Lundi 30 avril 2007

Communiqué de la Ligue des droits de l'Homme.

 
 
Le 6 mai, barrons la route à l'autoritarisme, votons pour défendre les droits et les libertés

Contre-pouvoir et association civique luttant contre l'arbitraire, l'injustice et l'intolérance, la Ligue des droits de l'Homme n'intervient dans le débat électoral que si le bon fonctionnement de la démocratie, l'effectivité de la citoyenneté et le respect des principes de liberté, d'égalité et de fraternité sont en jeu.

Nous venons de vivre cinq années de régression des libertés, de l'égalité et de la fraternité. Tous les pouvoirs ont été accaparés par un seul courant politique. L'autoritarisme, le recours aux moyens d'exception ont accompagné le renforcement du contrôle social, le choix du tout répressif, le recul des droits des justiciables, les attaques contre l'indépendance des juges. L'insécurité sociale a été renforcée pour les plus faibles, la protection sociale fragilisée, la précarité du travail encouragée. Les « marginaux », les « différents », les jeunes des quartiers défavorisés, ont été traités en boucs émissaires, les étrangers traqués jusque dans les écoles maternelles, les familles les plus démunies sanctionnées pour leur pauvreté.

Si Nicolas Sarkozy se voyait confier la plus haute charge de l'Etat, nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas : loi durcissant encore la répression pénale, nouvelle loi anti-étrangers, contrat de travail « unique » se substituant au CDI, sans parler du ministère de l'« identitaire » et de l'immigration? Il est de notre devoir d'alerter les citoyennes et les citoyens de ce pays : la poursuite et l'amplification de la politique menée depuis cinq ans ne serait pas un «rêve» mais un cauchemar. Nous ne voulons pas d'une démocratie muselée qui, parce qu'elle laisserait sur le bord de la route des millions de personnes, attiserait le communautarisme, le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie et ouvrirait la voie aux révoltes sociales.

Nous voulons une autre France : fière de sa diversité, soucieuse que chacun puisse réaliser ses aspirations, porteuse des libertés et rénovant sa démocratie. La France n'est jamais aussi grande que lorsqu'elle met ses actes en accord avec son ambition séculaire de voir tous les droits valoir pour tous. Pendant qu'il en est temps, la LDH appelle les électeurs à choisir la solidarité et non la peur, le respect et non les menaces, l'égalité et non les discriminations.

La Ligue des droits de l'Homme appelle à voter et à faire voter, le 6 mai 2007, pour Ségolène Royal.

Paris, le 28 avril 2007.

Lire le communiqué:

http://www.ldh-france.org/actu_derniereheure.cfm?idactu=1445

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Lundi 30 avril 2007

Bertrand Delanoë: les socialistes "n'ont renoncé à rien"  


  
PARIS, 30 avr 2007 (AFP) - Le maire de Paris Bertrand Delanoë (PS) a affirmé lundi que les socialistes n'ont "renoncé à rien", après l'ouverture de Ségolène Royal aux centristes.
"Nous n'avons renoncé à rien. Nous disons simplement à tous les électeurs, qu'ils soient de gauche, d'extrême gauche ou du centre: voulez-vous la rénovation démocratique? Voulez-vous l'investissement sur la solidarité et sur la recherche et sur l'innovation?", a-t-il expliqué sur Europe 1.
Selon Bertrand Delanoë, Ségolène Royal a "bouleversé la donne démocratique, avant le premier tour en organisant des débats participatifs, en donnant la parole aux citoyens, et au lendemain du premier tour, en organisant dans la transparence, devant les citoyens" un débat avec François Bayrou.
Après l'éventuelle victoire de Ségolène Royal, "il ne peut y avoir qu'une équipe qui adhère à des idées et des actes en toute transparence", a-t-il dit.

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Lundi 30 avril 2007

L'APPEL DU MONDE DES ENTREPRISES, DE L'ECONOMIE ET DES PROFESSIONNELS

Ne laissons pas passer une occasion historique

Nous, salariés du secteur privé et du secteur public, entrepreneurs, professionnels de santé, enseignants, chercheurs, appelons tous les citoyens français à saisir l'occasion unique qui nous est donnée de choisir une voie nouvelle associant les aspirations et les talents de tous ceux qui souhaitent que la France change sans pourtant renoncer à ses traditions et à son génie propre.

Aujourd'hui, nous sommes enfin une majorité dans ce pays à souhaiter un changement et des réformes profondes permettant de tirer parti des nouvelles réalités du monde moderne au lieu de les subir.

Nous sommes enfin une majorité à penser que la France est capable, comme plusieurs de ses grands voisins européens, d'adapter son modèle économique et social et son économie pour devenir plus performante sans faire porter aux salariés les moins qualifiés le poids de cet ajustement.

Nous sommes enfin une majorité à vouloir que ces changements soient fondés sur l'accord, négociés avec les partenaires sociaux, soumis à la délibération publique, mis en œuvre par des échelons territoriaux réorganisés.

Nous sommes enfin une majorité pour mettre en œuvre une mondialisation socialement équitable et profitable pour tous et pour faire de l'Europe l'instrument d'un monde juste, pacifique et écologiquement durable.

Nous sommes enfin une majorité à vouloir que le pays noue avec ses entreprises un nouveau pacte, fondé sur la responsabilité sociale, l'innovation, la qualité de l'emploi.

Nous sommes enfin une majorité à vouloir un Etat impartial, solvable, maîtrisant la dette et l'équilibre des finances publiques, soucieux d'une dépense publique utile et efficace.

Aujourd'hui, nous avons enfin la possibilité de moderniser en profondeur la démocratie, d'inventer une social-démocratie à la française et d'avancer ainsi d'un cran vers une Europe capable d'affirmer son identité et ses valeurs fondatrices.

Aujourd'hui nous sommes une majorité à croire que la puissance publique doit être à la fois protectrice et active, forte et efficace.

Apporter nos suffrages à Ségolène Royal le 6 mai prochain, c'est faire le choix :

-           d'une réforme profonde, sereine, délibérée et équilibrée de notre modèle économique et social ;

-           de la priorité donnée à l'investissement dans l'éducation, l'innovation et la qualification ;

-           d'un effort décisif et nouveau en direction des entrepreneurs et des PME

-           d'une rénovation profonde de nos institutions politiques et de notre usage des fonds publics ;

-           d'une approche qui concilie croissance et développement durable.

