Mercredi 30 mai 2007
Françoise LABORDE : Et nous retrouvons notre invitée, Ségolène Royal. Bonjour.

Ségolène ROYAL : Bonjour.

Françoise LABORDE : Alors, c'est la première fois qu'on vous retrouve sur un plateau de télévision depuis la défaite du 6 mai. D'abord, comment ça va ? Est-ce que vous avez surmonté cet échec ?

Ségolène ROYAL : Oui, bien sûr, heureusement d'ailleurs, parce que je crois que, d'abord, toute cette énergie qui m'a été apportée pendant cette campagne, j'ai envie aujourd'hui de la rendre à tous ceux qui se sont mobilisés, à ces 17 millions d'électeurs. C'est un moment très important de la vie démocratique que les élections législatives. Pourquoi ? Parce qu'il s'agit de mettre en place des contre-pouvoirs, de mettre en place une opposition nouvelle aussi, sans esprit de revanche mais aussi sans fatalisme, et donc avec une très forte mobilisation parce que je crois que nous devrons construire cette opposition nouvelle, chargée à la fois de surveiller, de proposer et aussi de s'opposer.

Françoise LABORDE : Alors, sur l'action gouvernementale, on vous a déjà entendue assez critique sur l'action du président de la République, Nicolas Sarkozy, et en même temps vous l'exhortez, je cite, "à passer à l'acte avant les législatives" ?

Ségolène ROYAL : Bien sûr, je crois qu'il y a des décisions qui devraient être prises très rapidement. Je voudrais vous donner 2 exemples…

Françoise LABORDE : Oui.

Ségolène ROYAL : … on vient de voir sur vos images Nicolas Sarkozy visiter un hôpital ; ceci ne relève pas du pouvoir législatif. On sait qu'il y a un certain nombre de besoins très aigus dans l'hôpital, dans les structures qui accueillent des personnes handicapées ou des personnes âgées ; moi, je veux qu'avant le 1er tour des élections législatives des décisions concrètes soient prises.

Françoise LABORDE : Pour qu'il nous montre sa détermination, c'est ça ?

Ségolène ROYAL : Pour que les engagements pris soient rapidement tenus et qu'on voit que ces engagements, qui ont été pris, passent… sont traduits directement dans l'action. Je vais vous donner un autre exemple. Je souhaite qu'il y ait un moratoire sur les OGM. L'Allemagne vient de prononcer ce moratoire sur les OGM parce qu'il y a un problème, et donc le principe de précaution doit être apporté si on veut protéger à la fois l'environnement mais aussi l'alimentation donc la santé publique. Alain Juppé l'avait annoncé ; il vient de reculer. Je demande que cette décision soit rapidement prise. Ce que je veux dire par là, c'est que l'opposition nouvelle que nous devons créer par cette opposition qui doit être la plus large possible à l'Assemblée Nationale... C'est pourquoi je lance un appel non seulement aux 17 millions d'électeurs qui se sont portés sur mon nom, pour que cette opposition soit la plus large possible, que les députés socialistes et de Gauche soient les plus nombreux possible, mais aussi que les députés de Gauche sortants - les Socialistes, les Radicaux, les Communistes et les Verts - soient reconduits dans leurs fonctions parce que nous pourrons, justement, peser pour que les engagements qui vont dans le bon sens soient pris ; nous pourrons protéger, c'est-à-dire empêcher un certain nombre de dérives - s'opposer par exemple aux franchises médicales…

Françoise LABORDE : Mais est-ce que… Ségolène Royal, vous n'êtes pas quand même un tout petit peu parfois étonnée par le… ou déstabilisée même…  - quand je dis vous c'est évidemment la Gauche - par le style Sarkozy qui, d'une certain façon, a un peu vidangé, si je puis me permettre cette image, les idées, y compris les hommes, y compris à Gauche en récupérant dans son gouvernement, en pratiquant l'ouverture que vous préconisiez avec François Bayrou et en recrutant y compris dans les rangs du PS ?

Ségolène ROYAL : Vous savez, moi, j'ai toujours cru à la politique par la preuve et donc je jugerai, et nous jugerons, sur les actes. Et ce que l'on voit sur un certain nombre de réformes qui sont engagées, c'est d'abord leur côté injuste et c'est leur dangerosité. Je voudrais prendre 3… citer 3 faits : le bouclier fiscal, qui est déjà engagé, va aboutir à faire en sorte que 350 millions d'euros seront distribués aux 15 000 contribuables les plus riches, alors que l'on sait que la France est très endettée - d'ailleurs, vous observerez que l'on n'entend plus du tout parler de la dette. Deuxième exemple : il y a une remise en cause qui se prépare sur le contrat de travail, il faut donc une opposition forte pour protéger les Français contre ce dérèglement. Troisième exemple, je l'évoquais à l'instant : les franchises médicales qui vont aboutir à ce que certaines familles soient déstabilisées, que l'accès aux soins - comme viennent de le dire les médecins -, soit remis en cause, or ce qu'il faudrait faire aujourd'hui, c'est relancer la croissance pour que les cotisations reviennent dans les caisses de la Sécurité Sociale.

Françoise LABORDE : Alors, on va revenir évidemment à ces questions, mais juste une question : Bernard Kouchner au Quai d'Orsay, est-ce que vous considérez-vous, personnellement... est-ce que vous vous êtes sentie trahie ?

Ségolène ROYAL : Ça ne m'a pas fait plaisir parce que Bernard Kouchner est un ami de longue date, je l'ai associé à ma campagne... ça ne m'a pas fait plaisir…

Françoise LABORDE : Alors…

Ségolène ROYAL : … mais je ne veux rien dire de désagréable à son égard.

Françoise LABORDE : …  d'aller au-delà, très bien. Au-delà de la critique du programme Sarkozy, qu'est-ce que vous, concrètement, vous avez à proposer ? Parce qu'on a le sentiment que vous voulez justement qu'il se découvre pour pouvoir faire des contre-oppositions ?

Ségolène ROYAL : Non, pas seulement. Par exemple, nous aurons des propositions à faire sur le logement, puisque vous avez vu qu'il y a une certaine pagaille sur ce qui a été annoncé sur les déductions des intérêts relatifs à l'acquisition de la résidence principale. J'étais, il y a 2 jours, sur le marché de Saintes en Charente-Maritimes avec la candidate…

Françoise LABORDE : Vous trouvez que c'est injuste le système qui est mis en place ?

