J.L.BIANCO SUR FRANCE 2
FRANCE 2
JOURNAL DE 20H – Le 23/04/2007 – 20 :23
Invité : Jean-Louis BIANCO, conseiller de Ségolène ROYAL
David PUJADAS
Nous accueillons comme prévu, Jean-Louis BIANCO. Jean-Louis BIANCO en quoi consiste précisément ce débat public proposé par Ségolène ROYAL à François BAYROU ? une discussion devant micros et caméras ?
Jean-Louis BIANCO
C'est une main tendue, d'abord une main tendue à toutes celles et tous ceux qui veulent se reconnaître dans le pacte présidentiel de Ségolène ROYAL. C'est un débat public et transparent.
David PUJADAS
C'est-à-dire ?
Jean-Louis BIANCO
Il n'est pas question de petits arrangements entre amis, de négociations d'arrière-boutique, d'échange, comme vous disiez tout à l'heure, de donnant-donnant. Public et transparent ça peut prendre plusieurs formes. Si François BAYROU l'accepte, ça peut être un débat télévisé, ça peut être une rencontre dans un lieu physique, ça peut-être un débat sur Internet. L'essentiel est que rien de ce qui se dise ne soit dit en dehors du contrôle des citoyens.
David PUJADAS
Alors une rencontre pour dire quoi, pour proposer quoi ?
Jean-Louis BIANCO
Pour rechercher des convergences qui semblent possibles ; mais c'est à François BAYROU de répondre et de le dire ; sur un certain nombre de sujets. Ségolène ROYAL a cité la modernisation de la vie publique. Nous voulons, je crois, les uns et les autres, mettre fin à une époque où l'Etat a tendance à être approprié par un clan. Nous voulons donner plus de poids à l'opposition. Ségolène ROYAL a proposé qu'une présidence – la présidence de la commission des finances – soit confiée à l'opposition. Que toutes les grandes désignations se fassent par consensus. Que l'on change les Institutions pour donner plus de place au dialogue, à la démocratie sociale.
David PUJADAS
Des thèmes qui sont chers à François BAYROU. Est-ce que çà…
Jean-Louis BIANCO
L'Etat partial aussi, que l'Etat ne soit plus soupçonné, comme il en donne la preuve aujourd'hui de favoriser ses amis et non pas de favoriser l'intérêt général. L'Europe : nous sommes des Européens les uns et les autres et nous voulons les uns et les autres, qu'un référendum permette aux Français de se prononcer ; non pas comme Nicolas SARKOZY, un traité qui met de côté le peuple, mais un référendum qui s'adresse au peuple.
David PUJADAS
Est-ce…
Jean-Louis BIANCO
L'écologie, l'excellence environnementale aussi peut nous rassembler.
David PUJADAS
Est-ce que cette proposition a été faite directement à François BAYROU, est-ce qu'un contact a été pris ou est-ce qu'elle est faite, là, par…
Jean-Louis BIANCO
Non, elle est faite publiquement, rien ne se fait qui ne soit public. Ségolène ROYAL a voulu mettre les citoyens au cœur de son projet présidentiel, elle continuera à le faire dans sa démarche de cette campagne…
David PUJADAS
Donc vous attendez la réponse mais vous ne savez pas si François BAYROU va accepter.
Jean-Louis BIANCO
Nous ne le savons pas mais je crois que c'est un geste important, c'est un signe d'ouverture, c'est une main tendue dans le respect de ce que Ségolène ROYAL a toujours dit, car elle n'a jamais varié. Vous n'avez pas entendu un discours avant le premier tour, un discours après le premier tour. Elle garde le même pacte présidentiel, les mêmes propositions, la même volonté de montrer que l'efficacité économique passe par la justice sociale.
David PUJADAS
Est-ce que vous ne craignez pas que cette main tendue à François BAYROU provoque des frictions non seulement à la gauche de la gauche mais au sein même du Parti Socialiste ?
Jean-Louis BIANCO
Si l'on regarde les choses objectivement, ce qui compte c'est les idées, c'est les valeurs. C'est, comment on fait pour répondre aux problèmes des Français, comment on fait pour lutter conte le chômage et la précarité. Sur la base de quelles idées et de quelles valeurs. Et là-dessus, elle ne bouge pas, elle ne dévie pas. C'est sur ces idées et sur ces valeurs que le débat doit se faire.
David PUJADAS
Est-ce que ce n'est pas…
Jean-Louis BIANCO
Avec toutes celles et tous ceux qui veulent le changement.
David PUJADAS
Est-ce que ce n'est pas le grand écart ?
Jean-Louis BIANCO
Ce n'est pas le grand écart, c'est au contraire la continuation d'un sillon qu'elle a tracé en mettant les Français au cœur du pacte présidentiel. Elle propose à celles et ceux qui ont des convergences avec elle, il y en a déjà qui l'ont rejointe, d'autres peuvent la rejoindre mais sur la base d'un engagement, sur des valeurs, sur un texte et sur des mesures.
David PUJADAS
Les voix centristes sont impératives pour combler le retard vis-à-vis de Nicolas SARKOZY ?
Jean-Louis BIANCO
Les voix de tous et de toutes sont impératives. Toutes celles et tous ceux qui espèrent encore en la politique, qui pensent qu'on peut vraiment changer les choses, qu'on peut vraiment rendre cette société plus juste et en même temps plus moderne, tous ceux-là, les voix… il n' y a pas de tri entre les voix, ce sont des Françaises et des Français que nous appelons à se reconnaître dans ce projet pour transformer la France, pour bâtir une France neuve.
David PUJADAS
Vous étiez avec Ségolène ROYAL lorsqu'elle a appris les résultats, près de deux millions tout de même de voix d'écart avec Nicolas SARKOZY. Est-ce qu'elle était un peu déçue malgré tout ?
Jean-Louis BIANCO
Elle était comme toujours, totalement sereine, surtout si on observe que les voix de Nicolas SARKOZY viennent pour une bonne part, des voix prises dès le premier tour au Front National. Donc, rien n'est perdu, rien n'est gagné. Le jeu est ouvert mais la victoire est possible.
David PUJADAS
Dernière question, je vous la pose à vous aussi Jean-Louis BIANCO. Est-ce que vous vous préparez à assumer de grandes fonctions en cas de victoire de Ségolène ROYAL ? Je parle de Matignon.
Jean-Louis BIANCO
Non, parce que je crois qu'il y aurait quelque indécence à penser ce genre de chose, à se répartir des postes. Moi j'ai un contrat durée déterminée, jusqu'au 06 mai. Je ferai de mon mieux pour faire gagner ma candidate, et après, la vie reprendra.
David PUJADAS
Merci Jean-Louis BIANCO pour avoir répondu à nos questions. Merci.
Jean-Louis BIANCO
Merci à vous.