Apporter nos suffrages à Ségolène Royal le 6 mai prochain, c'est faire le choix de la modernité, du changement et de l'avenir.


Premiers signataires  :

Toufik Abdeli, créateur d'entreprise ; Philippe Aghion, économiste ; Claude Alphandery, président d'honneur de Sefimeg ; Cecile Alvergnat, entrepreneur ; Stéphane Araudeau, cadre supérieur ; Hervé Baro, syndicaliste ; Hubert Barre, chef d'entreprise ; Catherine Becker, directrice générale d'une société d'études en communication internationale ; Rémy Benayoun, entrepreneur ; Michel Bénichou, avocat ; Martine Bidegain, Conseil GRH ; Pierre Bergé, chef d'entreprise ; Pierre Boisard, sociologue ; Mayotte et Jean Bollack, philologues et traducteurs ; Patrick Bouchain, architecte ; Antoine Boulay, directeur Général Adjoint de TBWA Corporate ; Gérard Brasseur-Delacourt, PDG ; Chantal Brienne, gérante de société ; Alain Cadiou, Inspecteur général des Finances ; Dominique Chaumont, PDG ; Professeur Hervé Chneiweiss, neurobiologiste, Collège de France ; François Chouraqui, avocat ; Denis Clerc, économiste, fondateur d'Alternatives économiques ; Daniel Cohen, économiste ; Jacqueline Costa-Lascoux, Directrice de recherche au CNRS ; Marc Couraud, ingénieur ; Sébastien Cros, consultant commercial ; Patrick Dahan, patron d'une agence de publicité ; Paule Dandoy, journaliste ; Marie-Françoise DEFOSSE, Chef d'entreprise ; Geneviève Delaisi de Parseval, psychanalyste ; Jacques Delors, économiste ; Stéphane Douzilly, producteur ; Jérôme de Fréminville, avocat d'affaires ; Gilbert Diatkine, psychanalyste ; Stéphane Distinguin, créateur d'entreprises ; Michel Dollé, économiste ; François Dubet, sociologue ; Claire Dupuis, éditeur ; Marc Dupuis, économiste ; Marie Duru-Bella, sociologue ; Frédéric Duval, directeur de territoires Publics, membre du Centre des Jeunes Dirigeants ; Peter Erhardy, chef d'entreprise ; Alain Ehrenberg, sociologue ; Danielle Falque, responsable de PME ; Serge Ferré, Corporate Vice Président, Représentant Permanent auprès de l'Union Européenne , Directeur International de la Stratégie Nokia Multimedia ; Roger Fauroux, ancien président du Groupe Saint Gobain ; Saïd Ferhaoui, chef d'entreprise ; Marc Fleurbay, économiste ; Sabine Fontimpe, Infirmière ; Michel Foucher, géographe ; Colette Friedlander, traducteur-interprète ; Jérome Gautié, économiste ; Philippe GAUDIN, Chef d'entreprise ; Patrick Gérémia, entrepreneur ; Jean-Paul Giraud, Président-Directeur Général de Gaz Electricité de Grenoble ; Magalie Girodet, iconographe ; Pauline Gouzenne, éditrice de presse ; Philippe Grangeon, cadre dirigeant ; Vincent Guibert, dirigeant d'entreprise ; Jerome Guilbert, publicitaire ; Olivier Gutknecht, créateur d'entreprise ; Najib Hadj-Saïd, président de Handi-transport ; Gaetane Hazeran, présidente d'Action'elles ; Professeur Axel Kahn, généticien ; Daniel Kaplan, directeur de la Fondation Internet Nouvelle Génération ; David Kimefeld, chef d'entreprise ; Jean-Paul Kornobis, médecin ; Marie Thérèse Join-Lambert, administratrice d'association ; Christian Join-Lambert, magistrat retraité ; René Laforestrie - Docteur en Psychologie- Fondateur de la radio Générations ; Didier Landeau, chef d'entreprise ; Régine Lange, chef d'entreprise ; Bernard Lang, directeur de recherche à l'INRIA ; Danièle Laufer, journaliste et auteur ; Henri Lastenouse, Consultant ; Jacques Lebas, ancien président de Médecins du Monde ; Gilles Le Blanc, économiste ; Jean Lecuir, historien ; Marie-France Lecuir, ancienne députée ; Alain Lefebvre, fonctionnaire européen ; Yves Le Gal, Sous Directeur Honoraire au Collège de France ; Gwenaelle Le Goff, avocate ; Ludovic Le Goff, Président d'une association ; Maxime Legrand, entrepreneur ; Olivier Le Marois, entrepreneur ; Théo LERAY, Physicien, Directeur de Recherche Emérite au CNRS ; Brigitte Lemonnier-Prades, psychiatre et psychanalyste ; Stéphane Liétard, entrepreneur ; Arnaud Magnin, consultant ; Jacques MAILLOT,  Fondateur de Nouvelles Frontières ; Jacques Mairé, syndicaliste ; Guillaume Malaurie, journaliste ; Marc Mancel, Cadre Dirigeant ; Thomas MARCY, membre du Bureau départemental de l'UDF  ; Thierry Marigny, président directeur général de TBWA Corporate  ; Alain Martin-Rabaud, chef d'entreprise ; Bernard Masingue, cadre d'entreprise ; Marie Massmonteil productrice ; Jean-Bernard Magescas, chef d'entreprise ; Sophie Mendelsohn, psychanalyste, psychologue clinicienne ; Maurice Mergui, président du Groupement d'Editeurs Multimedia ; Anne-Marie Morice, Directrice de Synesthésie ; Dominique Méda, sociologue ; Jean-Pierre Mignard, avocat ; Geneviève Morel, psychanalyste ; Marie-Laure Morin, juriste ; Stéphanie Mouchotte-Friess ; Alexandre Mourot, PDG, Uniterre.com ; Pierre-Alain Muet, économiste ; Simone Muet, ancienne directrice de la marque France Telecom ; Lamine Ndaw, PDG d'Alixcom ; Didier Nettre ; Fabien-Pierre Nicolas, cadre marketing ; Jean Nouvel, architecte ; Dominique Paulet, ingénieur-architecte naval ; Philippe Pailliart, chef d'entreprise ; Serge Paugam, sociologue ; Thomas Piketty, économiste ; Didier Plateau, fondateur et Président d'UCOPIA, PME dans le domaine des technologies de l'information ; Thomas Philippon, économiste ; Thierry Pech, éditeur ;  Marie-Claude Peyrache, présidente pour la France de l'European Women Professsionel Network ; Andre Pitie, Fondateur de Trombi ; Jean Planet, entrepreneur ; Laure Poinsot, réalisatrice de documentaires ; Olivier Prentout, entrepreneur et membre du Conseil Départemental de Paris de l'UDF ; Gilles Proriol, dirigeant d'entreprise ; Hughes Puel, économiste ; Pierre Quillardet ; Raphael Ravoux, consultant ; Florence Remy, avocate ; Claude Robert, Président Directeur Général de RELASOFT et Gérant de iMEDIA ; Richard Robert, syndicaliste ; Carine Rolland, responsable marketing ; Jacques Rosselin, créateur d'entreprises ; Aziz Roudian, Président de l'Association des Audionautes ; Michel Rougier, consultant ; Philippe Rousselot, gérant d'Alca Torda Conseil ; Jean-Paul Roux, syndicaliste ; Ghislaine Salmat, cadre supérieur ; Henri Rouilleaut ; Patrick Savidan, philosophe ; Frédéric Sans, économiste ; Martine Scoupe, chargée de mission audiovisuelle ; Rodrigo Sepulveda, entrepreneur ; François Silva, professeur à l'ESCEM Tours/Poitiers ; François de Singly, sociologue ; Jean-Paul Smets, PDG, Nexedi SA ; Professeur Alfred Spira, professeur de santé publique ; Pierre Tambourin, généticien ; Georges Terrier, entrepreneur ; Gilbert de Terssac, sociologue ; Pierre Vanlerenberghe, syndicaliste ; Léon Vandermeersch, sinologue ; Thierry de Vulpillières, Directeur des partenariats éducation,  Microsoft France ; Michel Yahiel, Inspecteur général des affaires sociales ; Paule Zajderman,  réalisatrice ; Laurent Zylberberg, Directeur des ressources humaines 



