PRECISIONS SUR L'EMPLOI DES JEUNES SANS QUALIFICATION
PARIS (Reuters) - Ségolène Royal a précisé jeudi que le "contrat première chance" qu'elle veut créer pour les jeunes sans qualification s'appuierait sur des dispositifs existants comme le contrat d'apprentissage ou le contrat de professionnalisation.
"Le jeune est pris dans l'entreprise avec un tutorat d'accompagnement et, au bout de trois mois maximum, soit il (est) intégré dans un contrat d'apprentissage (...), soit le jeune devient immédiatement efficace, et cette période d'essai se transforme en contrat de travail, soit il est en contrat de professionnalisation", a déclaré la candidate présidentielle du Parti socialiste sur i-Télé.
Le dispositif, que la sociologue du travail Dominique Méda doit présenter dans le détail vendredi, pourrait finalement s'appeler "parcours première chance" pour gommer l'idée de nouveau contrat qui passait mal auprès des organisations de jeunesse, a-t-on précisé dans l'entourage de la candidate.
"On était plus dans la crainte de la formule, dans les interrogations que dans les accusations", a déclaré le sénateur socialiste David Assouline.
Des doutes avaient également surgi sur le passage de ce nouveau "parcours" vers un CDI au bout d'un an.
"Il y aura un dispositif plus qu'incitatif et contraignant", a assuré le sénateur de Paris.
Ségolène Royal a annoncé vendredi dernier qu'à travers ce dispositif les pouvoirs publics paieraient pendant un an la totalité du salaire et des charges d'un jeune de plus de 16 ans sans qualification embauché par une entreprise de moins de dix salariés dans les secteurs de l'artisanat et du commerce.
UNEF ET MJS RASSURÉS
"Nous sommes satisfaits de cette précision, qui démontre qu'en effet il ne s'agissait pas d'un énième contrat spécifique mais d'un nouveau dispositif", a déclaré à Reuters Razzye Hammadi, président du Mouvement des jeunes socialistes, un des fers de lance de la contestation anti-CPE.
Après une rencontre avec Dominique Méda, Bruno Julliard, président du syndicat étudiant Unef, s'était dit "rassuré" que la mesure ne se traduise pas par la création d'un nouveau type de contrat.
"Je suis rassuré sur le fait qu'il ne s'agira pas d'un nouveau contrat de travail. Il est probable que ce soit des dispositifs existants et mis en cohérence par les régions", avait-il déclaré à Reuters.
Avant que Ségolène Royal n'apporte cette précision, sa proposition avait provoqué l'opposition des candidats de la gauche radicale et les railleries de l'UMP.
"Je dis à Ségolène Royal, nous n'avons pas besoin d'un CPE de gauche", a déclaré en milieu de journée la candidate communiste, Marie-George Buffet, devant des jeunes réunis à l'université Paris X à Nanterre.
Olivier Besancenot, candidat de la Ligue communiste révolutionnaire avait fustigé de son côté "un CPE new-look".
"Avec cette mesure, Ségolène Royal marche sur les traces de François Bayrou", a-t-il dénoncé dans un communiqué, ajoutant que la candidate n'a "rien appris de l'échec de Villepin à imposer le CPE".
Dans un communiqué, José Bové avait estimé "inquiétant" ce projet de contrat, ajoutant que la mesure "semble tout droit inspirée de celle de François Bayrou".
Jugeant l'idée "injuste et choquante", le député UMP Laurent Wauquiez, proche de Nicolas Sarkozy , avait estimé dans un communiqué que Ségolène Royal "à force de démagogie et de facilité de pensée", avait "fini par ses prendre les pieds dans le tapis" avec ce contrat première chance.