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Publié le par EXCOFFIER

Ségolène Royal appelle la gauche au "sursaut" face à "une droite dure"


BELFORT, 13 avr 2007 (AFP) - Ségolène Royal a appelé vendredi à Belfort les électeurs de gauche et les Français à "un sursaut" pour faire barrage "à une droite dure" et assurer la présence de la gauche au second tour de la présidentielle, haussant le ton contre Nicolas Sarkozy.
Au pays du lion de Belfort, la candidate du PS a sorti ses griffes, allant jusqu'à affirmer que le candidat de l'UMP était porteur de "guerre civile" et, sur fond de drapeau tricolore à l'Hôtel de Ville, a demandé solennellement aux électeurs de faire que "le 22 avril ne ressemble pas à un certain 21 avril" 2002.
Elle apparaît néanmoins très confiante sur son score du premier tour, tandis que tous les sondages la placent en deuxième position, quelques points devant François Bayrou, avec lequel l'ancien Premier ministre socialiste Michel Rocard a appelé vendredi à un accord, dès avant le premier tour, ce qui, selon plusieurs responsables socialistes, ne rend pas service à la candidate.
Alors que, jusqu'à la semaine dernière, Mme Royal insistait sur son programme et sa vision de la France, demandant même à ses auditoires de ne pas huer M. Sarkozy, elle a durci ses critiques depuis mercredi. Elle avait alors dénoncé à Metz "la brutalité" de son adversaire, lui opposant sa "force sereine qui remettra la France sur le chemin de la réussite".
A Besançon jeudi soir, Mme Royal a franchi un nouveau palier, s'en prenant pour la première fois nommément au candidat de l'UMP pour lui reprocher de "promettre tout le contraire de ce qu'il fait".
Le thème de "la morale" et de "la vérité de la parole politique", dont s'écarte selon elle M. Sarkozy, est désormais martelé par la candidate dans tous ses discours.
A Belfort, où une Marseillaise a conclu son intervention, Ségolène Royal a accusé l'ex-ministre de l'Intérieur de "commencer à négocier en douce avec le Front national", après les déclarations de son conseiller Brice Hortefeux sur l'instauration éventuelle d'une proportionnelle partielle aux élections législatives, réclamée par le parti de Jean-Marie Le Pen. "Il chasse sur les terres du Front national", a-t-elle confié.
A ses yeux, la droite sarkozyste est "encore plus dure" qu'avec Jacques Chirac, elle est faite "de brutalité, de violence, de guerre civile même, puisque rien n'est réglé dans les cités et les banlieues".
Ségolène Royal, qui a visité l'usine Alstom en compagnie de Jean-Pierre Chevènement, maire de Belfort, a pris pour exemple la Sécurité sociale --que M. Sarkozy veut, a-t-elle dit, "privatiser"--, exhortant "la gauche (à) résister sur ce qui a fait l'essentiel du pacte social et républicain".
"C'est à ce sursaut que je vous appelle aujourd'hui" en votant à gauche dans neuf jours, a-t-elle lancé, "pour que le 22 avril ne ressemble pas à un certain 21 avril".
La socialiste se donne pour objectif d'obtenir ce jour-là "le plus gros score possible". Elle considère que le premier tour "sera décisif" pour la victoire finale et se dit prudemment optimiste. "L'ambiance change: on sent une poussée dans la dernière ligne droite, on ne sent plus l'inquiétude" à gauche, a glissé Ségolène Royal aux journalistes. Le fabiusien Claude Bartolone, membre de son équipe de campagne, assure que "le vote utile est en train de jouer à plein".
Mme Royal n'entend pas cependant passer les derniers jours d'ici le 22 avril à exploiter ce filon. "Je suis pour un vote conscient", a-t-elle affirmé à la presse.
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Publié dans segolene

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