Samedi 31 mars 2007

 

D O N N E E S   E T

 A R G U M E N T S

L a  n o t e  q u o t i d i e n n e  n ° 5 2 – 3 0  m a r s  2 0 0 7

 

 lLS  L'ONT  DIT

Maurice Leroy, qui a moins d’états d’âme en faisant croire que François Bayrou n’est pas un candidat de droite…

Au sujet des chiffres du chômage : "Faut pas prendre les gens pour des gogos."

Maurice Leroy, qu’on n’entendait pas se plaindre du temps où François Bayrou grimpait en flèche…

Au sujet des sondages : "A chaque campagne on a droit aux mêmes manipulations."

Nicolas Sarkozy, toujours aussi fin et mesuré :

"Nous payons le laxisme d’années et d’années où on a fermé les yeux sur tout."

José Bové, qui parle de la gare du nord, si si ! "Il faut dissoudre la BAC (…) il faut la gratuité des transports en commun."

 

 

 

 

 

 

PARLONS  DES …

« b o n s  c h i f f r e s  d u  g o u v e r n e m e n t ! »

Le gouvernement met en avant 3 chiffres pour l’année 2006, censés redorer le blason de la majorité de plus en plus mise en difficulté sur son bilan. Comme de coutume, il y a beaucoup de chose à dire sur la réalité de ces chiffres.

 Le chômage

• Les chiffres mis en avant par le gouvernement

8,4 % en février

- 1,7 % depuis décembre 2003

• Les éléments de suspicion

Report de publication des chiffres de l’INSEE

Réserves affichées par l’institut Eurostat

Témoignages de fonctionnaires de la DARES remettant en cause les chiffres de leur propre ministère !

• Les chiffres qu’oublie le gouvernement

Vrai bilan : en mars 2001, le chômage était à 8,6 %...

…avant passer à 10,1 % grâce à Raffarin en déc. 2003

La gauche plurielle a fait passer le chômage de 12,2 % en 1997 à 8,6 % en mars 2001 = - 3,6 %

 La dette et le déficit

• Les chiffres mis en avant par le gouvernement

Une dette en recul de 2,3 points de PIB = 40 milliards de désendettement

Un déficit public en baisse de 0,4 point de PIB

• Les chiffres qu’oublie le gouvernement

En 2003, le déficit public a atteint un record à 4,2 points de PIB

Depuis 2002, la dette a augmenté de 6 points de PIB…

…alors qu’elle avait baissé de 2 points entre 1997 et 2002

 La croissance

• Le chiffre mis en avant par le gouvernement

Une croissance revue à la hausse à 2,1 %

• Les chiffres qu’oublie le gouvernement

Depuis 5 ans nous faisons moins bien que la moyenne européenne (ex : zone euro 2006 : 2,7 %)

Entre 1997 et 2002, nous avons toujours fait mieux que la moyenne européenne (ex : en 98, + 0,7 %)

LE  SOURIRE  DU  JOUR

• Le positionnement équilibriste de François Bayrou interroge jusqu’à la presse étrangère. The Independent titrait ainsi, le 23 mars dernier "Bayrou cherche à stopper sa dégringolade dans les sondages en en appelant au "sexy centre." The Independent ou The Impertinent… ?

LE  LOTO  DU  JOUR

• Les tirages précédents avaient donné vainqueurs les numéros 500, 300 et 47. Souvenez-vous, il s’agit des différentes versions des états de service de Nicolas Sarkozy en banlieue : 500 déplacements selon Rachida Dati, 300 selon l’intéressé lui-même, puis 47 selon Valérie Pécresse.

• Nouveau tirage hier au 19/20 de France 3, de la propre main de Nicolas Sarkozy : "J’ai fait 212 déplacements en banlieue."

 

LA  PROMESSE  DU  JOUR

• La promesse de baisser les prélèvements obligatoires de 4 points de PIB avait fait beaucoup parler. Surprise ! Ca ne figure pas dans le programme que Nicolas Sarkozy a diffusé à ses militants !?

• De deux choses l’une : soit il s’est rendu compte que ça n’était pas possible et il y a un vrai problème de compétence ; soit il savait très bien que ce n’était pas possible et il y a un vrai problème de manipulation !

 

par EXCOFFIER publié dans : segolene
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Samedi 31 mars 2007


 

Discours de Limoges, le 30 mars 2007

Ségolène Royal

 

  Chers amis de Limoges et de la région Limousin, nous voici maintenant à quelques semaines du premier tour de l'élection présidentielle. Ce soir est un jour particulier, un jour particulièrement émouvant, parce que je vois ici de nombreux amis de cette région voisine, et surtout parce que François, à l'instant, vient de me passer la parole.

Avec le talent que vous lui connaissez, il a tracé les grandes lignes qui font notre identité politique, notre identité de gauche, et donc l'enjeu majeur de cette élection présidentielle. Et puis, si ce soir aussi est un soir particulier, c'est aussi peut-être parce que j'ai le sentiment profond qu'il n'y a jamais eu autant de liens entre l'histoire de cette région et ce qui va se jouer dans quelques semaines.

Ce moment majeur de l'histoire de France où le peuple est appelé aux urnes pour redéfinir le contrat républicain, le contrat social, pour choisir les valeurs à partir desquelles vous voulez que la France se relève, pour rebâtir les fondements de la maison France, qui a été bien abîmée au cours de ces dernières années.

Je pense profondément que la crise politique et la crise démocratique, la crise économique, la crise sociale est tellement forte que nous avons l'immense responsabilité de redéfinir les valeurs auxquelles nous tenons, les nouvelles règles du jeu que nous voulons mettre en place, les urgences auxquelles nous voulons rapidement répondre, et enfin, la façon dont nous voulons relever les défis de l'avenir, à l'heure où la mondialisation fait peur, à l'heure où chacun se demande si la politique sert encore à quelque chose, à l'heure où la montée des insécurités de toutes sortes nous oblige à inventer les nouvelles sécurités qui me permettront demain de dire à la France : n'ayez pas peur des autres, n'ayez pas peur de votre voisin, ne vous dressez pas les uns contre les autres, n'ayez pas peur des autres pays du monde, mais au contraire, tournons-nous résolument vers l'avenir et vers les autres pour construire ensemble un monde meilleur. Voilà l'enjeu de l'élection présidentielle.

Vous le savez bien, citoyens de cette région, et les élus aussi, avec lesquels nous étions tout à l'heure, Alain Rodet, Jean-Paul Denanot, Marie-Françoise Perol-Dumont, oui, comme je le disais tout à l'heure, jamais il n'y a eu autant que ce soir un lien aussi étroit entre l'histoire de cette région, donc l'histoire de notre pays, et les valeurs sur lesquelles je vous appelle à vous rassembler. Oui, ici, nous sommes sur une terre rebelle, une terre d'insoumission dans les campagnes et dans les usines, et ça ne m'étonne pas que vous ayez chanté tout à l'heure avec autant d'émotion le Chant de partisans.

