SEGOLENE ROYAL SUR EUROPE 1/TV5/LE PARISIEN

Publié le par EXCOFFIER

PARIS (Reuters) - Ségolène Royal a déclaré n'avoir aucun ennemi en politique - seulement des adversaires avec qui elle entend garder un "certain niveau" de débat, un conseil adressé tout particulièrement à Nicolas Sarkozy.

Après les attaques à son encontre du candidat de l'UMP, qui a accusé la gauche d'être du côté des "fraudeurs" et des "émeutiers" de la gare du Nord, la candidate socialiste à la présidentielle a déclaré que "l'insulte n'a(vait) pas sa place dans une campagne présidentielle".

"Par respect pour les électeurs, il faut savoir tenir ses nerfs", a-t-elle insisté sur Canal+ à la mi-journée, estimant que de telles sorties "auguraient mal" du comportement de l'ancien ministre de l'Intérieur si, "par malheur", il accédait à l'Elysée en mai prochain.

En début de soirée, lors du Grand rendez-vous Europe1/TV5/Le Parisien, la présidente de la région Poitou-Charentes, qui prône un "ordre juste", a de nouveau demandé que les règles soient les mêmes pour "les puissants" et les "petits".

"Lorsque la famille commence à dénigrer l'école, quand les jeunes commencent à dénigrer la police - ou réciproquement -, ou lorsqu'un ministre de l'Intérieur tient des propos méprisants, choquants et humiliants, il y a une rupture du lien de confiance", a-t-elle dit.

Cependant, "un adversaire politique n'est pas un ennemi, c'est un partenaire du débat démocratique", a-t-elle fait valoir. "Mes ennemis, c'est le chômage, la précarité, les injustices, l'échec scolaire, (la situation des) travailleurs pauvres, la faiblesse de l'Europe, les délocalisations".

Selon elle, l'ancien ministre de l'Intérieur a "des comptes à rendre" sur la question de la sécurité en France et cherche "à dresser les Français les uns contre les autres".

"RIEN N'EST JOUE"

"Le délitement du lien social est la conséquence d'une politique qui a été mise en place", a-t-elle dit. La police de proximité, mise en place par la gauche plurielle sous la houlette de Lionel Jospin, "a été supprimée par l'ancien ministre de l'Intérieur actuellement candidat" et "les moyens donnés aux associations de quartier ont été supprimés massivement".

"Ce qui est inquiétant, c'est qu'il y ait une telle rupture entre les citoyens et les professions en uniformes", a-t-elle fait valoir sur Europe 1, citant comme exemple le cas des contrôleurs SNCF "de plus en plus mal reçus" quand ils vérifient les billets des passagers.

"Ce qu'il faut, c'est rétablir le lien de confiance entre les grands services publics que sont la police, la justice, la gendarmerie et les citoyens. Voilà ce que c'est qu'une république, c'est le lien de confiance".

A trois semaines du premier tour, Ségolène Royal a estimé que rien n'était "joué (...) tant que les Français n'ont pas voté".

"Les enjeux sont considérables, et ça, les Français l'ont bien compris, et donc c'est pour ça qu'ils réfléchissent, qu'ils observent et qu'ils regardent. Et ils veulent que le débat se déroule à un certain niveau", a-t-elle poursuivi alors que les sondages continuent de prédire la victoire de Nicolas Sarkozy au deuxième tour.

Entre le premier et le deuxième tour, au-delà de la droite et de la gauche, elle prévoit de rassembler "les Français" et "tous ceux qui se retrouvent" dans son "pacte présidentiel".

Dans cette campagne présidentielle, qu'elle a commencée par deux mois de débats participatifs dans toute la France, elle a "appris ce que les Français (lui) ont dit".

"Je sais que c'est un moment grave, qu'il y a des enjeux majeurs et que sans doute le choix que vont faire les Français va avoir un impact - bien sûr sur la durée du quinquennat, mais sans doute sur toute une génération."


PARIS (AP) - La candidate du Parti socialiste Ségolène Royal a estimé dimanche que "le feu couve sous la cendre" dans les banlieues et "qu'à la moindre étincelle cela peut repartir".

Invitée de Grand Rendez-vous Europe-1/TV5Monde/Le Parisien/Aujourd'hui en France, la candidate socialiste a par ailleurs dit avoir mis "un coup d'arrêt à une dérive verbale" de Nicolas Sarkozy.

