DISCOURS DE BESANCON
BESANÇON (Doubs), 12 avr 2007 (AFP) - Ségolène Royal a franchi un nouveau palier dans ses attaques contre Nicolas Sarkozy, jeudi à Besançon, s'en prenant pour la première fois nommément à lui pour lui reprocher de "promettre tout le contraire de ce qu'il fait".
A dix jours du premier tour de la présidentielle, la candidate socialiste a accusé son adversaire UMP de manquer de "morale", lors d'une réunion publique devant quelque 5.000 personnes.
"Lorsqu'on est candidat à la plus haute fonction de l'Etat, je crois qu'il y a un minimum de pudeur, de morale, d'exigence de vérité, de crédibilité. Comment peut-il être crédible demain en promettant tout le contraire de ce qu'il a fait ?", a ajouté la candidate socialiste.
Selon Mme Royal, M. Sarkozy, dont le nom a été copieusement sifflé par les militants, a "promis des choses invraisemblables" aux salariés d'Airbus qu'il a rencontrés le même jour à Toulouse.
"M. Forgeard (l'ex-président d'EADS) est parti avec la caisse: il leur a dit qu'il n'était pas d'accord (...), que tous les emplois seront maintenus. Mais qui était au pouvoir lorsque M. Forgeard a été nommé? C'est M. Sarkozy! Qui était au pouvoir quand le gouvernement actionnaire l'a autorisé à partir avec une cassette de huit millions d'euros? C'est M. Sarkozy! Qui a osé nous répondre que l'Etat ne pouvait rien faire (quand le plan de suppressions d'emplois a été connu, NDLR)? qui a autorisé en tant qu'actionnaire le plan Power 8?", a accusé Ségolène Royal. "M. Sarkozy", a répondu la foule.
Selon elle, entre les candidats de l'UMP et du PS, ce sont "deux conceptions, deux visions de l'avenir, deux manières d'envisager l'exercice du pouvoir" qui s'opposent.
Comme la veille à Metz, elle a dénoncé chez son rival "une méthode faite de brutalité, de mensonge, de ruptures, de fractures", lui opposant "la force sereine d'un changement efficace".
M. Sarkozy, a-t-elle poursuivi, représente "un Etat soumis au Medef, aux groupes financiers". "Moi, je veux être garante d'un Etat impartial qui diminuera son train de vie et garantira le pluralisme des médias", a-t-elle assuré.
Visant là encore le candidat de l'UMP, Ségolène Royal a aussi dénoncé "cette insupportable théorie où on va débusquer le gène de la pédophilie ou de la délinquance".
Dans un récent entretien avec le philosophe Michel Onfray paru dans Philosophie magazine, M. Sarkozy assurait "incliner (...) à penser qu'on naît pédophile".
Pour Mme Royal, "les pédophiles doivent se voir reconnaître leur responsabilité. Ils ne sont pas malades, ils sont des prédateurs d'enfants. Donc, ils doivent être poursuivis et condamnés en tant que tels".
Elle a défendu à nouveau son "contrat première chance" pour les jeunes non qualifiés, l'appelant, comme à Carmaux une semaine plus tôt, "contrat nouvelle chance". Ce contrat, "nous le ferons", a-t-elle déclaré.
Dans une ville rendue célèbre par le conflit des horlogers de Lip il y a bientôt trente ans, elle a rendu hommage aux ouvriers qui "ont défendu leur outil de travail avec acharnement, avec audace" en continuant de travailler et de produire en occupant leur usine.
Pour rééquilibrer les rapports Nord-Sud et "réformer profondément l'aide au développement", elle a prôné "l'instauration d'une taxe sur les opérations financières".
BESANÇON (Doubs), 12 avr 2007 (AFP) - Ségolène Royal a exigé jeudi à Besançon que les pédophiles, qui selon elle "ne sont pas des malades mais des prédateurs d'enfants", soient "poursuivis et condamnés en justice" car il n'y a pas "d'irresponsabilité" en ce domaine.
La candidate socialiste réagissait aux propos de M. Sarkozy qui avait déclaré avoir tendance à penser qu'"on naît pédophile".