Oui, Limoges est fière de sa mémoire ouvrière et de son ancrage à gauche. C'est ici que sont nées les coopératives, l'économie sociale et solidaire.

Oui, ici, vous êtes des fils et des filles défenseurs d'une République démocratique, laïque et sociale. Oui, ici plus qu'ailleurs, on n'a pas oublié les exploits du Maquis. Et c'est là que je veux en venir. Vous n'avez pas oublié les exploits du Maquis et de Georges Guingoin*. Je voulais vous rappeler qu'il y a à peine trois ans, en 2004, il avait signé avec Lucie Aubrac, qui vient de nous quitter, et Stéphane Essel*, et d'autres grands résistants, un appel.

Un appel à retrouver l'esprit de la Résistance, un bel appel contre le recul des droits sociaux, contre la montée des injustices et contre tout ce que la droite démolit en ce moment.

Ce bel appel se terminait par ces mots : créer, c'est résister, et résister, c'est créer.

C'est à cela que je vous invite. C'est à ce même élan que je vous invite.

C'est cela que nous voulons créer aujourd'hui pour la France de demain : c'est résister et c'est imaginer l'avenir.

Je voudrais illustrer cette belle devise, que je fais mienne aujourd'hui à Limoges, à partir de deux problèmes qui se posent ici dans la région, mais qui ont un écho de dimension nationale : d'abord la bataille pour le service public. Vous le savez, ici, les agents de l'ANPE sont en grève. Les maires des communes rurales sont inquiets pour la disparition des écoles et les nouvelles suppressions de postes.

Je vous le dis ici, à Limoges, la République nouvelle que je veux construire, la 6e République, sera la République des services publics garantis.

Et je le dis aux agents de l'ANPE, ici à Limoges, qui viennent de déclencher une grève, une grève importante, parce qu'ils se dressent contre la privatisation de ce service public, et ils ont raison. Partout les citoyens doivent se lever contre la privatisation des services publics. Nous n'avons jamais eu autant besoin aujourd'hui de ces liens de solidarité qu'incarnent les services publics pour mener la bataille pour l'emploi.

Alors oui, la France neuve que j'appelle, c'est une France qui résiste et qui imagine. Résister, c'est-à-dire maintenir les services publics, imaginer, cela veut dire les réformer. Dans le pacte présidentiel que je vous propose, c'est une bataille efficace contre le chômage, et en particulier par la réforme de toutes les aides à l'emploi qui seront désormais confiées aux régions, mais l'État garantira l'égalité entre les différents Territoires.

Cette bataille que nous conduirons, je le dis aux fonctionnaires et aux agents de l'ANPE, nous confierons également aux régions la gestion du service public de l'emploi, parce que ce sont elles désormais qui auront les aides à l'emploi, les aides à la formation professionnelle, et désormais, l'accompagnement individualisé de ceux qui recherchent un emploi. Voilà comment la bataille sera efficace.

Et ça ne sert à rien d'en rabattre sur les services publics, bien au contraire.

La seconde bataille pour l'emploi sera la bataille pour l'emploi des jeunes, car je n'accepte pas que dans une France qui veut se relever, on ait un taux de chômage le plus élevé d'Europe. C'est chez nous que les jeunes qualifiés et diplômés attendent le plus longtemps l'accès au premier emploi. C'est pourquoi, dans le pacte présidentiel que je vous propose, et que vous avez construit avec moi, parce que j'ai entendu les inquiétudes, les souffrances, les impatiences, les colères aussi de toutes celles et ceux qui ont le sentiment de ne compter pour rien, des parents et des grands-parents qui s'inquiètent pour les jeunes, alors qu'ils ont souvent fait des efforts financiers considérables pour les conduire vers la qualification et vers les métiers, et je l'affirme ici, je le redis ici à Limoges : le combat contre le chômage des jeunes, le combat pour le droit d'accès au premier emploi pour les jeunes sera un combat permanent, un combat engagé, une mobilisation de tous, avec les entreprises. Elles seront appelées à nouer un nouveau pacte avec les pouvoirs publics. Les jeunes pourront bénéficier des emplois-tremplins, et nous en créerons suffisamment. Je ne veux plus qu'en France un jeune qualifié ou un jeune diplômé reste au chômage pendant plus de six mois. Nous mobiliserons pour cela tous les moyens. Il n'est pas acceptable que, d'un côté, les entreprises qui reçoivent des fonds publics demandent aux jeunes, pour leur donner leur première chance, d'avoir une expérience professionnelle, mais de l'autre, refusent de leur tendre la main et de leur donner l'occasion de faire leurs preuves. Ceci doit changer. Cela changera. C'est ce que j'appelle les nouvelles règles que nous devrons mettre en place, ces règles du gagnant-gagnant, ces règles du donnant-donnant. Je veux substituer à ces logiques de confrontation, de la guerre de tous contre tous, de ceux qui se débrouillent en laissant les autres sur le bord du chemin et que le meilleur gagne, non, ce n'est pas la France que nous voulons. Nous voulons une France des solidarités, une France où la puissance publique intervient, où elle crée des droits nouveaux, mais où, en contrepartie, elle demande à chacun et à chacune d'entre vous de donner le meilleur de lui-même. C'est comme cela que la France reprendra la main, j'en suis sûre, j'en suis convaincue, et je compte sur vous pour cela.

Le deuxième exemple que je voudrais illustrer devant vous, c'est la rencontre que nous avons eue tout à l'heure, avec Alain Rodet et Marie-Françoise, auprès des ouvrières de France Textile. On parle souvent des patrons en France pour en dire le plus grand mal, et on a raison lorsque l'on voit un certain nombre de patrons voyous, de ceux qui délocalisent, de ceux qui font des licenciements boursiers ou des licenciements de confort, de ceux qui ne respectent même pas les rudiments du dialogue social, de ceux qui empochent les aides publiques avant de mettre la clé sous la porte, mais il y a d'autres patrons, et c'est à eux que je veux m'adresser, ces chefs de petites et moyennes entreprises, comme on les a rencontrés tout à l'heure, tout près d'ici, à Textile France, de salariés, qui ont été trois fois licenciés, et qui, à un moment, se sont dit : nous n'allons pas baisser la tête, nous n'allons pas encore subir cette humiliation, nous allons reprendre à bras le corps notre destin en mains.

Et même sur un secteur que l'on dit durement touché par les délocalisations, le secteur de l'industrie textile, eh bien, ils ont réussi à remonter la pente, ils ont réussi à recréer une centaine d'emplois, et je veux que cet exemple-là, comme j'en vois partout sur les territoires où je me rends, je veux que cet exemple-là devienne la référence dans la France qui va retrouver une nouvelle croissance durable, pour à nouveau sortir du chômage, pour créer des activités, de la valeur ajoutée et distribuer des salaires.

La façon dont cette entreprise a réussi s'appuie sur les valeurs fondamentales et sur les réformes profondes que je vous propose dans le pacte présidentiel.

