S. ROYAL SUR CANAL +

Publié le par EXCOFFIER

Ségolène Royal invitée de Dimanche + sur Canal +


 
Laurence Ferrari

Et l'invitée de « Dimanche + », c'est l'autre finaliste de l'élection présidentielle. Ségolène Royal, bonjour. Merci d'être venue dans « Dimanche+ ». Nicolas Sarkozy estime que le débat que vous avez eu hier avec François Bayrou est contraire à l'esprit de nos institutions. Vous avez l'impression d'avoir bouleversé la campagne et la 5e République, Madame Royal ?


Ségolène Royal

Vous savez, moi j'aime beaucoup débattre. Je pense que c'est l'essence même de la démocratie que de se parler et je crois que dans un pays en effet on attise les haines ou les oppositions au point de ne plus se parler, c'est grave parce que c'est peut-être cela aussi qui explique le déclin de la France. Je crois que nous avons des problèmes difficiles à résoudre dans la France d'aujourd'hui et qu'il est très important de voir où sont toutes les bonnes idées, d'élargir ce rassemblement que j'appelle de mes vœux pour que demain nous puissions dépasser l'affrontement bloc contre bloc qui permettra à la France de se redresser.

Laurence Ferrari

Donc ce débat a été utile, il a servi à quelque chose ?


Ségolène Royal

Il a non seulement été utile mais agréable. Je crois que c'est une première. Le système politique français est bloqué ; il est temps de le rénover et c'est pourquoi j'ai tendu cette main à François Bayrou qui a accepté…

Laurence Ferrari

Petites combines… dit Nicolas Sarkozy ; qu'est-ce que vous lui répondez ?


Ségolène Royal

Je ne comprends pas cette violence verbale, ce mépris à l'égard d'un débat démocratique ; c'est assez grave même parce que je crois que la République mérite que l'on se parle entre responsables politiques, que l'on se respecte. Moi vous savez, je crois à la République du respect et se parler, c'est commencer à se respecter et penser que d'autres peuvent aussi avoir de bonnes idées pour redresser la France, c'est ma façon de voir la politique et je crois que la France a besoin vraiment d'une rénovation urgente de la politique.

Laurence Ferrari

Quel impact ce débat entre vous et François Bayrou peut-il avoir sur le second tour ?


Ségolène Royal

Ca c'est aux électeurs d'en décider. Ils sont libres. Vous avez vu, j'ai discuté en toute transparente devant tout le monde ; chacun a pu suivre le déroulement de ce débat. Il y a eu des points forts de convergence comme sur la nécessité de faire un Etat impartial, de réformer en profondeur nos institutions pour qu'elles soient à la fois plus indépendantes, plus efficaces, que le Parlement fonctionne mieux, que les Français soient associés aux décision qui les concernent, avec la démocratie participative que j'appelle de mes vœux. Bref, débloquer le système politique pour que ça marche mieux et que la politique soit plus efficace.

Laurence Ferrari

Est-ce que vous pourriez modifier votre pacte présidentiel en fonction des propositions de François Bayrou sur vos points de convergence ?


Ségolène Royal

Mais non seulement je suis prête à le compléter mais demain, si je suis présidente de la République, toutes les bonnes idées seront utiles au pays, toutes les bonnes idées. Moi je ne crois pas avoir la science infuse et tout savoir. Je suis à l'écoute des Français puisque je suis la seule à avoir fait cette campagne participative, j'ai beaucoup appris et je suis élue d'une circonscription rurale depuis quinze années, je suis présidente de région, donc je suis tous les jours au combat pour la défense de l'emploi et au contact des entreprises. Donc c'est à la fois forte de cette expérience, de mon expérience ministérielle aussi, que j'ai cru comprendre quelle était à la fois la profondeur de la crise dans le pays, il y a une crise morale, il y a une crise sociale, il y a une crise économique, il y a une crise financière ; et donc il faut à la fois changer… changer en profondeur et puis rassembler tous ceux qui veulent que ce changement se fasse sans brutalité.

Laurence Ferrari

Alors justement rassemblement, dites-vous, Jacques DELORS appelle aujourd'hui l'UDF à voter pour vous ; il y a urgence, dit-il, il faut se compromettre maintenant. Est-ce que ce mot « compromettre » vous surprend ?