Ségolène ROYAL : Eh bien, les gens sont venus vers moi en disant : "Est-ce qu'il ne nous a pas menti ? J'ai voté pour lui parce que je croyais que les taux d'intérêt de l'achat de mon pavillon allaient être déduits de mes impôts et j'apprends qu'il n'en n'est rien". Autre exemple : il avait, lors de notre débat, promis que…

Françoise LABORDE : Tout ça dépend à quelle date on a acheté ; c'est surtout ça la différence.

Ségolène ROYAL : Oui, mais même pour les emprunts à venir…

Françoise LABORDE : Oui, oui.

Ségolène ROYAL : … Il ne s'agit pas d'être rétroactif, mais pour les emprunts actuellement remboursés sur des achats qui ont déjà eu lieu, tous les gens ont cru…

Françoise LABORDE : Bien sûr.

Ségolène ROYAL : … qu'ils allaient être concernés. Autre exemple : il avait promis dès son élection, de stopper immédiatement les négociations pour l'intégration de la Turquie en Europe ; il a dû faire marche arrière, donc soit il ne connaissait pas ces dossiers - ce que je ne crois pas -, soit il a volontairement dit des choses qui ne correspondaient pas à la vérité. Donc, non seulement l'opposition a une force pour proposer, justement. Je pourrais donner d'autres exemples : la rentrée scolaire se prépare, il semblerait que la suppression des 5 000 postes va se concrétiser pendant l'été, or Nicolas Sarkozy avait repris l'une de mes propositions - l'installation du soutien scolaire gratuit et individualisé à la rentrée prochaine. Je souhaite que ce soit fait avant les élections législatives…

Françoise LABORDE : On va…

Ségolène ROYAL : … puisque ça relève du pouvoir réglementaire.

Françoise LABORDE : … on ne va pas multiplier les exemples parce qu'on n'aurait pas le temps mais…

Ségolène ROYAL : Non, mais je voudrais juste dire que si cela n'est pas fait avant les élections législatives…

Françoise LABORDE : Oui.

Ségolène ROYAL : … alors qu'il peut le faire…

Françoise LABORDE : C'est la preuve…

Ségolène ROYAL : … voilà une raison de plus de faire en sorte que l'opposition soit forte à l'Assemblée.

Françoise LABORDE : François Hollande a indiqué qu'il voulait quitter la direction du Parti Socialiste. Alors, est-ce qu'il faut attendre le congrès de 2008 pour prendre cette décision, et est-ce que vous-même vous serez candidate au poste de premier secrétaire - l'expérience montre en tout cas que pour être une candidate ou un candidat à l'élection présidentielle, il vaut mieux être à la tête d'un parti aussi ?

Ségolène ROYAL : C'est vrai qu'il vaut mieux un parti uni, où les gens se serrent les coudes, où l'on n'entend pas de petites phrases, où il n'y a pas de trahisons, où il y a une cohérence derrière le candidat ou la candidate. En même temps, je crois que ce moment n'est pas encore venu pour en débattre et le premier secrétaire dira, le moment venu, ce qu'il a l'intention de faire…

Françoise LABORDE : Et si…

Ségolène ROYAL : … mais il y a un certain nombre d'attaques qui sont dirigées contre lui et, vraiment, ne grandissent pas leurs auteurs. Je crois qu'aujourd'hui le temps est à la mobilisation pour les élections législatives et ensuite il faudra refonder le logiciel de la Gauche parce que …

François LABORDE : Parce que les élections législatives si, en effet, c'est une défaite importante, il faudra tout refonder, tout remettre à plat, et y compris avancer le Congrès ?

Ségolène ROYAL : Il faudra d'abord s'inscrire dans la continuité de l'élection présidentielle. J'ai entamé, au cours de cette campagne, une rénovation profonde des méthodes politiques…

Françoise LABORDE : Oui, oui.

Ségolène ROYAL : … la démocratie participative, qui a beaucoup plu aux Français, qu'il va falloir continuer. J'ai mis sur la table un certain nombre de concepts nouveaux, d'idées nouvelles, qui correspondaient à la réalité de la vie des gens. Le Parti Socialiste doit continuer et doit revisiter la totalité de son logiciel en fonction de la réalité et des problèmes qui se posent aujourd'hui. Il y a un travail refondateur…

Françoise LABORDE : Alors…

Ségolène ROYAL : … à faire très important ; et j'y prendrai toute ma place.

Françoise LABORDE : … ça veut dire, Ségolène Royal, que, de la même façon que vous aviez dit à l'époque : "Si je suis en situation d'être candidate, je le serai", est-ce que vous pouvez dire aujourd'hui, concernant le poste de premier secrétaire du Parti Socialiste : si vous êtes en situation, est-ce que vous serez candidate ?

Ségolène ROYAL : Je ne veux pas me positionner aujourd'hui de cette façon-là. Ce que je dis très clairement, c'est que sur l'imagination, sur la façon dont nous devons préparer la Gauche du XXIème Siècle et la prochaine alternance, je serai à mon poste et présente ; ensuite, nous verrons de quelle façon cela pourra se faire, en respectant les hommes et les femmes, en se mettant au service du collectif. Mais je suis…

Françoise LABORDE : Mais vous n'excluez rien ?

Ségolène ROYAL : Mais je n'exclut rien, je ne m'interdis rien.

Françoise LABORDE : Merci, Ségolène Royal.

par EXCOFFIER publié dans : segolene
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Mercredi 30 mai 2007

DISCOURS DE FRANCOIS HOLLANDE

 

ELECTIONS LEGISLATIVES – PARIS (Zénith)

 

MARDI 29 MAI 2007

 

 

 

 

Chers Amis,

 

 

Lorsque les socialistes sont rassemblés, rien ne peut les arrêter. Vous êtes rassemblés parce que les Français demandent qu’on le soit. Vous êtes rassemblée, parce que vous voulez être à la hauteur du défi qui vous est lancé. Vous êtes rassemblés, parce que vous voulez le changement dans notre pays. Vous savez que seuls les socialistes peuvent l’offrir aux Français.

 

 

Merci à vous tous, socialistes depuis toujours, socialistes d’un jour, socialistes de demain, d’être là avec nous, ensemble, pour la bataille qui s’annonce. Merci à ce parti, ce grand parti que j’aime, qui est la force et qui se présente devant les Français avec fierté. Fierté d’avoir respecté la parité pour les élections législatives ; fierté d’avoir renouvelé autant que c’était possible nos candidats pour les élections législatives ; fierté d’avoir engagé –et il y aura encore beaucoup à faire- la diversité des quartiers, des origines, des couleurs, pour représenter la société française.