Retrouvez tous les signataires sur http://uneoccasionhistorique.org


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Lundi 30 avril 2007
Ségolène ROYAL exprime son horreur face à la nouvelle agression que vient de subir une jeune policière en Seine-Saint-Denis alors qu'elle venait de quitter son service.

Elle assure sa famille et ses proches de sa totale solidarité.

Elle tient aussi à saluer le mérite et l'engagement de tous ces fonctionnaires qui, en première ligne du combat contre la violence, en sont souvent victimes.

Dans une société de plus en plus dure qui laisse libre cours à des actes de barbarie, cette agression rappelle la difficulté du métier de policier, et engage à la plus grande intransigeance à l'égard de toutes ces violences, ainsi qu'au renforcement indispensable de la protection du métier de policier, notamment des femmes.

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Lundi 30 avril 2007
Ségolène Royal: avec la proportionnelle, Sarkozy "cherche à capter les voix FN"


PARIS, 30 avr 2007 (AFP) - Ségolène Royal a affirmé lundi que Nicolas Sarkozy "cherche surtout à capter les voix du Front national" en proposant d'introduire "un peu de proportionnelle au Sénat ou à l'Assemblée nationale".
Interrogée sur le discours du candidat UMP, dimanche à Bercy, Mme Royal a observé sur France 2 que Nicolas Sarkozy avait "une nouvelle fois changé d'avis" sur la proportionnelle.
"Il y a quelques jours, il n'en était pas question. Aujourd'hui, je crois qu'il cherche surtout à capter les voix du Front national. C'est une perche tendue vers le Front natioanel", a jugé la candidate socialiste.
Ségolène Royal a une nouvelle fois dénoncé la "grande violence" et la "grande brutalité" du discours de Nicolas Sarkozy.
Ainsi, sur mai 68, pourfendu par le candidat UMP, elle a rappelé que c'était aussi "11 millions de grévistes qui ont obtenu les accords de Grenelle, le droit des femmes à accéder à la contraception, un vent de liberté contre une société totalement verrouillée".
Evoquant le débat qui va l'opposer à son adversaire mercredi soir, Ségolène Royal a indiqué qu'elle souhaitait "une clarification du choix" du 6 mai. Affirmant que "la France est aujourd'hui en de mauvaises mains", elle a estimé que Nicolas Sarkozy devait "accepter d'être mis devant ses responsabilités en ce qui concerne son bilan gouvernemental".
Pour la première fois dimanche à Bercy, Nicolas Sarkozy a proposé de réfléchir à l'introduction de la proportionnelle à l'Assemblée nationale, ce qui est une revendication notamment du Front national et de l'UDF.
Avant le premier tour, il avait désavoué son bras droit Brice Hortefeux qui avait évoqué la possibilité d'élire une soixantaine de députés à la proportionnelle à l'horizon 2012.
db/bg


PARIS (Reuters) - A la veille de la Fête du travail, Ségolène Royal estime que la France est en proie à un "système archaïque" dans le domaine du dialogue social et promet de "changer le paysage des relations sociales" si elle accède à l'Elysée.

"La façon dont hier Nicolas Sarkozy a parlé des syndicats est brutale, violente et injuste. Une société a besoin d'organisations syndicales et la France aujourd'hui est dans un système très archaïque", a déclaré la candidate socialiste au lendemain du discours de Bercy de son adversaire de l'UMP.

"La droite pendant cinq ans n'a rien fait. Moi, je propose le chèque syndical, le crédit d'impôt, l'encouragement à l'adhésion syndicale et en contrepartie les syndicats, parce qu'ils seront informés en amont des décisions pour l'entreprise, vont accepter de nouer des compromis sociaux", a déclaré Ségolène Royal qui était interrogée sur France 2.

"J'ai rencontré les responsables syndicaux, tous les responsables. Et la conférence salariale que je réunirai dès mon élection, si les Français me font confiance, va permettre de changer le paysage des relations sociales dans l'entreprise et de concilier la performance économique et le progrès social. C'est ça, un pays moderne", a-t-elle estimé.


PARIS (AP) - La candidate socialiste Ségolène Royal a rappelé lundi "les formidables avancées" de mai 68, notamment "les accords de Grenelle", en réponse à la charge de Nicolas Sarkozy.

"Quand j'entends Nicolas Sarkozy dire qu'il faut liquider mai 68 c'est un discours très violent. Lui qui découvre en fin de campagne les ouvriers avec les caméras, il devrait se souvenir que mai 68 c'est aussi onze millions de grévistes qui ont obtenu les accords de Grenelle", a-t-elle rappelé sur France-2. Ils "ont obtenu la section syndicale d'entreprise, la revalorisation de leurs salaires et en revalorisant les bas salaires, la France a été débloquée et la croissance a repris".