La veille, elle avait accusé le candidat UMP d'avoir "frappé en dessous de la ceinture" en ironisant au cours d'un meeting à Nice sur l'ordre juste qu'elle prône et en dénonçant la "faillite morale d'une certaine gauche".

"Je ne m'en suis pas pris à Nicolas Sarkozy", a-t-elle expliqué. "J'ai simplement mis un coup d'arrêt à une dérive verbale du candidat". "L'élection présidentielle mérite mieux que cela". Et de marteler: "C'est un grave dérapage verbal". Quand "un candidat à l'élection présidentielle se permet d'insulter ou de déformer à ce point les propos de son adversaire, ça veut dire qu'il se met facilement en colère".

"Pour exercer la plus faute fonction de l'Etat, il faut savoir se maîtriser!", a lancé la socialiste à son adversaire. "Il faut garder son sang froid!". "Je veux être la présidente d'une République qui rétablira la confiance entre les citoyens et qui cessera de dresser les gens les uns contre les autres", a conclu Ségolène Royal.

La candidate a commenté le sondage IFOP publié par le "Journal du Dimanche", selon lequel 45% des Français juge que l'insécurité en France s'est aggravée au cours des cinq dernières années. Le sondage place Nicolas Sarkozy en tête des candidats les plus aptes à garantir la sécurité des personnes et des biens.

Ségolène Royal a ajouté qu'"il y a une proportion encore plus importante de Français qui ne savent pas, qui refusent de répondre. Donc, ils attendent de voir, de comprendre, ils comparent et en même temps les Français ne sont pas naïfs".

Les Français "ont bien vu que depuis une année, il ne s'est rien passé par rapport aux émeutes et que les émeutes vont repartir", a poursuivi la prétendante à l'Elysée. "Les Français le disent, c'est quand même très inquiétant".

Elle a d'ailleurs jugé qu'ils "ont raison puisque rien n'est réglé. Qu'est ce que cela veut dire? Ça veut dire que le feu couve sous la cendre et qu'à la moindre étincelle cela peut repartir, donc il y a un chantier majeur à prendre à bras le corps".

"Cela peut se produire à tout moment", a martelé la candidate car: "il y a un tel délaissement, un tel recul des services publics, une telle inertie dans ces quartiers. Les maires des banlieues qui sont en première ligne expriment, parce qu'ils sentent l'ambiance qu'il y a dans ces quartiers, leurs inquiétudes".

Pour lutter contre cette insécurité, Ségolène Royal a proposé de donner "les moyens à l'école", d'instaurer un "encadrement scolaire", et de remettre "une police de quartier". AP


PARIS (Reuters) - Ségolène Royal a dénoncé les propos "méprisants, choquants, et humiliants" de Nicolas Sarkozy à son égard après les violents incidents de la gare du Nord tout en déclarant ne pas avoir, en politique, d'autres "ennemis" que le chômage et les précarités.

"Un adversaire politique n'est pas un ennemi, c'est un partenaire du débat démocratique", a dit la candidate du PS à l'élection présidentielle au Grand rendez-vous Europe1/TV5/Le Parisien.

"Mes ennemis, c'est le chômage, la précarité, les injustices, l'échec scolaire, (la situation des) travailleurs pauvres, la faiblesse de l'Europe, les délocalisations", a-t-elle ajouté.

Après les heurts de mardi soir à la Gare du Nord, déclenchés à la suite d'un contrôle de billets, Nicolas Sarkozy a accusé Ségolène Royal d'être du côté des "fraudeurs et des émeutiers".

La candidate socialiste a de nouveau demandé que les règles "soient réaffirmées au plus haut niveau de l'Etat" et jugé que "lorsque la famille commence à dénigrer l'école, quand les jeunes commencent à dénigrer la police - ou réciproquement -, ou lorsqu'un ministre de l'Intérieur tient des propos méprisants, choquants et humiliants, il y a une rupture du lien de confiance".

Selon elle, l'ancien ministre de l'Intérieur a "des comptes à rendre" sur la question de la sécurité en France et cherche "à dresser les Français les uns contre les autres".

"Le délitement du lien social est la conséquence d'une politique qui a été mise en place", a-t-elle déclaré, rappelant que "la police de proximité a été supprimée par l'ancien ministre de l'Intérieur actuellement candidat" et que "les moyens donnés aux associations de quartier ont été supprimés massivement".


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