 

 

Nicolas Sarkozy a lancé, au Havre nous dit-on, son appel ; il veut une majorité à sa main pour mener sa politique à sa guise. Nous lançons donc notre appel de Paris : nous voulons une majorité de gauche pour prêter main-forte aux Français et leur donner non pas la rupture par rapport au pacte social ou au pacte républicain, mais l’espérance, l’espérance d’être demain une France plus juste et plus forte.

 

 

Nous sommes bien conscients des dangers qui s’annoncent et de l’adversaire qui est devant nous. C’est tout de même une machine infernale. Il veut tout dévorer, tout absorber, tout broyer, tout digérer. Face à ce pouvoir vorace, il faut une gauche coriace et nous le serons dans les jours qui viennent.

 

 

Depuis le 6 mai, tout est fait pour décourager le vote. On veut donc décourager le vote, déconsidérer l’enjeu. Il n’y aurait même plus à voter ; il suffirait d’entendre le Président de la République demander sa majorité pour qu’elle lui soit donnée. Comme par décret, avant même que les Français n’aient voté. On veut dévaluer l’adversaire ; nous n’aurions même pas le droit de gagner ; cela nous serait interdit. Nous avons donc le devoir de gagner ces élections législatives.

 

 

C’est un devoir non pas pour nous-mêmes, pour être plus nombreux à l’Assemblée nationale –encore que cela ne fait pas de mal !

 

 

Notre devoir est vis-à-vis des Français, de tous ceux qui nous attendent, qui nous espèrent, qui veulent une politique équilibrée, qui veulent du changement, mais pour le meilleur pas pour le pire, et qui veulent comprendre le sens de ces élections législatives.

 

 

De quoi s’agit-il ? De décider de la politique de la France pour les cinq prochaines années. Il ne s’agit pas là de remettre en cause le mandat de Nicolas Sarkozy –nous y viendrons plus tard. Mais, nous n’allons pas attendre 5 ans quand nous avons là une occasion qui nous est donnée de décider par nos votes, dans chacune des 577 circonscriptions, de la politique que nous voulons pour le pouvoir d’achat, pour l’emploi, pour le logement, pour la santé. Saisissons cette chance ; elle ne reviendra plus avant cinq ans. Cinq ans, c’est long, c’est trop long. C’est maintenant qu’il faut agir. Là est le sens des élections législatives.

 

 

Il s’agit aussi de sanctionner une majorité sortante car, celles et ceux qui vont être candidats contre les nôtres ont représenté, pendant cinq ans, le pouvoir. On finirait par l’oublier. Nicolas Sarkozy a même dit au Havre qu’il était l’élu d’une « révolution » ! S’il s’agissait de renverser Jacques Chirac, convenons-en ! Mais, pour le reste, c’est un régime qui se survit à lui-même, qui se poursuit, qui se prolonge. Qui est donc le Premier ministre, si ce n’est celui qui était avec Jean-Pierre Raffarin ! Qui sont donc les Ministres si ce n’est ceux qui étaient déjà là avant. J’en conviens, il n’y avait pas Alain Juppé, il était dans l’équipe précédente. Pourquoi n’ont-ils pas pris Balladur. Et Sarkozy lui-même, où était-il ? Mais, pendant cinq ans, il était dans ce gouvernement, numéro 2 et chef de l’UMP déjà. Il faut donc sanctionner cette majorité sortante si nous pensons qu’elle a échoué. Et elle a échoué : croissance la plus faible d’Europe, chômage le plus élevé d’Europe, déficit commercial le plus élevé de notre histoire, comptes sociaux dégradés, endettement public record… Et il faudrait continuer avec ceux-là ! Il va falloir changer et changer fort dès les élections législatives.

 

 

Il y a aussi une menace et un risque. Depuis le 6 mai, nous savons ce qu’est une présidentialisation poussée à son paroxysme. Nous pensions que Nicolas Sarkozy voulait être simplement Président de la République. Mais, cela ne lui suffit pas. Il en veut davantage. Il a nommé un Premier ministre : c’était pour ordre, parce qu’il avait besoin d’un aide de camp, d’un auxiliaire, d’une ordonnance ! Il ne fera pas d’ombre à sa majesté. Il est là pour se courber, se soumettre et se démettre le moment venu.

 

 

Mais, Nicolas Sarkozy ne veut pas simplement être Président de la République et Premier ministre ; il veut être Ministre de tout : Ministre de l’Intérieur –c’est encore lui !; Ministre des Affaires Etrangères –ce n’est pas lui, mais c’est tout comme ; et les autres ministres ? Il les a choisis et veut même aller plus loin en choisissant leurs collaborateurs, leurs cabinets.

 

Il veut tout, tout contrôler, tout diriger, tout soumettre, tout acheter pace qu’il pense que tout s’achète : les consciences, les amitiés, les réseaux, les fidélités, les affiliations partisanes. Tout cela est affaire de commerce, de marché, de troc !

 

 

Face à cette présidentialisation qui menace, il faut un Parlement et une majorité différente à l’Assemblée nationale. Il faut une opposition forte –si nous ne parvenons pas à la majorité- qui sera la garantie même de la République, de la démocratie, de l’équilibre, du pluralisme. Et cela ne fera pas défaut, parce qu’ils veulent tout contrôler, au-delà même des consciences, jusqu’à la télévision, aux images et ils y placeront là leurs collaborateurs, leurs fidèles, pour s’assurer que la bonne image soit retenue. Nous faisons confiance aux journalistes. Et il y a aussi les forces de l’argent. Ils les tiennent ou plutôt ce sont les forces de l’argent qui le tiennent.

 

 

N. Sarkozy sait qu’il fait peur… peut-être même à lui-même de temps en temps. Il sait qu’il inquiète et que nul n’est vraiment complètement rassuré… peut-être même jusque dans son propre camp. Alors, pour ne pas inquiéter, pas alarmer, pas alerter, nous sommes dans un temps de communication. Depuis le 6 mai, il ne faut s’inquiéter de rien : « ayez confiance, j’ai changé ; hier j’étais la droite décomplexée, aujourd’hui je suis un Président sans complexe. Je parle à tout le monde, je vais dans les cantines, je rencontre des ouvriers, je vois des agriculteurs, et puis je cours, je cours sans cesse, je cours encore, je cours toujours ». Comme s’il devait dire aux Français « courez, il ne vous sera fait aucun mal ! ». Mais, si nous ne voulons pas courir, nous. Si nous ne voulons pas marcher même dans cette direction, on en a bien le droit !

