BILAN DE LA LEGISLATURE
Le premier secrétaire du PS, François Hollande, a dénoncé mercredi le bilan de la législature 2002-2007, affirmant que la majorité sortante, à laquelle il a associé l'UDF, est celle "des déficits, des reculs, de la partialité, et de l'insécurité".
"Cinq ans après, il y a bien une majorité sortante, on finirait par en douter tant ceux qui la représentent cherchent à effacer leur responsabilité, à occulter leur rôle, et parfois même à cacher leur présence tout en s'obstinant à rester au gouvernement jusqu'au bout", a ironisé M. Hollande, en allusion à Nicolas Sarkozy.
Il s'exprimait lors d'une conférence de presse consacrée au bilan de la législature en compagnie du chef de file des députés PS, Jean-Marc Ayrault.
"Il y a bien une majorité sortante, elle a été pour l'essentiel autour de l'UMP, mais l'UDF y a pris toute sa place", a-t-il poursuivi, car "rares ont été les lois, ou les lois de finances, qui ont été repoussées par l'UDF".
"Il y a bien un bloc de responsabilité même s'il y a des nuances qui ont conduit parfois l'UDF à se différencier. Mais sur l'essentiel, le groupe socialiste a été, avec le groupe communiste, seul dans son opposition", a-t-il affirmé.
Interrogé sur la stratégie présidentielle de M. Bayrou, M. Hollande a estimé que "l'on doit dire d'où l'on vient et où on veut aller" et que l'"on ne peut pas imaginer une majorité qui n'existerait pas".
"La majorité sortante est celle des déficits" a-t-il poursuivi, en citant "les déficits de croissance, l'une des plus faibles de la zone euro, en moyenne 1,7%", le "déficit du budget de l'Etat (2,6%), l'accumulation de la dette sociale, qui aura dépassé 84 milliards d'euros depuis 2002".
M. Hollande a également souligné "le déficit commercial, qui dépasse 30 milliards d'euros fin 2006, un record historique", et "le déficit social qui se mesure à travers la précarité et les chiffres du chômage", qu'il évalue "autour de 9,5%".
Selon lui, "la majorité est celle des reculs" avec la création, par ordonnance, du contrat de nouvelle embauche (CNE), et la loi Fillon sur les retraites, qui a correspondu pour beaucoup "à une perte du pouvoir d'achat". Il a également évoqué le "recul en matière d'assurance maladie, dans les domaine des lois et des libertés".
Le député de Corrèze a aussi fustigé "la majorité de la partialité" avec "une somme de nominations au Conseil constitutionnel, au CSA, dans toutes les administrations ou les entreprises publiques où des amis du pouvoir ont été placés méticuleusement, soigneusement, systématiquement".
Il a encore dénoncé "la majorité des insécurités" qui "ont toutes progressé, que ce soit l'insécurité physique, l'insécurité sociale".
De son côté M. Ayrault a stigmatisé "les campagnes caméléon" de Nicolas Sarkozy et François Bayrou, en rejetant la possibilité d'une quelconque majorité entre centristes et socialistes.
"Aucun socialiste ne peut se prêter à ces combinaisons de la IVè République, parce que la réponse à la crise de notre pays n'est pas institutionnelle", a-t-il dit.