Mercredi 4 juillet 2007
Jean-Louis Bianco (PS): la réforme des institutions doit être conduite "au Parlement"

PARIS, 4 juil 2007 (AFP) - Le député PS Jean-Louis Bianco a estimé mercredi sur LCI que la réforme des institutions voulue par Nicolas Sarkozy devait être conduite "au Parlement" et non par une commission nommée par le chef de l'Etat.
"Si on veut vraiment faire une réforme institutionnelle donnant du pouvoir au Parlement, on doit le faire avec les groupes qui sont au Parlement, on ne doit pas le faire avec une commission", a affirmé l'ancien codirecteur de campagne de Ségolène Royal.
M. Bianco s'est dit opposé à "une commission choisie par le président de la République, qui prend qui il veut", tout en jugeant que l'ancien ministre socialiste Jack Lang, souvent cité pour en faire partie, est "quelqu'un de très compétent pour ces questions".
Comme on lui demandait s'il approuvait l'idée que le président puisse venir s'exprimer devant les parlementaires, le député des Alpes-de-Haute-Provence a répondu: "oui, mais à ce moment-là il faut aussi qu'on puisse discuter et voter, qu'on puisse lui poser des questions".
"Si c'est vraiment lui le chef de l'exécutif, la logique serait de supprimer le Premier ministre et d'avoir un président directement en dialogue avec le Parlement", a-t-il dit, estimant qu'"un jour il faudra aller" vers l'instauration d'une responsabilité du chef de l'Etat devant le Parlement.
Le Premier ministre François Fillon a annoncé mardi la création d'une commission "de personnalités incontestables pour leurs compétences" chargée de faire des propositions sur la modernisation des institutions.
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Vendredi 29 juin 2007
Vallini et Filippetti, porte-parole des députés socialistes


PARIS, 27 juin 2007 (AFP) - André Vallini, ex-président de la commission Outreau, et Aurélie Filippetti, tous deux proches de Ségolène Royal, ont été désignés mercredi porte-parole des députés socialistes, a annoncé M. Vallini à la presse.
Les députés socialistes ont décidé, sur proposition de leur président de groupe Jean-Marc Ayrault, de former un "contre-gouvernement" composé des vice-présidents du groupe. Ils seront chargés de répliquer aux membres du gouvernement Fillon, ce qui s'apparente, selon nombre d'élus socialistes, à un "cabinet fantôme".
M. Vallini a toutefois réfuté cette comparaison dans les couloirs du Palais-Bourbon, en expliquant qu'"il s'agit de constituer une opposition constructive".
M. Ayrault a été nommé coordinateur sur les Affaires étrangères et européennes, a-t-on appris de sources parlementaires.
Arnaud Montebourg, ancien porte-parole de Ségolène Royal, est le premier vice-président chargé de la prospective, tandis que le fabiusien Philippe Martin est le 2ème vice-président chargé du développement durable et de l'agriculture.
Ont été nommés vice-présidents Patrick Bloche (Prospective, Culture, communication), George Pau-Langevin (immigration, co-développement), Bernard Roman (Institutions), Pascal Terrasse (Santé), Gaëtan Gorce (Travail), Manuel Valls (Lois), Sandrine Mazetier (Education nationale), Michèle Delaunay (grand âge), Jean-Yves le Bouillonnec (Logement, Ville), François Brottes (Affaires économiques), Patricia Adam (Défense), Victorin Lurel (Outre-mer), Jérôme Cahuzac (Finances), Marisol Touraine (Protection sociale), Alain Vidalies (Entreprises), Martine Lignières-Cassou (Transports), Alain Clayes (Enseignement supérieur), Jean-Yves Le Déaut (Recherche) et Geneviève Gaillard (Environnement).
Le radical de gauche Gérard Charasse est chargé de la coordination avec le PRG.
Christian Bataille est le trésorier et David Habib, le trésorier adjoint adjoint.

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Vendredi 29 juin 2007
Motion du Conseil National du Samedi 23 Juin 2007

Les socialistes viennent de subir deux défaites successives. Elles sont honorables, mais lourdes de conséquences.

Lors de la présidentielle, nous avons, avec Ségolène Royal, franchi largement l'étape du 1er tour, mais nous avons échoué à 47 % au second tour.

Quant aux élections législatives, si notre Parti progresse en voix et en sièges par rapport à 2002 et si le résultat est largement supérieur à ce qui était annoncé, la majorité sortante est restée majoritaire.

Aujourd'hui, Nicolas Sarkozy -avec l'UMP- détient tous les pouvoirs nationaux pour 5 ans et la gauche sort -dans son ensemble- affaiblie.

Le Parti Socialiste lui-même doit tirer toutes les conclusions de ce cycle électoral et de ce qu'il a révélé. Il doit produire toutes les analyses nécessaires pour que nous ne soyons plus seulement considérés comme une protection contre la droite, mais comme une espérance pour le pays. Il doit revisiter son corps de doctrine, aborder franchement les sujets qui n'ont pas été suffisamment clarifiés, préciser ses réponses par rapport aux questions de la globalisation financière comme de la montée de l'individualisme et de l'urgence écologique. Sans rien perdre des valeurs qui fondent son identité, il doit définir le Socialisme du XXIème Siècle, en tirer les conclusions indispensables sur ses pratiques, son organisation et ses modes de décisions.

Dans le même temps, nous devons être une opposition utile, ferme dans la contestation, ouverte dans la proposition. Tel est le défi pour les 5 années à venir.

Depuis 2002, le PS a progressé dans bien des domaines, mais il n'a pas gagné là où il était le plus attendu, c'est-à-dire en 2007. Ce n'est pas l'insuffisance des votes qui nous a handicapé (il y a eu deux congrès, un référendum interne et une primaire interne), mais le défaut d'une confrontation assumée et d'un travail collectif respecté.