 

 

Si on ne veut pas courir, on nous dit de dormir : « dormez profondément, jusqu’au 10 juin ; ne vous réveillez pas ; inutile. Dormez même jusqu’au 17 juin, il ne vous sera fait aucun mal ». Mais, après le 17 juin, on ne répond plus de rien. L’anesthésie s’arrête et la chirurgie lourde commence. Evitez donc ces dépenses de santé inutiles pour les Français !

 

 

Face à cette menace –elle est réelle, face à la gravité de l’enjeu, il n’y a qu’une seule force pour agir et protéger les Français. Cette force, c’est la vôtre ; cette force, c’est le Parti socialiste. Il doit être là, maintenant, dans cette campagne comme recours, comme réponse. Je sais qu’au-delà de cette salle, beaucoup ont été déçus le 6 mai, tant l’espoir fut grand –celui qu’a levé Ségolène Royal. Je sais que les électeurs de gauche sont inquiets devant cette déferlante politico-médiatique. Je sais qu’il y en a même, fatalistes résignés, qui se disent ne plus rien attendre du vote, qui préparent déjà les banderoles et s’engagent pour de grands défilés pour l’automne prochain.

 

 

 

 

A ceux-là, je dis non. Avant de défiler, de manifester, de contester, il existe un moyen plus commode : VOTEZ, oui, votez, utilisez ce droit fondamental, le suffrage pour décider, le suffrage pour arrêter, le suffrage pour proposer. C’est le vôtre, c’est le suffrage socialiste.

 

 

Nous aurons dans quelques jours, une nouvelle fois, un choix de politique. Est-ce que nous voulons une sortie individuelle ? C’est ce que nous propose la majorité UMP. Débrouillez-vous. Un Etat minimal qui laissera faire. Enrichissez-vous, on vous donnera tous les moyens de le faire ; tant pis pour les autres qui ne sont pas déjà riches… Parce que dans leur politique, il faut déjà être riche pour s’enrichir. Assurez-vous sur la santé, sur la retraite. Choisissez librement l’école pour vos enfants. Travaillez plus, si vous avez un travail, et payez moins d’impôts, vous serez servi de surcroît. Voilà la société que l’on nous prépare : la sortie que l’on doit trouver tout seul et, si on ne la trouve pas, tant pis on continue de courir !

 

 

Et il y a ce que nous proposons : une sortie ensemble où chacun peut et doit réussir, mais pas au détriment de l’autre, où la prospérité se fait avec le travail de tous et sans avoir besoin de plus de précarité, de plus de misère, de plus de pauvreté. Nous n’avons pas besoin d’exclure pour permettre à la société française d’être plus riche ! Nous avons besoin de tous ceux qui travaillent, de tous ceux qui espèrent, de tous ceux qui veulent se former, en savoir davantage, et chercher ensemble l’issue collective de la crise.

 

 

Sur quatre grands sujets, nous voyons les différences :

 

 

Le travail

 

Faudra-t-il recourir sans cesse aux heures supplémentaires ou, au contraire, faire en sorte que ce soit l’embauche qui soit favorisée et non les heures supplémentaires ? Les premières victimes de cette mesure, comme cela se passe aujourd’hui sur les heures supplémentaires déchargées qui ne sont que la légalisation du « travail au noir », s’appelleront « intérimaires », « CDDs »… En effet, pourquoi les garder si l’on peut faire travailler les autres davantage pour moins cher.

 

 

Nous répondons qu’une heure normale doit coûter moins cher qu’une heure supplémentaire, qu’une heure d’un nouvel embauché doit coûter moins cher qu’une heure d’une personne déjà dans l’emploi. Voilà le sens de la politique que nous devons proposer.

 

 

De même, le contrat de travail unique n’est rien de moins que la généralisation du CNE ou du CPE.

 

 

Nous répondons « Sécurité sociale professionnelle » et le droit de pouvoir changer d’emploi et avoir l’accompagnement, le soutien, la requalification vers le nouvel emploi quand on a perdu le premier.

 

 

La santé

 

Veut-on ces franchises ? Je le dis souvent d’ailleurs : méfiez-vous du mot franchise, il n’est pas sincère. On pense qu’elles seraient comme un cadeau. Non. C’est un impôt. De combien sera-t-il ? On n’en connaît pas encore le prix. Ce que l’on sait, c’est que plus le déficit de la Sécurité Sociale sera élevé, plus les franchises seront hautes.

 

 

Nous devons opposer à ces franchises, ces déremboursements, ces fiscalités supplémentaires, le droit inaliénable à la santé, coordonner les professions de santé, réduire les actes médicaux et donner la priorité à l’hôpital public.

 

 

Le logement

 

Nicolas Sarkozy a fait son annonce : Propriétaires de notre pays qui avaient emprunté sur votre résidence principale, vous pourrez maintenant déduire vos intérêts d’emprunt. Vous ne savez pas encore pour combien de temps –peut-être que quelques mois !

 

 

Plutôt que de dispenser des cadeaux fiscaux aux plus favorisés –car il s’agira en fait des plus favorisés-, nous répondons la diffusion du prêt à taux zéro à toutes les catégories sociales. Mieux vaut un prêt à taux zéro qu’une aide fiscale aux plus favorisés.

 

 

L’Education

 

Veut-on la suppression de la carte scolaire, comme nous le dit, c’est-à-dire les ghettos et la liberté pour certains d’accéder aux établissements supposés de qualité ou veut-on revisiter la carte scolaire, l’assouplir autant qu’il sera nécessaire tout en gardant l’objectif de mixité sociale, faire l’accompagnement scolaire gratuit pour tous les enfants de notre pays ?

 

 

 

Ce sera un choix politique pour la fiscalité. S’accumulent là les promesses : bouclier fiscal à 50 %, suppression des droits de succession, abandon de l’impôt sur la fortune. Et, face à ces 17 milliards d’euros de baisse d’impôt déjà annoncée, il faudra bien trouver l’argent. On annonce pas moins de 3 points du taux de TVA. C’est le sens de la politique proposée par N. Sarkozy : des cadeaux pour les uns et des impôts pour tous.

 

 

Face à cela, nous devons revendiquer non pas d’augmenter les prélèvements obligatoires, mais l’idée qu’il serait normal que les revenus du capital et les revenus de travail soient fiscalisés de la même façon.

 

 

Travail, éducation, santé, logement, fiscalité, services publics… Voilà le choix qu’une nouvelle fois nos concitoyens doivent faire. Je leur demande de le faire avec conscience, en pensant qu’ils peuvent encore agir.

