JOSPIN : SARKOZY C'EST CHIRAC EN PIRE
PARIS, 21 mars 2007 (AFP) - LLionel Jospin a mené une rude charge mercredi soir lors d'une réunion publique à Paris, contre le candidat de l'UMP, Nicolas Sarkozy qui selon lui refuse de présenter son bilan et qui n'est que du "chiraquisme en plus risqué".
"M. Sarkozy fait comme s'il était sur une ligne de départ alors qu'il est sur une ligne d'arrivée, il fait comme si tous les compteurs étaient mis à zero alors que sur ses compteurs à lui il y a une sacrée facture d'électricité à payer", a-t-il ironisé devant environ 600 personnes réunies dans un gymnase du 18 ème arrondissement pour soutenir la candidature de Ségolène Royale.
"Ce sont les actes passés, c'est le bilan qu'on trace qui permet de jauger la validité des promesses qui sont faites", a-t-il assuré. "Il est injuste pour les français que le grand absent de cette élection soit le bilan du pouvoir sortant", a-t-il dit. Ce bilan, pour lui "est très mauvais", "c'est un échec social, économique et moral" .
L'ancien Premier ministre, entouré de ses amis, le maire de Paris, Bertrand Delanoë, son ancien ministre de l'Intérieur Daniel Vaillant, la députée du 18ème Annick Lepetit, Claude Estier mais aussi du député Christophe Caresche a estimé que "la présidence Sarkozy" serait "une concentration sans précédent du pouvoir entre ses mains".
M. Caresche avait lors des primaires socialistes en septembre 2006 appelé à manifester sous les fenêtres de M. Jospin s'il se présentait à ces primaires.
Ce serait "une pression permanente sur la justice, un interventionnisme constant dans les médias, une confusion avec le pouvoir économique", a ajouté M. Jospin.
"Avec Nicolas Sarkozy, il n'y aura pas de rupture avec la politique actuelle mais au contraire une aggravation. Nicolas Sarkozy, c'est du chiraquisme en plus risqué", a-t-il averti.
"Le moment est venu de juger et d'écarter ceux qui ont échoué au pouvoir, les avertissements donnés doivent se transformer en sanction" a lancé M. Jospin rappelant les victoires de la gauche aux régionales et européenne de 2004 ainsi que la victoire du non au référendum sur l'Europe "vote de protestation devant la politique de Jacques Chirac.
Il a mis en garde contre une réédition de 2002: "Faisons en sorte que cette fois-ci" il y ait une confrontation entre la gauche et la droite au premier tour, a-t-il dit.
"Il reste un mois pour montrer que les propositions du pacte présidentiel, les engagement de Ségolène Royal sont plus féconds et plus porteurs d'avenir" a-t-il déclaré sous les applaudissements de la salle.
Très en forme M. Jospin a fait flotter un peu de nostalgie sur la réunion en faisant de part de son "vrai plaisir" à s'exprimer à nouveau dans cet arrondissement où se trouve sa section du PS. "C'est un vrai moment de bonheur" a-t-il ajouté se remémorant la campagne présidentielle miterrandienne de 1981 où il allait avec Daniel Vaillant "au bas des immeubles avec un simple mégaphone".
"C'était comme une eau citoyenne qui ruisselait des gens, descendait des étages, venait dans la rue, dans les cours, je n'ai jamais retrouvé à ce point ce sens du contact direct avec nos concitoyens", a-t-il raconté. "En 2002, quand la défaite si cruelle est venue et j'ai renoncé à tous mes mandats c'est à La Chapelle-Goutte d'or, dans ma vieille section que je suis revenu comme militant", a-t-il affirmé.