LES REACTIONS A GAUCHE
Olivier Besancenot (LCR) et José Bové appellent à "battre" Nicolas Sarkozy.
La candidate du PCF, Marie-George Buffet, a appelé dimanche soir 22 avril à voter pour la candidate socialiste Ségolène Royal le 6 mai. Arlette Laguiller, candidate de Lutte ouvrière, a elle aussi lancé un appel dans ce sens, au nom d'un "tout sauf Sarkozy". Olivier Besancenot, candidat de la LCR, a de son côté appelé à battre la droite au second tour, appelant donc implicitement à voter Ségolène Royal. La candidate des Verts, Dominique Voynet, a elle aussi lancé un appel à voter pour le PS. Enfin, le candidat altermondialiste José Bové a prôné une "gauche unie et forte" et appelé les électeurs à battre le candidat UMP, Nicolas Sarkozy, au second tour de l'élection présidentielle. "Comme nous n'avons cessé de le dire, nous ne nous résignons pas à cette division (de la gauche)", a-t-il déclaré aux militants altermondialistes. "J'appelle les citoyens à battre Nicolas Sarkozy, candidat de la droite et de l'extrême droite (...). Cet homme est dangereux. "Sarkozy ne passera pas. Un autre monde est possible", a estimé José Bové, dont le score se situe selon des estimations entre 1 et 1,3% des suffrages. (avec AP)
Eric Besson, ancien secrétaire national du PS démissionnaire de ce parti, a annoncé dimanche soir 22 avril dans un communiqué son ralliement au candidat UMP Nicolas Sarkozy. Eric Besson indique par ailleurs s'être "entretenu longuement de questions de fond samedi" 21 avril, veille du premier tour de scrutin, avec Nicolas Sarkozy. Après cet entretien, "j'ai décidé de le rejoindre et de m'engager en sa faveur", ajoute-t-il.
Voici les réactions à gauche après l'annonce dimanche 22 avril des résultats du premier tour de l'élection présidentielle.
Ségolène Royal, candidate socialiste : "Un élan civique s'est levé. Je mesure la responsabilité éminente et qui m'honore que vous me confiez. Je n'en tire aucune gloire personnelle". Elle lance un appel à "toutes celles et ceux qui veulent faire triompher la République du respect", en se déclarant prête à porter "le combat du changement pour que la France se relève". "Une nouvelle campagne s'ouvre. Dans quinze jours, la France va choisir son destin et son visage. Je lance un appel à toutes celles et ceux qui veulent voir triompher le respect. Nous aurons le 6 mai prochain un choix clair entre deux voix différents. Et je tends la main à toutes celles et ceux qui pensent comme moi qu'il faut changer un système qui ne marche plus". "J'appelle au rassemblement de toutes celles et ceux qui se reconnaissent dans les valeurs du pacte présidentiel". "Je refuse de cultiver les peurs". "J'entends instaurer des règles justes dans la mondialisation". "Je serai la présidente garante d'un Etat impartial", "otage d'aucun clan, d'aucun groupe de pression, d'aucune puissance financière". (Déclaration à Melle, Deux-Sèvres, dimanche 22 avril)
Jean-Pierre Chevènement (MRC) : "Les couches populaires se sont mises en mouvement cette fois-ci".
"Ségolène Royal fait un score presque sans précédent, il y a du fond dans son intervention (à Melle dimanche soir) contrairement à celle de M. Sarkozy. Mme Royal a clairement situé l'enjeu social et l'enjeu démocratique" (TF1 dimanche 22 avril)
Sarkozy ne passera pas ! Un autre monde est en marche. Un autre avenir est possible." (Communiqué dimanche 22 avril)
Jean-Michel Baylet, président du Parti radical de gauche : "La détermination et le courage de Ségolène Royal ont permis de créer un élan qui doit aller en s'amplifiant".
"Il faut rassembler le plus largement possible et porter haut et fort le Pacte présidentiel, seul projet capable de relever la France et d'assurer la justice sociale" (Communiqué, dimanche 22 avril)
Olivier Besancenot, candidat de la LCR, a appelé à "battre la droite dans la rue et dans les urnes" (france 3, dimanche 22 avril)
Arlette Laguiller, candidate de Lutte ouvrière, "Face à Nicolas Sarkozy qui a repris une grande partie des propos de Jean-Marie Le Pen, notamment sur l'immigration, face à son arrogance, d'abord je voterai moi-même pour Ségolène Royal, et j'appelle ceux qui m'ont fait confiance et l'ensemble des électeurs à voter pour Ségolène Royal".