 

Je nous demande d’agir en esprit de responsabilité. Nous seuls serons et devons être utiles aux Français. Nous ne sommes pas dans la revanche ; nous n’effacerons pas le scrutin du 6 mai ; nous ne sommes pas là dans la contestation, la résistance. Nous sommes dans le devoir de protection, d’action et de propositions. Nous ne sommes pas là simplement pour arrêter, endiguer. Nous sommes là pour conquérir, emporter et donner de l’espérance. C’est cela être socialiste aujourd’hui !

 

 

Laissons leur l’esprit de revanche. Ils voudraient bien affaiblir la gauche. Ils ont déjà éradiqué le centre. Pauvre François Bayrou qui pensait pouvoir, avoir son casque blanc, éviter finalement ses propres amis. Ils ne l’ont pas raté. Ils l’ont abandonné, le laissant là, tout seul. Que va-t-il faire ? Lui seul le sait. Il s’interroge. Nous pouvons ne pas le laisser seul ; encore faut-il qu’il veuille venir avec nous. Nous n’excluons personne, mais nous demandons le respect de nos engagements, de nos plateformes électorales ; nous ne sommes pas dans une démarche d’aventure personnelle. Nous ne sommes pas dans l’ouverture, nous sommes dans la culture du contrat et de la coalition. Nous n’écartons personne, dès lors que l’on participe réellement à une action collective. Nous ne débauchons personne. Nous n’avons pas besoin d’aller chercher les uns et les autres, de l’autre côté, pour rester nous-mêmes. Et, en même temps, nous ne sommes pas repliés, enfermés. Nous sommes ouverts à tous sur la base de notre politique, la seule qui peut permettre le changement aujourd’hui.

 

 

CONCLUSION

 

 

Nous sommes devant un grand défi qu’il faudra relever : c’est l’équilibre des institutions, le pluralisme de la démocratie, la force que nous pouvons représenter en son sein, l’espoir que nous pouvons donner. Voilà ce défi.

 

 

Il faut en être digne. Il faut savoir que ce sera dur, difficile, que rien ne nous a été épargné. Et alors ! Nous avons, au fond de nous-mêmes, ces valeurs inaliénables, cette force de l’engagement, ce courage qui feront que rien ne nous arrêtera, que la défaite d’un jour est le succès du lendemain.

 

 

Soyez confiants, soyez fiers de vous. Ce qui s’est levé ne s’arrêtera pas. Nous serons là, ensemble, toujours ensemble, rassemblés. Il nous faudra, dans ces élections législatives, prendre toute notre place. Il nous faudra conquérir tout ce qui doit l’être, gagner partout où nous le pourrons et, ensuite, ensemble encore, nous rénoverons, nous refondrons, nous renouvellerons et nous serons là unis, rassemblés et fiers de nous-mêmes, pour les échéances qui viennent pour servir la France et les valeurs qui sont les nôtres.

 

 

Allez, Chers Camarades, vers les destins qui sont les nôtres. Nous serons ensemble, toujours ensemble.

 

par EXCOFFIER publié dans : ps
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Mardi 29 mai 2007
Ségolène Royal appelle les électeurs à "la mobilisation" et à "la vigilance"

CHATEAU-LARCHER (Vienne), 28 mai 2007 (AFP) - Ségolène Royal a appelé mardi à Chateau-Larcher (Vienne) les électeurs à "la mobilisation" et à "la vigilance" à douze jours du premier tour des élections législatives.
"Je fais un appel aux électeurs qui se sont portés sur nous à l'élection présidentielle pour leur dire de ne pas se démobiliser. J'appelle les électeurs à ne pas rester chez eux, à se mobiliser pour qu'il y ait une opposition forte à l'assemblée nationale", a déclaré Mme Royal, à l'occasion de la présentation des quatre candidats PS pour les législatives dans la Vienne.
"Le système médiatico-financier-sondagié que nous avons déjà subi lors de l'élection présidentielle recommence. J'entends la valse des sondages. On nous annonce la vague bleu, la Bérézina. J'appelle les gens à la vigilance. Il faut avoir une capacité de résistance", a ajouté la candidate battue le 6 mai.
La présidente du conseil régional de Poitou-Charentes "veut redonner aux gens l'énergie qu'ils (lui) ont donnée lors de la campagne à l'élection présidentielle". "Je veux leur dire que nous avons un socle et qu'il ne faut pas faire l'impasse sur cette élection".
"Il est très important dans le fonctionnement d'une démocratie qu'il y ait une opposition forte à l'assemblée nationale pour empêcher la concentration, les excès du pouvoir", a-t-elle poursuivi. "Il faut également construire une opposition constructive qui soit en capacité de proposer, de reprendre les propositions du Pacte présidentiel".
"Au départ, je n'avais pas l'intention de refaire des meetings après ce que j'ai connu lors de l'élection présidentielle", a expliqué Mme Royal, qui doit participer dans la soirée au meeting organisé par le PS au Zénith.
"J'aurais pris un temps plus long pour me reposer, réfléchir, travailler mais j'ai été appelée par les candidats et le parti socialiste. C'est mon devoir, je le fais avec beaucoup de joie", a-t-elle dit.
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Mardi 29 mai 2007

ROYAL RELANCE LE "SÉGOTOUR"

L'image, même fugace, d'un PS rassemblé contrastera nettement avec ce qui avait été un temps baptisé meeting de lancement de la campagne législative socialiste, mercredi dernier à Bordeaux. Le premier secrétaire était finalement apparu seul en scène, le député Verts sortant Noël Mamère lui faisant faux-bond au dernier moment.

Tous les candidats aux législatives parisiens et franciliens ont été conviés au Zénith, certains s'exprimeront à la tribune, entre les "grands orateurs". Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, en tant que puissance invitante, ouvrira la soirée, avant Ségolène Royal, qui devrait s'exprimer une quinzaine de minutes.

Après un silence médiatique d'une dizaine de jours, l'ancienne candidate présidentielle a repris le chemin de la campagne samedi par une tournée en Poitou-Charentes, la région qu'elle préside depuis 2004. Pour la première fois depuis sa défaite face à Nicolas Sarkozy, elle était l'invitée d'un journal de 20h00, sur France 2, lundi soir.

A l'instar de sa campagne présidentielle, son agenda compte ensuite plusieurs étapes par jour, organisées dans sa région ou chez des anciens membres de son équipe de campagne, candidats à la députation. Elle-même a renoncé à briguer un nouveau mandat dans les Deux-Sèvres, au nom du non-cumul des mandats.

