Politique internationale

Mardi 8 avril 2008 2 08 /04 /2008 18:20

Il y a trois ans, j'ai décidé, à la tête de la région Poitou-Charentes, d'engager une expérience de coopération décentralisée à partir de nos savoir-faire communs avec le Tamil Nadu : pêche, agriculture, environnement. En effet, le tsunami qui a touché le sud-est asiatique a provoqué en France une vive émotion et une intense vague de solidarité. Dès le lendemain, les régions françaises étaient à la pointe des actions menées en matière d'aide d'urgence, de soutien à la reconstruction et au développement.

La Région Poitou-Charentes, parce qu'elle travaillait sur d'autres projets avec deux ONG (INDP et ORCADES) menant des actions dans le sud de l'Inde, a décidé de porter son effort de solidarité dans l'Etat du Tamil Nadu, situé sur la côte sud-est de l'Inde, et dont les deux villes les plus importantes sont Chennaï et Pondichéry.

Deux objectifs motivent mon déplacement sur place :

  • évaluer l'efficacité des actions mises en œuvre depuis 3 ans ;
  • continuer nos apprentissages réciproques : nous avons en effet donné, mais nous avons aussi beaucoup reçu ;

C'est ainsi que nous avons créé en Poitou-Charentes le micro crédit social universel : il permet à des personnes exclues des prêts bancaires de pouvoir emprunter pour un projet de vie, par exemple, la création de son entreprise, l'achat d'une voiture pour aller travailler, etc.

Nous avons à apprendre de l'Inde dans bien d'autres domaines ! Je serai ainsi particulièrement attentive à comprendre les ressorts de la réussite de ce pays, dans les secteurs de l'économie de la connaissance, des hautes technologies, de l'innovation, et des relations performantes entre entreprises et universités. J'essaierai aussi de comprendre pourquoi une partie si importante de la population indienne vit encore dans la pauvreté, sans profiter de ce dynamisme économique.

Le programme

Une première halte à Chennaï pour visiter une unité de WIPRO, une SS2I indienne de plus de 70 000 salariés, ingénieurs de très haut niveau pour la plupart. Puis Pondichéry qui fut française jusqu'en 1954 et qui compte encore près de 7 000 ressortissants français, dont une minorité seulement parle encore notre langue. C'est autour de Pondichéry que se concentrent beaucoup des actions menées par la Région Poitou-Charentes : plantations forestières aux endroits où les vagues du tsunami n'ont laissé pendant longtemps que du sel : dans quelques années, l'activité de coupe donnera des revenus aux habitants ; soutien à l'élevage caprin ; apprentissage du traitement des eaux usées ; développement du micro-crédit à destination particulièrement des femmes défavorisées.

A sa demande, je me rends spécialement à Delhi pour déjeuner avec le Premier ministre indien, Manmohan Singh, avec qui j'évoquerai les sujets de politique internationale, d'échanges éducatifs et universitaires (en 1998, j'étais à Delhi pour créer l'agence de mobilité internationale des étudiants, EduFrance, devenue depuis CampusFrance). J'aborderai aussi bien sûr la question d'Arcelor et de Gandrange. Une solution industrielle existe, défendue par les salariés. La fermeture du site est intolérable, à un moment où la demande d'acier est au plus haut, tout comme les profits de l'entreprise.

Une rencontre est également prévue avec le professeur Swaminathan, personnalité scientifique agronome de renommée mondiale, et père de la « révolution verte » en Inde. Je suis bien sûr en contact avec Sonia Gandhi, qui ne sera pas à Delhi ce jour là : nous sommes convenues de nous rencontrer prochainement.


Ségolène Royal



Si vous souhaitez adhérer en ligne à l'association  Désirs  d'avenir :
http://www.desirsdavenir.org/index.php?c=adhesion 

Si vous souhaitez soutenir l'association Désirs d'avenir :
http://www.desirsdavenir.org/pdf/bulletin.pdf
Par EXCOFFIER - Publié dans : Politique internationale
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Samedi 14 juin 2008 6 14 /06 /2008 09:10

PARIS, 13 juin 2008 (AFP) - Ségolène Royal (PS) "prend acte", dans un communiqué publié vendredi, du rejet par l'Irlande du traité européen de Lisbonne "qui traduit une inquiétude des peuples et un déficit démocratique dont il faut tirer les leçons".