Ségolène Royal

Il est original, en tout cas il est fort, il a le mérite de dire ce qu'il veut dire…

Laurence Ferrari

Ce n'est pas une compromission donc…


Ségolène Royal

C'est une compromission au sens où il faut dépasser les vieux antagonismes, des blocages. S'il y a 50% de la France qui s'opposent aux 50% autres, la France est coupée en deux. Moi je ne veux plus de France coupée en deux, je veux une seule France avec des compromis sociaux modernes, avec un dialogue social rénové dans l'entreprise parce que je pense que c'est comme ça aussi que l'on va redresser l'économie, avec des gens qui se parlent même s'ils ne sont pas du même bord et qui construisent ensemble et j'espère réussir cet élargissement puisque j'ai tendu cette main et j'espère que cette main sera prise par les électeurs justement qui n'ont pas leur candidat au second tour mais qui pensent que les valeurs humaines doivent toujours l'emporter sur les valeurs financières ou sur les valeurs boursières et que l'on peut réconcilier l'efficacité économique et les solidarités sociales.

Laurence Ferrari

François Bayrou est pour vous un homme de droite ou bien un homme de l'ouverture à gauche ? Est-ce qu'il y a eu un changement dans votre position ?


Ségolène Royal

C'est un homme je crois d'abord qui a eu du cran pour faire ce qu'il a fait et qui sincèrement pense que l'on peut dépasser les clivages et les oppositions traditionnels.

Laurence Ferrari

Est-ce qu'il pourrait être votre Premier ministre, Madame Royal ?


Ségolène Royal

Je ne m'interdis rien…

Laurence Ferrari

37% des Français le souhaitent dans un sondage…


Ségolène Royal

Oui, je pense que ce n'est pas ce qui se passera mais je ne m'interdis rien sur le choix de mon Premier ministre.

Laurence Ferrari

Donc la main tendue est toujours d'actualité. Est-ce que vous envisagez d'avoir des ministres UDF dans votre gouvernement si vous êtes élue ?


Ségolène Royal

J'ai dit et je le confirme, que tous ceux qui viendront sur le pacte présidentiel, tous ceux qui viendront m'aider à redresser la France, à accomplir ce changement profond, à redonner à notre pays une fierté sur le plan international, à remettre la France à la table de l'Europe puisque c'est aussi un des points communs que j'ai avec François Bayrou ; tous ceux-là ont vocation à faire partie bien évidemment d'un gouvernement et demain d'une majorité et je n'oublie pas aussi les candidats à gauche et les écologistes qui m'ont soutenue aussi dès le soir du premier tour…

Laurence Ferrari

Dominique Voynet par exemple…


Ségolène Royal

Bien sûr… j'entends parfois des propos de mépris à l'égard de l'extrême gauche ; moi je crois que quand j'entends dire que nos vies valent plus que les profits, je suis d'accord avec cela, lorsque j'entends dire que la mondialisation doit avoir des règles plus justes et notamment qu'il faut garantir la sécurité alimentaire des pays pauvres, je suis d'accord avec cela ; lorsque j'entends Arlette LAGUILLER dire qu'il faut respecter la dignité des travailleurs et que l'élection de Nicolas Sarkozy serait un danger pour les travailleurs les plus modestes et aggraverait la précarité, je suis d'accord avec cela.

Laurence Ferrari

Donc un gouvernement qui irait des Verts à la LCR en passant par l'UDF ?


Ségolène Royal

Vous savez, je travaille et c'est cela qui est très moderne, je travaille en rassemblant tous ceux qui pensent que la France peut se réformer en protégeant la dignité des hommes et des femmes et qu'aujourd'hui, elle est entre de mauvaises mains, qu'elle mérite mieux que ce qu'elle a, qu'il y a d'autres solutions à mettre en place – moi j'ai parlé d'un ordre juste – c'est-à-dire que je veux à la fois des règles qui protègent mais aussi des règles qui soient les mêmes pour tous et je ne veux pas que quelques-uns continuent à s'enrichir aux dépens du plus grand nombre. La France est un pays riche, c'est la 5e puissance mondiale, donc il y a aussi une répartition des richesses qui est trop injuste : trop de riches d'un côté, trop de pauvres de l'autre et entre les deux, des gens qui ont peur d'être déclassés. Et donc moi je veux stopper ce déclin et redresser le pays, je sais que c'est possible et que j'y parviendrai.