"Je le fais sans réserve et sans illusion mais je le fais par solidarité avec tous ceux qui, dans les couches populaires, ne veulent vraiment pas voir Sarkozy au pouvoir et qui sont pour le tout sauf Sarkozy". (TF1, dimanche 22 avril)
Marie-George Buffet, candidate du Parti communiste : "J'apelle sans hésitation tous les hommes et toutes les femmes de gauche, tous les démocrates à voter et à faire voter pour Ségolène Royal" (QG du PCF, dimanche 22 avril)
Dominique Voynet, candidate des Verts: "Je voterai le 6 mai pour Ségolène Royal".
- "J'ai été victime du vote utile"."Le matraquage en faveur du vote utile a été très efficace" (TF1, dimanche 22 avril)
Robert Hue (PCF) appelle à un "barrage absolu, à faire tout de suite, de toutes les forces non seulement de gauche mais au-delà (...) face à Nicolas Sarkozy".
"Le deuxième succès de la démocratie, c'est le recul de M. Le Pen, il a reculé, mais a été intégré en partie par Nicolas Sarkozy". "Il y a cette lepénisation rampante, il faut y faire face". Il faut un "rassemblement très large".
Il a salué la "performance de Ségolène Royal", qui doit "nous conduire sans ambiguité, à un large rassemblement", intégrant ces "Français (...) qui ne sont pas de gauche mais ne veulent pas d'un homme qu'ils considèrent comme dangereux" (dimanche 22 avril)
Daniel Cohn-Bendit, député Vert européen : A propos d'une alliance UDF-PS,"il y a sur des tas des sujets des points sur lesquels on est d'accord".
'"Une grande partie des Verts a voté Ségolène Royal" "une autre partie s'est exprimée pour François Bayrou".
"La gauche doit gagner" (France 2)
Bernard Kouchner (PS) : "Je constate que sur le plan social, avec l'UDF et François Bayrou, il y a des convergences. Il va falloir convaincre les électeurs, il ne s'agit pas de tractations honteuses".
"Il s'agit de voir comment pourrait s'installer un dialogue qui a déjà eu lieu, nous avons déjà parlé les uns avec les autres" (TF1, dimanche 22 avril)
Jean-Marc Ayrault, président du groupe PS à l'Assemblée nationale : "Les Français ont voulu effacer 2002". Ils ont "voulu absolument que la gauche soit qualifiée au second tour", qui constitue désormais "une nouvelle élection".
Les Français "ne veulent pas" de la méthode "dure et brutale" de Nicolas Sarkozy, "qui représentait le gouvernement sortant".
"Ce serait extraordinaire que quelqu'un qui représente la majorité sortante qui a échoué" se voit octroyer une "sorte de prime Forgeard" (France 3, dimanche 22 avril)
Noël Mamère (les Verts) : "Il y a d'un côté le projet du rejet, et de l'autre un projet de rassemblement" de Ségolène Royal (TF1, dimanche 22 avril)
Martine Aubry, maire PS de Lille : "Le pays avait compris la gravité de la situation et l'enjeu pour chaque Français (...) en mettant en tête deux candidats qui ont présenté avec le plus de clarté deux modèles vraiment opposés".
Elle souhaite qu'"aucune voix de gauche ne manque à Ségolène Royal".
Elle fait aussi "appel à tous ceux qui pensent que l'humanisme, la solidarité, la justice sont les valeurs qui nous porteront vers une France plus douce, moins violente (...), qui respecte les règles et où on respecte les autres", qu'elle oppose au "modèle de M. Sarkozy, d'une France libérale et autoritaire qui accroît les injustices, qui replie la France sur elle-même (...) et qui nous oppose les uns aux autres". (Lille, dimanche 22 avril)
Laurent Fabius (PS) : "Je pense qu'il y a des gens de gauche qui ont voté pour François Bayrou, c'est incontestable".
"Je ne vais pas dire qu'il y a 30% de personnes qui veulent que ça continue avec M. Sarkozy et 70% qui sont tous d'accord" entre eux et se reporteront sur Ségolène Royal
"Mais vous avez quand même une majorité de Français qui veulent que ça change sur le plan de la justice sociale, de la démocratie, de la déconcentration du pouvoir".
"Ca nous donne une perspective extrêmement forte pour le second tour".