"Ségolène Royal prend acte du vote irlandais qui traduit une inquiétude des peuples et un déficit démocratique dont il faut tirer les leçons", affirme le communiqué.

Selon l'ex-candidate socialiste à l'Elysée, "l'Europe doit pourtant continuer car face aux désordres du monde, nous avons besoin d'une Europe forte qui protège".

La présidente de la région Poitou-Charentes demande que la France, qui préside l'Union européenne à compter du 1er Juillet, prenne "une initiative pour mettre en place un gouvernement économique capable de réguler les excès du capitalisme financier et de lancer de grands projets dans les domaines de l'éducation, de l'environnement et de la recherche".

Par EXCOFFIER - Publié dans : Politique internationale
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 3 juillet 2008 4 03 /07 /2008 12:10
Ségolène Royal (PS) "très heureuse"

PARIS,  2 juillet 2008 (AFP) - La socialiste Ségolène Royal, ancienne candidate à l'élection présidentielle, s'est déclarée "très heureuse" mercredi de la libération de l'otage franco-colombienne Ingrid Betancourt.
Mme Royal a affirmé, dans un communiqué, partager "l'allégresse, la joie, le soulagement que doivent ressentir ses enfants qui n'ont jamais perdu espoir et qui ont toujours cru à la libération possible de leur mère même dans les pires moments de doute".
Par EXCOFFIER - Publié dans : Politique internationale
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Lundi 7 juillet 2008 1 07 /07 /2008 21:27
Communiqué de Ségolène Royal :

"Ségolène Royal s'étonne de la polémique indécente soulevée par la droite et des propos très virulents tenus par François Fillon. Le moment n'est pas à la polémique politicienne. Les propos qu'elle a tenus, en réponse à une question des journalistes, se sont contentés de reprendre des faits admis par tous, et notamment par le Secrétaire général de l'Elysée. Par ailleurs, ses propos ont été sortis de leur contexte puisque lors de son intervention, elle a appelé au respect des retrouvailles familiales si longtemps attendus et à la nécessité de n'alimenter aucune polémique. Ségolène Royal appelle donc le gouvernement à faire preuve d'un peu de décence."


Par EXCOFFIER - Publié dans : Politique internationale
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Lundi 7 juillet 2008 1 07 /07 /2008 21:30

Le lynchage médiatique de Ségolène Royal

Par Utica, utica
 
Voilà la phrase de Ségolène Royal qui a déclenché la tempête médiatique française: "Nicolas Sarkozy n'a été absolument pour rien dans cette libération" (AFP)
S'en est alors suivi un véritable lynchage médiatique franco-français de Ségolène Royal, relayant les déclarations des ténors de l'UMP (Raffarin, Lefèbvre, Fillon,...) puis de nombreux articles la dénigrant et la critiquant, particulièrement dans les médias proches de l'UMP. Les militants UMP se lâchant de manière particulièrement outrancière.

Lorsque je lis certains blogs de commentaires (avant le passage de la modération, comme pendant quelques dizaines de minutes au NouvelObs ou sur 20minutes.fr) où les militants UMP viennent déverser leurs insultes, il y a une volonté tellement évidente de salir, de dégrader, de diaboliser, de déshumaniser l'autre, que ça m'évoque les diatribes haineuses et ordurières de "Schwarze Korps" l'organe officiel de la Gestapo, lorsqu'ils parlaient des Juifs.... Il y en a même qui parlent de sorcière et de bûcher...

Alors que sur le fond, elle a raison de dire que dans l'opération de libération, Sarkozy n'y est strictement pour rien.

"La France, qui mettait en doute la stratégie de fermeté du président colombien Alvaro Uribe et privilégiait les canaux de la négociation, n'a pas été associée à l'opération militaire qui a conduit mercredi à la libération d'Ingrid Betancourt et de quatorze autres otages. Le président français en a été informé par téléphone au dernier moment par son homologue colombien." (Reuters)

Si on situe cette opération dans un contexte plus vaste, il est probable que l'activisme de Sarkozy sur ce dossier, à l'instar de ses prédécesseurs, Villepin et Chirac (qu'Ingrid Betancourt a d'ailleurs remercié à plusieurs reprises), a bien contribué à remettre ce problème à l'ordre du jour colombien. Personnellement, je partage l'excellente analyse publiée par lejdd.fr dans un louable souci d'objectivité rédactionnelle: "Daniel Pécaut, professeur à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS) et spécialiste de la Colombie, partage l'avis de la passionaria du PS: "Les déclarations françaises qui consistent à dire que c'est grâce à la mobilisation française que cette libération a été possible sont ridicules. C'est exagéré. La mobilisation française a été utile pour que la cause d'Ingrid Betancourt devienne en Colombie ce qu'elle n'était pas il y a encore un an, une cause majeure. Elle a par ailleurs poussé Alvaro Uribe à agir, à s'investir davantage. C'est seulement dans ce sens que la mobilisation française a servi", estime-t-il, interrogé par leJDD.fr".

