REACTIONS APRES LE CONSEIL NATIONAL DU PS
Julien Dray: "Le tout sauf Ségolène n'a jamais cessé" PARIS, 24 juin 2007 (AFP) - Julien Dray, porte-parole du PS et proche de Ségolène Royal, a estimé dimanche que le "tout sauf Ségolène" au parti socialiste n'avait "jamais cessé". "Il y a tellement des gens qui voudraient la mettre à la retraite, tellement de gens qui voudraient la pousser à l'extérieur, qui n'ont jamais digéré sa désignation", a déclaré M. Dray lors du "Forum" de Radio J, en dénonçant au passage les livres publiés cette semaine par Jean-Christophe Cambadélis et Claude Bartolone, y voyant un signe du "rejet de la candidature de Ségolène Royal" à la présidentielle. Pour lui, le "tout sauf Ségolène" n'a "jamais cessé" et "c'est "un des problèmes, mais ce n'est pas le seul". "Le +tout sauf Ségolène+, c'est le tout sauf Ségolène d'un certain nombre de responsables (du PS). Les militants, eux, ont fait une campagne du feu de dieu". Il a fait valoir qu'un "fossé" se créait "entre une sorte de petit état major et la réalité militante du terrain", en appelant à "en finir avec ce système d'écuries" au sein du parti. M. Dray a en outre souhaité que le congrès du PS se déroule "l'été 2008" et non l'automne 2008 comme l'a préconisé samedi le conseil national du PS. Revenant sur les difficultés du PS, il a fait valoir qu'"un des problèmes" étaient que "les dirigeants socialistes s'émancipent des votes des militants, c'est-à-dire que les mêmes, qui revendiquent le vote des militants en permanence et n'ont que cela à la bouche, lorsque les militants votent à chaque étape, s'émancipent de ces votes et s'autorisent à (les) remettre en cause par un biais ou un autre". "Ce fut le cas au moment du référendum et à nouveau durant la campagne présidentielle", a-t-il dit. Pour expliquer l'échec à la présidentielle, Julien Dray a jugé aussi qu'il y avait "un problème d'identité, de réflexion sur l'état de la société, de la valeur des solutions que nous avons proposées". Il a précisé que le "séminaire" des proches de Ségolène Royal au cours duquel doivent être analysées les raisons de l'échec à la présidentielle et la rénovation du parti se déroulerait "en juillet". sm/sd Conseil national du PS: Ségolène Royal marginalisée (ACTUALISATION, PAPIER GENERAL) PARIS, 23 juin 2007 (AFP) - L'appareil du PS, François Hollande en tête, a repris la main samedi au cours d'un Conseil national où Ségolène Royal a été d'autant plus marginalisée qu'elle s'est fait porter pâle au terme d'une mauvaise semaine pour elle. Dans un climat heurté, le premier secrétaire est parvenu à faire adopter à une très forte majorité un calendrier et une méthode pour mener à bien la rénovation du PS d'ici un an, malgré les critiques feutrées des partisans de Mme Royal, qui souhaitaient "aller plus vite". Seule une poignée de rénovateurs a mené une fronde ouverte. "Les mêmes méthodes, les mêmes équipes, le même premier secrétaire ne peuvent produire que les mêmes effets", a déclaré le député-maire d'Evry Manuel Valls, votant contre la proposition Hollande. Les amis de la présidente de Poitou-Charentes ne se sont pas comptés, ils se sont divisés: son ex-directeur de campagne François Rebsamen a voté les propositions du chef du parti, d'autres, comme Arnaud Montebourg et David Assouline, n'ont pas participé au scrutin. Ségolène Royal s'est refusée à tout commentaire. "Vous n'aurez aucune déclaration de moi sur la politique nationale", a-t-elle déclaré aux journalistes dans son fief de Poitou-Charentes où elle a passé la journée. "Je suis dans la France paisible, aux côtés de personnes paisibles". Le boycottage par Ségolène Royal de ce premier grand rendez-vous post-électoral destiné à tirer les leçons de la défaite présidentielle et législative a alimenté les critiques, venues