24/06/2007 - Canal + - Dimanche +
Laurence FERRARI : 13h11, en direct dans Dimanche Plus, l'invitée de Dimanche Plus, c'est Ségolène Royal. Bonjour.
Ségolène ROYAL, présidente de la région Poitou-Charentes : Bonjour !
Laurence FERRARI : Présidente de la région Poitou-Charentes et candidate à l'élection présidentielle 2007. Merci de réserver vos premières déclarations à Dimanche Plus, après le conseil national du Parti socialiste hier. Pourquoi n'étiez-vous pas présente à Paris, hier ?
Ségolène ROYAL : Parce que j'avais fait le choix d'être dans ma région. Vous savez que j'ai été écartée, longtemps, de cette région parce que j'étais engagée dans une campagne nationale, la présidentielle, et puis les législatives. Voilà...
Laurence FERRARI : Ce n'était pas par crainte d'être bousculée, d'être chahutée ?
Ségolène ROYAL : J'ai entendu qu'il n'y avait pas forcément que des propos aimables qui ont été échangés. Mais vous savez, moi, je me suis imposé une règle éthique depuis toujours, c'est de ne dire jamais de mal d'un autre socialiste ; et en ce qui concerne les adversaires politiques, c'est de ne jamais les attaquer sur le plan personnel. Et cette règle de conduite, je continue à me l'appliquer. J'entends un certain nombre de choses qui sont dites par ceux-là même, d'ailleurs, qui souvent sont venus me chercher pour les aider à gagner les élections législatives... Mais tout cela n'est pas grave. Ce que je demande...
Laurence FERRARI : Ça ne vous blesse pas ? Quand Claude Bartolone dit : "On découvre qu'on a soutenu une candidature de duplicité", ça vous blesse ?
Ségolène ROYAL : Je trouve que ça ne rend pas service au collectif, à notre combat commun, notre idéal commun. Je crois que ça n'est pas à ce niveau que doivent se situer les prises de parole politiques ; ça nous fait du mal collectivement. Et, en même temps, je ne veux pas situer sur ce même niveau. J'ai été candidate à l'élection présidentielle ; j'ai rassemblé sur mon nom 17 millions d'électeurs et d'électrices qui attendent que nous continuions à travailler pour assurer demain une relève, incarner l'avenir - et voilà quelle est ma tâche aujourd'hui, avec d'autres, bien sûr.
Laurence FERRARI : Et c'est en snobant le conseil national que vous arriverez à faire ce travail-là ?
Ségolène ROYAL : Vous avez vu les images magnifiques qui viennent de se dérouler, là, sur les écrans ?Je suis allée voir, hier, une frise magdalénienne de 20 000 ans avant Jésus Christ. C'est un endroit exceptionnel et, en tant que présidente de région, j'ai un projet magnifique pour faire en sorte que le public puisse accéder à ces merveilles que nous ont léguées nos ancêtres...
Laurence FERRARI : C'est un pied-de-nez ; c'est un pied-de-nez vos amis.
Ségolène ROYAL : Regardez comme c'est beau !
Laurence FERRARI : C'est magnifique, j'en conviens...
Ségolène ROYAL : C'est somptueux, et aujourd'hui, vous voyez, le public n'y a pas accès. Et donc, je veux que le public puisse y avoir accès... je crois que les merveilles du monde doivent être mises à la portée du plus grand nombre. C'est un projet de démocratisation culturelle et de civilisation très important.
Laurence FERRARI : D'accord... Pour en revenir à la politique, il y a deux propositions du projet socialiste que vous avez reprises dans le pacte présidentiel dont vous avez jugé qu'elles n'étaient pas crédibles - c'était le SMIC à 1500 euros et la généralisation des 35 heures. Vous maintenez ces critiques ?
Ségolène ROYAL : Mais bien sûr ! Et d'ailleurs, ça n'est pas nouveau, la façon dont je les ai exprimées. Et vous savez, dans la démarche de démocratie participative, jamais on ne m'a demandé le SMIC à 1500 euros immédiatement. Et d'ailleurs, au fur et à mesure de la campagne, c'est en écoutant les gens que j'ai pu adapter ces mesures initiales du projet socialiste qui était insuffisamment préparé donc pas crédible. Pourquoi ? Parce qu'il y a des gens qui me disaient : "Mais attendez... 1500 euros bruts dans 5 ans, vous vous moquez de nous, puisque, de toute façon, avec l'augmentation des pris et le coup de pouce au SMIC, nous y arrivons." Et donc...
Laurence FERRARI : Mais pourquoi ne pas l'avoir dit tout de suite ?
Ségolène ROYAL : Mais je l'ai dit au cours de la campagne ! Et d'ailleurs...
Laurence FERRARI : Parce que les militants socialistes sont troublés, aujourd'hui... Vous comprenez le doute qui s'est installé dans leur esprit ?
