MESSAGE DE S. ROYAL

Publié le par EXCOFFIER

From: Ségolène Royal <contact@desirsdavenir.com>
Date: Fri, 6 Jun 2008 23:40:20 +0200
Subject: La gauche américaine bouge, la droite française piétine
To: nicolas.dijon@gmail.com

La victoire de Barack Obama

Je suis très heureuse du beau succès de Barak Obama à l'issue des
élections primaires démocrates aux Etats-Unis et je tiens à lui
adresser mes félicitations les plus chaleureuses. Dès le départ, avant
même qu'il ne devienne favori, j'avais soutenu sa candidature Il a
fait preuve de courage, de sincérité et d'honnêteté.Pour la gauche
américaine, c'est un choix historique que de s'être trouvé un porteur
d'espoir. Il a prouvé, durant des Primaires âprement disputées, qu'il
incarnait pour son pays un formidable désir de changement et d'avenir.
Barack Obama représente l'Amérique d'aujourd'hui et de demain,
l'Amérique métissée. Les jeunes, de toutes origines, se sont mobilisés
massivement en sa faveur. Quel plus beau symbole de l'espérance que
peut représenter un politique de son rang ?

Aux États-Unis, le 4 février dernier, je me suis mêlée à la foule d'un
de ses meetings à Boston et j'ai vu la ferveur que suscitait son
message auprès d'Américains de tous âges et de toutes origines,
fraternellement unis.

De tous les procès instruits contre lui, Barak Obama a su faire une
force sans jamais se laisser aller à répondre aux coups bas. Sa
campagne populaire et citoyenne, son envie de rassembler, sa capacité
à faire bouger les lignes sans sectarisme, sa fermeté sur des valeurs
fondamentales ont réconcilié avec la politique beaucoup de ceux qui
s'en étaient détournés, à commencer par les plus jeunes.

A l'inverse de tant de responsables politiques qui se disent
expérimentés, il a euun jugement lucide sur l'intervention américaine
en Irak, et c'est, pour en finir avec les errements des années Bush,
un atout de poids.

Je lui souhaite aujourd'hui de trouver, pour l'épauler dans la
campagne qui s'ouvre, un Parti soudé à ses côtés. C'est une des
conditions de la victoire.


Les 35 heures


J'estime que la droite a trahi la parole donnée aux partenaires
sociaux, qui avaient signé un compromis historique. Pour se réformer
de façon juste et durable, la France a besoin du dialogue social entre
organisations représentatives, c'est-à-dire d'une vraie démocratie
sociale. Aujourd'hui plus que jamais. Et c'est cette condition que le
gouvernement vient de mettre à mal.

Le 10 avril dernier, la CGT, la CFDT, le Medef et la CGPME ont conclu
un accord inédit sur les nouvelles règles du dialogue social en
France. Pour démocratiser le dialogue social, les partenaires sociaux
estiment que tout accord devrait être désormais signé par des
syndicats représentants une majorité des salariés concernés. Symbole
de ce compromis historique, la CGT et la CFDT avaient même accepté
qu'un accord majoritaire assouplisse, à titre expérimental, les règles
relatives aux contingents d'heures supplémentaires.

C'est cette avancée fondamentale de la démocratie sociale que la
droite a piétiné en permettant à des organisations minoritaires
d'assouplir les contingents d'heures supplémentaires fixés par la loi.
Un sacrifice de l'intérêt général pour donner des gages à une droite
aux abois. Au final, un formidable gâchis.


L'éducation et les annonces de Nicolas Sarkozy

Dans l'éducation, les coup durs sont déjà donnés. 11 000 postes
supprimés en 2007/2008, 20 000 suppressions prévues pour l'année
prochaine. La vraie « réforme » de l'éducation de Nicolas Sarkozy est
à observer de ce côté-là, beaucoup plus que dans ses dernières
annonces.
Les intentions et les promesses de réforme sont souvent floues et
n'engagent que ceux qui y croient encore. « Imaginer un lycée beaucoup
plus souple. » Pourquoi pas ? Mais qui peut nous dire comment le
gouvernement va traduire ce vœu pieu en actes concrets ?
Sur la formation des enseignants, les annonces ont, pour une fois, été
précises. Nicolas Sarkozy et son gouvernement ont voulu supprimer les
IUFM sans le dire explicitement, pour faire des économies. La
formation des enseignants se ferait donc à l'université, tout
simplement. Sans aucun enseignement qualifiant. L'inquiétude des
professeurs et de ceux qui souhaitent le devenir est légitime.
Je continue de prétendre qu'une autre politique éducative est possible.


Les émeutes de la faim

La crise alimentaire dans le monde est sans précédent. Elle touche des
centaines de millions personnes dans les pays les plus pauvres de la
planète.
Les causes sont bien connues : hausse de la demande des grands pays
émergents, développement de l'élevage au détriment des cultures,
hausse du prix de l'énergie, accidents climatiques...
Les propositions de Nicolas Sarkozy ne sont pas à la hauteur du drame
actuel et de la capacité d'initiative de la France : une meilleure
coordination des organisations internationales, même si elle est
indispensable, est nettement insuffisante.
Je rappelle que l'aide publique au développement a diminué depuis un
an, repassant en dessous du seuil de 0, 5 % de la richesse nationale,
cela sous les coups de butoir d'une politique étrangère incohérente et
au mépris des engagements pris par la France il y a quelques années
Il nous faut commencer par respecter nos engagements internationaux
pour l'aide publique au développement, sous forme de subventions «
cash » et non pas de simples annulations de dette.
Je propose aussi qu'on étudie un mécanisme de stabilisation des prix
agricoles dans les pays pauvres, sous la responsabilité de la Banque
mondiale. La crise actuelle nous montre que nous ne pourrons nous
passer plus longtemps d'une politique agricole mondiale.

Ségolène Royal

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