pour partie de ses partisans. Le moment qu'elle a choisi pour annoncer sa séparation d'avec François Hollande, ses critiques du SMIC à 1500 euros et des 35 heures, sa déclaration sur sa "probable" candidature à la présidentielle de 2012 ont créé un malaise. "Cette absence tue toute velléité de prétendre au poste de premier secrétaire. Elle est dans l'incapacité d'entretenir un rapport politique normal avec le parti", s'alarmait un haut cadre du parti, qualifiant son comportement de "suicidaire". Un mot, le "mépris" pour son parti, revenait dans bien des bouches pour commenter la défection de la candidate. "Ce serait pas mal que tout le monde soit là", soupirait le président du groupe socialiste à l'Assemblée, Jean-Marc Ayrault. L'ex-Premier ministre Pierre Mauroy ne masquait plus son irritation: "on ne peut pas en permanence être en campagne, le PS est une grande organisation qui ne sera pas prise d'assaut". Les fidèles de Mme Royal se sont efforcés de "banaliser" la réunion. "Ce n'est pas aujourd'hui que se joue l'avenir du PS", observait Jean-Louis Bianco. Les mêmes se targuaient de concessions de la direction, comme l'association des militants à tous les stades de la rénovation. Mais François Hollande leur a refusé une consultation de la base sur le calendrier de la rénovation d'ici le congrès. Celui-ci aura lieu "au lendemain des élections municipales" (mars 2008), a dit M. Hollande, sans plus de précision. Le candidat PS à la présidentielle sera désigné au plus tôt en 2010. Ségolène Royal avait souhaité que ces deux échéances soient anticipées. Pour Laurent Fabius, rien ne presse. "Certains se projettent déjà en 2012 mais les Français ne vivent pas en 2012, ils vivent en 2007, ils vivent au quotidien". Sur le fond, François Hollande n'a pas repris à son compte l'analyse de Mme Royal voyant dans son score du 6 mai "un élan exceptionnel". "Nous sommes minoritaires dans la France modeste, âgée, rurale et ouvrière", a-t-il souligné. tma/cgd/mic François Rebsamen : OK pour calendrier Hollande mais vote préalable des militants PARIS, 23 juin 2007 (AFP) - François Rebsamen, ex-codirecteur de campagne de Ségolène Royal, a indiqué qu'il souscrivait au calendrier de rénovation proposé par François Hollande, "qui a toute légitimité pour lancer ce travail", tout en demandant que les adhérents soient consultés "sur la démarche choisie". "Je souscris à la démarche de François Hollande, c'est un rassemblement de travail auquel aucun responsable socialiste ne pourra se soustraire", a dit le numéro 2 du parti devant le conseil national réuni à Paris, en l'absence de l'ex-candidate à la présidentielle. Pour lui cependant, "il serait curieux de lancer un tel chantier sans consulter les adhérents sur la démarche choisie". "N'ayons pas peur des adhérents, nous en avons besoin pour les élections", a-t-il dit. Il a demandé qu'une "nouvelle campagne d'adhésion soit lancée". "Ouvrez les portes et les fenêtres, faites les venir !", a-t-il lancé, sous les huées d'une partie de l'assistance. La campagne d'adhésions à 20 euros lancée début 2006 avait offert un fort soutien militant à Ségolène Royal. "Vos réactions sont intéressantes et instructives, elles montrent qu'il conviendra à l'avenir de changer nos modes de désignation !", a-t-il lancé devant l'hostilité d'une bonne partie du conseil national. Il avait auparavant pris la défense de la campagne de Ségolène Royal, et évoqué "l'état d'esprit de certains responsables au soir du premier tour" et les livres publiés récemment - tels ceux du strauss-kahnien Jean-Christophe Cambadélis et du fabiusien Claude Bartolone - "qui démontrent combien l'unité et le rassemblement régnaient autour de la candidate". "Il n'y a pas d'élection imperdable", a-t-il dit, reprenant le titre du livre de