Ségolène ROYAL : Peut-être sont-ils troublés parce que mes propos sont déformés... Mais, pendant la campagne, j'ai adapté ces mesures, et j'ai dit : "1500 euros le plus rapidement possible", et pas dans 5 ans puisque les 3,6 millions de Français qui sont payés au SMIC et qui, aujourd'hui, gagnent moins de 1000 euros par mois attendent une revalorisation des bas salaires ; et pour tous les autres, ceux qui avaient compris qui c'était 1500 euros nets du jour au lendemain, et qui se disaient : "Les socialistes ne sont pas responsables ; c'est impossible, sans croissance, d'avoir une telle accélération des salaires" ; plus tous ceux, les 11 millions de Français salariés qui sont juste au-dessus du SMIC et qui se disaient : "Mais nous, nous allons devenir Smicards ; ça ne va pas dut tout !"... pour ceux-là, j'ai expliqué que l'augmentation des salaires, de tous les bas salaires, ne se ferait pas de façon unilatérale et brutale mais en discussions avec les partenaires sociaux, dans le cadre de la conférence nationale sur la croissance et les revenus, d'une part. Et, d'autre part, j'ai mis en avant cette idée nouvelle du gagnant-gagnant en disant : "Il faut que l'augmentation salariale corresponde aussi à l'intérêt des entreprises". Et comment faire cette réconciliation vers le haut ? C'est en donnant massivement de la formation professionnelle aux salariés. Et donc, si les salariés sont mieux formés, à ce moment-là, l'entreprise doit les payer davantage. Et on a donc, à ce moment-là, des entreprises plus compétitives, parce que les salariés sont mieux formés, et des salariés mieux payés et donc qui voient aussi une évolution de carrière se profiler - ce qui manque aujourd'hui cruellement aux salariés.
Laurence FERRARI : Madame Royal, est-ce qu'il y a d'autres points du projet socialiste sur lesquels vous n'étiez pas d'accord ? Que vous n'auriez pas appliqués si vous étiez élue ?
Ségolène ROYAL : Mais, je les aurais appliquées, ces deux mesures-là ; il ne faut pas qu'il y ait de malentendus. Je les aurais appliquées, c'est-à-dire que j'aurais tenu ma parole mais dans le contexte que je viens de vous expliquer, c'est-à-dire en discussions avec les partenaires sociaux et, deuxièmement, en accompagnant les augmentations salariales d'une discussion globale sur les bas salaires et sur les petites retraites... et en les accompagnant d'un effort très important de formation professionnelle. Donc, je crois que, à l'avenir, pour que nos propositions soient crédibles, il faudra dire comment on les finance, comment on les met en application et quelles sont les mesures d'accompagnement qui leur permettront d'être crédibles, et donc de nous permettre de conquérir l'opinion publique.
Laurence FERRARI : Alors, madame Royal, avant de revenir sur ce qui s'est passé hier au conseil national du Parti socialiste, je vous propose de regarder un reportage sur la semaine qui a agité le Parti socialiste, avec un défi à gauche : passer de la division à la refondation. Reportage Thierry Dagiral et Ludovic Tourte.
Thierry DAGIRAL : Ah ! c'est la grande lessive qui commence au PS... Deux défaites et des mois de non-dits. Mardi, c'était la rentrée des députés socialistes, mais les éléphants, c'est l'avenir du parti qui les excitent, avec un homme à flinguer : lui, François Hollande. Il l'a décidé : il restera aux manettes jusqu'après les municipales - c'est loin... A distance, Royal se voit déjà en cheftaine socialiste et ses troupes veulent accélérer le tempo... François Hollande a déjà imposer un timing, un agenda... ?
Julien DRAY, député de l'Essonne : C'est le sien, oui...
Thierry DAGIRAL : Celui du PS ?
Julien DRAY : Non, pour l'instant, c'est le sien. Il dit qu'il veut rassembler ; je crois qu'il a raison d'ailleurs. Donc, il faut que ça devienne collectif, donc il faut débattre, il faut en discuter.
Thierry DAGIRAL : Vous voulez que l'agenda s'accélère ou pas ?
Julien DRAY : Il faut faire attention. Il ne faut pas donner le sentiment qu'on est en train de traîner, quoi ! Voilà.
Thierry DAGIRAL : Royal en rêve, les autres y pensent mais se taisent. Votre ami DSK, il pense, lui aussi, à être premier secrétaire ou pas ?
Jean-Christophe CAMBADELIS, député de Paris : Oh... ce n'est pas le problème... Honnêtement, ce n'est pas le problème.
Thierry DAGIRAL : Ségolène Royal en a parlé dès hier soir...
Jean-Christophe CAMBADELIS : Ben oui, elle a raison, mais ce n'est pas le problème.
Thierry DAGIRAL : Elle a raison .
Jean-Christophe CAMBADELIS : Elle a raison de se poser cette question puisque ça a l'air de la turlupiner... mais ce n'est pas le problème.
Thierry DAGIRAL : Le PS se cherche d'abord une doctrine, des valeurs communes ; ne plus éviter les débats pour sauver la façade.