Parmi les critiques qui ne relèvent pas des propos dégradants et outranciers, il y en a une qui revient souvent: "On ne doit pas critiquer le chef de l'Etat en dehors de la France" Et pourquoi donc? Parce qu'au Canada, l'UMP n'y contrôle pas les médias comme en France? C'est vrai, que la fameuse vidéo de Sarkozy du G8 de 2007, avait fait le tour du monde des millions de fois, pendant que les médias français avaient imposé un black out total durant une semaine entière. Ou bien, aurait-on peur d'une perte de crédibilité du chef de l'Etat?

Un chef d'Etat ne devrait aucunement avoir peur de la vérité des faits, s'il est en adéquation avec la réalité. D'autant plus, que Ségolène Royal n'a fait qu'enfoncer une porte ouverte. Un fait qui était déjà connu sur tout le continent américain où elle est actuellement: on y parlait d'opération colombienne, de services secrets US et israéliens, mais pas de la France.

A mon humble avis, elle a dérangé une savante mise en scène médiatique franco-française destinée au peuple français. C'est pour cela qu'elle a été lynchée médiatiquement.
Par EXCOFFIER - Publié dans : Politique internationale
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 14 août 2008 4 14 /08 /2008 15:00

Ségolène Royal rencontrera le dalaï lama samedi

NOUVELOBS.COM | 13.08.2008 | 19:36

Le prix Nobel de la paix sera à Nantes dans le cadre d'un cycle d'enseignement bouddhique. Il sera reçu lundi à l'Hôtel de Ville de Nantes par le député-maire socialiste de la ville, Jean-Marc Ayrault. Nicolas Sarkozy devrait recevoir l'ensemble des prix Nobel de la Paix, dont le dalaï lama, à Paris le 10 décembre.

Ségolène Royal (sipa)

Ségolène Royal (sipa)

Ségolène Royal rencontrera le dalaï lama samedi à Nantes, a-t-on indiqué mercredi 13 août dans l'entourage de l'ancienne candidate PS à la présidentielle, et le chef tibétain sera aussi reçu lundi à l'Hôtel de Ville de Nantes par le député-maire socialiste de la ville Jean-Marc Ayrault.
Selon France Inter, l'entretien entre la présidente de Poitou-Charentes et le chef tibétain durera une demi-heure. Le prix Nobel de la paix sera à Nantes de vendredi à mercredi dans le cadre d'un cycle d'enseignement bouddhique.
De son côté, Jean-Marc Ayrault a précisé sa réception du leader tibétain: "j'ai pris l'initiative d'inviter le dalaï lama à l'Hôtel de Ville de Nantes pour une rencontre officielle et cette invitation a été acceptée et aura lieu lundi à 16H00", a souligné Jean-Marc Ayrault, qui aura avant cette cérémonie "un entretien de 20 minutes" avec le leader tibétain.

"Le drapeau du Tibet flotte sur l'Hôtel de Ville"

Jean-Marc Ayrault sera aussi présent vendredi au Zénith de Nantes où le leader spirituel et politique tibétain prononcera un discours en début d'après-midi.
"Il y a des signes à donner vis-a-vis de la Chine, des droits de l'homme et du Tibet", a estimé Jean-Marc Ayrault, en soulignant que "le drapeau du Tibet flotte sur l'Hôtel de Ville de Nantes depuis le 29 mars. "Il faut faire preuve de courage et de respect des valeurs dont on se réclame".
"Recevoir le dalaï lama, c'est recevoir le prix Nobel de la paix, certes on peut le recevoir collectivement en décembre mais ce n'est pas la même chose. Le dalaï lama et ce qu'il représente méritent un peu plus de considération", a affirmé le patron des députés socialistes, dans une allusion à la réception par Nicolas Sarkozy le 10 décembre des prix Nobel de la paix, dont le chef tibétain.