D'abord, la qualité du dialogue social. Il est temps que la France sorte de cet archaïsme et puisse faire émerger un syndicalisme de masse, un syndicalisme responsable, qui permettra d'anticiper les mutations, qui permettra de créer le respect à l'intérieur de l'entreprise, qui permettra de répartir avec justice les fruits de la croissance de l'entreprise, qui permettra de sécuriser les salaires et les emplois. Car je crois tout le contraire de la droite : je n'est pas par la précarité que nous relancerons la machine économique, mais bien au contraire, c'est en sécurisant les salariés, en les associant en amont aux décisions de l'entreprise, comme cela se fait dans les pays du nord de l'Europe.

Pourquoi n'y a-t-il en France que 8 % d'adhésions aux organisations syndicales, 80 % dans des pays comme la Suède ? Et c'est dans ces pays, où les bas salaires sont les plus élevés, c'est dans ces pays où il y a le moins de conflits sociaux, c'est dans ces pays où il y a aussi le moins de chômage. C'est pourquoi dans la réforme profonde des institutions, il y a une réforme volontaire, audacieuse, pour que la France change dans le domaine des relations sociales et pour que nous puissions enfin réaliser une véritable démocratie sociale dans l'entreprise, qui nous rendra collectivement beaucoup plus efficaces. C'est à cela que je vous appelle également.

Le deuxième pilier de la relance économique, qui est aussi très bien illustré dans cette entreprise, c'est l'investissement massif dans la recherche et dans l'innovation. C'est l'idée que c'est par la qualité, par la matière grise, par la formation professionnelle que nous pourrons rester compétitifs, et que nous pourrons, comme je l'ai dit tout à l'heure, relever la tête et reprendre la main. Là aussi, dans le pacte présidentiel que je vous propose, nous investirons massivement les fonds publics dans les entreprises qui en ont vraiment besoin. Nous encouragerons par la fiscalité le réinvestissement des bénéfices de l'entreprise dans l'entreprise, nous remettrons à niveau ce qui a été dramatiquement abandonné par la droite : la recherche, l'enseignement supérieur, l'innovation, et nous devrons le refaire en remettant à niveau la recherche aussi au niveau européen.

Enfin, il nous faudra définir des politiques industrielles communes, et là aussi, la France mérite beaucoup mieux que ce qu'elle a. Ici aussi, nous avons des pôles de compétitivité dans cette région qui ont été lamentablement abandonnés par l'État. Et demain, en réconciliant la France avec les entreprises, en rapprochant l'enseignement supérieur, la recherche et les entreprises, nous réussirons à nouer un nouveau pacte économique, social et environnemental qui nous permettra de redresser la France et de la retirer vers le haut.

J'entends bien les objections ici ou là, et peut-être ici, certains d'entre vous se posent aussi ces questions. On me dit : Mais ce pacte présidentiel coûte cher. Alors, je vous le dis fermement : qu'est-ce qui coûte cher ? Ce qui coûte cher, c'est le chômage. Ce qui coûte cher, c'est la précarité. Ce qui coûte cher, c'est l'échec scolaire. Ce qui coûte cher, c'est toutes les formes d'insécurité. Ce qui coûte cher, c'est de ne pas pouvoir se loger. Ce qui coûte cher, c'est d'avoir peur de l'avenir. Ce qui coûte cher, c'est, comme je l'entendais tout à l'heure dans l'entreprise que je vous citais, ce qui coûte cher, c'est comprendre l'inquiétude des petites retraites et des bas salaires, et cette ouvrière qui part à la retraite et qui me dit : « Ça fait 40 ans que je travaille, et je vais partir à la retraite avec une retraite de 600 euros par mois, c'est-à-dire à peine plus que le minimum vieillesse. » Et on viendrait me reprocher de vouloir relever tout de suite les petites retraites et les bas salaires ! Mais ce n'est que justice ! Et non seulement ce n'est que justice, mais c'est aussi un levier de l'efficacité économique.

Car ce qui déprime un pays, c'est cela : c'est la peur de l'avenir. Et cette peur de l'avenir, on la sent aujourd'hui à tous les niveaux de la société. Je l'ai dit tout à l'heure, on la sent chez les jeunes, qui ont du mal à s'insérer dans le monde du travail, on la sent chez les parents, qui se demandent si leurs enfants vont encore pouvoir réussir à l'école à égalité des chances, on la voit chez les entreprises aussi, sous-traitantes, qui sont pressurées par les maisons mères, celles du cac 40, celles dont les centres de décision sont en dehors de nos frontières. On la sent aussi, cette inquiétude, chez les agriculteurs qui voudraient bien pouvoir continuer à créer des activités et à installer des jeunes, et cette réforme-là aussi nous la ferons, pour que nos territoires ruraux restent vivants.

Ce sont toutes ces inquiétudes qui dépriment collectivement la France et qui donnent à chacun le sentiment d'être irrésistiblement tiré vers le bas. Alors voilà l'enjeu de l'élection présidentielle, c'est d'en finir avec ces inquiétudes, c'est de renouer partout le lien social, c'est de donner à chacun une vision de son avenir, une espérance d'avenir, c'est de garantir partout d'abord que les familles vont bien fonctionner et seront aidées au moment où elles en ont besoin et que les parents vont pouvoir assumer leur autorité parentale, ensuite que l'école va bien marcher et la rentrée scolaire se fera ; après avoir cet été, si les Français me font confiance, rétablir les moyens scolaires et les postes que la droite vient de supprimer.

Bien sûr, ce n'est pas quand un pays n'est pas assuré de son avenir qu'il faut en rabattre sur l'éducation, bien au contraire, la principale bataille de la France, aujourd'hui, c'est la matière grise, c'est la formation, c'est l'éducation, encore l'éducation, toujours l'éducation. C'est de se dire que si chacun, là où il est, a la possibilité de déployer ses talents, alors c'est collectivement que nous en serons tous bénéficiaires. C'est cela cette bataille et c'est pourquoi je remettrai les priorités dans l'ordre des choses.

Et la priorité dans l'ordre des choses, c'est celle que je viens de vous dire, parce que tout se tient, les familles, l'éducation, ensuite la valeur du travail. La valeur travail, ça consiste en quoi la valeur travail ? Ça consiste d'abord à lutter contre le chômage. Et quand j'entends le candidat de la droite proposer aux salariés d'avoir le choix de travailler jusqu'à 70 ans alors qu'il y a déjà tant de chômage chez les salariés. Non, pas de « hou ! » dans mes réunions ; parce que ce sont des enjeux de fond, des choix fondamentaux, que les Français nous regardent, qu'ils nous regardent, qu'ils savent qu'ils ne Doivent pas se tromper, que c'est un choix d'avenir qu'ils ont à faire. Oui, nous n'avons pas la même conception de ce que les uns et les autres nous appelons la valeur travail. La valeur travail, c'est d'abord donner du travail à tous, la valeur travail, c'est d'abord revaloriser les bas salaires, c'est sécuriser par des contrats durables – et je félicite les jeunes de leur lutte contre le CPE –, la valeur travail, c'est de faire en sorte, une bonne fois pour toutes, la gauche l'a souvent promis et pas vraiment réalisé, et nous devrons le faire, la valeur travail c'est de faire en sorte que le travail soit moins taxé que le capital.