Jean-Christophe CAMBADELIS : Il faut de la décision, c'est-à-dire qu'il faut trancher. Il y a un désaccord, visiblement, dans le Parti socialiste, sur la question européenne... Tranchons-la. Il y a un désaccord sur la question de la mondialisation... Tranchons-le. Il y a un désaccord sur la question du social et de l'économie ; comment on fait du social aujourd'hui par rapport à la mondialisation dans l'économie ? Il faut le trancher. Et puis, à partir de là, travaillons aux questions d'organisation.
Thierry DAGIRAL : Il y a du boulot, hein !
Jean-Christophe CAMBADELIS : Ah bah oui ! C'est quand même la troisième fois qu'on perd les présidentielles ! Il y a du boulot !
Thierry DAGIRAL : "Hollande incapable de trancher, responsable de l'échec socialiste", Cambadélis l'écrit dans son bouquin sorti cette semaine. Deux tueurs sans cagoule : Valls, ancien proche de Jospin, prêt à rallier Royal ; Gorce, le fabiusien, désormais avec l'ex-candidate. Message limpide : Hollande doit partir, et vite.
Manuel VALLS, député de l'Essonne : Il faut un renouvellement des équipes, des idées évidemment, et donc des équipes aussi. Et donc, il faut donner des signes rapides... très rapides ! Evidemment, très rapides.
Thierry DAGIRAL : François Hollande doit partir très vite ?
Manuel VALLS : Moi, je l'ai dit ; il faut évidemment qu'il cède la place à une direction collégiale.
Gaëtan GORCE, député de la Nièvre : Si on s'installe dans un système dans lequel ça ne change jamais quand on échoue, on ne peut pas reprocher à d'autres de le faire. Je veux dire, l'éthique politique, c'est que lorsqu'on subit un échec collectif, eh bien, la direction, ceux qui en portent la responsabilité politique - je ne dis pas personnelle, politique - doivent se retirer. C'est normal.
Thierry DAGIRAL : Rue Solférino, le siège du PS, comme le dernier bunker d'Hollande. Ses proches ont sorti les gilets pare-balles.
Stéphane LE FOLL, directeur de cabinet de François Hollande : On a bien compris que certains voulaient aller plus vite, pour des raisons qui devront être expliquées, qui peuvent être de bonnes raisons...
Thierry DAGIRAL : Alors, qu'est-ce qu'il y a derrière, selon vous ?
Stéphane LE FOLL : Je ne sais pas ce qu'il y a derrière... Il y a des analyses sûrement pertinentes qu'on attend.
Thierry DAGIRAL : En fait, mes écuries se forment. La plupart des amis d'Hollande ont choisi Royal. Le clan de l'ex-candidate veut mettre la pression, agir vite... Échec à la présidentielle, échec aux législatives et Hollande reste dans son bureau... Rien ne change, pendant un an ?
Stéphane LE FOLL : Mais quelle est la question posée ?! Est-ce que vous croyez simplement, puisque vous me posez une question, que c'est en changeant de premier secrétaire qu'on va régler les problèmes ? Si c'est ça, il y aura l'occasion de le faire...
Thierry DAGIRAL : C'est un signal envoyé aux élus.... ?
Stéphane LE FOLL : C'est un signe qui sera donné si les militants et si les responsables du parti le souhaitent ! On se s'accroche pas du tout au poste - et François moins qu'un autre !
Thierry DAGIRAL : Derrière le bras de fer politique, l'affaire privée. C'est à cette journaliste que Ségolène Royal a confié sa séparation. Depuis une semaine, l'ex-candidate est libre, affranchie du PS et de son patron.
Christine COURCOL, journaliste AFP, "Les coulisses d'une défaite" : De toute évidence, ils n'ont tout à fait la même conception de ce que doit être le PS, du positionnement du PS... On l'a vu au moment où elle a fait des appels à François Bayrou ; ce n'était vraiment pas le truc de François Hollande. Alors là, ils vont être sans doute en désaccord. Peut-être qu'ils auront plus de franchise dans l'expression des désaccords puisque, bon, ils ne seront plus assimilés comme deux éléments d'un couple.
Thierry DAGIRAL : Pendant ce temps, les jeunes militants dépriment. Un couple qui se déchire, des vieux qui veulent garder le pouvoir et la Gauche qui part en lambeaux.
Militant PS 1 : Il faut un vrai renouvellement idéologique mais aussi générationnel.
Militant PS 2 : Je pense que cette ambiance Santa Barbara, on doit sortir de là. On ne doit pas justement s'intéresser à ces petits problèmes de Voici, "peoplisation" qui, pour moi, dégradent ce qu'on fait au quotidien, nous, en tant que jeunes militants socialistes.
Militant PS 3 : On considère qu'effectivement le premier secrétaire est toujours légitime pour mener le Parti Socialiste aux prochaines élections municipales te ensuite jusqu'au congrès. Et je crois que ça, ça ne se discute pas.