Laurence Ferrari

Est-ce que vous avez dans votre tête le nom de votre éventuel futur Premier ministre ou pas ?


Ségolène Royal

Oui bien sûr et en même temps vous savez, il y a beaucoup de talents, donc il y a aussi plusieurs possibilités.

Laurence Ferrari

Vous lui en avez parlé à lui ou elle si c'est une femme ?


Ségolène Royal

Pas encore. J'attends d'abord le verdict des Français.

Laurence Ferrari

Un homme ou une femme ?


Ségolène Royal

Vous verrez.

Laurence Ferrari

Bien. Madame Royal, si vous êtes élue, vous promettez une véritable révolution démocratique. La présidente que vous pourriez être, continuera-t-elle les débats participatifs ?


Ségolène Royal

Bien sûr. Bien sûr, la campagne que j'ai conduite préfigure la façon dont j'entends présider la France demain. J'ai donné la parole aux Français et je leur dis : cette parole, surtout gardez-la, ne la lâchez jamais parce que la politique ne se fera plus jamais sans vous. Et je pense que trop souvent, des responsables politiques, de droite ou de gauche d'ailleurs, dans le passé ont fait des erreurs faute d'avoir écouté, faute d'avoir évalué les actions politiques qu'ils ont conduites, pour les rectifier à temps. Et donc il y aura dans la réforme des institutions de cette 6e République, un pilier très important sur la démocratie participative, par exemple les jurys citoyens qui seront associés à l'évaluation des politiques publiques, le référendum d'initiative populaire, les pétitions de citoyens qui permettront au Parlement de débattre sur un texte de loi. Et puis surtout la transparence. Je considère que les Français doivent avoir accès à toutes les informations, par exemple le débat sur l'énergie nucléaire sera remis sur la table, sur les OGM sera remis sur la table aussi…

Laurence Ferrari

Mais on peut imaginer que vous, en tant que présidente de cette future 6e République, vous interveniez dans les débats participatifs ?


Ségolène Royal

Bien sûr, j'interviendrai dans les débats participatifs avec les citoyens puisque des citoyens seront tirés au sort sur les listes électorales pour donner leur avis sur un certain nombre de politiques conduites en partenariat et en complément bien sûr de la démocratie représentative. Les élus verront leurs responsabilités renforcées parallèlement, c'est-à-dire que je crois que la démocratie participative, celle qui donne la parole aux gens pour parler clair, renforce celle qui donne le pouvoir aux élus parce que ça crée des contre-pouvoirs et du dialogue vivant. Les Français sont très intelligents et souvent ils souffrent d'être tenus à l'écart des décisions importantes qui sont prises.

Laurence Ferrari

Vous voulez faire des conférences de presse régulières en tant que présidente, mensuelles, bimensuelles, trimestrielles ?


Ségolène Royal

Chaque fois que ce sera possible. D'abord je crois que les conseils des ministres devront être efficaces et être beaucoup moins formels qu'ils ne le sont aujourd'hui - je les ai vécus aussi en tant que ministre – ce devra être des endroits vraiment où l'on décide et où l'on débat et puis je viendrai rendre des comptes devant le Parlement, ce qui ne se fait pas aujourd'hui, donc cela aussi constituera une réforme importante et surtout il y aura une indépendance de toutes les structures qui ne doivent plus être désignées par le pouvoir en place, c'est-à-dire qu'il faut que le pouvoir ne soit plus concentré comme il l'est aujourd'hui, entre les mêmes mains : le Conseil supérieur de la magistrature, le Conseil supérieur de l'audiovisuel, le Conseil constitutionnel ne seront plus désignés par le pouvoir en place, parce que tout cela, c'est beaucoup trop de concentration des pouvoirs comme on en souffre d'ailleurs aujourd'hui, mais par une majorité des 3 cinquièmes à l'Assemblée nationale, c'est-à-dire que l'opposition sera respectée et aura son rôle à jouer.

