SECURITE SOCIALE
Ségolène Royal promet d'être la présidente "qui sauvera la Sécu"
PARIS (Reuters) - Ségolène Royal se présente comme la présidente de la République "qui sauvera la sécurité sociale" et attaque les propositions de franchises sur les dépenses de santé défendues par Nicolas Sarkozy.
La candidate socialiste à l'Elysée a reçu un collectif de médecins qui a lancé une pétition contre les franchises sur internet (www.appelcontrelafranchise.org) et estime que le projet du candidat de l'UMP est un "vrai recul" dans l'accès aux soins et "une vraie injustice sociale".
Devant les caméras, Ségolène Royal s'est opposée "farouchement" à toute tentation de privatisation de la Sécurité sociale, signe précurseur d'une "médecine à plusieurs vitesses".
"C'est dangereux et c'est brutal", a-t-elle dit lors d'une brève déclaration à la presse à son QG de campagne. "Je crois qu'on ne réforme pas la France avec brutalité et certainement pas en faisant reculer l'égalité d'accès à la santé".
A ses yeux, les quatre franchises médicales envisagées par Nicolas Sarkozy (sur les examens biologiques, les médicaments, les visites médicales et l'hospitalisation) feront "basculer des millions de Français vers une précarité médicale".
"La Sécurité sociale est un des acquis du modèle social français, elle fait partie de notre pacte républicain et donc elle doit être préservée (...) Les Français doivent avoir la garantie de l'égalité d'accès aux soins", a-t-elle insisté, évoquant notamment les personnes âgées.
"Moi je leur garantis le maintien de l'égalité d'accès à la santé. Je leur garantis parce que je crois que c'est un élément fondamental de la citoyenneté, du pacte social, du pacte républicain", a assuré Ségolène Royal.
"Je serai la présidente de la République qui garantira ce modèle social, ce modèle républicain, qui sauvera la Sécurité sociale et qui même la consolidera en prenant en charge au niveau de la Sécurité sociale les questions du vieillissement et du handicap", a-t-elle poursuivi.
"MOUVEMENT CITOYEN"
Fin mars, Ségolène Royal a repris à son compte une proposition avancée par Laurent Fabius pendant la campagne pour l'investiture socialiste en vue de la présidentielle d'une cinquième branche de la Sécurité sociale pour prendre en charge les questions du grand âge et de la dépendance.
Selon Ségolène Royal, plus de 10.000 médecins et professionnels de santé ont signé la pétition, un "mouvement citoyen" salué par celle qui défend la "démocratie participative".
"Demain (...) l'ensemble des réformes et des améliorations apportées au système de soins s'appuieront sur des mouvements citoyens de médecins comme celui-ci qui s'est levé pour dire non à la privatisation de la Sécurité sociale, à la médecine à plusieurs vitesses et pour dire oui - et moi je dis oui - au respect et au progrès social pour tous", a-t-elle déclaré.
L'appel sur internet a été lancé par Christian Lehmann et Martin Winckler, médecins et écrivains, et Philippe Sopena, ancien vice-président du syndicat de médecins MG- France.