Thierry DAGIRAL : Bon, ben ça en fait au moins un avec Hollande. En fait, pour l'heure, les éléphants soutiennent le rythme, les patrons. Est-ce que le calendrier de Monsieur Hollande vous convient ?
Bertrand DELANOË, maire de Paris : Ben, je ne le connais pas tout à fait.
Thierry DAGIRAL : Après les municipales en tout cas ?
Bertrand DELANOË : Je pense qu'il faut faire le travail en profondeur, sérieusement, avec audace et en osant se remettre en cause. Et donc no ne peut pas le faire bien en peu de temps.
Thierry DAGIRAL : On sent qu'il y a beaucoup de gens derrière vous, les jospiniens...
Bertrand DELANOË : C'est un détail. Allez, ciao !
Thierry DAGIRAL : Mais important ! La tactique se joue en deux temps : un, soutenir Hollande pour évincer Royal ; deux, en cas de victoire au municipales, Delanoë se glisserait bien dans le costume de chef. Semaine de huis clos au PS. Mardi, dans Le Marais, Ségolène Royal réunissait ses fidèles. Vous avez parlé de l'après ?
Jean-Louis BIANCO, député Alpes de Haute-Provence : On est dans un local privé, donc je ne fais aucune déclaration.
Thierry DAGIRAL : Ses proches demandes la consultation rapide des militants - c'est sa force à elle, Royal l'émancipée - et repartir en guerre.
Ségolène ROYAL, présidente région Poitou-Charentes : Ce qui importe pour moi, c'est le fond des propositions et c'est la rénovation des méthodes politiques et du Parti Socialiste. En attendant, les éléphants ont voté hier le calendrier d'Hollande. Ségolène Royal a séché le conseil national. Dur retour à la réalité pour l'ex-candidate.
Laurence FERRARI : Ségolène Royal, est-ce que vous espérez toujours soumettre le calendrier que François Hollande a fait adopter à une écrasante majorité aux votes des militants ?
Ségolène ROYAL : Mais je crois que ce n'est pas le sujet principal. Je pense que lorsque les Français regardent ce type de reportage alors que nous sortons d'une longue période de campagne, éminente d'ailleurs...
Laurence FERRARI : Vous pensez que c'est désastreux ?
Ségolène ROYAL : Oui, je pense que c'est une très mauvaise image parce qu'on ne voit évoquées que les questions de personnes. C'est-à-dire que c'est un retour aux méthodes du passé. Je crois que les méthodes politiques doivent se rénover et que nous avons la responsabilité majeure de remettre en avant des idées neuves. Et donc moi, je me refuse à rentrer dans les conflits de personnes. Il y a beaucoup de sujets aujourd'hui à trancher puisque donc les Français là maintenant ont voté pour un président UMP, une majorité UMP, et donc l'opposition aujourd'hui a un rôle éminent, pas seulement de s'opposer systématiquement mais aussi de construire et de proposer.
Laurence FERRARI : Et d'approuver parfois si des mesures sont bonnes ?
Ségolène ROYAL : Et parfois d'approuver si les mesures sont bonnes, en veillant aussi à la façon et à la méthode avec lesquelles elles sont appliquées. Donc aujourd'hui, on le sait, les problèmes qui préoccupent les Français sont encore les mêmes, c'est-à-dire la question du chômage et la question du pouvoir d'achat.
Laurence FERRARI : Mais est-ce que vous êtes, vous, ou pas, candidate au poste de premier secrétaire ? Est-ce que ça vous intéresse ? Vous l'avez dit déjà.
Ségolène ROYAL : Mais je ne suis pas préssée. Le Parti Socialiste n'est pas un objectif en soi, c'est la plus grande organisation politique qui est au service des Français pour préparer une alternance et pour rénover la vie politique et les idées politiques par rapport aux nouveaux défis auxquels la France est confrontée et auxquels le monde est confronté : les questions de la mondialisation, des délocalisations qui ne sont toujours pas réglées, la question du pouvoir d'achat, des inégalités, etc.
Laurence FERRARI : Mais si c'est une étape... Si c'est une étape, vous la franchirez cette étape-là ?
Ségolène ROYAL : Mais lorsqu'on me pose la question, vous savez, après une élection présidentielle, il y a deux solutions : soit on dit "On arrête" comme l'avait fait Lionel Jospin - ça n'est pas le choix que j'ai fait et je l'ai respecté, c'est aussi sa façon de voir les choses -...
Laurence FERRARI : Vous irez tout droit ?
Ségolène ROYAL : ... soit on dit comme François Mitterand après 74, "Je continue parce que, non pas pour moi, c'est pas un itinéraire personnel, mais parce qu'il y a une espérance qui s'est levée, il y a un mouvement très fort qui s'est mis en mouvement lors de cette campagne, il y a des espoirs." Je suis retournée à la demande des candidats dans les circonscriptions de plus d'une centaine de candidats aux élections législatives et j'ai senti la cruelle déception de beaucoup et de beaucoup d'électeurs. Donc cette énergie-là...