La valeur travail, c'est de faire en sorte aussi que toute personne qui retrouve un emploi ne perde pas de revenus par rapport à une personne qui vit des revenus de l'assistance. Et ça aussi, je l'ai entendu tout à l'heure. L'une des salariées, l'une des ouvrières me l'a dit, qui vit juste au SMIC ou juste au-dessus du SMIC et qui se rend compte qu'avec les différents droits sociaux attachés aux revenus de l'assistance, parfois quelqu'un qui travaille gagne moins que quelqu'un qui voudrait bien d'ailleurs travailler. Eh bien, dans le pacte présidentiel, il y a le revenu de solidarité active, c'est-à-dire que désormais toute personne qui sort des de revenus de l'assistance et qui retrouve un travail verra également son revenu augmenter, c'est-à-dire pourra garder un certain nombre d'avantages liés à la situation antérieure pour que plus personne ne soit laissé sur le bord de la route, et en particulier pour que tous ceux qui cherchent un travail et qui en retrouvent un ne soient pas découragés. Je ne suis pas favorable à une société de l'assistanat. La gauche, ce n'est pas cela. La gauche, c'est la dignité du travail.

La société que je vous propose, c'est une société du donnant/donnant où chacun aura le sentiment que ce qui est donné par la responsabilité publique, que ce qui est donné à ceux qui en ont le plus besoin, que cette exigence de maintenir les liens de solidarité s'accompagne aussi en retour d'un effort de la part de ceux qui reçoivent. Et c'est aussi le sens de l'allocation pour les jeunes. Je leur ai dit sans démagogie : je ne veux pas qu'il y ait des jeunes en situation de précarité et qui, à cause de cette précarité, échouent dans leur formation et dans leurs études parce que leurs parents trop modestes n'ont pas les moyens de subvenir correctement à leurs besoins. Je veux donc améliorer, parce que je crois que c'est façon aussi d'aider les jeunes à choisir une bonne orientation, un métier qui leur plaise et de s'insérer dans le monde du travail. Ils seront donc aidés par l'amélioration d'un système de bourses, mais en contrepartie il leur sera demandé bien sûr, en tout premier lieu, de travailler pour réussir leurs études. Ensuite, il leur sera bien sûr demandé de choisir des orientations professionnelles qui leur permettent de déboucher sur un emploi et, enfin, il leur sera demandé, et ce sera vrai aussi, pas seulement pour les jeunes qui reçoivent cette aide, mais d'une façon générale, pour tous ceux qui ont envie de construire une société solidaire, il leur sera demandé par exemple de faire du soutien scolaire auprès des enfants qui en ont le plus besoin.

Et je voudrais à ce sujet vous dire, parce que j'entends à la fois mettre en place ces nouvelles règles où chacun sera au clair sur ses droits et sur ses devoirs, c'est cela que j'appelle l'ordre juste. C'est comme cela que l'on met en place des préventions efficaces, et en particulier je le répète, la première des préventions contre la délinquance, c'est l'investissement dans l'école, dans la réussite scolaire, dans la formation et dans l'emploi. Et comme le disait très justement Victor Hugo : « Une école qui ouvre, c'est une prison qui ferme. »

Alors tous ces jeunes qui n'ont parfois pas eu la chance d'être suffisamment bien encadrés, de comprendre les règles d'organisation d'une société qui veut être accueillante à tous les siens, d'où qu'ils viennent, dans la diversité de leurs talents, c'est cela aussi la force de la France, c'est d'accueillir la diversité de ses talents à condition qu'ils aient la conviction profonde que tout est fait pour lutter contre toutes les formes de discrimination. C'est cela aussi la République nouvelle que j'appelle de mes vœux.

Et puis il y a une autre inégalité contre laquelle nous devons farouchement lutter, et parmi celles que je veux évoquer ce soir je veux évoquer aussi celle-ci, c'est l'inégalité devant la culture : la République nouvelle sera la République de l'art et de la culture. Là aussi, le chantier est immense. Il y a eu tant de recul au cours de ces dernières années, et je l'ai senti dans tous les débats participatifs, la soif de culture, la volonté et l'envie d'accéder à la beauté et les inégalités cruelles devant l'accès à la culture. Songez donc : 80 % des Français n'ont jamais, ni les moyens, ni l'occasion, d'assister à un spectacle vivant.

Alors comment se peut-il qu'il y ait d'un côté tant de chômage dans les professions du spectacle et de la culture, et de l'autre une telle soif culturelle parmi les jeunes, parmi les citoyens en général, et parmi tous ceux qui ont pris la parole ? Et la France qui se relève est une France culturelle, une France qui donne à chacun le droit d'accès à une pratique culturelle, à tous les enfants le droit d'accès à la beauté, à tous les citoyens le droit d'accéder au spectacle vivant. Oui, je veux une démocratisation culturelle profonde parce que, dans l'investissement dans la matière grise dont je vous parlais tout à l'heure, l'investissement dans la valeur humaine, l'investissement dans l'intelligence collective, celle qui est aujourd'hui si cruellement bridée, celle qui est bloquée, celle qui est tirée vers le bas parce que, lorsque l'on entend certains discours de la droite on se rend compte que, ce qui est flatté, ce n'est pas le beau côté de la personne humaine, c'est toujours exciter les peurs, les jalousies, c'est toujours une façon de dresser les gens les uns contre les autres.

J'entends dire qu'on ferait voter les grévistes contre les non-grévistes, ceux qui auraient le droit d'avoir des heures supplémentaires et les autres, ceux qui devraient travailler au-delà de 70 ans et ceux qui sont au chômage, ceux qui sont agressés et qui ont vu la sécurité reculer ; ceux qui vont bénéficier des allégements fiscaux dans le programme de la droite et ceux qui verront les services publics reculer.

Non, je sais, parce que je vous ai écoutés, que vous ne voulez pas d'une France qui se délite et qui abandonne les principes fondateurs de la République qui a fait notre force. Cette République, nous devons lui redonner toute sa portée, toute son ambition, toutes ses exigences, nous devons la remettre debout et je pense que nous y arriverons. Nous y arriverons parce que je sais que c'est ce que vous voulez. Je sais aussi que ce sera difficile la première année, la droite nous laisse un pays en mauvais état, avec d'importants déficits, de la dette, mais je crois que, si nous faisons ce que nous avons dit, et nous le ferrons parce que j'ai écouté pour agir juste et pour tenir parole, le pacte présidentiel est un projet cohérent qui s'appuie non seulement sur des valeurs, je vous l'ai dit, sur des règles du jeu neuves et claires où chacun saura ce qu'il a à faire dans cette France qui veut à nouveau bouger et se redresser, mais aussi des décisions rapides, immédiates, qui répondront aux urgences, et je l'ai dit et je le répète, aux urgences de la lutte contre le chômage, aux urgences de la défense du pouvoir d'achat, aux urgences des moyens à rendre à l'école et la formation, à l'urgence écologique aussi ; à la nécessité aussi de faire revenir la France à la table de l'Europe.