"J'appelle au rassemblement de la gauche et des écologistes et puis au-delà, de tous ceux qui ne veulent pas d'une politique de brutalité et qui veulent un changement concerté que propose dans son pacte Ségolène Royal" (TF1, dimanche 22 avril)
Clémentine Autain, adjointe (apparentée PCF) au maire de Paris, l'une des chefs de file du mouvement antilibéral, appelle à "voter pour Ségolène Royal".
"Nous avons maintenant 15 jours pour battre Nicolas Sarkozy". Il "faut maintenant appeler à voter pour Ségolène Royal".
"Je suis triste" de voir son courant politique "cantonné à de petits scores", affirmant que la "gauche antilibérale sûre d'elle-même, fière d'elle-même, a besoin de se renouveler". (France 3, dimanche 22 avril)
Arnaud Montebourg, l'un des porte-parole de Ségolène Royal : "Elle aura dimanche la capacité de gagner au deuxième tour car elle a fait le score de François Mitterrand en 1981".
"Nous avons une ligne politique de nature à rassembler les Français à notre droite et à notre gauche" (France 2, dimanche 22 avril)
Vincent Peillon, porte-parole de Ségolène Royal : "C'est jouable. Maintenant, c'est la dynamique de campagne qui compte. Nicolas Sarkozy bénéficie "d'un effet psychologique en sortant en tête" du 1er tour, tout en affirmant que la gauche ne devait "pas se laisser impressionner".
"Nicolas Sarkozy est l'otage d'une campagne où il s'est situé entre la droite et l'extrême droite". "Cela lui a permis de faire un bon 1er tour en prenant des voix à Le Pen, mais cela risque d'être plus difficile pour lui au second, car il a moins de réserves de voix".
"La gauche peut relever la tête. Nous avons une dynamique de victoire, Ségolène Royal peut et doit remporter cette élection présidentielle".
"C'est une grande victoire qui ne nous était pas annoncée il y a quelques jours".
Il a indiqué que Ségolène Royal chercherait à "rassembler le plus largement possible autour de ses propositions".
"La moitié" du vote Bayrou vient d'électeurs de gauche, "ce sera à ces électeurs de se déterminer" (QG du PS, dimanche 22 avril)
Jean-Louis Bianco (PS), co-directeur de campagne de Ségolène Royal : c'est la "fin du cauchemar".
Ce succès a "effacé" la "triste date" du 21 avril 2002 où la gauche avait été éliminée du second tour.
C'est une "merveilleuse nouvelle pour la démocratie", avec le fort taux de participation des Français au scrutin, qui est "une première victoire" pour Ségolène Royal qui dès le début, s'est adressée aux Français directement".
"Aujourd'hui, les Français ont pris la parole et croyez-moi avec Ségolène Royal, ils continueront à la garder" (France 3, dimanche 22 avril)
Dominique Strauss-Kahn (PS): "Je sens dans ce premier tour l'espérance d'un renouveau".
"Il faut que la victoire de Ségolène Royal ne soit pas construite uniquement sur le rejet de Nicolas Sarkozy" mais sur la volonté de "changement", a-t-il ajouté, lançant un appel à "tous les électeurs qui n'ont pas leur candidat préféré au deuxième tour".
"Il n'y a pas là-dedans d'accord de partis, de négociations". "Il y a Ségolène Royal qui propose un renouveau"
"Si la campagne du second tour (...) est une campagne qui porte effectivement à construire 'cette maison du renouveau' (...), alors je pense que la victoire est possible".
"Ce qui compte, aujourd'hui, c'est que ces élections permettent le renouveau. Le renouveau, ce sont les thèmes sur lesquels on doit intervenir, les réformes que l'on doit faire".
"Si on veut les réformes, alors je suis convaincu au bout du compte que les Français se rendront compte qu'ils ne peuvent pas le faire avec le candidat de la majorité sortante Nicolas Sarkozy".
(France 2, dimanche 22 avril)
Jack Lang, conseiller de Ségolène Royal : "C'est un succès personnel" pour Ségolène Royal. "Demain, elle pourra être une présidente qui tiendra solidement les rênes de l'Etat". (TF1, dimanche 22 avril)
François Hollande, Secrétaire général du PS : "Le PS ne peut pas négocier avec qui que ce soit car cela n'est pas la démarche d'une élection présidentielle"Le PS ne peut "pas négocier avec qui que ce soit car cela n'est pas la démarche d'une élection présidentielle".