Laurence FERRARI : Est-ce que vous allez faire, à un moment... ?
Ségolène ROYAL : ... cette énergie-là, ce serait un gâchis de ne pas la mettre au service de la rénovation de la politique.
Laurence FERRARI : Est-ce qu'il y a un moment où vous allez faire votre auto-critique, Ségolène Royal, dire "Voilà pourquoi j'ai perdu" ?
Ségolène ROYAL : Mais bien sûr.
Laurence FERRARI : Cet été ?
Ségolène ROYAL : Mais ce n'est pas seulement une auto-critique, c'est aussi l'analyse des idées neuves qui ont entraîné 17 millions d'électeurs ; c'est aussi l'analyse des idées qui n'ont pas été entendues, pas été comprises ; c'est aussi l'analyse du système médiatique. On le sait bien, il y a une force de frappe médiatique du côté du candidat de l'UMP que plus personne ne conteste aujourd'hui. Il y a aussi un système sondagier, il y a aussi un candidat de l'UMP qui est resté ministre jusqu'à un mois de l'échéance présidentielle. Il y avait aussi donc une disproportion de moyens qu'il faut analyser. Il faut d'ailleurs que le Parti Socialiste aussi se pose la question de savoir comment il agit pour avoir des outils de communication très forts.
Laurence FERRARI : Mais vous n'avez pas fait d'erreur, vous ? Vous avez fait des erreurs, vous.
Ségolène ROYAL : Mais sans doute ! Bien sûr. Personne n'est parfait. Rassurez-vous.
Laurence FERRARI : Et vous allez les analyser, les rendre publiques ?
Ségolène ROYAL : Oui, oui.
Laurence FERRARI : D'ailleurs cet été, il y a un séminaire à La Rochelle que vous allez organiser ?
Ségolène ROYAL : Oui, c'est-à-dire qu'au lieu de les faire comme ça par bribes au gré des questions des journalistes, auxquelles je réponds, je ne veux pas là refuser de répondre à toutes les questions, donc sur un certain nombre de sujets, même si ça fait polémique, et tant mieux parce que ça fait débat. Moi, je ne crois pas que ce soit des polémiques dès qu'il s'agit de questions de fond. Ce sont des débats. Donc j'aurai bien sûr une approche globale avec toutes celles et ceux qui voudront y participer. Et d'ailleurs c'est déjà commencé.
Laurence FERRARI : Éventuellement des gens du Centre ? Éventuellement des gens hors Parti Socialiste ?
Ségolène ROYAL : Mais pourquoi pas ? Je crois qu'il faut ouvrir les portes et les fenêtres. D'ailleurs, vous avez vu qu'entre les deux tours des élections législatives, les experts estiment à 80 à 90 % d'électeurs du MoDem qui sont venus sur les candidats socialistes. Donc je crois que la façon aussi dont j'ai respecté François Bayrou en prenant contact avec lui a été reconnu. Moi, je crois, vous savez, à la politique par le respect. Je l'accorde aux autres, je la demande aussi en retour et je l'accorde aussi à nos partenaires et même à nos adversaires politiques qui sont aussi des partenaires du débat public.
Laurence FERRARI : Est-ce que vous envisagez de quitter le Parti Socialiste et de fonder un nouveau parti ?
Ségolène ROYAL : Non, je ne crois pas. Le Parti Socialiste n'appartient pas à, comment dirai-je, un groupe ou à une minorité de personnes dirigeantes. Le Parti Socialiste, il appartient aux militants, à tous les militants. Et je serais la garante du respect du processus démocratique à l'intérieur du Parti Socialiste. Personne n'en est propriétaire et certainement pas ceux qui sont à la tête des courants qui ont été si destructeurs. Parce que la structuration par courant ou par conflits de personnes, souvent a empêché les débats et a empêché la clarification des choix politiques. Donc aujourd'hui, pour moderniser le Parti Socialiste, il faut avoir le courage de clarifier les choix politiques et de faire voter les militants pour structurer la nouvelle pensée politique du socialisme du XXIème siècle en répondant aux préoccupations concrètes des Français. Mais ce sont... c'est aux militants que doit revenir le dernier mot. Mais moi, je voudrais d'ailleurs dire à ce sujet que les militants, là, ils sont fatigués parce qu'ils ont eu la campagne interne, ils ont eu la campagne présidentielle, ils ont eu les campagnes législatives, ils ont eu le débat sur le projet socialiste, le débat sur le pacte présidentiel, les débats participatifs.
Laurence FERRARI : Donc ils sont déboussolés ?