"Je ne veux pas non plus d'un pays où on considérerait que tout se joue avant la naissance, avec cette insupportable théorie où on va débusquer le gène de la pédophilie ou de la délinquance (..) Non, cette France-là ne nous ressemble pas, et les scientifiques qui ont réagi ont eu raison de le faire mais ce sont tous les Français qui doivent résister à cette façon de considérer qu'il y aurait une sorte de fatalité et donc d'irresponsabilité", a déclaré Mme Royal.
"Et moi qui ai été ministre de l'Enfance et qui a eu à traiter et à suivre des cas abominables de prédateurs d'enfants qui savent parfaitement ce qu'ils font, je vous le dis: les pédophiles doivent se voir reconnaître leur responsabilité, a ajouté la candidate socialiste. Ils ne sont pas malades, ils sont des prédateurs d'enfants. Donc, ils doivent être poursuivis et condamnés en tant que tels".
Darfour: Ségolène Royal demande à Chirac "d'élever la voix de la France"
BESANÇON (Doubs), 12 avr 2007 (AFP) - Ségolène Royal a demandé au président Jacques Chirac, jeudi à Besançon, "d'élever plus fortement la voix de la France" pour protéger les populations civiles victimes de massacres au Darfour, à la limite du Soudan et du Tchad.
"L'Europe se doit d'agir davantage pour protéger les populations civiles (...), dans le droit fil de l'ingérence humanitaire (...)" face "aux souffrances, sans nom, sans nombre, dont la cruauté dépasse l'imagination", a déclaré Mme Royal lors d'une réunion publique devant plusieurs milliers de personnes.
Selon la candidate socialiste, "il est temps qu'une voix s'élève pour briser ce silence complice (...), ce silence d'indifférence et de honte, et cette voix, je veux que ce soit la nôtre, celle de la France".
Elle a indiqué que si elle était élue le 6 mai, "comme le demande le président sud-africain, (elle) demanderait le déploiement à des fins humanitaires d'une force mixte de l'Union européenne et de l'Union africaine".
Pour Mme Royal, "il faut accélérer les choses", mais "travailler à d'éventuelles nouvelles mesures" comme le dit l'Elysée, "n'est pas suffisant".
"Je demande solennellement au président de la République d'élever plus fortement la voix de la France pour peser sur les décisions à prendre, pour ouvrir des corridors humanitaires aux populations en détresse", a-t-elle ajouté.
BESANÇON (Doubs), 12 avr 2007 (AFP) - Ségolène Royal a demandé à Nicolas Sarkozy, jeudi à Besançon, d'avoir "un minimum de pudeur" et "de morale", lui reprochant de "promettre tout le contraire de ce qu'il fait".
Appelant pour la première fois le candidat de l'UMP par son nom, lors d'un meeting devant plusieurs milliers de personnes, la candidate socialiste s'en est prise à ses déclarations après sa rencontre avec les salariés d'Airbus, le même jour, affirmant qu'il leur avait "promis des choses invraisemblables".
"M. Forgeard (l'ex-président d'EADS) est parti avec la caisse: il leur a dit qu'il n'était pas d'accord (...), que tous les emplois seront maintenus".
"Mais qui était au pouvoir lorsque M. Forgeard a été nommé? C'est M. Sakrozy! Qui était au pouvoir quand le gouvernement actionnaire l'a autorisé à partir avec une cassette de huit millions d'euros? C'est M. Sarkozy! Qui a osé nous répondre que l'Etat ne pouvait rien faire (quand le plan Power 8 a été rendu public, NDLR)? qui a autorisé en tant qu'actionnaire le plan power 8?", a accusé Ségolène Royal.
"Lorsqu'on est candidat à la plus haute fonction de l'Etat, je crois qu'il y a un minimum de de pudeur, de morale, d'exigence de vérité, de crédibilité. Comment peut-il être crédible demain en promettant tout le contraire de ce qu'il a fait?", a ajouté la candidate socialiste.
Selon elle, "une nouvelle fois, nous avons la preuve qu'avec lui tout est possible, même le pire".