L'héritage de mai 68 "c'est aussi le droit des femmes à accéder à la contraception, un vent de liberté contre une société qui était totalement verrouillée", a plaidé la candidate socialiste, qui ne se sent pas une héritière de cette période. "J'avais 13 ans, je ne regarde pas vers ce passé lointain".

Reconnaissant qu'"il y a eu quelques excès comme dans toute période tourmentée", l'ancienne ministre a noté que "les choses ont été recadrées". "J'ai été celle qui a fait une loi sur l'autorité parentale".

"Tous les excès en mai 68 ont été des formidables avancées par rapport aux conquêtes de liberté, d'autonomie, d'égalité homme/femme, et de droit syndical", a conclu la candidate socialiste. AP

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Lundi 30 avril 2007

FRANCE 2

LES 4 VERITES – Le 30/04/2007 – 07 :48

Invitée : Ségolène ROYAL, candidate PS à l'élection présidentielle

 

 

William LEYMERGIE

Pour « Les 4 vérités », ce matin, Roland SICARD reçoit Ségolène ROYAL.

Roland SICARD

Bonjour à tous, bonjour Ségolène ROYAL.

Ségolène ROYAL

Bonjour.

Roland SICARD

L'écart dans les sondages s'est resserré, mais Nicolas SARKOZY reste en tête. Est-ce que, malgré cela, vous pensez que dimanche vous serez élue présidente de la République ?

Ségolène ROYAL

Eh bien écoutez, c'est l'objectif, en tout cas, de cette campagne. Il reste quelques jours pour convaincre et je m'y emploie.

Roland SICARD

Alors, de quelle manière, justement, vous comptez convaincre les électeurs ?

Ségolène ROYAL

En leur ouvrant les yeux sur le choix de société qu'ils vont avoir à accomplir et sur ce que va devenir la France pendant les 5 ans qui viennent ; et de ce point de vue, le discours d'hier de Nicolas SARKOZY, à Bercy, est en effet tout le contraire de ce que je propose. Il y a, dans ses propos, une forme de brutalité, une forme de violence…

Roland SICARD

Alors, Nicolas SARKOZY, lui, dit que c'est lui la victime de la brutalité, qu'il y a de la haine contre lui.

Ségolène ROYAL

Oui. Oui. Est-ce que c'est crédible ? Je ne crois pas et je crois qu'hier on a encore assisté à un discours d'une grande violence, d'une grande brutalité, et je crois que ce n'est pas de cela dont la France a besoin aujourd'hui, la France a besoin d'être réconciliée, d'être apaisée. Les français ont besoin de se rassembler, pour pouvoir se relever, parce que la France est aujourd'hui entre de mauvaises mains, on le sait, la situation économique est difficile, l'emploi est dégradé, la précarité s'est creusée, et aujourd'hui, à la veille du 1er mai, à la veille de la fête du travail, mon combat principal c'est le combat pour le plein emploi et c'est le cœur du pacte présidentiel que je propose aux Français.

Roland SICARD

On va revenir au premier, mais je voudrais d'abord revenir sur le discours d'hier de Nicolas SARKOZY, dont vous parliez. Il a proposé d'introduire une dose de proportionnelle. Est-ce que vous considérez que c'est un pas en avant fait vers les centristes ?

Ségolène ROYAL

Il a surtout, une nouvelle fois, changé d'avis, à quelques jours d'intervalle. Il y a quelques jours, il n'en était pas question, aujourd'hui je crois qu'il cherche à capter surtout les voix du Front national, et c'est une perche tendue vers le Front national.

Roland SICARD

Est-ce que l'élection ne doit pas quand même se jouer au centre ? On vous a vu dialoguer avec François BAYROU, est-ce que c'est les électeurs du centre qui vont faire la différence ?

Ségolène ROYAL

Mais, ce qui m'importe, moi, c'est de trouver les solutions qui vont permettre à la France de répondre aux problèmes d'urgence qu'elle a à régler, en particulier la question du chômage, de la vie chère, je l'ai dit à l'instant, de la précarité, du recul des services publics, et c'est aussi de préparer la France aux défis du futur, en particulier de réinvestir dans l'éducation, dans la formation professionnelle et dans la recherche, et pour cela, il va falloir rassembler toutes les bonnes idées. Lorsque dans un pays il y a une confrontation, un affrontement bloc contre bloc, 50 contre 50, on sait que ça ne peut pas marcher, et j'ai entendu le message du premier tour de l'élection présidentielle et ma responsabilité, mon initiative politique, a été justement d'ouvrir, de tendre la main, d'ouvrir, ce rassemblement, cet élargissement, pour que demain, la France puisse choisir les meilleures solutions qui conviennent aux problèmes qui se posent aujourd'hui.

Roland SICARD

Alors, ça, c'est la main tendue au centre. Avant le premier tour, vous disiez que François BAYROU était plutôt un homme de droite, Nicolas SARKOZY, lui, disait qu'il était passé à gauche. Qu'est-ce qui a changé aujourd'hui pour que tout le monde veuille dialoguer avec lui ?

Ségolène ROYAL

Mais vous savez, on est au-delà, maintenant, de cette question, ce sont les électeurs, maintenant, qui regardent ce qui se passe, et comme je le disais à l'instant, je crois que toutes celles et ceux qui pensent que la France peut se réformer sans être brutalisée. Lorsque j'entends Nicolas SARKOZY dire par exemple qu'il faut liquider « mai 68 », je pense que c'est un vocabulaire très violent, et lui qui découvre, en fin de campagne, les ouvriers avec les caméras, il devrait se souvenir que mai 68, c'est aussi 11 millions de gréviste qui ont obtenu les Accords de Grenelle, qui ont obtenu la section syndicale d'entreprise, qui ont obtenu la revalorisation de leurs salaires et en revalorisant les bas salaires, la France a été débloquée et la croissance a repris. Mai 68 c'est aussi le droit des femmes à accéder à la contraception, mai 68 c'est un vent de liberté contre une société qui était totalement verrouillée. Alors, bien sûr, il y a eu quelques excès, comme dans toutes les périodes tourmentées, mais on en est loin aujourd'hui, l'autorité…

Roland SICARD

Vous êtes une héritière, vous ? Vous êtes une héritière, vous, de mai 68 ? Il y a Daniel COHN-BENDIT qui vous soutient.