Ségolène ROYAL : Non, c'est pas ça, mais c'est qu'ils ont énormément donné. Ils sont aujourd'hui 300 000. Nous sommes aujourd'hui 300 000. Ils ont beaucoup beaucoup donné et ils ont... moi, je les ai vus se mettre en mouvement de façon extraordinaire avec tous les sympathisants qui étaient autour, et le Parti Socialiste appartient aussi aux Français, même à ceux qui ne sont pas membres du Parti Socialiste parce que c'est un parti structurant de la démocratie française. C'est pour ça qu'il faut que ses dirigeants fassent attention à leur comportement, à leur prise de parole.
Laurence FERRARI : On va parler...
Ségolène ROYAL : Et moi, je dénonce toute brutalité verbale parce que, ça, c'est une façon de faire de la politique comme dans le passé et qu'il faut...
Laurence FERRARI : Et que vous réprouvez.
Ségolène ROYAL : Et que je réprouve.
Laurence FERRARI : On va parler d'un sujet qui vous tient à cOEur aussi, c'est l'Europe. On va voir si la méthode Sarkozy telle qu'il l'a déployé d'abord en Pologne et puis à Bruxelles vous convient. Reportage "Sarko l'Européen", c'est une enquête de Jean-Louis Perez avec Charles Bajet.
Jean-Louis PEREZ : 6 juin dernier, premier rendez-vous international pour Sarkozy président. La France prend un coup de jeune, lui est heureux de rencontrer ses nouveaux amis, et ça se voit. Mais pour que la fête soit totale, le sommet doit être un succès. Coûte que coûte.
Nicolas SARKOZY : Il faut qu'on se fixe un objectif pour bien montrer la détermination du G8 à agir et à obtenir des résultats.
Jean-Louis PEREZ : La culture du résultat, le G8 arrache un accord aux Américains : réduction de moitié des gaz à effet de serre d'ici à 2050, sans dire comment y parvenir, mais qu'importe. Dire qu'on a réussi à tout prix, c'est ça la méthode Sarkozy. Varsovie la semaine dernière. Ce jour-là, le président français est venu vendre son traité simplifié aux jumeaux Kaszynski qui n'en veulent pas. Alors pour obtenir leur adhésion, Sarkozy caresse les Polonais dans le sens du poil.
Nicolas SARKOZY : Je voulais absolument venir en Pologne parce que la Pologne est un grand d'Europe.
Jean-Louis PEREZ : Ça, c'est pour les frères Kaszynski.
Nicolas SARKOZY : La Pologne, c'est le pays qui a donné au monde Jean-Paul II.
Jean-Louis PEREZ : Et ça pour tous les Polonais. Ca ne mange pas de pain et ça rapporte, surtout après les années Chirac.
Helena LUCZYWO, journaliste "Gazeta Wyborcza" : Les relations avec Jacques était un peu difficile. Il a dit à propos de la guerre en Irak qu'on a perdu une occasion de se taire, et ça les Polonais ne l'ont jamais oublié.
Jean-Louis PEREZ : Écouter, rassurer, flatter même. Tout faire pour arriver à ses fins. La méthode du président Sarkozy, c'est au ministère de l'Intérieur qu'il l'a rodée, peaufinée. Souvenez-vous en 2003 le Conseil français du culte musulman.
David MARTINON, porte-parole de la présidence de la République : En huit mois, il a pu faire émerger un accord sur la création du Conseil français du culte musulman sur un dossier qui était bloqué depuis dix ans. Quand vous êtes un des protagoniste du dossier et que vous voyez que le ministre de l'Intérieur, et aujourd'hui peut-être le président de la République sur un autre dossier, prend autant de son temps pour essayer de vous convaincre, pour essayer de comprendre ce que vous avez en tête, ce que vous voulez, ce que vous ne voulez pas, essayer de mettre en évidence quel est votre intérêt, je pense que c'est une preuve de sa sincérité.
Jean-Louis PEREZ : Le problème, c'est qu'aujourd'hui le CFCM, plus personne ne sait vraiment à quoi ça sert. Mais peu importe. Sarkozy avance sans douter. Est-ce que vous envisagez de ne pas arriver à un accord la semaine prochaine à Bruxelles ?
Nicolas SARKOZY : Dans ce cas-là, si on envisage de ne pas arriver à un accord, autant rester chez soi.
Jean-Louis PEREZ : Mais avant Bruxelles et le sommet européen, il y a Paris et le deuxième tour des législatives. Pas de raz-de-marée à l'Assemblée, il faut donc consulter les autres partis pour vendre le traité simplifié. Entretien glacial avec son détracteur François Bayrou. Et cette fois, Bayrou l'Européen ne parvient pas à critiquer la méthode Sarkozy.
François BAYROU, président du Mouvement Démocrate : Si on arrive à un traité simplifié court, lisible, compréhensible par tout le monde, qui reprenne les principes qui sont ceux du traité constitutionnel au moins dans sa première partie, alors je le soutiendrai.
Jean-Louis PEREZ : Bruxelles, jeudi dernier. L'ouverture du sommet européen. Derrière les sourires, ça coince. Polonais et Anglais ne veulent pas du traité simplifié proposé par la France. Sarkozy s'active, multiplie les réunions. Il drague. Le nouveau président veut un succès pour l'Europe et pour lui aussi.