Jeudi, elle sera à Lyon puis à Digne-les-Bains, fief de son co-directeur de campagne Jean-Louis Bianco avant de soutenir son directeur adjoint, Patrick Mennucci, à Marseille vendredi, et une mini-tournée en Ile-de-France samedi, à la rencontre de Safia Otokore, dans les Yvelines, et de Julien Dray, dans l'Essonne.

Chaque déplacement sera l'occasion de rencontrer tous les candidats des départements traversés (Vienne, Charente, Ardèche, Alpes-de-Haute-Provence et Bouches-du-Rhône), souligne-t-on dans l'entourage de Ségolène Royal.
par EXCOFFIER publié dans : segolene
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Mardi 29 mai 2007
Tête du PS: Ségolène Royal "n'exclut rien et ne s'interdit rien"

PARIS, 28 mai 2007 (AFP) - L'ex candidate PS à la présidentielle, Ségolène Royal, a dit lundi soir sur France 2 qu'elle "n'excluait rien et ne s'interdisait rien" quant à l'éventualité de briguer la tête du parti socialiste que son compagnon François Hollande va quitter.
"Je n'exclus rien et je ne m'interdis rien", a déclaré Mme Royal, comme on l'interrogeait sur la possibilité qu'elle puisse vouloir succéder à François Hollande au poste de premier secrétaire du PS.
Néanmoins, elle a affirmé que " ce moment (n'était) pas encore venu pour en débattre" ajoutant que "le premier secrétaire dira le moment venu ce qu'il a l'intention de faire". Au passage, Mme Royal a dénoncé "les attaques" contre François Hollande "qui ne grandissent pas leurs auteurs".
Pour elle, "aujourd'hui, le temps est à la mobilisation pour les élections législatives et ensuite il faudra refonder le logiciel de la gauche" .
"Il faudra s'inscrire dans la continuité de l'élection présidentielle. J'ai entamé au cours de cette campagne une rénovation profonde des méthodes politiques, la démocratie participative qu'il va falloir continuer. J'ai mis sur la table un certain nombre de concepts nouveaux qui correspondaient à la réalité de la vie des gens. le parti socialiste doit continuer et revisiter la totalité de son logiciel en fonction de la réalité et des problèmes qui se posent aujourd'hui" , a-t-elle expliqué.
Mme Royal a fait valoir qu'il y avait à faire "un travail refondateur très important". "J'y prendrai toute ma place", a-t-elle dit.
"Sur l'imagination, sur la façon dont nous devons préparer la gauche du XXIe siècle et la prochaine alternance, je serai à mon poste et présente. Ensuite nous verrons de quelle façon cela pourra se faire, en respectant les hommes et les femmes, en se mettant au service du collectif. Mais je n'exclus rien et je ne m'interdis rien" , a déclaré la présidente de la région Poitou-Charentes.
sm/jmt/bw

PARIS (AP) - A la veille du grand meeting au Zénith de Paris, Ségolène Royal s'est montrée critique lundi soir à l'encontre du président de la République Nicolas Sarkozy, l'exhortant à passer à l'acte avant les élections législatives. Le "temps est à la mobilisation" pour ce scrutin, a souligné l'ancienne candidate socialiste à la présidentielle, qui appelle par ailleurs la gauche à "revisiter la totalité de son logiciel".

Ségolène Royal, qui s'exprimait lors du journal de 20h sur France 2, a invité Nicolas Sarkozy à tenir ses promesses électorales. "Je crois qu'il y a des décisions qui devraient être prises très rapidement", a-t-elle souligné, rappelant notamment les besoins dans les hôpitaux, dans l'éducation nationale, ou les promesses non respectées sur le logement.

"Je veux qu'avant le premier tour des législatives des décisions concrètes soient prises, pour que les engagements pris soient rapidement tenus et qu'on voit que ces engagements soient traduits dans l'action".

"J'ai toujours crû à la politique par la preuve donc je jugerai et nous jugerons sur les actes". Si les engagements ne sont pas respectés alors que Nicolas Sarkozy "peut le faire, voilà une raison de plus de faire en sorte que l'opposition soit forte à l'Assemblée", afin de "protéger les Français" a poursuivi la présidente de la région Poitou-Charentes.

Elle a dénoncé la "dangerosité" de "certaines réformes engagées" par le gouvernement comme le "bouclier fiscal", la "remise en cause qui se prépare sur le contrat de travail", ou les franchises médicales.

Alors que certains membres du Parti socialiste s'inquiètent du faible nombre de circonscriptions gagnables, Ségolène Royal a tenté de rassurer les électeurs les invitant à "mettre en place des contre-pouvoirs, de mettre en place une opposition nouvelle sans esprit de revanche mais aussi sans fatalisme, avec une très forte mobilisation".

Elle a réitéré son appel "aux 17 millions d'électeurs" qui "se sont portés sur (s)on nom pour que cette opposition soit la plus large possible".

Dans une volonté de rassemblement et d'unité, Ségolène Royal n'a pas souhaité s'exprimer sur le congrès de 2008, ni sur la décision de François Hollande de ne pas être candidat à sa propre succession. Elle a souhaité "un parti uni, où les gens se serrent les coudes, où on n'entend pas de petites phrases, où il n'y a pas de trahisons", dénonçant "un certain nombre d'attaques dirigées contre" le patron du PS. Elles ne "grandissent pas leurs auteurs".

"Aujourd'hui, le temps est à la mobilisation pour les législatives et ensuite il faudra refonder le logiciel de la gauche" a conclu Ségolène Royal qui "ne (s)'exclut rien et ne (s)'interdit rien". "Il y a un travail refondateur très important à faire et j'y prendrai toute ma place".

A moins de quinze jours du premier tour des élections législatives, le Parti socialiste marque sa "véritable entrée en campagne" avec un grand meeting mardi soir au Zénith à Paris en présence de Ségolène Royal, François Hollande, Bertrand Delanoë, mais également Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius.

Le secrétaire national du PS aux élections Bruno Le Roux assurait ainsi lundi que les socialistes, mettant en sourdine leurs rivalités internes, donneront une "image de rassemblement et d'unité" dans cette campagne, ponctuée de " 4.000 événements dans les 577 circonscriptions".


par EXCOFFIER publié dans : segolene
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Lundi 28 mai 2007

SEGOLENE ROYAL EST L'INVITEE DU JOURNAL

 TELEVISE DE FRANCE 2 CE LUNDI 28 MAI

 à 20 h

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Lundi 28 mai 2007

Législatives : "Je veux lancer ici à La Rochelle, dans ma région, un message de mobilisation aux électeurs."