Ségolène ROYAL

J'avais 13 ans en mai 68, donc moi je ne regarde pas vers ce passé lointain. Depuis, les choses ont été recadrées. J'ai été celle qui a fait un loi sur l'autorité parentale, donc tous les excès qui ont pu avoir lieu en mai 68 ont été aussi des formidables avancées par rapport aux conquêtes de liberté, d'autonomie, d'égalité hommes/femmes, de droit syndical, je le redisais à l'instant, et en même temps, aujourd'hui, les choses ont été recadrées, en tout cas en ce qui me concerne, vous le savez. Je défends la question de l'ordre juste, parce que, sans justice, l'ordre, on sait ce que ça devient : ça devient le pouvoir de puissants sur les plus faibles.

Roland SICARD

Alors, on parlait des… vous parliez des syndicats, justement, demain, c'est le 1er mai, c'est les grands défilés syndicaux. Est-ce que vous attendez quelque chose de particulier de ces défilés, pour votre campagne ?

Ségolène ROYAL

Mais c'est pour la France qu'il est important que les organisations syndicales se fassent entendre régulièrement, et la façon, aussi, hier, dont Nicolas SARKOZY a parlé des syndicats, est brutale et violente et injuste. Une société a besoin d'organisations syndicales et la France, aujourd'hui, est dans un système très archaïque, et dans le pacte présidentiel que je propose, je veux l'émergence d'un syndicalisme de masse, qui va permettre des compromis sociaux. Lorsque vous voyez qu'en France il n'y a que 8 % de salariés qui adhèrent aux organisations syndicales parce qu'ils ont peur, c'est ce que déclarent les salariés ; lorsqu'on les interroge sur les raisons pour lesquelles ils n'adhèrent pas à une organisation syndicale, alors que dans les pays du nord de l'Europe il y a 80 % de salariés syndiqués, ce qui permet un dialogue social dans l'entreprise, des compromis sociaux, des intelligences collectives…

Roland SICARD

C'est ça qui manque en France, selon vous ?

Ségolène ROYAL

Oui, je pense que la France souffre d'un archaïsme des relations sociales. La droite, pendant 5 ans, n'a rien fait, et moi je propose le chèque syndical, le crédit d'impôts, l'encouragement à l'adhésion d'une organisation syndicale, et en contrepartie, en effet, des syndicats qui vont accepter, parce qu'ils seront informés, en amont, des difficultés, de l'entreprise, qu'ils vont accepter de nouer des compromis sociaux. J'ai rencontré les responsables des organisations syndicales, tous les responsables, et la conférence nationale sur la croissance et les salaires, que je réunirai, dès mon élection, si les Français me font confiance, va permettre de changer le paysage des relations sociales dans l'entreprise, de les moderniser et de concilier la performance économique et le progrès social. Je crois que c'est ça un pays moderne.

Roland SICARD

Mercredi, il y a le grand débat avec Nicolas SARKOZY. Ça sera décisif ?

Ségolène ROYAL

C'est un moment, en effet, très important, je crois, parce que c'est une…

Roland SICARD

Qu'est-ce que vous en attendez ?

Ségolène ROYAL

J'en attends une clarification du choix qu'il y aura à faire. J'entends aussi que Nicolas SARKOZY accepte d'être mis devant ses responsabilités, en ce qui concerne son bilan gouvernemental, parce que la morale politique consiste aussi à rendre des comptes et je crois que ce moment là va permettre à la fois, va lui permettre à la fois de rendre des comptes, sur ce qu'il a fait, et de comparer les choix de société et les références de valeurs, entre lesquels les Français vont devoir choisir et entre les deux, j'aurais mon grand rassemblement au Stade Charlety, le 1er mai…

Roland SICARD

Alors, voilà, hier il y avait le grand meeting de Nicolas SARKOZY à Bercy, il y avait 40 000 personnes selon l'UMP, il y avait beaucoup de vedettes. Vous, c'est demain au Stade Charlety. Vous attendez autant de monde ?

Ségolène ROYAL

Je crois qu'il y avait… Bercy contient entre 15 et 20 000 places, donc je crois que c'est ce qu'il y avait, mais peu importe le nombre de présents…

Roland SICARD

Il y avait du monde dehors.

Ségolène ROYAL

Ce qui est important dans l'évènement de Charlety, c'est que ce sont les artistes qui se sont mobilisés d'eux-mêmes et qui lancent ce grand concert de la fraternité, avec Yannick NOAH, Renaud, Bénabar, Cali, Georges MOUSTAKI, Michel DELPECH c'est-à-dire toutes les générations d'artistes et surtout tous ces artistes qui se sont aussi engagés dans des causes humanitaires et qui veulent une France où les Français ne se confrontent pas les uns contre les autres, mais où les Français apprennent, réapprennent, à vivre ensemble.

Roland SICARD

Merci Ségolène ROYAL. William, c'est à vous.

William LEYMERGIE

Merci beaucoup.

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Lundi 30 avril 2007
Le collectif "Sauvons la recherche" s'engage derrière Ségolène Royal


PARIS, 30 avr 2007 (AFP) - Le collectif "Sauvons la recherche", qui s'est structuré en 2004 lors d'une vague de contestation des scientifiques français, a appelé lundi à voter au deuxième tour de la présidentielle pour Ségolène Royal, dont le projet "reprend une partie importante" de ses propositions.
"Même si son projet est perfectible, nous pensons que Ségolène Royal dessine une ambition renouvelée pour la recherche et l'enseignement supérieur, alors que Nicolas Sarkozy programme leur déclin par des mesures que nous jugeons profondément déstabilisatrices", écrit SLR dans un communiqué.
Le collectif salue notamment l'engagement de la candidate socialiste à abroger la nouvelle loi sur la recherche, adoptée l'an dernier après la grogne des chercheurs. L'augmentation de 10% par an du budget de la recherche, la promesse d'un statut du doctorant, la création d'emplois nouveaux, l'affirmation du rôle central des organismes et des universités... sont autant de mesures que SLR met au crédit du programme de la candidate.
"Certes", reconnaît SLR, "le bilan en matière de recherche et enseignement supérieur des années où la gauche était au gouvernement a des aspects critiquables. Mais en comparaison avec les cinq dernières années ou avec la période 1993-1997 (...), le bilan est clair".
De M. Sarkozy, le collectif critique la priorité donnée au financement de la recherche par projets, qui favorise, selon lui, le court terme. Il lui reproche aussi ses projets d'autonomie des universités et le soupçonne de vouloir réduire au rang d'agence de moyens des organismes comme le CNRS et l'INSERM.
"Enfin, et peut-être plus gravement encore, ses déclarations péremptoires sur la détermination génétique de la pédophilie ou du suicide des jeunes, mais aussi ses propos sur les limites des sciences humaines et sociales (...) ne peuvent qu'inquiéter les hommes et les femmes de sciences", ajoute SLR.