Oh, je sais, dans cette région, quel a été le résultat du référendum. Et ce que je veux vous dire, ce que les Français ont voulu dire, c'est qu'ils voulaient une Europe qui protège davantage, une Europe qui donne des garanties, une Europe qui se protège contre les délocalisations. Et c'est cette Europe là, avec un volet social important, qui n'acceptera plus les compétitions vers le bas, vers les pays à bas salaires, qui aura le courage de redéfinir des politiques communes, qui réinvestira, comme je l'ai dit tout à l'heure, dans la matière grise, dans l'innovation et la recherche, mais qui surtout cessera de faire preuve de naïveté parce que, lorsque l'on voit les États-Unis proclamer l'ultra-libéralisme, en fait ils se protègent et ils savent comment le faire. Et l'Europe devra sortir de cette naïveté, l'Europe devra mettre en place un volet social efficace, l'Europe devra lutter pour que le jeune diplômé puisse rester sur son territoire et déployer tous ses talents. Et ce combat-là aussi, il est devant nous, il est urgent. La France va présider l'Union européenne au 1er juillet 2008, il y a des propositions qui ont été faites par les Partis socialistes européens, et en particulier pour que les pays européens adoptent l'idée d'un salaire minimum, l'idée d'une protection sociale commune, l'idée de l'égalité salariale entre les hommes et les femmes. Et là aussi on en est loin. L'idée d'un système de retraite digne pour tous.

Et c'est vous dire que la France doit jouer puisque, ces valeurs-là, vaille que vaille, nous les avons toujours défendues et nous allons les reconstruire là où la droite les a détruites. Alors, c'est aussi par rapport à ce message universel aussi que nous devons redresser la France parce que nous sommes regardés dans le reste du monde. Le reste du monde regarde ce qui va se passer. Le reste du monde aussi, comme vous, attend un changement, et un changement profond, et en particulier les pays les plus pauvres qui attendent aussi une réduction des écarts entre les pays riches et les pays pauvres, seule façon de mettre fin aux migrations de la misère.

Et nous avons une responsabilité, nous avons imposé à ces pays des modes de développement qui aujourd'hui les ruinent petit à petit, alors que dans les pays chauds, et en particulier les pays africains, ils sont au-dessus d'eux l'énergie solaire, l'énergie gratuite. Et quand on voit le sous-équipement de ces pays, on se dit : mais qu'ont fait les pays industrialisés ? Qu'ont fait les anciennes puissances coloniales après avoir pillé les ressources ? Elles n'ont même pas été capables de donner à ces pays l'occasion de saisir leur chance et leurs atouts par rapport à ce qu'ils avaient. C'est ce combat aussi que nous voudrons conduire.

Et c'est pourquoi ce combat, je vous demande, dans cette dernière ligne droite, de le conduire. C'est à vous qu'il appartient de vous en saisir. C'est vous la France présidente parce que c'est vous qui allez vous mettre en mouvement. Et quand j'entends des interrogations sur l'identité nationale, mais moi je ne me pose pas ses questions. Il était temps, pour toutes les femmes et les hommes de progrès de se réapproprier les symboles fondamentaux.

Il était temps de ne pas laisser à l'extrême droite la Marseillaise, le chant de toutes les libertés, le chant de toutes les résistances aux injustices, ce champ contre toutes les oppressions, repris dans tous les pays du monde et dans tous ceux qui luttent contre les oppressions, ce chant que Louise Michel, qui avait connu, elle aussi, vous le savez, durement la privation des libertés, faisait entonner à ses élèves le matin et le soir et, comme elle l'écrivait, à chaque fois elle ne pouvait pas s'empêcher de pleurer.

Et donc ce chant, c'est bien sûr le chant de notre identité. Mais nous, hommes et femmes de gauche, nous sommes aussi tournés vers les autres et nous ne demandons pas aux Français d'où ils viennent, aux citoyens qui sont sur notre sol, aux étrangers qui nous apportent leur force de travail, on ne leur demande pas d'où ils viennent, mais où ils veulent aller ensemble.

Et c'est ce cela que je vous demande aujourd'hui, c'est de savoir où nous voulons aller ensemble. Et nous voulons aller ensemble vers davantage de justice, nous la voulons cette France plus juste, nous la voulons cette France plus forte, nous la voulons cette France qui reprend confiance en elle.

Alors, c'est à vous de vous en saisir, c'est à vous d'aller vers les autres, c'est à vous de construire cette France présidente. C'est à vous.

Vive la République, vive la France, et c'est à moi de vous écouter !
par EXCOFFIER publié dans : segolene
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Samedi 31 mars 2007

GUERET, Creuse, 30 mars (Reuters) - Ségolène Royal a proposé vendredi que les pouvoirs publics financent en totalité pendant un an le salaire et les charges des jeunes de 16 ans et plus employés par les artisans et les commerçants.

La candidate socialiste à l'élection présidentielle, qui a par ailleurs promis de créer 500.000 "emplois tremplins" dans les secteurs public et privé en cinq ans, a annoncé cette nouvelle mesure lors d'une rencontre avec la population à la mairie de Guéret, dans la Creuse.

"Dans le domaine de l'artisanat et du commerce (...), je fais la proposition que les salaires et les charges de ces jeunes soient pris en charge pendant une année", a déclaré Ségolène Royal, précisant que la prise en charge se ferait "en totalité".

Les artisans et commerçants bénéficiaires de ce dispositif s'engageront en contrepartie à "recruter sur un contrat stable et durable" ces jeunes à l'issue de cette première année.

"C'est même une exigence", a-t-elle déclaré à ce propos, sans préciser quelles sanctions seraient prévues en cas de non respect d'une embauche durable.

Jean-Louis Bianco, co-directeur de campagne de Ségolène Royal, a précisé que ces nouveaux contrats s'ajouteraient aux 500.000 déjà prévus dans les "emplois tremplins", que les jeunes seraient payés au smic et que la mesure s'adressait "en priorité" aux TPE (très petites entreprises) et aux jeunes "peu qualifiés".

Selon lui, l'évaluation du coût de cette mesure est "en cours" et les crédits seront trouvés parmi ceux de la formation professionnelle et des contrats aidés actuels.

Les entreprises s'engageront en échange à proposer des "conditions de travail décentes", un "salaire correct" et à libérer le jeune pendant les périodes de formation, a-t-il ajouté.

Le dispositif des "emplois tremplins", hors artisans et commerçants, prévoit un financement total ou partiel des salaires et charges des jeunes pendant six mois.