Lors d'un point presse à la Rochelle, Ségolène Royal, venue soutenir des candidats du Parti socialiste et du PRG aux élections législatives, a lancé samedi un appel à la mobilisation pour les élections législatives aux 17 millions d'électeurs qui ont voté pour elle au second tour du scrutin présidentiel.

"Je veux lancer ici à La Rochelle, dans ma région, un message de mobilisation aux électeurs. Il faut que les 17 millions d'électeurs qui m'ont donné leur voix viennent voter".

"Il est important que ce mouvement de fond qui s'est lancé aux présidentielles, cette énergie, cet enthousiasme se transforment aux législatives", a-t-elle dit. "Quelque chose s'est déclenché qui ne doit pas s'arrêter".

Ségolène Royal voit dans ces échéances "un enjeu démocratique majeur pour que tous les pouvoirs ne soient pas dans les mêmes mains".



Les mensonges du nouveau Président de la République



Ségolène Royal a aussi dénoncé les "mensonges" de Nicolas Sarkozy depuis 10 jours.

"Il y a eu des mensonges tenus par Nicolas Sarkozy". "Sur ces quelques semaines seulement il va pouvoir faire illusion, sauf qu'au vu de la gestion des premiers dossiers on voit que les promesses ne correspondent à rien et ont été faites, pour un certain nombre d'entre elles, uniquement pour gagner des voix".

"Le moment de vérité arrivera pour Nicolas Sarkozy" parce que "les gens vont se rendre compte qu'ils ont été floués petit à petit par un certain nombre de propositions qui sont intenables".

"Un certain nombre de gens se sont faits avoir lorsqu'ils imaginaient que du jour au lendemain ils allaient pouvoir obtenir des déductions d'intérêts sur les emprunts immobiliers".

Parmi ces Français "floués", elle a évoqué les personnes âgées qui ont voté pour Nicolas Sarkozy en raison de la promesse d'allégement sur les droits de succession alors que dans "75% des cas il n'y a aucun droit perçu" ou "ceux qui ont acquis leur résidence principale il y a quelques mois et qui pensaient pouvoir bénéficier de déductions de leurs intérêts d'emprunts".

"C'est la même chose pour le service minimum". Après avoir pris contact avec les organisations syndicales le président Nicolas Sarkozy a été contraint de constater "qu'une réforme comme celle-ci aussi brutalement qu'il l'avait promise est impossible".

Les promesses déjà non tenues incluent la candidature de la Turquie à l'Union européenne. Nicolas Sarkozy a fait "une promesse qu'il savait intenable", c'est que "dès son élection il interromprait les négociations avec la Turquie". "A peine son voyage à Bruxelles s'est-il passé qu'il a été aussi obligé de reculer, il n'a aucun pouvoir pour arrêter du jour au lendemain les négociations au long cours et qui ont engagé dans la quinzaine d'années qui sont devant nous la parole de la France".
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Mardi 22 mai 2007

PARIS (AFP) - Ségolène Royal est la personnalité socialiste qui représente le mieux les valeurs de la gauche (41%) aux yeux des sympathisants de gauche, loin devant Dominique Strauss-Kahn (28%), selon un sondage LH2 paru mardi dans Libération.

Sont ensuite cités Laurent Fabius, François Hollande et Arnaud Montebourg (7% chacun). 3% nomment une autre personnalité.

 

A l'avenir, les sympathisants de gauche souhaitent que la gauche soit "plus attentive à la situation des personnes défavorisées" (18%) mais également qu'elle "s'adapte davantage aux réalités économiques" (18%).

 

Parmi les autres enjeux retenus, ils veulent que la gauche "défende davantage l'éducation, le savoir et la culture" (14%), "se préoccupe davantage de l'environnement" (10%), "défende davantage l'ordre et la sécurité" (10%), "s'oppose davantage à la mondialisation économique" (9%) et "analyse mieux le monde d'aujourd'hui" (6%).

 

"Ségolène Royal demeure la personnalité socialiste qui incarne le mieux les valeurs de la gauche aux yeux des personnes interrogées. Ce succès persistant s'explique notamment par sa capacité à convaincre une part significative des milieux modestes", analyse François Miquet-Marty, directeur des études politiques à LH2.

 

Sondage réalisé du 11 au 19 mai par téléphone auprès d'un échantillon de 810 sympathisants de gauche issus d'un panel de 2.019 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus (méthode des quotas). Notice détaillée consultable à la commission des sondages
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Jeudi 17 mai 2007

HIER

François Fillon a un passé et un passif politiques,

il a été :

– le pivot du gouvernement Raffarin de 2002 à 2004, ministre des Affaires Sociales, puis de l’Éducation Nationale, au centre de la plupart de ses échecs économiques et sociaux.

– l’architecte du programme de l’UMP pour les élections présidentielles et législatives.

• C’est l’homme de la dérégulation du droit du travail, du détricotage de la loi des « 35 heures».

• C’est lui qui a piloté la réforme des retraites au printemps 2003. Cette réforme a échoué. Elle n’assure pas l’avenir financier du système par répartition ; elle creuse les inégalités notamment au détriment des femmes salariées ; elle accentue la paupérisation des personnes âgées qui sont 1 million sous le seuil de pauvreté ; elle ne prend pas en compte la pénibilité différente des métiers.

• C’est lui qui a été à l’origine d’une loi sur l’école qui a provoqué la colère des enseignants et des élèves. Le tout dans une logique de réduction continue des effectifs enseignants.

François Fillon ministre des affaires sociales, est largement responsable :

– d’un déficit de la sécurité sociale qui s’est creusé pendant toutes ces années de 10 à 11 milliards d’euros par an,

– d’une montée régulière du chômage au-delà de 10 % de la population active,

– d’une précarité salariale assortie d’une progression de près de 15 % des allocataires du RMI.

AUJOURD’HUI

Le Premier ministre choisi par Nicolas Sarkozy est l’architecte du programme de l’UMP qui a nourri le projet présidentiel de Nicolas Sarkozy ;

les doutes ne sont pas permis sur les conditions et la réalité de son application.

Derrière les logiques de débauchages personnel et de mystification entretenues depuis quelques jours ; c’est une politique dure, injuste et autoritaire qui se profile.

La feuille de route de François Fillon est claire :

libéralisation des heures supplémentaires c’est à dire possibilité pour les employeurs de recourir à des heures supplémentaires pour éviter d’embaucher ;

généralisation du contrat unique de travail : c’est à dire réintroduction d’une forme de Contrat Première Embauche;

instauration d’un « bouclier fiscal » à 50 % c’est à dire disparition de l’impôt de solidarité sur la fortune et exonération fiscale de tous les gros patrimoines ;

introduction de multiples « franchises » : c’est à dire déremboursements en matière de santé au risque de mettre en cause l’égalité d’accès aux soins pour les Français et donc la qualité des soins.

mise en concurrence des établissements scolaires :

c’est à dire renforcement des inégalités entre les enfants selon leurs milieux d’origine et aide à l’école privée.