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Lundi 30 avril 2007

Ségolène Royal promet "une France apaisée"

LE MONDE | 30.04.07 | 11h20


Pensez-vous que le débat avec François Bayrou a été bénéfique pour vous ?

C'est la démocratie qui en a tiré un bénéfice. C'est un événement inédit dans l'histoire politique française qu'un candidat placé au second tour de l'élection présidentielle propose un débat avec un candidat qui n'a pas été retenu au premier tour. J'ai pris cette initiative parce que cela correspond à l'idée que je me fais de la politique. C'est cohérent avec ce que je suis, ma façon différente de faire de la politique, le constat que j'avais fait de la crise démocratique, le score de François Bayrou, les messages qu'ont envoyés ses électeurs. J'ai retenu du premier tour une confirmation de ce que j'ai entendu dans les débats participatifs : les Français ont envie que la vie politique se rénove en profondeur et que l'on puisse dépasser les antagonismes bloc contre bloc.

Le débat l'a montré. Une douzaine de fois, François Bayrou a manifesté son accord avec ce que je disais. Sans renoncer à la confrontation principale entre la droite et la gauche, il y a quelque chose à inventer, j'ai senti que le moment était venu. La politique a un besoin profond de rénovation. J'ai donné un contenu et une preuve à cette rénovation.

Avant le premier tour, vous aviez une autre attitude. Comment expliquez-vous ce changement vis-à-vis du parti centriste ?

C'est vrai, je l'ai dit : l'UDF a toujours gouverné avec la droite. Et, dans les collectivités territoriales, l'UDF ne vote jamais les budgets des régions, des départements ou des mairies de gauche, même s'ils sont bons. Le scrutin majoritaire à deux tours favorise la confrontation bloc contre bloc. C'est pourquoi il y aura une part de proportionnelle dans la réforme des institutions. FrançoisBayrou, qui l'a vu de près, a fait un constat sur l'Etat UMP, sur le bilan et sur les dérives idéologiques et langagières de Nicolas Sarkozy. La création d'un ministère de l'immigration et de l'identité nationale, la théorie génétique pour les pédophiles, la façon dont sa campagne s'est brutalisée ont heurté une partie de l'électorat centriste.

La communauté de valeurs va du PS à l'UDF ?

Je ne parle pas de recomposition politique ou d'appareils politiques. Je ne me pose pas, pour l'instant, la question des coalitions. Si nous sommes dans des affrontements permanents 50-50, la France ne peut pas s'en sortir, se remettre en mouvement. Sur certains thèmes fondamentaux, je réussirai à sortir de cet affrontement bloc contre bloc, quel que soit le choix définitif de l'UDF en tant que parti.

Sur la réforme des institutions, l'Etat impartial, nous avons une vision commune. Je ne veux plus que l'Etat soit maîtrisé par un seul parti, par un seul clan, ce n'est pas la République. Je suis la seule à avoir une vision de la réforme institutionnelle complète. Ce n'est pas le cas du côté de la droite. Elu avec 82% des voix, Jacques Chirac avait l'occasion exceptionnelle de déverrouiller la vie politique française. Il ne l'a pas fait, tous les pouvoirs sont restés concentrés. Aujourd'hui, Nicolas Sarkozy est toujours président de l'UMP. Ce qui est contraire à l'esprit des institutions.

Quels signaux allez-vous envoyer à la gauche inquiète de votre évolution vers le centre ?

La gauche n'est pas inquiète car je rassemble sur la base du pacte présidentiel. Les valeurs et les idées de ceux qui m'ont soutenue ne sont pas oubliées. Je les ai tous reçus ou contactés car je veux que leur idéal et leurs bonnes idées rejoignent le pacte. Compte tenu de la situation dans laquelle la France se trouve, il faut absolument lui éviter cinq années de droite dure.

Quant au vote autour de François Bayrou, il est assez varié et toutes les motivations sont d'ailleurs respectables. J'ai pris acte de cette réalité-là sans la mépriser et j'ai pris l'initiative de sortir des schémas traditionnels. Par ailleurs, j'en ai assez de ce procès permanent où lorsque l'on se parle ou l'on dialogue, on est déjà suspect. Il est temps de passer à l'âge adulte de notre démocratie.

Arlette Laguiller se détermine pour la première fois pour le candidat socialiste depuis 1981. Que lui dites-vous ?

La question de la protection de la dignité des travailleurs est centrale. C'est un beau combat qui a le mérite d'être désintéressé. Elle est populaire et estimée. J'ai cité son nom en meeting et elle a été acclamée. Les personnalités qui sont cohérentes, qui ont un idéal principal et ne lâchent pas, sont très attachantes. Je ne la voyais pas pour lui demander quoi que ce soit. Juste pour le plaisir de la rencontrer, de la remercier.  Je veux une France rassemblée et pas les Français dressés les uns contre les autres. Je veux être présidente d'une France apaisée et énergique.

Vous aviez été en concurrence avec Dominique Strauss-Kahn. Il a été très absent dans votre campagne du premier tour, et puis là il est très présent. La photo de votre déjeuner en tête à tête, c'est celle de Mitterrand-Rocard en 1988 ?

Dominique est présent à mes côtés à sa demande et je m'en félicite. C'est un homme talentueux et imaginatif. Il pourrait être un très bon premier ministre, si tel est mon choix.

Il n'y a pas de rapprochement de ligne entre M. Strauss-Kahn et vous aujourd'hui ?

La seule ligne aujourd'hui, c'est le pacte présidentiel. Ma volonté, c'est de rassembler tous les talents autour de ce pacte. Je suis dans une démarche de sincérité et de fidélité à mes engagements, dans le respect des personnalités différentes, de leurs bonnes idées. Par exemple, j'ai confié une mission à José Bové sur la mondialisation et la souveraineté alimentaire.

Quand vous parlez du "bout de chemin" que vous allez faire ensemble avec François Bayrou, ce chemin va jusqu'où ? Jusqu'au second tour, au-delà des législatives?

