SEGOLENE ROYAL ET LES SYMBOLES DE LA REPUBLIQUE
CORRENS (Var), 23 mars 2007 (AFP) - Ségolène Royal s'est plu vendredi à cultiver une image de femme d'Etat, heureuse au contact rapproché de ses partisans et désireuse de rassembler les Français autour des symboles de la nation, face à Nicolas Sarkozy qui chercherait à "les diviser".
Sur la lancée d'un meeting national à Marseille jeudi soir où elle avait exalté "le chant des Républicains", la Marseillaise, entonnée ensuite par la foule, la candidate socialiste s'est évertuée dans les Bouches-du-Rhône puis le Var à marier la gauche à la nation au moment où elle refait son retard (26,5% contre 28%) sur M. Sarkozy, selon un sondage TNS Sofres/Unilog.
L'arrivée du printemps aidant, Ségolène Royal a dit vivre sa campagne "dans l'harmonie" et faire usage de sa "liberté, sans entrave, sans retenue", savourant "des moments de bonheur politique", en se mêlant à plusieurs centaines de ses sympathisants rassemblés à Aix-en-Provence, puis dans un village du Haut-Var, Correns, avant une réunion publique à Nice.
La tonalité de la journée a été donnée dès le matin lors d'une visite-surprise dans une rue populaire du centre-ville où est apposée une plaque sur l'ancien club des Jacobins. C'est là que pour la première fois, l'hymne national fut chanté dans la cité phocéenne.
Ségolène Royal ne s'est toutefois pas lancée dans une ode inconditionnelle à la nation. Visitant l'ancien camp d'internement et de déportation des Milles, près d'Aix-en-en-Provence, elle s'est demandé "comment des Français ont pu déporter d'autres Français". "C'est en ayant le courage de regarder notre Histoire en face que nous pouvons continuer à forger notre identité nationale", a-t-elle souligné.
A Correns, la candidate socialiste a encore valorisé le sentiment national, souhaitant devant les journalistes que les Français aient "chez eux le drapeau tricolore", l'exposent aux fenêtres le jour de la fête nationale et "connaissent la Marseillaise".
Elle a déploré que "les sportifs français (soient) souvent ceux qui connaissent le moins l'hymne national", sans doute, a-t-elle dit, parce qu'il appelle à répandre un "sang impur".
Selon la candidate socialiste, "il faut reconquérir les symboles de la nation et, en même temps, ne pas se laisser enfermer dans un dévoiement de l'identité nationale". Elle faisait implicitement référence à l'intention de M. Sarkozy de créer "un ministère de l'immigration et de l'identité nationale".
Pour la candidate socialiste, la France du "candidat de la droite" est une France qui "divise les Français, les dresse les uns contre les autres".
Mme Royal s'est félicitée que, sous son impulsion, la gauche ait "reconquis le droit de chanter la Marseillaise", l'un "des éléments de rassemblement" des Français.
A l'invitation du maire de Correns, Michaël Latz, une Marseillaise, chantée a capella par les habitants, a encore retenti en présence de la candidate sur la place de ce vieux village provençal, choisi parce qu'il est "le premier village bio en France". Mais cela ne sera "pas systématique", a-t-elle précisé.
Ségolène Royal n'en a pas moins souligné le clivage droite-gauche, appelant à "un vrai changement". "Ne vous faites pas avoir par ceux qui gouvernent depuis cinq ans, vous parlent de rupture ou d'une France neuve!", a-t-elle lancé à Correns. "Nous entrons dans la phase de vérité et de clarification", a confié la candidate.
CORRENS, Var (AP) - Affichant sa volonté de "reforger" l'identité nationale, Ségolène Royal a souhaité vendredi que les Français aient tous "chez eux le drapeau tricolore" et qu'un "travail pédagogique" soit mené pour faire "comprendre" l'hymne national, "La Marseillaise".
"Je pense que les Français devraient avoir chez eux le drapeau tricolore, comme dans d'autres pays où dans les fêtes nationales les drapeaux sont mis aux fenêtres", a-t-elle proposé lors d'une rencontre avec la presse à la mairie de Correns (Var), avec un buste de Marianne à sa droite et un bouquet de roses rouges à sa gauche.
La candidate socialiste, qui a fait jouer "La Marseillaise" jeudi soir en meeting à Marseille, souhaite aussi mener un "travail pédagogique" pour "bien faire comprendre le sens de ces paroles qui apparaissent comme ça un peu féroces". "Je ne suis pas favorable au changement des paroles", a-t-elle dit. "C'est aussi la responsabilité d'un chef d'Etat d'assumer l'hymne national".
"C'est un élément très important d'avoir reconquis le droit pour la gauche de chanter 'La Marseillaise'. C'est une étape historique de la gauche, qui avait cru devoir abandonner l'hymne national à l'extrême droite", a-t-elle jugé, "au moment où il y a un débat sur l'identité nationale".
"Il faut reconquérir les symboles de la Nation, avoir un regard neuf sur les valeurs de la Nation, ne pas se laisser enfermer dans les dévoiements de ce qu'on entend actuellement sur la mise en cause de l'identité nationale", a-t-elle jugé sans citer Nicolas Sarkozy. Pour elle, "ce sont des éléments de rassemblement".