Laurence Ferrari

Est-ce que vous demanderez un audit dès votre arrivée à l'Elysée, sur le fonctionnement de l'Elysée ?


Ségolène Royal

Bien sûr, je crois qu'il faut remettre à plat les dépenses de l'Elysée qui ont augmenté au cours des dernières années de 700%, comme l'a montré un récent rapport d'un parlementaire. Je crois qu'il faut baisser le train de vie de l'Etat, montrer l'exemple…

Laurence Ferrari

De combien…


Ségolène Royal

Sans doute de moitié… oui, parce que comme le disait le Général de Gaulle, on peut incarner à la fois un Etat modeste et en même temps la grandeur de la France et c'est cela que je veux réaliser demain.

Laurence Ferrari

Est-ce que – j'ai posé la question à Nicolas Sarkozy tout à l'heure – vous voulez un statut pour le conjoint du président de la République, en l'occurrence François Hollande ?


Ségolène Royal

Je ne crois pas. Je crois que ce n'est pas dans les traditions ni dans le souhait des Français.

Laurence Ferrari

Pour la cérémonie du 14 juillet, vous envisagez quelque chose de participatif également ?


Ségolène Royal

Je pense qu'il va falloir y réfléchir. Je crois que le peuple français doit être fier de son histoire et de sa devise : la liberté, l'égalité, la fraternité, ce sont en tout cas les trois valeurs qui vont inspirer mon action présidentielle.

Laurence Ferrari

Alors nous sommes à trois jours du fameux débat du 2 mai qui va vous opposer à Nicolas Sarkozy ; est-ce que le débat d'hier avec François Bayrou était une bonne répétition ou pas, Ségolène Royal ?


Ségolène Royal

C'était plutôt un dialogue qu'un débat parce que je n'y étais pas opposée…

Laurence Ferrari

Vous avez peur que ce soit plus violent, plus tendu…


Ségolène Royal

Il y aura une confrontation bien sûr beaucoup plus nette, sans que quiconque ne puisse se poser en victime. Je crois qu'il faut accepter le débat démocratique, il faut accepter aussi de rendre des comptes sur son action politique sans crier tout de suite à l'agression ou à la victimisation. Moi je ne me sens pas du tout dans une posture de victime malgré les coups que j'ai reçus ; quand j'ai entendu Nicolas Sarkozy pendant huit jours après les incidents de la gare du Nord dire que j'étais du côté des voleurs ou des fraudeurs, je n'ai même pas répondu à cette insulte parce que je n'ai pas voulu dégrader le débat public. Lorsque je l'ai entendu dire que je l'ai traité d'ignoble, ce qui est faux, j'ai dit comme l'a dit d'ailleurs Simone VEIL, que le rapprochement entre immigration et identité nationale puisqu'il a voulu créer un ministère, d'ailleurs il a maintenant reculé et c'est heureux, sur cette proposition dont il ne parle plus, j'ai dit que c'était humiliant pour les étrangers en situation régulière, qui viennent travailler dans nos entreprises et notamment dans les métiers du bâtiment, dans les métiers du nettoyage et dire de ces travailleurs étrangers qu'ils menacent l'identité nationale, ce n'est pas bien ; ça ne correspond pas aux valeurs de la France et c'est cette phrase-là que j'ai traitée d'assez ignoble et non pas la personne de monsieur Nicolas Sarkozy. Donc…

Laurence Ferrari

C'est vous la victime ou pas ?


Ségolène Royal

Je ne suis pas victime. J'ai pris beaucoup de coups. J'ai tenu le choc et je crois que lui, il faut qu'il accepte aussi le débat et surtout de rendre des comptes sur son action passée pendant cinq ans dans le gouvernement qui termine là son mandat.

Laurence Ferrari

Est-ce que vous vous entraînez, est-ce que vous avez un sparing partner ?