Il faut respecter les étapes. Maintenant, c'est à François Bayrou de se définir. Il a dit qu'il attendait le débat mercredi pour se déterminer. Et s'il vient sur la majorité présidentielle, il fera partie de la majorité présidentielle. Comme toutes les autres forces politiques qui ont appelé à voter pour moi.

Pourriez-vous prendre François Bayrou comme premier ministre ?

Je l'ai déjà dit : par définition, je ne m'interdis rien.

Sur les retraites, les 35 heures, comment pouvez-vous concilier votre vision et celle des électeurs de François Bayrou ?

Le travail d'explication doit continuer. Je pars avec des préjugés très lourds, sous prétexte que les socialistes sont incompétents en économie et préfèrent le social. De plus, comme je suis une femme, par définition, il y a un préjugé d'incompétence, même si j'ai le soutien de toute la nouvelle école des économistes qui comptent en France et sur la scène internationale. Mon pacte réconcilie l'efficacité économique et le progrès social. C'est une vision neuve, qui suscite aussi l'intérêt des organisations syndicales de salariés que j'ai reçues. J'appelle donc les électeurs à regarder ce qu'il y a dans le pacte présidentiel que j'ai construit après une importante phase d'écoute.

Lors du débat, nous avons d'ailleurs levé des ambiguïtés, puisque François Bayrou voyait dans mon programme une étatisation de l'économie. C'est tout sauf ça. L'économie de marché est une réalité incontournable. Mais je crois qu'elle a besoin d'une régulation pour éviter ses désordres. Et les entreprises y ont tout intérêt. Elles sont d'ailleurs les premières à se tourner vers l'Etat quand elles sont en difficulté. C'est l'Etat qui définit la politique fiscale. Mais les partenaires sociaux définissent la politique sociale. L'Etat a reculé pendant cinq ans sur l'investissement dans la recherche et l'innovation, c'est très grave, il va falloir au contraire en faire une priorité. Les pouvoirs publics, en redistribuant l'argent public, ont un rôle très important dans le développement économique. En même temps, je supprimerai les aides aux entreprises qui n'en ont pas besoin, pour les concentrer sur les PME qui innovent. Je souhaite débureaucratiser l'intervention de l'Etat et la cibler sur les vrais besoins.

Pensez-vous qu'il faut réduire la dépense publique ou pas ?

Oui, il faut lutter contre les gaspillages et les doubles emplois et rendre la dépense publique plus efficace. Il faut relancer la croissance et diminuer le chômage. D'abord par la confiance. J'ai un discours très moderne vis-à-vis des entreprises. Je leur dis même : faites du profit, gagnez de l'argent, à condition qu'il soit honnêtement gagné et équitablement distribué. Avancez, prenez des risques. Mais il faudra que les banques aident davantage les PME. Les entreprises manquent d'épargne. Aujourd'hui, la rente est avantagée par rapport à la rémunération du travail, y compris dans les différentes propositions faites par Nicolas Sarkozy. Je propose, au contraire, de moduler l'impôt sur les sociétés en fonction de l'utilisation des bénéfices. Tout ce qui sera réinvesti dans l'entreprise bénéficiera d'allégements fiscaux. Je veux un pacte de croissance avec les PME, le Small Business Act.

Les organisations syndicales de salariés seront encouragées au compromis que je propose sur la base d'un dialogue social rénové. Du côté du Medef, c'est plus compliqué, parce que le Medef est un agglomérat de grandes banques, d'entreprises du CAC 40 et de PME qui n'ont pas toutes le même intérêt. Mais, là aussi, les choses bougent et je sais que beaucoup de patrons veulent sortir du manichéisme social. Je le vois par exemple avec les prises de position du Centre des jeunes dirigeants.

Sur les 35 heures, vous aviez porté une critique et maintenant vous dites qu'il faut les généraliser. Ce n'est pas une contradiction ?

Non. La deuxième loi sur les 35 heures était trop uniforme. Mais la diminution du temps de travail reste un objectif. En revanche, la façon dont on y parvient devra à nouveau être mise sur la table entre partenaires sociaux. Ce qui a manqué, dans l'application de la loi, c'est l'accompagnement humain. C'est aussi le faible poids des syndicats qui a permis dans certaines entreprises une application des 35 heures qui a dégradé les conditions de travail.

Allez-vous renationaliser GDF, comme le revendique la gauche ?

Ce ne sont pas des mesures de droite ou de gauche. Les enjeux ont changé. Quand on voit les problèmes énergétiques que la France et l'Europe vont devoir gérer dans les années qui viennent, les enjeux financiers considérables, cela mérite quand même un débat public. Nous avons besoin d'un grand pôle public de l'énergie.

Sur les retraites, remettez-vous en cause le principe de 42 ans de cotisation pour le salarié moyen à terme ?

La question des retraites sera totalement remise à plat. Sur la question de la durée de cotisation, il faudra prendre en compte la pénibilité et regarder de très près la question des retraites des femmes. Il y aura une discussion avec les partenaires sociaux. On ne pourra pas déconnecter la question des retraites de celle de la réussite de la lutte contre le chômage, car des emplois en plus ce sont des cotisations en plus. Il faut éviter de brutaliser la question des retraites en l'abordant comme le fait la droite et s'orienter vers des systèmes de retraite à la carte, plus souples. Il n'y aura pas de retraite couperet. En même temps, il faut garantir à ceux qui ont travaillé le plus durement d'accéder à une qualité de vie suffisante.

Faut-il modifier les règles de présentation des candidats aux élections professionnelles ?

Cette question sera traitée dans le débat sur les règles de représentativité qui seront revues. Sans brutaliser du jour au lendemain le paysage syndical. Les organisations syndicales y sont prêtes, si l'on réussit le syndicalisme de masse, soit avec un crédit d'impôt, soit avec un chèque syndical, c'est-à-dire une incitation à adhérer à une organisation syndicale. Lorsque l'on a interrogé les salariés sur la raison pour laquelle ils n'adhéraient pas à une organisation syndicale, ils ont répondu : la peur. Est-il normal que dans la France de 2007 un droit constitutionnel fasse encore peur? Non, car un pays moderne a besoin d'un bon dialogue social.

Vous parlez de la dette, mais vous n'avez pas chiffré la manière de desserrer cet étau.