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Samedi 31 mars 2007

   golène Royal ne veut pas "alimenter la polémique" sur la sécurité


LATHUS (Vienne), 29 mars 2007 (AFP) - Ségolène Royal a affirmé jeudi qu'elle ne voulait pas "alimenter la polémique" sur la sécurité, après les incidents de mardi à la gare du Nord, à Paris, reprochant en revanche à la droite de chercher à "instrumentaliser" le sujet.
Le candidat de la droite - Nicolas Sarkozy qu'elle n'a pas nommé - "essaie d'instrumentaliser cela pour attaquer la gauche de façon tout à fait disproportionnée et pas crédible, je ne vais pas me mettre à ce niveau-là", a-t-elle déclaré devant des journalistes.
En revanche, "la montée du nombre des agressions contre les policiers et les contrôleurs, c'est du désordre, et ça je pourrais l'exploiter", a-t-elle dit, citant des chiffres d'agressions contre les policiers passés de 5.000 à 11.000 par an de 2000 à 2006. "C'est très inquiétant", a-t-elle dit.
Elle a réitéré ses déclarations de la veille à Tours, insistant sur la nécessité d'"une République du respect où règne l'ordre juste", "la République de la confiance retrouvée".
Si je suis présidente, a-t-elle martelé, "les fonctionnaires de police seront protégés dans leur mission", "je créerai une police de quartier", "l'éducation civique sera renforcée à l'école pour que chacun sache quelles sont dans une société les règles à respecter".
"Les dirigeants doivent donner l'exemple, quand on voit certaines amnisties au plus haut niveau de l'Etat, cela ne donne pas l'exemple à ceux ensuite auxquels on demande de respecter la loi. La même loi doit s'appliquer à tous, aux puissants comme à ceux qui ne le sont pas"
, a-t-elle déclaré.
Après une visite dans une usine de Limoges, Ségolène Royal devait dans la soirée tenir un meeting dans cette ville aux côtés du Premier secrétaire du Parti socialiste, son compagnon François Hollande.


Ségolène Royal regrette l'intention de Sarkozy de ne pas revaloriser le SMIC



LATHUS (Vienne), 29 mars 2007 (AFP) - Ségolène Royal, candidate socialiste à la présidentielle, a regretté jeudi le refus de Nicolas Sarkozy de revaloriser le SMIC, jugeant "totalement incohérent" qu'il propose par ailleurs un allègement de l'ISF qui, selon elle, empêcherait d'augmenter les bas salaires.
Dans une interview publiée jeudi par l'Express, le candidat UMP indique ne pas souhaiter donner de "coup de pouce" supplémentaire au SMIC le 1er juillet, date de la revalorisation légale, mais plutôt "à tous les salaires", et promettant d'engager "une discussion avec le patronat dès l'été".
Après avoir indiqué qu'elle ne voulait plus "répondre au coup par coup" à ses adversaires et "du tac au tac devant la presse", Mme Royal a estimé que "c'est une bonne chose que les positions des uns et des autres soient clarifiées".
"Quand on vit avec 980 euros par mois, c'est-à-dire le SMIC net, c'est très difficile", a-t-elle encore souligné, estimant qu'"il faut impérativement revaloriser le SMIC et les bas salaires".
"C'est totalement incohérent de proposer, comme le fait le candidat de droite, un allègement de l'ISF", a-t-elle souligné. "Du coup, il n'a plus les moyens d'augmenter le SMIC et les bas salaires".
Et elle a répondu positivement à un journaliste qui lui demandait si le SMIC pouvait être "un élément de clivage" entre les deux candidats.
"Il y a un vrai choix, cela permet aux Français de clarifier" sur leur choix de société, a-t-elle déclaré, assurant que, si elle était élue, "la bonne répartition des fruits de la croissance" serait "la nouvelle donne sociale".

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Samedi 31 mars 2007

 

D O N N E E S   E T

A R G U M E N T S

L a  n o t e  q u o t i d i e n n e  n ° 5 1 – 2 9  m a r s  2 0 0 7

ILS  L'ONT  DIT

Nicolas Hulot, qui ne soutient personne, mais sait quel est le moins écolo de tous les candidats en mesure de l’emporter…

En réponse à la question « avezvous encore des choses à dire à Nicolas Sarkozy ? » : "Non, mais je sers d’intermédiaire avec les autres associations."

Nicolas Sarkozy, et le populisme c’est de quel côté ?

"L’autorité et le respect c’est de notre côté, la fraude et le soutien à la délinquance c’est de l’autre côté !"

PARLONS  DU   …

« c l i m a t  d e  t e n s i o n  i n s t a l l é  p a r  l a  d r o i t e »

Une série d’évènements a révélé, depuis plusieurs semaines, un climat de tension dans notre pays. Si ces éléments portent sur des sujets différents, le point de cohérence existe : une dégradation du quotidien vécu, niée et camouflée par le gouvernement.

 La tension sociale : l’emploi en danger

• Les crises sociales se multiplient, toutes plus symboliques les unes que les autres…

Airbus : + de 4000 emplois menacés

Alcatel-lucent : + de 1500 emplois menacés

La Camif : + de 400 emplois menacés

• …et le gouvernement maquille la réalité

Les chiffres du chômage sont maquillés et l’étude de l’INSEE est tenue secrète pour faire croire à une amélioration

La manoeuvre continue aujourd’hui avec un chiffre annoncé de 8,4 % en total contradiction avec les relevés d’Eurostat qui tablent sur 9,8 % (cf. D&A d’hier)

 La tension démocratique

L’acharnement contre les sans-papiers

Frénésie législative, mise en scène de Cachan, guet-apens aux abords des écoles et des associations caritatives…

• …est le symbole d’une logique de division permanente

Les français contre les immigrés

Les banlieues contre les centres-villes

Les jeunes contre la police

Le repli communautaire…

 La tension en terme d’insécurité

• Nos concitoyens ne se sont jamais autant senti en insécurité…

4 millions de personnes sont agressées physiquement ou verbalement chaque année

• …et la culture du chiffre imposée par le Ministre de l’intérieur leur a fait perdre confiance

Aujourd’hui 2 victimes sur 3 ne portent pas plainte

LE  RAPPEL  DU  JOUR

François Bayrou, ne se gêne pas pour descendre en flèche le bilan du gouvernement en matière de sécurité. Il oublie en revanche de dire qu’il est lui-même comptable de cette situation. Car avant de se découvrir une âme d’opposant, l’UDF a applaudi des 2 mains le socle des 4 lois sécuritaires du gouvernement en début de mandat :

LOPSI (Loi d’Orientation et de Programmation sur la Sécurité Intérieure) : vote pour

LOPJU (Loi d’Orientation et de Programmation pour la Justice / Perben 1) : vote pour

Loi pour la sécurité intérieure : vote pour

Loi portant adaptation de la justice aux nouvelles formes de criminalité (Perben 2) : vote pour

L ’ ALERTE  DU  JOUR

• François Baroin a déclaré hier qu’il "peut y avoir des expulsions [de parents d’enfants scolarisés] avant juillet."