Bartolone. chc-em/cgd/sd Julien Dray à Bartolone: "Il est temps qu'il prenne des vacances" PARIS, 24 juin 2007 (AFP) - Julien Dray, ex porte-parole de Ségolène Royal, a conseillé dimanche sur Radio J à Claude Bartolone de "prendre des vacances", après que le député fabiusien eut critiqué l'absence samedi de l'ancienne candidate du PS à la présidentielle au conseil national du parti. "Il est temps qu'il prenne des vacances et se repose, il a écrit un livre aux termes très discutables", a déclaré M. Dray qui était l'invité du "Forum" de Radio J. Claude Bartolone "a un tempérament de feu qui fait qu'on ne peut rien lui dire", a-t-il poursuivi, en estimant que ce n'était "pas bien pour lui d'être l'agresseur permanent". Julien Dray a conseillé au député fabiusien "de s'émanciper un peu" et de "ne plus être le porte-flingue". M. Bartolone avait jugé sur France Inter que Ségolène Royal essayait "de démontrer qu'elle (était) une victime par rapport aux grands méchants du parti socialiste". sm/sd Traité simplifié : Julien Dray n'exclut pas un rejet par le Parlement PARIS, 24 juin 2007 (AFP) - Le porte-parole du Parti socialiste Julien Dray n'a "pas exclu" dimanche un rejet par le Parlement français du projet de traité européen, qu'il a dénoncé comme "un compromis boiteux" et "sans ambition", qui ne satisfait, selon lui, ni les partisans du oui ni les partisans du non. "C'est un mini-accord sans ambition, un accord a minima, un accord qui rend encore plus complexe le fonctionnement de l'Europe", a déclaré M. Dray invité du "Forum" de Radio J. L'accord, conclu dans la nuit de vendredi à samedi à Bruxelles, sous l'impulsion du président Nicolas Sarkozy, pourrait nécessiter une révision de la Constitution. La majorité présidentielle ne dispose pas actuellement de la majorité des 3/5eme requise pour ratifier une réforme constitutionnelle par la voie du Congrès. Selon M. Dray, "tout ce qui était l'élan de la construction européenne qui était voulu au départ dans le grand traité constitutionnel rejeté par la France et les Pays-Bas est abandonné". "L'Europe continue sa dérive libérale. A un moment où à un autre il y aura forcément de nouveaux chocs avec les peuples qui ne supportent plus cette dérive libérale", a-t-il dit. "Est-ce qu'on peut accepter ce compromis boiteux? Je ne le crois pas", a poursuivi le porte-parole du PS. Interrogé sur le risque du rejet de ce traité simplifié par le Parlement français, M. Dray a répondu: "ce n'est pas à exclure mais je ne peux pas pour l'instant anticiper sur les discussions qui auront lieu à l'intérieur du parti socialiste et de ses instances". "On va en discuter et lorsque la question viendra nous délibérerons collectivement. Mais mon sentiment c'est que ceux qui ont voté non comme ceux qui ont voté oui ne peuvent pas se retrouver dans le compromis qui nous est proposé aujourd'hui et qui n'est que la simple continuation de la dérive libérale de l'Europe", a ajouté M. Dray. sc/sm/sd Ségolène Royal, loin du PS, près des "gens paisibles" (REPORTAGE) ANGLES-SUR-L'ANGLIN (Vienne), 23 juin 2007 (AFP) - Entre site magdalénien et art roman, Ségolène Royal a préféré rencontrer samedi, au coeur de son fief de Poitou-Charentes, les "gens paisibles" de la Vienne profonde plutôt que de débattre de l'avenir du PS au Conseil national du parti. Suivie par une dizaine de journalistes, tailleur blanc à fine rayures noires, sereine et l'air détendue, l'ex-candidate à la présidentielle et "probable" candidate à la candidature socialiste à la présidentielle de 2012, a sillonné plusieurs sites de ce coin de France à l'histoire multi millénaire. Alors que les hiérarques du PS débattaient à Paris de la rénovation du parti, la présidente de Poitou-Charentes s'est rendue dans le somptueux village d''Angles-sur-l'Anglin, classé "Un des