Philippe RIDET, journaliste Le Monde : La nécessité, c'est de dire qu'il y a un accord. Peu importe ce qu'il y a dans l'accord, peu importe ce qu'il y a comme contenu, il veut cette victoire politique. C'est pour lui quelque chose de déterminant. S'il obtient ça, il va pouvoir rentrer à Paris en disant : "Amis français, soyez fiers de votre président." Surtout après le second tour des législatives un peu en demi-teinte où l'électorat a paru tout d'un coup tout en plébiscitant le style, se méfie un peu du programme.
Jean-Louis PEREZ : Vendredi matin, footing pour garder le cap. Toujours pas de compromis, mais le volontarisme de Sarkozy a déjà remporté une victoire : effacer le non au référendum et ses conséquences. Sarkozy a remis la France au centre du jeu européen.
Jean-Pierre JOUYET, secrétaire d'Etat Affaires Européennes : Il y a deux mois, il y avait eu une réunion à Madrid où la France n'était pas. C'est quand même un spectaculaire retournement en deux mois que de faire en sorte, et ce quelle que soit l'issue ce soir, que la France soit revenue au centre de la négociation européenne, donne l'impulsion, les initiatives et aide au maximum la présidence allemande. Ce poids est acquis à jamais.
Jean-Louis PEREZ : Vendredi soir, Angela Merkel veut signer un compromis sans la Pologne et ses 38 millions d'habitants. C'est l'impasse mais Sarkozy persiste et gagne. Samedi, 04h00 du matin, la France sauve son projet de traité simplifié. Victoire de l'Europe, triomphe de Sarkozy.
Nicolas SARKOZY : Vous allez avoir une Europe avec des institutions maintenant. Ecoutez, c'est une nouvelle très importante. C'est peut-être le plus important des sommets européens depuis des années et des années.
Jean-Louis PEREZ : Un compromis à Bruxelles, c'est la première victoire politique pour le nouveau locataire de l'Elysée. En France, on a presque oublié que la présidence du sommet était allemande.
Laurence FERRARI : Ségolène Royal, est-ce que le consensus autour de ce traité simplifié est un succès pour la France selon vous ?
Ségolène ROYAL : Je pense que c'est surtout un succès pour Angela Merkel. Je crois qu'il faut être juste dans la répartition des félicitations. Je crois que c'est elle qui, depuis le début de la présidence allemande, s'est beaucoup activée.
Laurence FERRARI : Mais elle a été aidée par Nicolas Sarkozy.
Ségolène ROYAL : Elle a été aidée. Et vous savez, dans la logique qui consiste à ne pas être opposant systématique, c'est vrai qu'il y a eu un activisme qui a débouché sur quelque chose. Mais sur quoi cela a-t-il débouché ? C'est important quand même de le préciser. Sur un accord qui ne sera applicable qu'en 2014, et pour les Polonais qu'en 2017. Donc il y a quand même une disproportion entre la communication qui est faite et les espèces de déclarations de victoire, une sorte d'exploitation quand même médiatique d'une victoire diplomatique alors que, pour la réalité de la vie des gens et de la réalité de l'Europe, les choses ne vont bouger qu'en 2014. Et donc...
Laurence FERRARI : Est-ce que... Oui ?
Ségolène ROYAL : ... ce qu'il faut regretter, c'est qu'il n'y ait pas eu d'accord sur des actions concrètes qui permettent d'abord de faire en sorte que l'Europe se protège davantage contre les délocalisations. Et cela, ça pouvait se faire par une décision sur l'harmonisation fiscale puisqu'il y a une compétition entre pays du fait que l'impôt sur les bénéfices des sociétés n'est pas le même d'un pays à l'autre, et ça il faut rapidement parvenir à une harmonisation fiscale pour empêcher ces délocalisations, et d'autre part une harmonisation et des investissements communs sur l'environnement, le climat, la recherche, la formation professionnelle, l'innovation, qui sont la seule façon pour l'Europe de repartir sur la croissance et de se défendre face aux autres continents émergents. Autrement dit, moi, j'appelle de mes vOEux une Europe de l'action, une Europe des projets, et c'est comme cela qu'on pourra lutter contre le chômage en Europe, et c'est finalement notre principal objectif.
Laurence FERRARI : Ségolène Royal, vous avez décidé d'annoncer cette semaine votre rupture avec François Hollande ; pourquoi maintenant ?
Ségolène ROYAL : Vous savez, d'abord, je voudrais dire que ça n'est pas aux médias de choisir la date et la forme d'une annonce de ce type. Et nous avions prévu de mettre au clair les choses par un communiqué commun sobre, digne, respectueux. Et c'est parce que notre vie privée a été mise... jetée en pâture sur la table par des journalistes, puis reprise par un communiqué de l'Agence France Presse qui m'a attribuée de façon mensongère une déclaration en plus le soir des élections législatives... et les choses ne devaient pas se dérouler de cette façon-là...
