PRESIDENTIELLES 2007 : La campagne de Ségolène ROYAL
Sarkozy et la fiscalité
Promesses intenables, solutions dérisoires, injustices sociales
Nicolas Sarkozy vient d’avancer ses propositions en matière de fiscalité. Elles révèlent une amnésie par rapport au bilan de la droite et confirment des choix marqués par l’injustice.
Nicolas Sarkozy oublie le bilan du gouvernement dont il est le numéro deux depuis 2002 :
- l’impôt sur le revenu a été massivement baissé au profit des catégories les plus aisées : 70% des baisses de l’impôt sur le revenu ont bénéficié aux 10% les plus aisés ;
- le bouclier fiscal à 60 % a permis à 17.000 foyers fiscaux imposables à l’ISF de bénéficier d’une baisse de 350 millions d'euros, soit 20.600 euros en moyenne par an ;
- la réforme de l’ISF (exonération de 75% de la valeur des actions) a permis par exemple au détenteur d’un patrimoine de 15 millions d’euros d’acquitter 100.000 euros d’ISF en moins par an.
Les dernières propositions de Nicolas Sarkozy ne marquent pas une rupture avec cette politique, mais bel et bien son prolongement et son accentuation :
Cette promesse est injuste et démagogique :
· injuste : elle repose sur des coupes dans les dépenses publiques prioritaires (non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite) ou sur la création de nouveaux prélèvements injustes (institution d’une franchise de soins) ;
· démagogique : fidèle à la technique chiraquienne, Nicolas Sarkozy promet de baisser les prélèvements de 68 milliards d’euros, tout en réduisant les déficits et la dette sans affecter les dépenses prioritaires : promettant tout, il ne tiendra rien.
· dangereuse : avec une telle baisse des prélèvements obligatoires, la dette publique s’envolerait de nouveau, réduisant d’autant les capacités d’actions de l’État.
Cette mesure, au coût de 4,6 milliards d’euros par an, serait très préjudiciable à l’emploi, dès lors qu’il deviendrait plus intéressant financièrement pour l’employeur d’imposer des heures supplémentaires que d’embaucher. C’est tout le contraire d’une politique de création d’emplois et de valorisation du travail.
Cette mesure favoriserait les 20 % de Français les plus aisés, qui sont les seuls à acquitter des droits de successions : le patrimoine d’un personne avec trois enfants est aujourd’hui exonéré de droits de succession en ligne directe si sa valeur est égale ou inférieure à 226.000 euros ;
Cette mesure coûterait entre 2 et 3 milliards d’euros par an à l’État et signerait la mort de l’ISF. Elles reviendrait en pratique à exonérer totalement la quasi totalité des redevables à l’ISF du paiement de l’impôt, puisque seuls les patrimoines supérieurs à 6 millions d’euros resteraient imposables. Cette mesure, dédiée aux 350.000 foyers qui disposent d’un patrimoine supérieur à 1,2 millions d’euros, favoriserait la rente et non le travail.
Avec Nicolas Sarkozy, l’argent va à l’argent !
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