eric BESSON a dit : la diabolisation c’est depuis des mois la seule stratégie.
Bertrand DELANOE
Là il est quand même très fort, Monsieur SARKOZY, il lance des choses énormes, énormes, sur l’immigration, l’identité nationale, à tel point que même l’admirable Simone VEIL qui le soutient loyalement est obligée de prendre ses distances. Mais, il est à la fois provocateur, brutal, diviseur et après il dit : pourquoi on me critique. Non, Monsieur SARKOZY doit accepter que quelle que soit son habilité il est une tactique électorale dangereuse du point de vue idéologique et sur le terrain des idées, pas sur le terrain de la personne. Nous n’avons pas que le droit de le dire, nous avons le devoir de le dire.
Christophe BARBIER
Pouvez-vous dire dangereux sur les idées, alors que 11,4 millions de personnes ont mis un bulletin SARKOZY dans l’urne.
Bertrand DELANOE
Mais il fait partie de notre paysage démocratique et je le respecte et je ne sais pas quelle est la part de tactique ou la part de conviction quand il court après les idées de Monsieur LE PEN. Qu’il veuille faire beaucoup de voix, je le comprends et d’ailleurs c’est ce qui le motive, bon. Mais il a dans cette campagne de premier tour, posé des actes brutaux, des actes de division, et des actes de compromission. Alors peut-être que ce n’est que de l’électoralisme, de l’opportunisme, de compromission, avec les idées de Monsieur LE PEN.
Christophe BARBIER
A Paris, SARKOZY et BAYROU recueillent 55% des suffrages exprimés au total, alors si SARKOZY est élu président de la République, est ce que les municipales, l’année prochaine sont perdues pour vous ?
Bertrand DELANOE
D’abord, si SARKOZY est élu président de la République, nous le respecterons et nous le combattrons démocratiquement avec des convictions et pas autre chose. Deuxièmement, je ne sais pas quel sera le vote des parisiens au soir du second tour de la présidentielle à Paris, Monsieur SARKOZY peut être élu président de la République avec une majorité de parisiens qui votent pour Ségolène ROYAL, on verra. Ce que je sais c’est qu’à Paris, nous avons battu tous les records de participation alors que Paris était une ville qui votait peu, elle a voté à 86%. Ensuite, je me suis battu moi contre l’extrême droite, ce que je constate c’est qu’en 2002 l’extrême droite faisait plus de 11%, elle fait aujourd’hui un peu plus de 4%. Alors après les Parisiens ils ne sont ni de droite ni de gauche, ils sont intelligents, ils sont divers, ils sont la démocratie et ils feront ce qu’ils veulent, mais j’exprimerai mes convictions.
Christophe BARBIER
Bertrand DELANOE merci et bonne journée.