Rencontre avec Sarkozy le 10 décembre

Nicolas Sarkozy recevra l'ensemble des prix Nobel de la Paix, dont le dalaï lama, à Paris le 10 décembre, a assuré Roger Karoutchi, secrétaire d'Etat chargé des relations avec le Parlement, confirmant une information du Parisien. L'Elysée n'a pas fait de commentaire.
Par EXCOFFIER - Publié dans : Politique internationale
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Lundi 18 août 2008 1 18 /08 /2008 17:44

Communiqué de presse
Le 16 août 2008

Ségolène Royal exprime sa disponibilité au Dalaï Lama pour soutenir la cause tibétaine

Le Tibet vit une tragédie et subit des atrocités. Un peuple en péril, une culture écrasée, une religion pacifiste menacée, c'est toute l'humanité qui s'en trouve blessée. C'est pourquoi j'avais exprimé au Dalaï Lama ma disponibilité si une rencontre avec lui pouvait être utile à la cause qu'il défend. Je l'avais rencontré il y a 3 ans et en avril dernier nous devions nous voir en Inde, mais comme il était au Japon il avait demandé à sa sœur, une femme remarquable, de le représenter auprès de moi.

Lors de mon entretien avec le Dalaï Lama, je l'ai interrogé sur la réalité de la situation au Tibet. Il m'a indiqué que, depuis les évènements du 10 mars dernier, la répression était très grave et n'avait pas cessé. Mais il continue à souhaiter et espérer l'ouverture d'une véritable négociation avec la Chine.

Je lui ai demandé ce que je pouvais faire, ce que la France pouvait faire, pour que cette négociation sur l'autonomie du Tibet s'ouvre enfin. Sa réponse a été claire : « J'ai besoin de votre appui, j'ai besoin de l'appui de tous les amis du Tibet pour que se concrétise enfin l'espoir d'un accord ».

Tous les peuples libres et les pays démocratiques doivent donc se mobiliser pour sauver le Tibet. Il y a urgence : le Tibet vit en effet une tragédie telle qu'elle crée une situation d'urgence appelant des actes contre l'indifférence.

Pour ma part, je compte aborder la question du Tibet à l'occasion de chacune de mes rencontres internationales. J'en appelle à la Chine pour que l'avenir du Tibet trouve une solution pacifique. J'ajoute que je suis prête à me rendre au Tibet dès que les circonstances le permettront.

Par EXCOFFIER - Publié dans : Politique internationale
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 20 janvier 2009 2 20 /01 /2009 16:25
Chères amies, chers amis,

 
Dimanche 18 janvier

Première journée de déplacement à Washington. Bain de foule à pied, au milieu de plusieurs centaines d'Américains venus, malgré le froid glacial, écouter le message de fraternité et d'unité délivré par Barack Obama. L'émotion est palpable partout. On sent une effervescence. Une attente aussi. Comme le dit celui qui sera président dans quelques heures, nous vivons un «defining moment», un moment historique. Un moment qui ouvre à nouveau l'espace des possibles.

Dimanche, sur le Mall de Washington, au pied du Lincoln Memorial, était organisé un concert-symbole, dont vous avez sans doute vu les images. Le nom de ce concert : «We are one». L'événement est énorme, comme le disent les Américains et Barack Obama lui-même. Le Lincoln Memorial est porteur d'une mémoire vive, une mémoire d'espoir, une mémoire de combat.


Symbole, parce que devant ce même mémorial, il y a 70 ans, Marian Anderson, grande chanteuse lyrique américaine noire, produisait avec l'appui de la première dame Eleanor Roosevelt, un concert ancré encore aujourd’hui dans les mémoires. Quelques temps auparavant, l'association des filles de la révolution avait en effet dénié à Marian Anderson le droit de chanter au Constitution Hall de Washington. Devant le Lincoln Memorial, c'était donc un concert de revanche qu’elle offre au public, un concert pour la justice, pour le droit, pour la dignité.


Vingt ans plus tard, en 1963, c’est en ce même endroit que Martin Luther King prononçait un discours resté dans l'Histoire : « I have a dream ». Et là encore que, avant-hier, le premier président noir des Etats-Unis, qui prêtera serment tout à l’heure, fredonnait les airs des plus grands chanteurs de sa nation.


