IDENTITE NATIONALE
Ségolène Royal: l'identité nationale, faire "que la République tienne sa promesse"
LILLE, 25 mars 2007 (AFP) - Ségolène Royal a affirmé dimanche à Lille que l'identité nationale consistait à "faire en sorte que la République tienne sa promesse".
"Quand on interroge les Français sur les symboles les plus forts de l'identité nationale, ils répondent +la solidarité+, et ils répondent +le drapeau+. Donc à la fois un symbole, et une vision de la société qui fait qu'on refuse le chacun pour soi, la guerre du tous contre tous, ou la débrouillardise individuelle", a déclaré à la presse la candidate socialiste à l'élection présidentielle après son discours au congrès du syndicat étudiant Unef.
"C'est-à-dire une nation qui arrive à donner du vivant aux valeurs de la République, qui arrive à faire en sorte que la République tienne sa promesse que chaque enfant né sur le territoire français est un enfant qui a des talents à déployer et de l'énergie à donner à l'intérêt général. A ce moment-là, on fonde une identité nationale", a poursuivi Mme Royal.
"L'identité nationale, c'est d'abord une nation qui donne à chacun le droit de vivre cette identité nationale, c'est-à-dire celle qui consiste à ne pas demander d'où on vient mais ce que l'on veut vivre ensemble", a-t-elle précisé.
Elle a estimé que cette identité n'était "pas quelque chose de dépassé politiquement" car "cela nous pousse à dépasser nos oppositions".
"J'ai toujours travaillé à cet équilibre à toujours réinventer, de la nation, de la République, des droits et des devoirs", a-t-elle souligné.
Ségolène Royal affirme ne pas confondre "la nation et le nationalisme"
PARIS, 25 mars 2007 (AFP) - Ségolène Royal a affirmé dimanche qu'elle "ne confondait pas la nation avec le nationalisme", suite à ses déclarations en faveur du drapeau tricolore et de La Marseillaise.
"Je ne fais aucune confusion entre la nation dont on doit être fier - et un chef d'Etat doit conduire chaque Français à être fier d'appartenir à la nation - et le nationalisme", a affirmé Mme Royal interrogée lors du "Grand jury" RTL/Le Figaro/LCI.
Elle a estimé "impressionnant" lors de son meeting à Marseille vendredi que "la gauche reconquière cet hymne trop longtemps laissé à l'extrême-droite et au Front national".
Interrogée sur son assertion selon laquelle les sportifs ne connaissent pas les paroles de La Marseillaise, Mme Royal a répondu : "Les Français non plus ne connaissent pas les paroles" à cause de la "violence d'une phrase" de l'hymne - "le sang impur qui abreuve nos sillons" - qui, selon elle, prête à "contre-sens" et qu'il faut "expliquer".
Elle avait fait observer à Correns (Var) vendredi que "les sportifs français sont souvent ceux qui connaissent le moins l'hymne national (...) parce que certaines paroles (de l'hymne national, NDLR) ne sont pas comprises".
"Je n'ai pas dit qu'ils ne la connaissaient pas, j'ai dit qu'ils ne la chantaient pas, j'ai dit qu'ils ne prononçaient pas les paroles à cause de la violence de ses paroles (...) qui sont interprétées comme des paroles xénophobes, ce qui n'est pas le cas", a-t-elle affirmé au "Grand jury".
Elle a rappelé que, troublée par cette phrase ("le sans impur..."), elle avait proposé à François Mitterrand de modifier les paroles ce à quoi l'ancien président avait répondu "ce serait un contre-sens historique insupportable".
Comme on lui demandait pourquoi elle ne chantait pas La Marseillaise dans ses meetings, elle a répondu : "Je suis devant eux, je les écoute, je m'imprégne de cette force populaire". "Quand je sentirai le moment venu de la chanter, je le ferai", a-t-elle dit.
Quant à son slogan "la France, présidente", elle a souligné que "l'idée remonte des débats participatifs" et était basée sur "l'idée que France peut reprendre la main et se remettre en mouvement que si tous les Français s'y mettent".