plus beaux villages de France", et dont le château en ruines domine une rivière paisible. Elle a visité l'abri du Roc aux Sorciers, creusé dans le calcaire, qui conserve une frise de l'ère magdalénienne (dernière période du paléolithique supérieur) sur ce site orné notamment de représentations de bisons et de sculptures de chevaux. "Je suis dans la France paisible, aux côté de personnes paisibles. J'ai beaucoup donné pendant les campagnes nationales et maintenant je me consacre à mon rôle de présidente de région. C'est passionnant parce que l'on est au côté de personnes paisibles et authentiques et qui s'impliquent dans le développement de leur territoire". "Je fais mon travail, je suis là tranquillement, là où je dois être", a-t-elle indiqué, avant d'expliquer: "vous savez, ça fait plus de deux ans que je suis en campagne électorale au niveau national et voilà je reviens sur mes bases solides, sur mes racines territoriales". "Aujourd'hui, je suis loin de tout ça, je prends le temps paisible et authentique. Vous n'aurez aucune déclaration de moi sur la politique nationale", a-t-elle dit. En préambule à sa visite de la frise de l'ère magdalénienne datant de 2000 avant Jésus Christ d'Angles-sur-l'Anglin, Ségolène Royal a dit: "Ce sont des moments de réflexion sur les racines du temps, sur la civilisation, et je crois que c'est en prenant le temps de réfléchir aux racines de la civilisation aussi que l'on peut inventer l'avenir". Après la signature d'un Contrat de Développement durable à Saint-Pierre de Maillé, en présence de plusieurs dizaines de personnes, Mme Royal a signé des autographes et serré les mains dans la foule alors qu'une fanfare locale divertissait l'assistance. Ségolène Royal devait animer vers 20H00 à Saint-Savin (Vienne) une conférence de presse présentant le 3e Festival Nuits romanes, qu'elle devait inaugurer en l'Abbatiale du village le soir même. gvy-ej/mic Le conseil national du PS vote le calendrier proposé par Hollande PARIS, 23 juin 2007 (AFP) - Le conseil national du Parti socialiste a voté samedi à une écrasante majorité le calendrier de rénovation du parti proposé par François Hollande, a constaté l'AFP. Le premier secrétaire du parti, refusant l'hypothèse d'un congrès avancé à l'automne 2007, comme le demandaient les partisans de Ségolène Royal, avait proposé au conseil un calendrier de rénovation du parti s'ouvrant dès son université d'été, fin août, et s'achevant par le congrès ordinaire, au lendemain des élections municipales de 2008. Au terme d'un débat ponctué de vives critiques de la candidate à la présidentielle, absente du conseil national, les quelque 300 membres du conseil ont voté ce calendrier à la quasi-unanimité. François Rebsamen, ex-directeur de campagne de Ségolène Royal, avait demandé que les adhérents du PS soient consultés sur le calendrier lui-même, mais il n'a pas obtenu satisfaction. Il a cependant voté le texte proposé. Jean-Louis Bianco, autre ex-directeur de campagne, a relevé "des discours incantatoires", "de petits règlements de compte" et des "sifflets stupéfiants" lorsque M. Rebsamen a demandé une ouverture du parti à de nouveaux militants, "comme si le PS était une secte". Il a justifié l'absence de Ségolène Royal par le fait que l'enjeu "est sur le terrain", et non à ce conseil national. Jean-Luc Mélenchon, sénateur et un des plus vigoureux opposants à Ségolène Royal, a estimé que le PS avait "sauvé les meubles" et que "le putsch a été avorté". "Tout le monde a payé pour voir, c'est le retour dans un univers normal", a-t-il dit. Jean-Christophe Cambadélis, député de Paris proche de Dominique Strauss-Kahn, a noté que grâce à cette décision du conseil, "les enjeux de personnes n'ont plus de cadre pour s'exprimer".
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