Le Lincoln Memorial est la pierre angulaire, le lien de mémoire de la démocratie américaine dans la capitale fédérale. En face, on voit le Capitole. Au Nord, la Maison Blanche. Et au Sud, le Jefferson Memorial. Magnifique évocation dans l'espace de cette unité que Lincoln avait toujours recherchée et qui inspire, dans chacun des gestes, le nouveau président américain.

C'est d'ailleurs la raison pour laquelle Barack Obama a choisi, comme Lincoln l'avait fait en son temps, de se rendre à Washington pour son discours d'investiture en prenant le train à Philadelphie, ville fondatrice de la démocratie américaine.

Ce que j'ai vu dimanche lors de ce concert, c'est une nation rassemblée, fraternelle, dépassant ses divisions pour prendre son destin en main. Les gens voulaient partager leur émotion en toute simplicité et avec sobriété. Il y avait des familles américaines de toutes origines, de toutes conditions, des enfants, des personnes âgées, des Noirs, des Blancs, des Latinos. Tous étaient là pour affirmer leur détermination à faire face aux défis de notre temps. Tous étaient là pour dire leur fierté. Tout simplement.




Lundi 19 janvier

En me rendant à Washington avec Pierre Yves Le Borgn, secrétaire de la Fédération des Français de l’étranger du PS, Christian Monjou, historien des Etats-Unis, j’ai voulu être avec le peuple américain, au milieu du peuple américain. Pour ressentir et partager sa joie, pour témoigner aussi de notre espoir. Car nous avons toujours été ensemble, Américains et Français, quand l’espoir d’un monde meilleur était possible.


La France a été le premier ami des Etats-Unis. J’ai été marquée hier par la visite du Mont Vernon, lieu de résidence de Georges Washington, celui que La Fayette appelait le Père de la liberté. Au Mont Vernon, les clés de la Bastille offertes en gage d’amitié sont toujours précieusement conservées. Symbole que ce qui nous rassemble est plus fort que ce qui nous sépare.

Nous pouvons redevenir les partenaires que nous avons été : c’est encore ce que me disait lundi matin Craig Kennedy, le président du German Marshall Fund, l’un des plus grand centre de réflexion américain sur les relations entre les Etats-Unis et l’Europe. L’Amérique de Barack Obama ne réussira pas sans l’Europe ; et nous avons besoin des Etats-Unis pour affronter la crise économique.

J’aurai l’occasion d’en parler mercredi avec James Oberstar, représentant du Minnesota, président de la Commission des transports de la Chambre des représentants, qui a travaillé très étroitement avec l’équipe économique d’Obama sur le volet industriel du Plan de relance. C’est également un point que j’aborderai lors de mes contact à la FED, la Banque centrale américaine.

Pendant sa campagne électorale, pendant la période de transition, Barack Obama a incarné le meilleur de l’Amérique. Il a incarné cette Amérique qui vit encore l’idéal des Pères fondateurs, l’Amérique qui se rassemble autour des principes posés il y a maintenant plus de deux cent trente ans dans la Déclaration d’indépendance. Cette élection est le signe d’une ouverture de l’Amérique. Ouverture à elle-même. Ouverture au monde. Elle lève l’espoir d’une résolution commun des grands enjeux de la planète.


En ces jours mémorables, nous espérons que Barack Obama aura la lucidité et la clairvoyance de comprendre que le monde aujourd’hui est multipolaire et qu’il ne peut en être autrement. Il a la chance de remettre l’Amérique au coeur du monde, non pas en agissant seul, mais en choisissant la voie de la coopération.

Nous devons devenir de vrais partenaires.
 
 
Amicalement,
 

Ségolène Royal

Par EXCOFFIER - Publié dans : Politique internationale
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 21 janvier 2009 3 21 /01 /2009 15:01
Chères amies, chers amis,

Mardi 20 janvier, Washington, au café Millot, Dermon Avenue


Depuis ce café très proche des cérémonies, je vous envoie cette lettre.

Dès cinq heures du matin dans un froid glacial, des centaines de milliers d’hommes, de femmes, d’enfants de tous âges, de toutes les couleurs et de toutes conditions - ce que Barack Obama a appelé le « patchwork of our heritage » - ont convergé vers le Mall pour vivre ce moment historique. Comme s’ils voulaient s’assurer que tout cela était bien vrai !

