PRESIDENTIELLES 2007 : La campagne de Ségolène ROYAL
PLUS JUSTE,LA FRANCE SERA PLUSFORTE
VILLEPINTE (Seine-Saint-Denis), 11 fév 2007 (AFP) - Ségolène Royal a présenté dimanche dans une ambiance électrique un "pacte présidentiel" en 100 mesures, ne reniant rien de ses propositions controversées, et tentant de redonner du baume au coeur des socialistes après une série de mauvais sondages.
Dans un discours-fleuve de deux heures, à Villepinte, la candidate socialiste, plus à l'aise qu'à l'habitude dans les grands meetings, a défendu une orientation ancrée à gauche devant un public en liesse de milliers de militants ( 20.000 selon les organisateurs), tout acquis à sa cause.
Après "Le progrès pour tous et le respect pour chacun", elle est désormais dotée d'un nouveau slogan de campagne: "Plus juste, la France sera plus forte", dévoilé en fin de meeting.
A l'exception de Lionel Jospin, l'establishment socialiste était au complet pour ce premier grand rendez-vous, censé donner un coup de fouet à sa campagne alors qu'à dix semaines du scrutin, Mme Royal est régulièrement donnée battue dans les sondages par son rival de l'UMP Nicolas Sarkozy.
Son compagnon François Hollande, premier secrétaire, Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius, ses challengers malheureux de la "primaire", Bertrand Delanoë, Martine Aubry, Henri Emmanuelli, Arnaud Montebourg ont offert une image d'unité avec elle.
Très directe et fidèle à sa marque de fabrique, la "démocratie participative", Mme Royal, jupe et veste rouges, est sortie plusieurs fois d'un texte écrit pour improviser, jouant du dialogue avec la salle et se faisant l'interprète de "la colère" des Français, un mot revenu souvent dans sa bouche.
Elle a même fait chavirer le public lorsqu'elle a évoqué le sort des jeunes des banlieues. "Je veux, en tant que mère, pour tous les enfants qui naissent et grandissent en France, ce que j'ai voulu pour mes propres enfants", a-t-elle lancé, au bord des larmes. L'ovation a duré deux bonnes minutes.
Son "pacte d'honneur et de confiance" qui, avec cent mesures, fait écho aux 110 propositions de François Mitterrand, promet une série de mesures sociales "le plus tôt possible", dont une hausse du Smic à 1.500 euros (1.250 aujourd'hui) ou l'augmentation de 5% des "petites retraites".
Mme Royal a énormément insisté sur les priorités du PS, comme le logement (les logements vides seront "surtaxés"), l'éducation, " encore et toujours", "la sécurité sociale professionnelle". Mais elle n'a pas chiffré ses nombreuses propositions.
Accablant la droite et son bilan, elle a décrit, le poing serré, "des vies brisées, des familles humiliées, des destins marqués du sceau d'une malédiction qui ne dit pas son nom".
Mais Mme Royal n'a rien concédé de ses positions parfois iconoclastes, qui prennent à rebrousse-poil l'idéologie socialiste traditionnelle: encadrement militaire des jeunes délinquants, révision de la carte scolaire, régionalisation poussée face à "l'Etat jacobin", jurys citoyens.
Si Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius se sont refusés à tout commentaire, leurs proches n'ont pas caché leur satisfaction.
"C'est un discours qui a une vision, a déclaré Pierre Moscovici, proche de DSK. Les Français savent maintenant à quel choix de société ils sont appelés: ce sera vraiment la droite contre la gauche solidaire".
Pour Elisabeth Guigou (jospiniste), "il y a à la fois une vision et des propositions, ce qu'il fallait faire, ça va remotiver tout le monde" et, selon Marie-Noëlle Lienemann, ce discours devrait provoquer "le rebond de la campagne".
Tout sourire, le porte-parole du PS Julien Dray estimait que "le match recommence, il y a maintenant un projet sur la table".
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