Laurence FERRARI : Mais vous aviez bien parlé à ces journalistes ?
Ségolène ROYAL : Je crois... Pour après, oui... Mais les choses étaient sur la place publique depuis longtemps. Et la façon dont il y a eu cette sorte de télescopage entre une annonce privée qui ne concerne pas les Français mais qui, en même temps, nous sommes conscients aussi d'être un couple exposé...
Laurence FERRARI : Politique...
Ségolène ROYAL : ... connu, politique ; et à partir du moment où il y a une clarification à faire, c'était à nous de la faire au rythme que nous avions choisi de la faire - et qui n'est pas celui que les médias nous ont imposé... et même, je le répète, de façon pernicieuse. Et je voudrais ici dire très clairement que ce qui a pu choquer les Français, les militants, le soir des élections législatives où cette annonce est tombée brutalement, j'avais eu au rédacteur le rédacteur en chef de l'AFP qui m'avait cette dépêche ; je m'y suis fermement opposée en lui disant qu'il y aurait un communiqué commun à nous deux, dans les jours qui suivraient. Malgré tout, il a fait cette annonce qui était une annonce mensongère. Donc, je crois qu'il y a un problème aussi d'éthique journalistique. Je n'ai pas fait d'annonce à l'AFP, et encore moins concomitamment d'annonce sur le Parti socialiste, puisque deux dépêches sont tombées ce soir-là, ont déstabilisé le débat législatif ; et je réprouve, vraiment, très, très sévèrement, ce type de méthodes. J'espère que... On me dit que le rédacteur en chef de l'AFP est un journaliste proche du pouvoir ; j'espère qu'il n'y a pas eu de tentation politique de déstabiliser...
Laurence FERRARI : C'est une accusation grave...
Ségolène ROYAL : C'est une question, parce que deux communiqués de presse qui ne correspondent pas à la réalité... je n'ai jamais fait d'annonce, et deux dépêches qui titrent : "Ségolène Royal..."
Laurence FERRARI : Mais la déclaration est exacte.
Ségolène ROYAL : Non. Je n'ai pas fait d'annonce à l'AFP, et je me suis même opposée à ce que l'AFP fasse connaître cette décision le soir des élections législatives, et le rédacteur en chef a quand même décidé de le faire. Je crois que dans une démocratie, il faut aussi de l'éthique journalistique.
Laurence FERRARI : Dernière question, madame Royal, comment est-ce que vous imaginez de continuer à travailler avec François Hollande pour l'année qui vient, puisqu'il reste premier secrétaire du Parti socialiste jusqu'en 2008 ?
Ségolène ROYAL : Mais, dans le respect des relations. En plus, aujourd'hui, les choses sont claires puisqu'il n'y a pas d'interférences entre la vie privée et la vie politique ; et, à titre d'exemple, par rapport à un reportage que vous avez passé tout à l'heure, c'est vrai que j'ai été consultée par Nicolas Sarkozy, en tant que responsable politique important dans la France d'aujourd'hui, qu'ancienne candidate à l'élection présidentielle, et vous voyez, pour éviter justement qu'il y ait une tentative de division entre nous, avant de me rendre à l'Elysée, j'ai bien évidemment consulté le premier secrétaire du Parti socialiste ; et puisque nous avons constaté ensemble qu'il y avait d'autres personnalités, comme Jacques Delors, comme Simone Weil, qui étaient également consultées, et pas seulement les responsables des partis, nous avons à ce moment-là décidé ensemble qu'il était normal que dans une démocratie je me rende à la consultation proposée par le président de la République.
Laurence FERRARI : De la communication, du respect et un pacte de non-agression entre vous deux ?
Ségolène ROYAL : Mais bien évidemment. Je crois d'ailleurs que ça a toujours été le cas. Je crois que nous sommes conscients de nos responsabilités, à l'égard non seulement des socialistes mais de la gauche en général. Mais, en même temps, si nous avons une vision nuancée sur les choses, différente sur les choses... Personne n'ignore que c'est vrai que moi, je suis beaucoup plus favorable à un dialogue approfondi avec, par exemple, le MoDem ou avec François Bayrou ; ce n'est pas tout à fait la sensibilité de François Hollande ni même de certains autres dirigeants, mais c'est ce qui fait aussi la richesse du Parti socialiste... Discutons-en, et je crois que la rénovation, la reconstruction de la gauche au sens large, la vision que nous pouvons avoir sur les idées neuves qui vont nous permettre, demain, de gagner la crédibilité, de préparer les victoires futures au service des Français appellent ce respect mutuel dans le dialogue avec chacun.
Laurence FERRARI : Merci beaucoup, Ségolène Royal, d'être venue dans Dimanche Plus. C'était notre dernière émission avant l'été. J'espère que vous allez prendre quelques vacances...
Ségolène ROYAL : Oui !
Laurence FERRARI : On se retrouve sur Canal Plus le 9 septembre !