Expliquant son insistance sur les thèmes de la République et la nation, elle a expliqué que "l'une des motivations des catégories populaires, qui ont voté non à la constitution européenne, était une question existentielle sur le point de savoir si la France allait se diluer dans l'Europe". "C'est en étant clair sur l'identité" de la France "que je veux, demain, inviter les Français à se tourner vers les autres", a-t-elle dit.
PARIS, 25 mars 2007 (AFP) - Vincent Peillon, porte-parole de Ségolène Royal, a répliqué dimanche soir à Nicolas Sarkozy, qui a demandé au parti socialiste "d'arrêter avec la repentance".
"Nicolas Sarkozy a tort de faire de l'ironie et devrait se méfier de paraître un peu suffisant", a estimé M. Peillon dans un communiqué.
Il a expliqué que "le parti socialiste n'était aucunement dans la repentance lorsqu'il affirme son attachement aux valeurs et aux symboles de la République et lorsqu'il ne confond pas identité nationale et immigration".
M. Peillon répondait à M. Sarkozy qui avait déclaré: "j'ai juste un petit effort à demander aux socialistes. S'il veulent bien me rejoindre sur l'identité nationale, et je m'en réjouis, je leur demande de bien vouloir arrêter avec la repentance qui va de pair avec l'identité de la Nation".
M. Sarkozy, a ajouté M. Peillon, "devrait se méfier de n'avoir lui-même demain à se repentir d'avoir déclaré avec toujours la même suffisance que la pédophilie comme les suicides d'adolescents seraient d'origine génétique".
Dans Philosophie magazine paru jeudi où il répond aux questions du philosophe Michel Onfray, M. Sarkozy déclare: "j'inclinerais, pour ma part, à penser qu'on naît pédophile, et c'est d'ailleurs un problème que nous ne sachions soigner cette pathologie". "Il y a 1.200 adolescents ou 1.300 jeunes qui se suicident en France chaque année, ce n'est pas parce que leurs parents s'en sont mal occupés! Mais parce que, génétiquement, ils avaient une fragilité, une douleur préalable", ajoute le candidat UMP.
Pour M. Peillon, "les grands débats sur la conception de la nation ou de l'homme méritent moins d'ironie, moins de suffisance et peut-être un petit peu plus de rigueur et de clairvoyance".
PERPIGNAN, 26 mars 2007 (AFP) - Il ne faut pas "laisser la Nation à la droite et à l'extrême droite", a déclaré lundi à Perpignan le socialiste Jean Glavany, interrogé lors d'un point de presse sur les élans de la candidate socialiste Ségolène Royal en faveur du drapeau tricolore et de la Marseillaise.
"La Marseillaise est un grand chant révolutionnaire de ceux qui luttaient contre l'Ancien Régime, et le drapeau tricolore celui des révolutionnaires et des idéaux de Liberté, Egalité et Fraternité, avant d'être dévoyé par d'autres", a précisé le secrétaire national à la laïcité du Parti socialiste et ancien ministre de l'Agriculture.
"La Nation c'est l'expression d'un passé commun, mais surtout d'une volonté de vivre ensemble. Mais la Nation ce n'est pas le nationalisme, comme l'a dit notre candidate, car le nationalisme c'est la guerre", a-t-il ajouté.
Répondant aux critiques de l'extrême gauche, l'ancien ministre a affirmé: "Ce serait choquant si on s'arrêtait là. Mais nous avons les 100 propositions de Ségolène Royal, largement inspirées par le projet socialiste".
"Nous devons maintenant imposer le débat droite-gauche (...) sur des convictions, des idées, des propositions (...) pour que la France ne sorte pas frustrée du premier tour de l'élection", a poursuivi M. Glavany.
Pour le responsable socialiste, "la démocratie en France ne se portera bien que si le débat a lieu entre deux véritables alternatives". "Nos adversaires c'est la droite et l'extrême droite", a conclu M. Glavany qui doit animer en soirée un meeting en faveur de Ségolène Royal près de Perpignan.