FINANCEMENT DES RETRAITES

Publié le par EXCOFFIER

Le COR publie donc son nouveau rapport sur les perspectives des retraites.
 
Il faut en retenir qu'en dépit d'une certaine amélioration, le besoin de financement prévu atteindra 0,7 point de PIB par an d'ici 2020.
 

1/ La réforme Fillon est injuste, et en outre elle n'a rien réglé, ce qui confirme d'ailleurs que les hypothèses économiques retenues en 2003 étaient bien trop optimistes. La situation actuelle en matière de retraites est le reflet des inégalités de notre société. Qui plus est, la pérennité de notre régime par répartition n'est pas assurée.

2/ L'allongement de la durée de vie est une bonne nouvelle (l'espérance de vie progresse d'un an tous les 4 ans, soit + 6ans depuis l'adoption de la retraite à 60 ans), et nos régimes de retraite ne peuvent ignorer cette évolution démographique : d'ici à 2050, les plus de 60 ans seront deux fois plus nombreux.
 
3/ Le système actuel est inéquitable et l'effort devra porter sur trois points majeurs : la prise en compte de la pénibilité du travail (les négociations sociales sur ce point sont au point mort); le taux d'activité des 50-55 ans reste toujours aussi faible, faute d'une politique de l'emploi adaptée : il faudra s'attaquer vraiment à la question de l'emploi des seniors ; les petites retraites, qui renvoient surtout aux carrières incomplètes, notamment féminines. C'est dans cette approche d'ensemble que devra être abordée la question des régimes spéciaux, sans, comme le fait la droite, opposer les catégories sociales les unes aux autres.

4/ Sur la méthode, la droite a commis la faute majeure d'ignorer la négociation sociale. Notre démarche est à l'inverse : il faut parier sur l'intelligence collective des salariés et des citoyens pour adapter et préserver notre système par répartition. Pour les retraites, le meilleur chemin est de construire ensemble, pour le pays, des solutions garantes d'un contrat juste et durable. Il s'agira d'ouvrir une large négociation avec les partenaires sociaux, portant sur toutes ces questions, ainsi que sur la relance du Fonds de réserve, dramatiquement sous-doté par la droite (ce Fonds de réserve, créé par la gauche, ne dispose que de 30 milliards d'euros, à comparer à son homologue ...norvégien, qui pèse déjà 200 milliards!).

Au-delà, la question de la gouvernance future du système de retraite peut aussi être posée : s'agissant du risque social le plus contributif, parce que lié au travail, il ne serait pas illogique que les partenaires sociaux se voient confier de véritables pouvoirs de gestion , une fois le cadre actuel assaini. Ceci qui aurait en outre l'avantage d'une cohérence entre régimes de base et régimes complémentaires.

A   DEBATTRE


 

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Publié dans segolene

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