"Nous devons insister sur ce qu'il y a de fort dans notre pacte présidentiel donc nous n'allons pas négocier avec qui que ce soit car cela n'est pas la démarche d'une élection présidentielle".
"Nous avons un projet, il est normal de rassembler autour. Il faut s'adresser aux électeurs", a-t-il affirmé.
"Qu'ont voulu dire nombre d'électeurs (ndlr : au premier tour)? C'est qu'ils voulaient changer", a-t-il insisté.
"Qui est aujourd'hui en situation de permettre le changement ? Qui peut battre le candidat de la majorité sortante ? Qui peut donner une espérance? Qui peut permettre (...) des avancées ? Ségolène Royal".
"Rien n'est joué, rien n'est acquis, rien n'est décidé" pour le second tour. '"Un rassemblement est en train de se faire" (France 2)
- "Ségolène Royal a rassemblé beaucoup plus largement que le Parti socialiste et beaucoup d'électeurs de gauche qui pouvaient avoir une autre culture ont voté dès le 1er tour pour Ségolène Royal pour lui permettre, et c'est le cas ce soir, d'être en dynamique maintenant pour le succès".
"Ce qu'il faut faire, c'est un rassemblement très large autour du pacte de Ségolène Royal et faire en sorte que ceux qui n'ont pas voté pour le candidat de la majorité sortante se retrouvent, sur le changement et les propositions de Ségolène Royal", "En votant à 85% les Français ont donné la plus belle leçon de démocratie qui soit"
"Les conditions d'une victoire de Ségolène Royal sont réunies".
- "Ségolène Royal a rassemblé beaucoup plus largement que le Parti socialiste et beaucoup d'électeurs de gauche qui pouvaient avoir une autre culture ont voté dès le 1er tour pour Ségolène Royal pour lui permettre, et c'est le cas ce soir, d'être en dynamique maintenant pour le succès"
"Ce qu'il faut faire, c'est un rassemblement très large autour du pacte de Ségolène Royal et faire en sorte que ceux qui n'ont pas voté pour le candidat de la majorité sortante se retrouvent, sur le changement et les propositions de Ségolène Royal".
- "Le premier tour de Nicolas Sarkozy a été celui d'une droite que l'on connaît, libérale, autoritaire, qui va chercher sur le lisier du Front national des électeurs et d'ailleurs y parvient".
Ségolène Royal est "maintenant la candidate du changement". "Les conditions d'une victoire de Ségolène Royal sont maintenant réunies. La droite sortante ne fait que 30% des voix, ça en dit long sur la contestation de la politique menée depuis cinq ans".
- Nicolas Sarkozy "nous parle de son rêve, je souhaite qu'il ne se finisse pas en cauchemar pour notre pays"(TF1, dimanche 22 avril)
Jean-Paul Huchon, président socialiste de la région Ile-de-France : Ségolène Royal "a réussi la première partie de son pari qui consiste à passer clairement le premier tour et à effacer le 21 avril". "La tendance apparemment, c'est un (Nicolas) Sarkozy en tête avec 3 ou 4 points d'avance sur Ségolène Royal, donc deux qualifiés en finale et un (François) Bayrou qui n'a pas décroché à 17 ou 19%". "En fait, c'est l'électorat (Jean-Marie) Le Pen qui semble avoir été littéralement siphonné par Sarkozy". "Cela veut dire que les ressources à droite sont faibles pour un deuxième tour et qu'il n'y a plus de possibilités de report à gauche à la condition d'être accueillant à tout le monde, à la gauche et aux humanistes qui ne veulent pas de la société que promeut Sarkozy".
"Le deuxième tour, c'est quinze jours d'une campagne complètement différente qui se joue sur le modèle social qu'on veut promouvoir". "Il y a dans l'électorat composite de Bayrou un attachement à certaines valeurs sociales, à une certaine impartialité de l'Etat qui devrait le porter à se rapprocher de l'électorat de Ségolène Royal pour le deuxième tour".(QG du PS, dimanche 22 avril)
Kurt Beck, président du Parti social-démocrate (SPD) allemand, à l'adresse de Ségolène Royal : "Avec passion et engagement, vous avez mené une campagne formidable et moderne". La "fougue" et l"enthousiasme" dont les socialistes ont fait montre pour leur candidate et son programme "constituent une excellente base pour remporter la victoire dans deux semaines".
Le relatif mauvais score de "l'extrémiste Jean-Marie Le Pen" constituait "l'autre bonne nouvelle de cette soirée électorale française".