Et c’est sans compter les milliards d’autres qui, à travers les écrans de télévision du monde entier, et je pense en particulier au continent africain, avaient au même moment les yeux rivés sur cette façade ouest du Capitole.

La cérémonie d’investiture a eu beaucoup d’allure. Barack Obama est sans conteste très charismatique et il se dégageait de cette immense foule, joyeuse et pleine d’espoir, une véritable force démocratique.

Que retenir du discours de Barack Obama ?

Vous le lirez en entier, mais voici les idées et les citations qui m’ont marquée :

  • Tout d’abord un diagnostic sans concession sur la crise économique et sur la violence du monde, qui sont « la conséquence de la cupidité et de l'irresponsabilité de certains, mais aussi de notre échec collectif à faire des choix difficiles et à préparer la nation à une nouvelle ère. »
  • L'Amérique est une nation d'immigrants « qui ont pris des risques » - des hommes et des femmes anonymes -, « qui ont souffert de la morsure du fouet. » Concorde, Gettysburg, Normandy, Khe Sahn sont les quatre batailles auxquelles Barack Obama a fait ensuite référence pour mobiliser les énergies de la nation.
  • La démocratie fait chaque citoyen, qui, par son action, doit accompagner la prise de responsabilité de l’Etat.  Il y aura une transparence absolue de tous les systèmes d’aides.
  • « Cette crise nous a rappelé que sans surveillance le marché peut devenir incontrôlable, et qu'une nation ne peut prospérer longtemps si elle ne favorise que les plus nantis. » Il faut donner à chacun l’occasion de réussir sa vie. Ce n’est pas de la charité.
  • La sécurité de ne peut pas se faire aux dépens des libertés.
  • « Nous sommes réunis car nous avons préféré l'espoir à la peur. »
  • L’Amérique a vocation à dialoguer avec le monde entier. C’est parce que les Américains ont connu la ségrégation qu’ils sont conscients de la nécessité de parler à leurs anciens adversaires.
  • « Le monde a changé et nous devons évoluer avec lui. » Mais nous devons le faire, a-t-il ajouté, « avec nos valeurs de toujours ».
  • « Ce qui nous est demandé maintenant, c'est une nouvelle ère de responsabilité » (« the new area of responsability »).
  • « C'est le prix, et la promesse, de la citoyenneté (…) C'est la raison pour laquelle un homme dont le père, il y a moins de 60 ans, n'aurait peut-être pas pu être servi dans un restaurant de quartier, peut maintenant se tenir devant vous pour prêter le serment le plus sacré. »

Ce discours a duré vingt minutes. La foule était saisie par ces paroles, par cet appel constant à chacun pour qu’il se mette en mouvement, par la force du symbole et la volonté politique.


Des centaines de personnes se sont ensuite déplacé paisiblement du Mall vers Constitution Avenue pour assister au défilé qui montrait si bien la diversité de l’Amérique.

Tout-à-l’heure, nous sommes passés devant une maison sur laquelle est affichée en grandes lettres : « 20 janvier 2009 : la fin d’une erreur ».

Cordialement,



Ségolène Royal

Par EXCOFFIER - Publié dans : Politique internationale
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 22 janvier 2009 4 22 /01 /2009 09:25
Chères amies, chers amis,

Je viens de prendre connaissance des commentaires moqueurs sur les radios, ce matin, au sujet d’une de mes déclarations sur la campagne de Barack Obama, que j’aurais « inspirée ».

Je comprends que cette phrase ait pu surprendre ceux qui, à distance, n’avaient ni le son ni l’image : « Son ego est devenu totalement démesuré ! », se sont-il dit…

Alors, quelques précisions pour les rassurer.

Après une conférence de presse centrée sur le moment historique que nous vivions, moment auquel je participe au milieu du peuple américain, en toute humilité et sans protocole, c’est à une question amicalement provocatrice d’un des journalistes que j’ai répondu de façon humoristique ! Intention bien comprise par l'AFP, comme on peut le voir sur la vidéo de l'interview et comme en atteste la dépêche*.

Sur la campagne et l'utilisation d'Internet, c'est sans doute nous qui aurons à nous inspirer de Barack Obama, et peut-être même, ici ou là, à le
« copier ».

La force de l’événement vécu ici et dans le monde m’a impressionnée… mais pas au point de perdre la lucidité !