La marge de manœuvre passe par la réforme de l'Etat et la clarification des compétences des collectivités territoriales. Quand j'ai interrogé José Luis Zapatero ou Romano Prodi sur la manière dont ils avaient réduit la dette de leur pays, ils m'ont répondu que c'est par une meilleure répartition des responsabilités, des compétences pour éviter des doublons, des chevauchements de financement, qu'ils y sont parvenus.

Ensuite, on peut rendre plus efficace le service public. Plutôt que de dire comme Nicolas Sarkozy que l'on va supprimer un fonctionnaire sur deux – ce qui, à mon avis, n'est pas très responsable et d'ailleurs il ne l'a pas fait quand il était ministre des finances –, on peut améliorer l'efficacité du service public. Enfin, la baisse de la dette passe évidemment par la relance de la croissance. Je crois beaucoup au levier écologique. La France a pris du retard. Or les experts estiment que de un à deux millions d'emplois peuvent être créés dans ce domaine. En Espagne et en Allemagne, j'ai été surprise de voir le nombre d'emplois créés grâce à ce secteur.

Si vous êtes élue, c'est vous qui mènerez la campagne des législatives ?

Mon rôle, c'est de réunir une majorité présidentielle.

Ou bien est-ce le chef du gouvernement ou le chef du parti qui mènera cette campagne ?

Nous n'en sommes pas là. Ce qui intéresse aujourd'hui les Français, c'est le second tour de l'élection présidentielle.

Si François Bayrou prend l'option d'entrer dans la majorité présidentielle, y aura-t-il des accords, des désistements entre le PS et son parti, comme il y en avait autrefois et aujourd'hui encore entre le PS et le Parti communiste ?

Si une majorité présidentielle se constitue, ainsi qu'un gouvernement, il faudra un accord entre organisations pour constituer une majorité parlementaire, capable de mettre en œuvre le pacte présidentiel.

Avez-vous le sentiment que le PS y est prêt ?

C'est la dynamique politique qui va le définir. Là, je construis une majorité présidentielle dans la cohérence, la clarté, le respect des partenariats et les valeurs du progrès économique, social et écologique.

Vous n'êtes pas comme Nicolas Sarkozy, qui dit que tous les députés UDF qui l'auront rejoint avant le 6 mai auront l'investiture de sa majorité présidentielle.

Je laisse à d'autres ces débauchages et ces pressions. La bataille principale, elle est pour la France neuve et donc contre la droite dure, avec le bilan désastreux que le candidat sortant refuse d'assumer. C'est l'homme du passé et du passif. Il s'en prend à Mai 68 dans son discours de Bercy en oubliant que les ouvriers, qu'il découvre, ont obtenu les accords de Grenelle. Moi, je veux prendre le meilleur de chaque époque pour inventer la France de demain.

Et, demain, vous prendrez le PS ?

Ce n'est pas compatible avec la fonction de chef de l'Etat.

 

Propos recueillis par Eric Fottorino, Patrick Jarreau, Arnaud Leparmentier et Isabelle Mandraud

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Lundi 30 avril 2007

 

Communiqué de François Rebsamen et Jean-Louis Bianco,

directeurs de campagne de Ségolène Royal

 

François Rebsamen et Jean-Louis Bianco, directeurs de campagne de Ségolène Royal, réagissent aux déclarations de Madame Alliot Marie lors du meeting de Bercy, accusant la candidate « d’établir la politique énergétique et nucléaire sur un coin de table avec comme seul conseiller un représentant de Greenpeace. »

 

 

Les directeurs de campagne de Ségolène Royal, rappellent que si la Ministre de la Défense , soutien de Nicolas Sarkozy, était mieux conseillée elle n’aurait pas gaspillé près de 11 millions d’Euros en tentant de se débarrasser de l’épave du porte avion Clémenceau dans les chantiers indiens. Le Clemenceau avait fait le voyage de Toulon vers l’Inde pour revenir ensuite à Brest en contournant l’Afrique après que le gouvernement indien ai refusé le démantèlement de cette épave sur son territoire.

 

François Rebsamen et Jean Louis Bianco soulignent que la politique énergétique et nucléaire proposée par Ségolène Royal, fondée sur les économies d’énergie et le développement massif des énergies renouvelables, est justement celle que retient aujourd’hui l’Union Européenne.

 

La politique prônée par Ségolène Royal est également saluée par Jean Jouzel, chercheur sur l'évolution du Climat et Vice Président du groupe scientifique du GIEC (Groupe intergouvernemental d'experts sur l'Evolution du Climat). Jean Jouzel qui représente la France à la nouvelle réunion du GIEC qui vient de s’ouvrir à Bangkok, apporte son soutien à Ségolène Royal considérant que son programme est la bonne réponse à l'enjeu prioritaire que constitue le changement climatique.

 

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Dimanche 29 avril 2007

Patrick Pelloux annonce son soutien à Ségolène Royal


CORBEIL-ESSONNES, Essonne (Reuters) - Patrick Pelloux, président de l'Association des médecins urgentistes (Amuf), a annoncé dimanche qu'il voterait pour Ségolène Royal au second tour de l'élection présidentielle.

Le docteur Pelloux, qui avait alerté l'opinion publique lors de la crise sanitaire liée à la canicule de l'été 2003, a apporté son soutien à la candidate du PS lors d'une visite en sa compagnie dans un centre médical public à Corbeil-Essonnes (Essonne).

"A titre personnel  j'ai voté François Bayrou au premier tour et je voterai Ségolène Royal au deuxième parce que je crois que le renouveau que vous affichez et l'attachement que vous affichez au service public et aux valeurs que je développe sont vraiment un élément important et je tiens à saluer votre action", a-t-il déclaré à Ségolène Royal.

Il a expliqué à la candidate de gauche que seulement 45% des 350 millions d'euros promis lors du plan canicule après l'été 2003 avaient été versés.

"On a l'impression que 2003 n'a pas existé", a-t-il ajouté, soulignant que "les conditions de travail s'aggravent de manière considérable" à l'hôpital public.

A ses côtés, Ségolène Royal a déclaré que "l'hôpital public fait partie des valeurs fondamentales de la République".

"Avec moi, la santé publique et l'hôpital public retrouveront leurs moyens, les personnels seront reconnus et valorisés et il y aura pour les personnes âgées une garantie d'accès aux soins en grande proximité".

Interrogée par Reuters, elle a précisé : "Non seulement il faudra cesser de fermer des lits mais il faudra en ouvrir dans les services qui en ont besoin et, surtout, il faudra recruter du personnel et former du personnel en liaison avec les organisations de médecins".

 



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