LE  PILLAGE  DU  JOUR

Nicolas Sarkozy a mis du temps à pondre son programme, le temps de sélectionner des passages symboliques du nôtre pour alimenter la confusion droite/gauche :

"Sécurité sociale professionnelle, service civique obligatoire, organisation mondiale de

l’environnement…"

• De la poudre aux yeux pour masquer le libéralisme revendiqué des 99,9 % restants du programme du l’UMP…

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Samedi 31 mars 2007

 

COULONGES, Vienne, 29 mars (Reuters) - Ségolène Royal a livré jeudi un plaidoyer pour l'agriculture et le monde rural, affirmant qu'il est possible d'imaginer un avenir positif à condition de changer certaines règles, notamment la répartition des aides agricoles, et de rétablir les services publics.

"Le combat pour garder les emplois, les développer à partir de l'investissement dans la qualité, dans la formation, dans la conquête des emplois du futur, concerne aussi l'agriculture et le milieu rural", a-t-elle déclaré lors d'une rencontre avec la population à Coulonges (Vienne), en Poitou-Charentes, région dont elle est présidente.

Pour dynamiser l'économie rurale, la candidate du PS à l'élection présidentielle a rappelé son projet de confier aux régions la répartition d'une partie des aides agricoles et promis de rétablir "les services publics là où ils ont disparu, en particulier dans le milieu scolaire et la présence postale".

"Il est possible de penser un avenir positif au milieu rural, à condition de changer un certain nombre de règles du jeu en faisant en sorte que les aides publiques aillent aux exploitations qui font de la qualité, qui se battent pour l'emploi, qui se lancent dans des productions nouvelles", a expliqué Ségolène Royal.

Citant l'agriculture biologique et les produits de qualité, elle a défendu les "circuits courts" qui permettent, selon elle, "que ce soit vraiment à agriculteur, à l'éleveur, que revienne l'essentiel du produit de son travail".

"On sait à quel point les agriculteurs se sentent souvent spoliés de leur travail", a-t-elle souligné, affirmant que "la valeur ajoutée doit rester à l'agriculteur et ne doit pas se disperser tout au long de la chaîne".

Grâce à des actions de ce type, "nous réussissons à réinstaller des jeunes, ce qui ne paraissait plus possible il y a un ou deux ans", a-t-elle déclaré.

La candidate socialiste a également cité l'écologie, estimant que "l'agriculture a une carte à jouer car c'est ici que se prépare l'après-pétrole", à partir du bois, de la géothermie et des biocarburants, ainsi que le développement du tourisme de qualité s'appuyant sur le patrimoine rural.

Plus tôt dans la matinée, Ségolène Royal avait effectué un long bain de foule dans les allés de la foire, aux Hérolles, dans la Vienne, en compagnie de Michel Sapin, président de la région Centre, et de Jean-Paul Denanot, président de la région Limousin.

Elle devait tenir dans la soirée à Limoges (Haute-Vienne) son premier meeting commun avec son compagnon et premier secrétaire du PS, François Hollande, depuis le début de la campagne.

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Samedi 31 mars 2007

AU PARLEMENT EUROPEEN

Produits Bio et OGM restent incompatibles!

Les députés socialistes français ont félicité la députée verte Marie-Hélène Aubert pour le gros travail effectué depuis 2005 sur la proposition de règlement relatif à la production biologique et à l'étiquetage de ces produits. La tâche n'était pas aisée car la proposition portait atteinte à l'identité forte et crédible de l'agriculture biologique. Fort heureusement, les socialistes européens ont réussi à faire passer leurs amendements fixant le seuil autorisé d'OGM dans les produits BIO au premier seuil détectable : 0,1%.

Les socialistes français sont très satisfaits des avancées obtenues en commission parlementaire de l'agriculture sur plusieurs points :
- un encadrement plus strict de l'utilisation des produits phytopharmaceutiques, des traitements vétérinaires et des dérogations nationales,
- un contrôle renforcé, y compris sur les produits importés lors de la certification.
- une extension du champ d'application du règlement
- le maintien des comités de règlementation

- et, une double base juridique qui permettrait la codécision Conseil - Parlement.

Par contre, restait ouverte la question des OGM dans l'agriculture biologique ce qui était particulièrement inquiétant. Le compromis issu de la commission de l'agriculture stipulait qu'un produit ne peut être étiqueté BIO s'il contient des OGM, mais acceptait en même temps un seuil de contamination accidentelle aux OGM identique à celui de l'agriculture conventionnelle, c'est-à-dire 0,9%.

Le Groupe socialiste a donc déposé deux amendements demandant que la présence d'OGM dans les produits biologiques soit limitée exclusivement aux volumes imprévisibles et techniquement inévitables à concurrence d'une valeur maximale de 0,1% et que le terme BIO ne soit pas utilisé pour désigner les produits dont la contamination accidentelle par les OGM est supérieure au seuil détectable de 0,1%.

Les députés européens de l'UMP ont voté contre ces amendements.

 
     
   
par EXCOFFIER publié dans : ump
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Jeudi 29 mars 2007

La gauche et la nation

 

 

 

Lever tous les malentendus

 

 

La nation appartient au peuple. C’est le peuple français qui a lancé le cri de « Vive la nation » aux monarchies coalisées contre la Révolution française. Ce « Vive la nation » signifiait déjà « Vivent toutes les nations ».

 

 

Pendant que l’aristocratie se réfugiait à Coblence, c’est le peuple qui défendait la nation.

 

 

C’est la Résistance qui a maintenu intacte une idée exigeante de la nation qu’elle acceptait de voir ni soumise ni défigurée.

 

 

Dans notre histoire, la gauche a porté l’idée de nation, mais pas n’importe quelle nation !

 

 

 

La nation, ce n’est pas le nationalisme !

 

 

Le nationalisme c’est la haine des autres. Le nationalisme voudrait assujettir toutes les valeurs à la primauté de la nation.

 

 

Au contraire, l’idée républicaine de la nation combat le nationalisme avec les meilleures armes, comme on l’a vu dans l’affaire Dreyfus : Les nationalistes, avec Barrès et Maurras, sacrifient la vérité pour que leurs conceptions nationalistes soit épargnées. Tandis qu’avec Zola et Jaurès, les dreyfusards exigent que la France et la justice ne fassent qu’un. L’amour de la France se confond avec l’amour de la vérité ;

 

 

 

La nation c’est l’outil de l’ouverture au monde, ce n’est pas le repli !

 

 

La nation est la brique de base d’un ordre international respectueux des peuples.

 

Jaurès : « un peu d’internationalisme éloigne de la patrie, beaucoup y ramène ».

 

Michelet : »La patrie est l’apprentissage à l’universelle patrie ».

 

C’est par la nation que nous pouvons être responsables du monde, que nous pouvons agir contre l’ordre injuste du monde.

 

 

La conception républicaine de la nation a ceci de particulier qu’il se veut porteur de valeurs universelles. C’est une juste articulation du particulier et de l’universel dont nous avons besoin aujourd’hui pour maîtriser une mondialisation sans âme.