Il y a bien d’autres événements majeurs à vivre… Comme, par exemple, cette interview très symbolique de Colin Powell sur CNN et je voudrais vous en dire quelques mots. Car elle est révélatrice du nouveau climat politique américain.

Dans cette interview, Colin Powell, ancien chef d’état-major interarmées et ancien secrétaire d’Etat de George W. Bush, a répondu sans détour sur la question de la perte de leadership moral des Etats-Unis, conséquence de la politique étrangère menée après 2001 (souvent contre l’avis de Colin Powell lui-même).

Il a reconnu dans une interview très forte, et avec beaucoup de calme que nombre de décisions de l’administration Bush avaient miné la position des Etats-Unis et décrédibilisé leur parole et leur influence dans le monde : l’invasion de l’Irak, les entraves aux droits de l’Homme à Guantanamo ou Abou Ghraib, les enlèvements secrets de personnes suspectées de terrorisme, leur internement secret et leurs tortures dans des prisons hors du territoire américain.
 
Il a salué la phrase du nouveau président Barack Obama selon laquelle « la sécurité de la nation ne pouvait pas être assurée aux dépends des libertés. »

Il a beaucoup insisté sur l’influence positive du trajet personnel de Barack Obama sur la jeunesse noire en particulier.

Dans un troisième temps, il a salué l’invitation lancée à John McCain de dîner avec les Obama la veille de l’investiture. Il a salué l’élégance du geste et de la réponse du challenger battu.

Colin Powell y a vu le signe de ce bipartisme dont l’Amérique et son président auront tant besoin pour vaincre la crise, intérieure et extérieure. D’ailleurs, les décisions que Barack Obama a prises dès aujourd’hui en sont le signe. D’une part, l’arrêt immédiat des interrogatoires musclés à Guantanamo. D’autre part, il a réuni les chefs d’état-major pour parler de l’Irak et de l’Afghanistan. Enfin, il a réuni ses conseils économiques pour continuer la mise au point, par le dialogue avec le Congrès, du plan de lutte contre la crise économique et financière.

J’observe que la crise est venue des Etats-Unis et de leur système de surendettement des ménages destiné à compenser les bas salaires.

Espérons que ce changement de politique américaine permettra l’émergence d’une gouvernance mondiale avec des règles où la finance sera au service de l’économie et l’économie au service de l’humain. 

Cordialement,



Ségolène Royal





* Vous pouvez lire ci-dessous la dépêche AFP, publiée après la conférence de presse de Ségolène Royal le 19 janvier à Washington

"A Washington, Royal retrouve "beaucoup de ses convictions" chez Obama

WASHINGTON (AFP) — L'ancienne candidate socialiste à la présidentielle française, Ségolène Royal, a déclaré lundi à Washington retrouver "beaucoup des convictions" qui sont les siennes chez Barack Obama, dont elle a prévu d'assister à l'investiture de 44e président des Etats-Unis.

"Ce que je trouve formidable dans le discours et la démarche de Barack Obama, c'est à la fois la volonté d'unité et l'idée que chaque citoyen peut participer, doit contribuer à rechercher les solutions du futur", a déclaré Mme Royal lors d'une conférence de presse.

"C'est aussi l'idée que les solidarités et la justice sont des idées-clés de l'émergence d'un nouveau modèle de société", a-t-elle poursuivi. "Donc, je retrouve beaucoup de convictions qui sont les miennes et qui, je pense, vont permettre au monde d'avancer vers la paix, la sécurité et la justice".

Mme Royal, qui doit assister mardi à la cérémonie d'investiture du premier président noir des Etats-Unis, a dit vouloir "partager avec le peuple américain un moment historique exceptionnel".

"Il y a un espoir formidable que la nouvelle Amérique, Barack Obama, puisse engager les Etats-Unis d'Amérique vers des solutions qui répondent à la crise" mondiale, a observé la présidente de la région Poitou-Charentes.

"Ce que nous devons chercher ensemble, c'est un nouveau modèle de société, comment on répond à la crise du capitalisme", a-t-elle estimé.

Mme Royal devait être reçue mercredi par le président de la commission des Transports de la Chambre des représentants, James Oberstar, et par un des gouverneurs de la Réserve fédérale, la banque centrale des Etats-Unis."
Par EXCOFFIER - Publié dans : Politique internationale
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander

photo

Calendrier

Décembre 2009
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus