Mercredi 16 juillet 2008

Interview de Ségolène Royal sur France Inter


 

Thierry STEINER

Bonjour Ségolène ROYAL.

Ségolène ROYAL

Bonjour.

Thierry STEINER

Vous êtes en duplex avec nous depuis les studios de France Bleu La Rochelle. Les députés examinent aujourd'hui le projet de loi sur le service minimum à l'école. L'objectif, c'est d'imposer aux communes l'organisation d'un service d'accueil pour les élèves quand les enseignants sont en grève. C'est une mesure qui sera appréciée par de nombreux parents.

Ségolène ROYAL

D'abord beaucoup de communes le font déjà. Voyez, je suis dans votre studio avec le député-maire de La Rochelle et je peux vous dire qu'ici à La Rochelle on ne laisse jamais les parents sans solution d'accueil. Donc c'est la première observation que je voudrais faire ; c'est que lorsque l'on mène une réforme dans un pays, il faut la faire avec respect et en prenant en considération ce qui a déjà été fait. Voyez, quand on dit : « On va faire le service minimum », on a l'impression que le gouvernement finalement agresse tous les maires, leur fait la leçon et leur dit : « On va vous expliquer par une loi autoritaire et uniforme sur l'ensemble du territoire ce qu'il faut faire ».

Thierry STEINER

Il leur propose d'accompagner les dépenses que cela va occasionner, évidemment.

Ségolène ROYAL

Voilà. La deuxième chose, c'est qu'il faut que l'État compense les dépenses par un transfert de ressources, des obligations nouvelles.

Thierry STEINER

Qui est prévu par la loi.

Ségolène ROYAL

Oui, mais il y a beaucoup de choses qui sont prévues par la loi et qui en fait ne sont pas appliquées. Savez-vous qu'actuellement en France ¾ des lois ne sont pas appliquées, faute des moyens financiers d'accompagnement ?

Thierry STEINER

Un autre texte, Ségolène ROYAL, qui occupe les parlementaires aujourd'hui même, c'est cette fois au Sénat, l'examen du texte sur la réforme des institutions. Le congrès se réunira lundi prochain à Versailles. Ça va se jouer à quelques voix paraît-il. Vous croyez que certains de vos camarades parlementaires socialistes seront sensibles au geste si Nicolas SARKOZY concède que son temps de parole soit pris en compte ?

Ségolène ROYAL

Je pense que les problèmes vont bien au-delà que celui-là. Je trouve que nous avons une sorte de dérive des institutions, une mainmise du pouvoir en place sur les médias. On vient de le voir avec les intentions du chef de l'État par exemple de nommer le responsable du service public de l'audiovisuel, France 2, France 3, France Inter ; d'ailleurs c'est une intention qui est massivement dénoncée par les Français dans les enquêtes d'opinion. On voit aussi que le transfert de ressources financières de la publicité du service public vers le secteur privé consiste finalement pour Nicolas SARKOZY à servir financièrement ses amis, sans contrepartie très claire en terme de ressources pour le service public. Donc il y a aujourd'hui une grande inquiétude sur l'indépendance des médias et puis il y a la question du temps de parole équilibré bien évidemment. Je crois que ce problème doit être résolu.

Thierry STEINER

Est-ce que ce serait un geste significatif qui pourrait faire évoluer la position des socialistes ?

Ségolène ROYAL

Je pense que ce serait un geste non seulement significatif mais absolument indispensable. La France est le seul pays où le chef de l'État qui représente une sensibilité politique ne voit pas son temps de parole décompté. Vous savez, la démocratie ce sont des principes simples. Moitié – moitié, majorité – opposition pour que les Français puissent bénéficier d'un débat démocratique qui leur permette d'éclairer la situation et de se faire un jugement sur les réformes pour pouvoir évaluer si elles sont bonnes ou si elles ne sont pas bonnes, que l'on puisse échapper à une forme de propagande gouvernementale. Mais il y a d'autres intentions très inquiétantes dans la réforme des institutions : c'est le redécoupage des circonscriptions électorales et c'est l'absence de réforme du mode de scrutin du Sénat. Là aussi dans une République digne de ce nom, la réforme des modes de scrutin doit permettre une alternance politique à l'Assemblée nationale et au Sénat et échapper surtout aux redécoupages qui vont permettre au pouvoir en place de se maintenir quelles que soient les variations électorales sur le territoire et beaucoup de parlementaires sont très inquiets puisque les choses se passent en catimini.

Thierry STEINER

Donc on verra bien lundi prochain à combien de voix finalement ça va se jouer. François FILLON répète à l'envi ces jours-ci que la droite a gagné la bataille idéologique et la preuve, selon lui, c'est que les réformes menées depuis un an n'ont pas soulevé d'opposition audible. C'est son sentiment du moins. Est-ce qu'en un an la société française a évolué comme le croit le Premier ministre ou est-ce que ce sont les leaders de la gauche qui n'ont pas été à la hauteur depuis l'élection de Nicolas SARKOZY ?

Ségolène ROYAL

Je pense surtout qu'il y a une telle accumulation de décisions injustes que les Français aujourd'hui sont dans une sorte de fatalisme. Quand j'entendais récemment le président de la République dire ou se féliciter que l'on n'entend plus les grévistes, je crois que cela prouve qu'il vit dans un autre monde. Vous savez, s'il y a beaucoup moins de grèves aujourd'hui, c'est parce que le pouvoir d'achat a tellement baissé, la hausse du coût de l'énergie pèse tellement sur la vie quotidienne des familles que les salariés ne peuvent plus se permettre de perdre une journée de travail donc une journée de salaire. Ils ne peuvent plus se permettre de se déplacer massivement dans les manifestations parce que l'essence coûte cher, le train coûte cher.

Thierry STEINER

Ça n'empêche pas les leaders de l'opposition d'être peut-être plus audibles, parce que dire ça ce n'est pas apporter forcément des réponses cohérentes.

Ségolène ROYAL

Oui mais regardez le paradoxe de la situation. Avant de me passer la parole, vous avez dit que je tirais à boulets rouges sur le pouvoir, c'est-à-dire que quand on n'entend pas les socialistes…

Thierry STEINER

Sur Nicolas SARKOZY.

Ségolène ROYAL

Mais Nicolas SARKOZY incarne le pouvoir, donc le rôle de l'opposition c'est de combattre et c'est de proposer. Et aujourd'hui ce que pensent les Français, c'est que la France a besoin de réformes – et je le dis ici très clairement : nous avons besoin de réformes mais de réformes justes, de réformes cohérentes, de réformes qui donnent un sens à une vision de la France. Or aujourd'hui nous avons une accumulation désordonnée de décisions qui ne constituent pas une politique cohérente. D'ailleurs les Français condamnent massivement les réformes ; ils condamnent la réforme des retraites qui ne débouche sur rien, qui réduit les droits des salariés et qui augmente l'inquiétude profonde des Français à l'égard de l'avenir alors que des solutions sont possibles. J'en fais d'ailleurs dans le livre que vous avez cité tout à l'heure, Si la gauche veut des idées, pour proposer une réforme des retraites telle qu'elle a été faite dans les pays du Nord de l'Europe, c'est-à-dire une clarification pour chacun des droits individuels à la retraite par un système par points qui permettrait à chaque Français de savoir à tout moment quels sont les droits à retraite qu'il a accumulés et donc sur quelle perspective il s'oriente. Il faudrait aussi prendre en considération la pénibilité du travail pour donner davantage de droits à la retraite à ceux qui ont une durée de vie inférieure. Il faudrait aussi lutter contre le chômage des jeunes et des seniors, ce qui permettrait de faire rentrer davantage de cotisations retraite et donc de garantir ce droit fondamental pour tous. Vous savez, moi je rencontre énormément de retraités très inquiets, d'abord parce que pendant la campagne présidentielle Nicolas SARKOZY leur avait promis une hausse immédiate de 25 % des petites retraites et puis une fois élu, il leur a dit : « Mais finalement les caisses sont vides ». Donc ils ont le sentiment d'avoir été trompés et aujourd'hui beaucoup de personnes âgées qui ont travaillé toute leur vie ont des retraites très basses, c'est-à-dire il y a beaucoup de pauvreté avec des personnes qui ne font qu'un repas par jour, avec des personnes âgées qui n'ont pas pu remplir leur cuve de fioul avant l'hiver et sur cette question-là aussi, je trouve le gouvernement particulièrement inerte. Je fais également des propositions sur cette question. Vous savez, il suffirait de reprendre la moitié des super profits de TOTAL, 7,5 milliards, pour les transformer en chèques de 300 euros qui pourraient être donnés aux familles et aux personnes âgées pour qu'elles puissent remplir leur cuve de fioul ou acheter leur énergie pour cet hiver.

Thierry STEINER

Ségolène ROYAL, vous vous défendez de tirer à boulets rouges sur Nicolas SARKOZY. Tout de même, quand vous comparez le chef de l'État à un mélange de Doc Gynéco et de BERLUSCONI, ou quand vous dites qu'il croule sous l'argent, est-ce que ce n'est pas tirer à boulets rouges, ça ? Est-ce qu'on n'est pas là dans une sorte d'exagération ?

Ségolène ROYAL

Je pense que je suis en dessous de la réalité, surtout par rapport à ce que j'entends partout. Les gens sont très choqués, vous savez, du comportement actuel du chef de l'État dans bien des domaines, ne serait-ce que ce qui s'est passé au 14-Juillet. Vous savez, les choses sont simples : les valeurs qui rassemblent les Français sont fortes. Le 14-Juillet, c'est un moment de rassemblement national, c'est la fête de la liberté, la fête des droits humains, c'est la prise de la Bastille qui allait se poursuivre par la création justement de la République, des droits fondamentaux, de la liberté de la presse, de la liberté syndicale.

Thierry STEINER

Et vous avez été choquée de voir Bachar el-ASSAD à la tribune.

Ségolène ROYAL

Oui. Je pense qu'il y a un grand malaise dans l'armée française du fait du comportement de Nicolas SARKOZY, que les militaires français veulent être respectés. J'en sais quelque chose et je vois beaucoup de réactions, je reçois énormément de réactions parce que les militaires sont disciplinés, donc ils n'ont pas manifesté publiquement leur désapprobation mais en même temps ce malaise profond n'est pas une bonne chose pour l'équilibre de la République.

Thierry STEINER

Votre camarade socialiste Michel VAUZELLE dit ce matin dans Le Parisien que cette réunion, ce sommet à Paris, cette réunion pour le lancement de l'Union Pour la Méditerranée est un grand succès pour Nicolas SARKOZY et pour la France.

Ségolène ROYAL

Il dit aussi qu'il faut juger sur les résultats et qu'il manque en particulier des moyens financiers importants pour que ces réunions, qui ne sont pas inutiles, débouchent sur quelque chose de concret. Vous savez, dans le processus de Barcelone il y avait déjà le dialogue entre l'Europe et la Méditerranée, dont on attend encore aujourd'hui les résultats. Alors il y a de bonnes intentions dans ce dialogue, notamment la lutte…

Thierry STEINER

Nicolas SARKOZY doit aller à Damas en septembre. C'est la prochaine étape logique pour vous ?

Ségolène ROYAL

Écoutez, il y a eu déjà avec la présence de Bachar el-ASSAD, comment dirais-je, la remise en situation d'un chef d'État qui n'est pas à la tête d'un pays démocratique. Et donc, avant de donner une notoriété internationale à des dictateurs, il faut obtenir des contreparties. Ces contreparties, elles n'ont pas été obtenues. Il n'y a eu ni regrets pour le massacre des soldats français du Drakkar, il n'y a eu ni engagements sur le tribunal international permettant de juger Rafiq HARIRI. Il n'y a pas eu de reconnaissance de la souveraineté du Liban. Donc, tant que ces contreparties ne seront pas obtenues, il serait je crois inopportun d'envisager un approfondissement de ces relations.

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Vendredi 11 juillet 2008
Informé par les seules agences de presse de récents développements dans l'enquête sur la mise à sac de l'appartement de Madame ROYAL j'ai repris contact avec le Procureur de la République de Nanterre, Monsieur Philippe COURROYE.

Il m'a confirmé que des empreintes digitales d'une jeune femme d'un pays des Balkans correspondraient à celles retrouvées dans le domicile de Madame ROYAL lors de la visite avec effraction de 2006.

Une nouvelle technique appropriée aurait permis maintenant ce qui n'était pas possible hier : procéder à une comparaison approfondie des empreintes.

 

Nous faisons à cela les observations suivantes :

- la protestation de Madame ROYAL aura déjà et au moins servi à la réouverture de son dossier classé. Sans cela cette première infraction serait définitivement tombée dans l'oubli. On peut s'en étonner, s'agissant quand même d'une visite avec effraction commise dans des circonstances troublantes au domicile d'une candidate à l'élection présidentielle.

- la personne suspectée serait notoirement connue des services de police pour avoir écumé les appartements de la Région Parisienne.

- aucun vol n'a été commis chez Madame ROYAL lors de cette visite. Même une montre qui avait disparu lors de l'intrusion dans l'appartement a été retrouvée et aucune déclaration de vol à l'assurance n'a été déposée.

- la suspecte, présentée comme délinquante d'habitude, « rompue au cambriolage de droit commun », aurait donc ce soir-là exercé son activité habituelle à titre bénévole, mue par la seule curiosité. C'est assurément une originalité.

 

J'ai demandé à Monsieur le Procureur de la République d'être dorénavant la seule personne autorisée à communiquer dans ce dossier, le cabinet de Monsieur le Président de la République, n'étant pas en charge de l'enquête préliminaire.

 

 

Jean-Pierre MIGNARD

Avocat à la Cour d'Appel de Paris

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Mercredi 9 juillet 2008

Le 9 Juillet 2008 
 

Pour la deuxième fois l'appartement de Ségolène Royal a fait l'objet le 27 Juin d'un «  cambriolage » d'un genre particulier : Une intrusion, pas de vol, mais une mise à sac et une une  mise en scène, orchestrée qui relève de la menace et de l'intimidation musclée.  

Et depuis ?

Un silence assourdissant des médias, des observateurs, de la Ministre de l'Intérieur.

Pas un mot de soutien de Nicolas Sarkozy qui a pourtant érigé la compassion en méthode de gouvernement, Mais des insultes du Premier Ministre et du porte parole de l'UMP, quand Ségolène Royal s'interroge sur les liens entre les attaques dont elle est victime et son rôle d'opposante au Président de la République 

Imaginons un instant qu'en 1988 ou 1989 le candidat de la droite à la Présidentielle Jacques Chirac ait été victime du même type de pratiques. Complot, affaire d'Etat, que n'aurions nous pas entendu…  

Aujourd'hui rien, circulez il n' y a rien avoir.  

Une des chefs de l'opposition, l'ancienne candidate socialiste à l'élection Présidentielle, est menacée dans sa sécurité quotidienne et la seule réponse est de l'accuser de «  péter les plombs »

La démocratie c'est d'abord le respect de l'opposition, j'appelle les représentants de la majorité à s'en souvenir.  


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Mercredi 9 juillet 2008

Communiqué d'Aurélie Filippetti, députée de Moselle et porte-parole du groupe socialiste à l'Aseemblée nationale, le 8 juillet 2008

« Monsieur Frédéric Lefèvre prend ses désirs pour des réalités : non, Ségolène Royal n'a pas « pété un câble », mais c'était bien l'objectif recherché par les barbouzes qui ont visité son appartement pour l'intimider.

Avec l'UMP de Sarkozy, on n'est plus dans la politique mais dans la vulgarité érigée en rhétorique. Dans la France de Nicolas Sarkozy, on peut désormais mettre à sac le domicile de la principale opposante politique et cela ne déclenche que l'hilarité des porte-parole, ou plutôt des porte-flingues, du pouvoir en place.

La France de Sarkozy c'est la télé de Berlusconi et les méthodes de Poutine. Ce qui dérange l'UMP, c'est que SR a une voix qui porte et qu'elle incarne à elle seule l'opposition : tenter de la faire taire en la discréditant, c'est aussi reconnaître que ses idées et popularité dérangent le pouvoir.

Les porte-parole de l'UMP ferait mieux de répondre sur le fond aux propositions de Ségolène Royal sur l'urgence écologique, le mandat unique, la réforme des retraites, la révolution fiscale, plutôt que de tenter de refaire le coup aux Français des manipulations de la campagne présidentielle. Plus personne n'est dupe ! »

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Communiqué de Jean Pierre Mignard, avocat, le 8 juillet 2008
 
« Avec l'élégance de propos qui lui est coutumière, Monsieur Lefèvre prétend que Madame Royal a « pété un câble » pour constater une coïncidence entre la mise à sac de son appartement et la mise en cause du pouvoir politique.

La visite de son appartement a été constatée par la police et le serrurier réquisitionné, son officier de sécurité et le Procureur de la République de Nanterre qui s'est personnellement transporté sur les lieux.

Rien ou presque n'a été volé, mais tout a été bouleversé et la copie de la plainte de son premier cambriolage déchirée et exhibée.
Ceux qui ont agi se sont sentis assez forts pour provoquer.

Si Monsieur Lefèvre qui sait tout sur tout a des informations rassurantes à donner à propos de cette infraction, il doit être entendu comme témoin par le Procureur de la République. »

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Communiqué de François Rebsamen, maire de Dijon, le 9 juillet 2008

« Pour la deuxième fois l'appartement de Ségolène Royal a fait l'objet le 27 Juin d'un «  cambriolage » d'un genre particulier : une intrusion, pas de vol, mais une mise à sac et une une mise en scène, orchestrée qui relève de la menace et de l'intimidation musclée.  

Et depuis ?

Un silence assourdissant des médias, des observateurs, de la ministre de l'Intérieur. Pas un mot de soutien de Nicolas Sarkozy qui a pourtant érigé la compassion en méthode de gouvernement, Mais des insultes du Premier Ministre et du porte parole de l'UMP, quand Ségolène Royal s'interroge sur les liens entre les attaques dont elle est victime et son rôle d'opposante au président de la République.

Imaginons un instant qu'en 1988 ou 1989 le candidat de la droite à la présidentielle, Jacques Chirac, ait été victime du même type de pratiques. Complot, affaire d'Etat, que n'aurions nous pas entendu…  

Aujourd'hui rien, circulez il n' y a rien avoir.  

Une des chefs de l'opposition, l'ancienne candidate socialiste à l'élection présidentielle, est menacée dans sa sécurité quotidienne et la seule réponse est de l'accuser de «  péter les plombs ».

La démocratie c'est d'abord le respect de l'opposition, j'appelle les représentants de la majorité à s'en souvenir. »

 

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Communiqué de Delphine Batho, députée des Deux-Sèvres, le 9 juillet 2008

« La mise à sac de l'appartement de Ségolène Royal est un fait grave qui devrait susciter l'indignation de tous les responsables politiques par delà les clivages.

Il est particulièrement choquant que le Premier Ministre, au lieu de condamner énergiquement toute tentative d'intimidation d'une responsable politique de premier plan, ressorte des formules vieilles de l'inquisition accusant la victime de démence.

Monsieur Fillon a manifestement perdu le sens des valeurs et des usages républicains, c'est tout à fait regrettable.

On aurait préféré qu'il commente, tout comme les autres responsables de l'UMP, ce que Ségolène Royal a dit sur la mainmise du clan des puissants amis de Monsieur Sarkozy sur la France, et en particulier sur les médias. Leur silence gêné montre que Ségolène Royal a visé juste. »

par EXCOFFIER publié dans : segolene
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Lundi 7 juillet 2008

Le lynchage médiatique de Ségolène Royal

Par Utica, utica
 
Voilà la phrase de Ségolène Royal qui a déclenché la tempête médiatique française: "Nicolas Sarkozy n'a été absolument pour rien dans cette libération" (AFP)
S'en est alors suivi un véritable lynchage médiatique franco-français de Ségolène Royal, relayant les déclarations des ténors de l'UMP (Raffarin, Lefèbvre, Fillon,...) puis de nombreux articles la dénigrant et la critiquant, particulièrement dans les médias proches de l'UMP. Les militants UMP se lâchant de manière particulièrement outrancière.

Lorsque je lis certains blogs de commentaires (avant le passage de la modération, comme pendant quelques dizaines de minutes au NouvelObs ou sur 20minutes.fr) où les militants UMP viennent déverser leurs insultes, il y a une volonté tellement évidente de salir, de dégrader, de diaboliser, de déshumaniser l'autre, que ça m'évoque les diatribes haineuses et ordurières de "Schwarze Korps" l'organe officiel de la Gestapo, lorsqu'ils parlaient des Juifs.... Il y en a même qui parlent de sorcière et de bûcher...

Alors que sur le fond, elle a raison de dire que dans l'opération de libération, Sarkozy n'y est strictement pour rien.

"La France, qui mettait en doute la stratégie de fermeté du président colombien Alvaro Uribe et privilégiait les canaux de la négociation, n'a pas été associée à l'opération militaire qui a conduit mercredi à la libération d'Ingrid Betancourt et de quatorze autres otages. Le président français en a été informé par téléphone au dernier moment par son homologue colombien." (Reuters)

Si on situe cette opération dans un contexte plus vaste, il est probable que l'activisme de Sarkozy sur ce dossier, à l'instar de ses prédécesseurs, Villepin et Chirac (qu'Ingrid Betancourt a d'ailleurs remercié à plusieurs reprises), a bien contribué à remettre ce problème à l'ordre du jour colombien. Personnellement, je partage l'excellente analyse publiée par lejdd.fr dans un louable souci d'objectivité rédactionnelle: "Daniel Pécaut, professeur à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS) et spécialiste de la Colombie, partage l'avis de la passionaria du PS: "Les déclarations françaises qui consistent à dire que c'est grâce à la mobilisation française que cette libération a été possible sont ridicules. C'est exagéré. La mobilisation française a été utile pour que la cause d'Ingrid Betancourt devienne en Colombie ce qu'elle n'était pas il y a encore un an, une cause majeure. Elle a par ailleurs poussé Alvaro Uribe à agir, à s'investir davantage. C'est seulement dans ce sens que la mobilisation française a servi", estime-t-il, interrogé par leJDD.fr".

Parmi les critiques qui ne relèvent pas des propos dégradants et outranciers, il y en a une qui revient souvent: "On ne doit pas critiquer le chef de l'Etat en dehors de la France" Et pourquoi donc? Parce qu'au Canada, l'UMP n'y contrôle pas les médias comme en France? C'est vrai, que la fameuse vidéo de Sarkozy du G8 de 2007, avait fait le tour du monde des millions de fois, pendant que les médias français avaient imposé un black out total durant une semaine entière. Ou bien, aurait-on peur d'une perte de crédibilité du chef de l'Etat?

Un chef d'Etat ne devrait aucunement avoir peur de la vérité des faits, s'il est en adéquation avec la réalité. D'autant plus, que Ségolène Royal n'a fait qu'enfoncer une porte ouverte. Un fait qui était déjà connu sur tout le continent américain où elle est actuellement: on y parlait d'opération colombienne, de services secrets US et israéliens, mais pas de la France.

A mon humble avis, elle a dérangé une savante mise en scène médiatique franco-française destinée au peuple français. C'est pour cela qu'elle a été lynchée médiatiquement.
par EXCOFFIER publié dans : Politique internationale
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Lundi 7 juillet 2008
Communiqué de Ségolène Royal :

"Ségolène Royal s'étonne de la polémique indécente soulevée par la droite et des propos très virulents tenus par François Fillon. Le moment n'est pas à la polémique politicienne. Les propos qu'elle a tenus, en réponse à une question des journalistes, se sont contentés de reprendre des faits admis par tous, et notamment par le Secrétaire général de l'Elysée. Par ailleurs, ses propos ont été sortis de leur contexte puisque lors de son intervention, elle a appelé au respect des retrouvailles familiales si longtemps attendus et à la nécessité de n'alimenter aucune polémique. Ségolène Royal appelle donc le gouvernement à faire preuve d'un peu de décence."


par EXCOFFIER publié dans : Politique internationale
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Jeudi 3 juillet 2008
Ségolène Royal (PS) "très heureuse"

PARIS,  2 juillet 2008 (AFP) - La socialiste Ségolène Royal, ancienne candidate à l'élection présidentielle, s'est déclarée "très heureuse" mercredi de la libération de l'otage franco-colombienne Ingrid Betancourt.
Mme Royal a affirmé, dans un communiqué, partager "l'allégresse, la joie, le soulagement que doivent ressentir ses enfants qui n'ont jamais perdu espoir et qui ont toujours cru à la libération possible de leur mère même dans les pires moments de doute".
par EXCOFFIER publié dans : Politique internationale
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