François Fillon

La droite d’hier, la droite d’aujourd’hui

Les opérations politiciennes ne doivent pas tromper ! Les 10 et 17 juin, le choix sera bien entre une politique de droite et une politique de gauche.

Vous avez besoin des socialistes pour vous protéger et pour agir dans l’intérêt du pays.

Les 10 et 17 juin, venez voter pour les candidats socialistes.

par EXCOFFIER publié dans : ump
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Mardi 15 mai 2007

Programme du Parti Socialiste pour les élections législatives des 10 &17 juin 2007

 

 

FACE À LA DROITE, DES RÉPONSES DE GAUCHE

 

 

Vous avez été 17 millions à voter pour Ségolène Royal lors de l’élection présidentielle pour manifester un réel désir de changement et une volonté de défendre notre modèle social. La victoire n’a pas été au rendez-vous. Et une nouvelle étape s’ouvre avec les élections législatives des 10 & 17 juin prochains. L’enjeu est décisif pour toutes celles et tous ceux qui veulent une France forte et juste.

 

 

Nicolas Sarkozy affiche des intentions inquiétantes. Le discours de la compassion remplace la solidarité concrète, la reconnaissance du mérite est au seul bénéfice des plus favorisés et le style personnel du nouveau pouvoir révèlent une complaisance avouée vis-à-vis de l’argent. Les choix économiques et fiscaux du nouveau gouvernement aggraveront inévitablement les inégalités ; quant aux suspicions à l’égard de certaines populations et de certains quartiers, elles accroîtront inéluctablement les divisions du pays.

 

 

Les socialistes ont entendu votre message dans la campagne présidentielle. Vous nous demandez de défendre des valeurs, celles de la République, et d’apporter des réponses concrètes à vos préoccupations : l ‘emploi, le pouvoir d’achat, le travail, le respect des droits et des devoirs, la sécurité.

 

 

Nous vous proposons un programme de législature construit autour de quatre principes : la vérité, car nous prenons des engagements réalisables dans les cinq années qui viennent ; la protection de nos concitoyens face aux conséquences prévisibles de la mise en œuvre du projet de Nicolas Sarkozy ; le dialogue, car chacun doit être entendu, et les réformes ont besoin d’être débattues pour être réussies –c’est nécessaire au Parlement, c’est indispensable avec les élus locaux, c’est impérieux avec les partenaires sociaux ; enfin, le renouvellement des pratiques politiques, des institutions et de l’action politique. Notre volonté, dans ce contexte si essentiel pour notre avenir, est de faire des socialistes une force pour agir et protéger et, enfin, de tout faire pour donner ses chances à une majorité de progrès.

 

 

Les 10 & 17 juin, la participation doit être la plus forte possible pour  permettre l’élection du plus grand nombre possible de députés de gauche. La droite, avec la Présidence de la République aujourd’hui, et le Sénat depuis longtemps, concentre l’essentiel du pouvoir, elle dispose d’une influence déterminante sur les médias. Elle a des intérêts communs avec les milieux d’affaires. Il faut donc un équilibre, un contrepoids, une force pour vous défendre. Dès lors, les élections législatives revêtent une importance pour garantir la cohésion du pays et le pluralisme de notre démocratie.

 

 

Nous vous proposons quatre grands objectifs :

 

 

I – TRAVAILLER MIEUX ET TRAVAILLER TOUS

 

La droite a un slogan « travailler plus pour gagner plus ». C’est une supercherie qui conduit à moins d’emplois et plus de précarité pour le plus grand nombre. Elle présente un programme fiscal (suppression des impôts sur les gros patrimoines) qui favorise la rente et non l’effort. Alors qu’elle a été incapable de relancer la croissance depuis 5 ans, elle risque de l’étouffer davantage demain en augmentant la TVA.

 

 

 

Nous socialistes, voulons au contraire créer les conditions d’une croissance soutenue en plaçant la valeur du travail et du plein emploi au cœur de nos politiques économiques et sociales. Le modèle de développement que nous défendons repose sur quatre piliers : l’innovation ; la sécurité des carrières professionnelles ; le pouvoir d’achat ; le respect de l’environnement. Parce que la France n’est pas seule dans la compétition internationale, nous inscrivons notre action tant au niveau national qu’au niveau européen.

 

 

Nos principales propositions :

 

 

1)-En matière de croissance et d’emploi

 

å Effort d’investissement, notamment dans le domaine industriel, avec un plan de soutien aux PME innovantes. Augmentation progressive sur cinq ans des moyens dévolus à la recherche ; progression de 10% par an et pendant cinq ans du budget de l’enseignement supérieur ;

 

å Défense du Contrat à durée indéterminée comme élément central du contrat de travail et refus de l’extension du Contrat nouvelle embauche et du CPE sous l’appellation de Contrat unique ;

 

 

å Création « d’emplois tremplins », à l’instar de ce qui se fait déjà dans les régions, et mise en place de nouvelles sécurités professionnelles assurant une garantie de revenu et une démarche de formation tout au long de la vie ;

 

 

2)-En matière de pouvoir d’achat

 

å Augmentation du pouvoir d’achat, du SMIC à 1500 euros le plus vite possible, des bas salaires et des petites retraites, allocation d’autonomie pour les étudiants sous conditions de ressources, réforme et simplification de la fiscalité au bénéfice du travail et de la consommation, suppression du bouclier fiscal qui favorise les plus riches.

 

 

     3)-En matière du respect du dialogue social

 

å Promotion de la démocratie sociale pour renforcer le rôle et la place des partenaires sociaux, avec une réforme de la représentation syndicale fondée sur le vote des salariés et le respect des accords majoritaires. Et refus des projets annoncés par la droite qui remettent en cause le droit de grève dans le secteur public et le secteur privé.

 

 

II – PROTÉGER LE PRÉSENT ET PRÉPARER L’AVENIR

 

 

La droite avance des solutions qui mettent en cause la protection sociale, affaiblissent les services publics et réduisent les moyens de l’école de la République. Elles contribueraient à aggraver la situation de millions de Français.

 

 

Nous, socialistes, voulons préserver la cohésion nationale et pensons que lutter pour une égalité réelle est le meilleur moyen de préparer l’avenir.