Ségolène Royal

Pas exactement mais je regarde et je relis l'ensemble des débats ; je vais clarifier aussi un certain nombre de choses pour que l'on ne déforme pas mes propos. Par exemple je n'ai jamais promis aux parents et aux grands-parents d'enfants sans papiers d'acquérir automatiquement la nationalité française comme je l'ai entendu. Donc j'entends défendre avec fermeté les valeurs qui je crois correspondent aujourd'hui à ce dont la France a besoin, c'est-à-dire qu'on peut avancer, on peut être efficace sur le plan économique, on peut résoudre le problème du chômage ; je veux une France du plein emploi en particulier pour les jeunes et les salariés de plus de cinquante ans, je veux une France plus juste pour les anciens. J'étais ce matin avec Patrick Pelloux dans un service d'urgences…

Laurence Ferrari

Qui appelle personnellement à voter pour vous…


Ségolène Royal

Oui parce que je crois qu'il a compris qu'avec moi, l'hôpital public retrouverait ses moyens et que les personnes âgées auraient accès à la santé.

Laurence Ferrari

Est-ce que vous misez tout sur ce débat d'entre deux tours Madame Royal ?


Ségolène Royal

Tout, non mais le débat est important ; il est difficile puisqu'il y a eu je crois deux cents sondages qui disent que Nicolas Sarkozy va remporter l'élection présidentielle mais les électeurs sont libres ; je leur demande surtout de venir voter massivement, de ne pas s'abstenir et puis je crois que c'est l'évaluation aussi de tempéraments, d'un parcours, de bilans, de propositions, de valeurs à la fois pour répondre aux problèmes urgents, en particulier la question du chômage, de la précarité et des bas salaires et en même temps pour faire en sorte que la France soit plus juste et plus forte et soit fière de ce qu'elle va décider.

Laurence Ferrari

Est-ce que vous avez appris quelque chose sur vous-même pendant cette première campagne électorale ?


Ségolène Royal

Oui.

Laurence Ferrari

Quoi ?


Ségolène Royal

Ma capacité de résistance…

Laurence Ferrari

Vous ne pensiez pas l'avoir ?


Ségolène Royal

Non…

Laurence Ferrari

Pas à ce point-là ?


Ségolène Royal

Non, je ne savais pas puisque je n'étais pas programmée pour cela… donc j'ai découvert au fur et à mesure, ma capacité à absorber les chocs et la sérénité intérieure qui m'habite aujourd'hui sans savoir quelle sera bien sûr l'issue du scrutin.

Laurence Ferrari

J'ai posé la même question à Nicolas Sarkozy : que ferez-vous le 7 mai au matin si vous ne remportez pas l'élection ? Est-ce que vous continuerez la politique ?


Ségolène Royal

Je ne veux pas me mettre dans cette situation. J'y penserai seulement à ce moment-là. Aujourd'hui toute ma volonté… toute ma mobilisation.. je ne veux pas décevoir ceux qui espèrent en moi, ceux qui pensent que la France mérite autre chose qu'une forme de guerre civile, qui savent que je suis garante d'une cohérence entre des familles qui fonctionnent bien, l'éducation qui devient une priorité, la réconciliation entre les salariés et les entreprises et le combat pour que la France retrouve son rang à l'échelle de l'Europe et à l'échelle de la planète aussi.

Laurence Ferrari

Donc si vous êtes élue le 6 mai, le 7 mai à huit heures, vous êtes au travail ?


Ségolène Royal

Bien sûr.

Laurence Ferrari

Vous constituez une équipe restreinte autour de vous.


Ségolène Royal

Oui, dès le lendemain, je suis au travail parce que je crois que les Français sont las d'attendre des solutions qui ne viennent pas et en particulier ceux qui souffrent le plus attendent désespérément quelque chose de la politique et comme ils sont venus massivement voter, ils ont prouvé par cet élan civique qu'ils étaient prêts encore à faire confiance à une responsable politique qui est d'abord au service du peuple français ; la politique, ce n'est pas se servir, c'est servir les autres, en tout cas c'est ce qui m'anime.

Laurence Ferrari

Vous espérez que le taux de participation soit au moins aussi important qu'au premier tour, il ne nous reste que dix secondes ?


Ségolène Royal

Il était déjà très élevé au premier tour et ça, c'est réconfortant, notamment les jeunes, les jeunes des quartiers populaires, sont venus ; tout le monde est venu voter et tout le monde doit revenir voter au second tour.

Laurence Ferrari

Merci beaucoup Ségolène Royal d'être venue dans « Dimanche + »
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Publié dans segolene

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