LA POSITION DE LA CFDT
PARIS, 30 avr 2007 (AFP) - Le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, a prévenu lundi sur LCI que les lois sociales annoncées pour juillet par François Fillon, proche de Nicolas Sarkozy, en cas de victoire électorale relevaient "de la méthode du CPE" et provoqueraient "des mouvements sociaux".
Dans une interview aux Echos de lundi, M. Fillon a expliqué que si M. Sarkozy était élu dimanche président de la République, le nouveau pouvoir ferait voter un certain nombre de lois, dont plusieurs réformes sociales, à la session parlementaire de juillet.
"Il nous annonce que dès le mois de juillet, le gouvernement décidera tout seul, par la loi, sur le temps de travail, le cumul emploi-retraite, le service minimum, d'autres sujets qui concernent directement le social", s'est offusqué M. Chérèque.
"Je préviens M. Fillon: s'ils utilisent cette méthode, qui est la méthode du CPE, il y aura des mouvements sociaux dès la rentrée prochaine", a-t-il prévenu, ajoutant que "la CFDT ne restera pas inerte".
M. Chérèque a exigé que le futur gouvernement, "de droite ou de gauche, respecte la loi sur le dialogue social, c'est-à-dire qu'on confie aux partenaires sociaux la négociation et on ne décide pas de façon unilatérale".
Il a évoqué à cet endroit "un point de clivage fort que la CFDT fera respecter quel que soit le futur gouvernement". Pour M. Chérèque, la future majorité devra, "après les élections législatives, réunir un sommet social pour définir quelles sont nos priorités" et ce qui relève des partenaires sociaux, du gouvernement ou du travail "commun".
Le responsable syndical a par ailleurs accusé M. Fillon d'essayer "d'instrumentaliser la CFDT", après que l'ancien ministre des Affaires sociales eut proposé la création d'un pôle syndical "réformiste" dont la CFDT serait "un des acteurs principaux".
"La CFDT n'est pas un objet qu'on manipule, c'est une organisation autonome", a rappelé M. Chérèque.