 

 

 

La gauche et la nation ont partie liée

 

 

Les grands moments de notre histoire ont vu ce mariage de la gauche et de la nation :

 

La Révolution française,

 

Le Front populaire,

 

La Résistance ,

 

La Libération ,

 

Les luttes contre le colonialisme, au nom de l’idée républicaine de la nation, contre l’exploitation des autres peuples

 

 

Jamais la gauche n’a été aussi grande que quand elle épousait une cause plus grande qu’elle : Celle de la nation tout entière.

 

 

 

La nation, c’est le cadre historique de la démocratie.

 

 

La nation reste le cadre des solidarités et de la sécurité sociale. La nation, c’est savoir où nous voulons aller ensemble et avec quelles valeurs, respectant notre devise « Liberté, Egalité, Fraternité ».

 

C'est le cadre par lequel nous formons tous une seule et unique communauté, réunis dans la richesse de nos différences par les valeurs de la République.

 

 

 

Une nation ouverte sur l’Europe et le Monde

 

 

Les Français pourront d'autant plus fortement se tourner vers l'Europe d'une part et regarder la mondialisation sans peur d'autre part s'ils ont la conviction que nous saurons préserver la nation dans ce qu'elle a de plus précieux, c'est-à-dire ses solidarités et sa sécurité sociale et en même temps que nous ne ferons pas de la nation un outil de repli sur soi, de nationalisme, de racisme, de lutte contre toutes les formes de différence, mais bien au contraire une nation rassemblée avec toutes ses différences
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Jeudi 29 mars 2007

D O N N E E S  E T

A R G U M E N T S

L a  n o t e  q u o t i d i e n n e  n ° 5 0 – 2 8  m a r s  2 0 0 7

ILS  L'ONT  DIT

Jean-Louis Borloo, à qui l’on doit avoir promis beaucoup pour soutenir un candidat jugé de la sorte… "Je ne sais pas si Nicolas Sarkozy ira en banlieue. S’il veut venir dans ma voiture, il y a de la place."

Frédéric Nihous, si même les chasseurs s’y mettent…

"On reparle de la police de proximité, ils n’avaient qu’à pas la fermer il y a 4 ans."

Jean-Marie Cavada, il faut faire attention quand on supprime, mais il faut faire aussi attention quand on critique sans proposer pour se mettre en scène comme un certain François B…

"Il faut faire attention quand on supprime ce qu’ont fait les autres, la police de proximité avait son utilité."

 

 

 

 

PARLONS  DE

« l a  c o n f i a n c e  e n t r e  l a p o p u l a t i o n  e t  l a 

 p o l i c e »

La scène qui s’est déroulée hier à la Gare du nord n’est pas un fait divers. Elle illustre le climat de tension, le fossé et la violence désormais installés entre la police et la population.

 Nicolas Sarkozy a installé un climat de tension entre la population et les forces de l’ordre

• En utilisant un vocabulaire provocateur

Racaille, kärcher…

• En coupant le lien police-population qu’avait su nouer la police de proximité

• En poussant les forces de l’ordre à la faute par une culture du chiffre et du résultat

 

 Les agents des services publics sont les premières victimes de cette stratégie de la tension

• Les dépositaires de l’autorité publique en première ligne

Violences à leur endroit : + 25 % depuis 2002

14 agressions de policiers par jour

• Mais tous les agents des services publics sont touchés

9 agressions d’enseignants par jour

 Nos propositions pour rétablir la situation

• Rétablir la civilité

Apprentissage du respect de l’autre et de la gestion des conflits à l’école dès le plus jeune âge

• Prendre en charge les mineurs

Politique de prévention précoce de la violence : encadrement éducatif renforcé

Solutions nouvelles pour extraire de la délinquance : centre éducatifs renforcés

• Créer une nouvelle police de quartier

Mieux répartir les effectifs et les pérenniser en zone sensible / affecter les personnels les plus expérimentés aux quartiers les plus difficiles

LE  REDRESSEMENT  DU  JOUR

• Le canard publie aujourd’hui un article très intéressant sur les techniques des sondeurs, et notamment la technique du "redressement" qui consiste à pondérer les intentions de vote effectivement recueillies en fonction du contexte, de l’ambiance... Ainsi apprend on qu’à quelques jours du fameux 21 avril 2002, Jean- Marie Le Pen ne recueillait les suffrages que de 9 % des sondés, chiffre redressé à 14 % d’intentions de vote pour compenser le tabou qui mène beaucoup d’électeurs du Front national à ne pas revendiquer leur vote.

• A la lumière des amitiés de Nicolas Sarkozy dans le milieu sondagier, on comprend tout de suite beaucoup mieux le sentiment de décalage que nous ressentons tous entre la dynamique du terrain, les salles peines et l’enthousiasme des français d’une part, et le rapport de force matraqué dans les sondages d’autre part.

• Matraquage qui exaspère les sondés et les pousse, de l’aveu off des sondeurs sérieux, pour près de 10 % d’entre eux, à mentir volontairement

 

 

LES  CHIFFRES  DU  JOUR

9,8 % : c’est le taux de chômage réel en France que devrait prochainement publier l’institut de statistique eurostat. La réalité est donc définitivement très loin des 8,7 % bidouillés par le gouvernement.

+ de 46 % : c’est le taux des prélèvements obligatoires en France en 2006 que le même eurostat publiera prochainement. On est également très loin des 44,4 % mis en avant par le gouvernement soit disant champion des baisses d’impôts.

 

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Mercredi 28 mars 2007


Incidents gare du Nord : "l'échec sur toute la ligne" de la droite (Ségolène Royal)


PARIS, 28 mars 2007 (AFP) - Ségolène Royal, candidate socialiste à la présidentielle, a affirmé mercredi que les affrontements de la gare du Nord montrent "l'échec sur toute la ligne" de la droite en matière de sécurité depuis 2002.
"Bien évidemment les voyageurs doivent payer leur billet. Mais qu'un simple contrôle puisse dégénérer dans un affrontement aussi violent prouve que quelque chose ne va plus", a-t-elle déclaré sur Canal+.
Selon elle, "en cinq ans d'un gouvernement d'une droite qui avait fait de la sécurité son thème de campagne, on voit que c'est l'échec sur toute la ligne".
"Les gens sont dressés les uns contre les autres, ont peur les uns des autres. La police a parfois peur de se rendre dans certains quartiers ou de procéder à certains contrôles", a-t-elle ajouté avant de conclure : "Ce n'est pas la République".
Mme Royal a affirmé vouloir "une République de l'ordre juste" où "la police" comme "les citoyens" sont "respectés". "Il faudra un ministre de l'Intérieur qui remette de l'ordre juste au sens où chacun aura le sentiment d'obéir aux mêmes règles", a-t-elle dit.
La candidate du PS a plaidé pour "une société de confiance et d'harmonie". "C'est un grand défi à relever, il faudra agir vite", a-t-elle dit, en affirmant que "la situation s'est dégradée" dans les quartiers depuis les émeutes de novembre 2005.
Elle a réaffirmé son intention de "créer une police de quartier pour remplacer