Néanmoins, l'échec que nous venons de subir nous concerne tous. Nous devons collectivement avoir la lucidité de tout regarder : notre projet comme nos comportements et de prendre la mesure de ce que nous n'avons pas fait et de ce que nous avons mal fait.

Ce processus de réflexion et de rénovation doit être mené de manière rapide, audacieuse et sincère. Avec le souci de ne rien occulter de ce qui vient de se passer, mais avec la volonté de préparer ensemble l'avenir.

Nous devons comprendre les raisons de la victoire de la droite et les causes de notre défaite, saisir les mutations de notre société comme les évolutions des électorats selon les générations et les catégories sociales, pour construire politiquement et idéologiquement la réponse à apporter aux Français.

Aussi, nous proposons, sans plus attendre d'engager un travail autour de 3 objectifs :

*    Aller le plus loin possible dans la redéfinition de nos orientations, afin d'ouvrir tous les choix possibles sur les questions les plus décisives pour les Français (emploi, pouvoir d'achat, retraites, sécurité...).

*    Rénover nos procédures et revoir notre organisation. Notre démocratie est une richesse, elle ne doit pas servir à nous affaiblir. Nous devons améliorer notre fonctionnement et nos règles de délibération pour donner de la force à notre vision de la société et à nos positions communes.

*    Tracer les nouvelles frontières de la gauche capables de construire un rassemblement majoritaire.

Ce processus doit impliquer directement les militants et permettre des décisions acceptées par tous à l'occasion de notre prochain Congrès, en tranchant sereinement entre nous les options qui peuvent nous séparer.

1.    Le calendrier

De l'université d'été de La Rochelle aux assises de la Gauche

Dès l'université d'Eté de La Rochelle, le 31 Août 2007, nous ouvrirons la phase du diagnostic.

Ensuite, à partir du mois de septembre, trois forums seront ouverts sur :

a)    Le socialisme dans la mondialisation : comment produire davantage de richesse et d'emplois ? Quelle politique économique possible pour renforcer la compétitivité et la croissance ? Quel rôle pour l'Etat ? Quelle place pour l'impôt et la redistribution ? Quelle dimension donner à l'impératif écologique ? Quel projet européen ?

b)    L'avenir de la solidarité dans une société individualisée, un monde du travail fragmenté, et une espérance de vie plus longue : Quelle nouvelle relation du travail ? Quelle protection sociale ? Quelles solidarités urbaines ? Quel aménagement du territoire ?

c)    La citoyenneté dans la Nation : Comment assurer la mobilité et la promotion pour chacun ? Comment lutter contre les discriminations ? Comment assurer le respect des règles, l'autorité de l'Etat et la sécurité ? Quelle politique d'immigration ?

Parallèlement, une Commission de la Rénovation sera mise en place pour élaborer une révision de nos procédures et de notre organisation, avec des mesures fortes pour atteindre nos objectifs en matière de parité, de diversité et de renouvellement. Ces conclusions serviront également à nos débats pour le prochain congrès.

Enfin, des Assises de la Gauche seront lancées -avec les formations politiques et les acteurs du mouvement social qui voudront s'y associer- pour réfléchir à la structure capable de nous faire travailler ensemble sur la législature en coordonnant notre opposition à la politique de la droite et en préparant les échéances électorales, à commencer par les élections municipales de mars 2008.

2.    La méthode

La réflexion sera menée par des responsables qui incarneront le renouvellement et l'expérience. Nous confronterons nos réflexions, nos analyses, notre bilan, au regard extérieur : celui des intellectuels, des forces syndicales et associatives et des socialistes européens. Il nous faut chercher des réponses par des remises en cause fortes et des propositions largement nouvelles.

Elle associera, à toutes les étapes, les adhérents du Parti et sera l'occasion d'en accueillir de nouveaux. Elle se concluera par des Conventions qui acteront toutes les convergences possibles et marqueront les choix alternatifs que les militants auront à ratifier le moment venu.

3.    Le Congrès ordinaire du Parti

Il se tiendra après les Municipales de 2008. Il portera, comme tous les congrès ordinaires, à la fois sur la ligne, la stratégie et le leadership. Mais il sera aussi extraordinaire, car il reprendra toutes les conclusions de nos débats.

Je propose qu'après le congrès de 2008, le prochain se tienne après la série des élections intermédiaires et locales de 2009 et 2010 (européennes, régionales et cantonales). Il déterminera les modalités de calendrier et de préparation des élections présidentielle et législatives de 2012.

D'ici là, nous avons à désigner nos candidates et candidats pour les élections municipales, cantonales et sénatoriales. Une Convention nationale ratifiera à la mi-décembre 2007 les votes des militants et adoptera le projet pour les municipales de 2008.

Nous sommes devant l'obligation de changer. De mettre les idées avant les personnes ; d'éviter les surenchères et les faux consensus. Bref, << choisir >>, mais en préservant l'unité des socialistes.

Le premier changement commence surtout par un nouvel état d'esprit. Avant toute chose, nous devons nous respecter, respecter le Parti et ses décisions, respecter les militants, ses hommes et ses femmes dévoués, qui localement, là où la gauche est forte mais aussi là où la situation politique est plus difficile pour nous, portent nos idées les espoirs de nombreux Français.

Il n'y aura pas demain de victoire possible sans un grand Parti socialiste. Il doit s'ouvrir largement. Il doit porter des valeurs, des propositions susceptibles de structurer le débat et faire pleinement de la politique. C'est-à-dire de l'idéologie.

Nous affrontons une droite décomplexée et dont le Chef utilisera tous les moyens pour brouiller les pistes, confondre les enjeux, déstructurer la politique. En face, la gauche doit mettre de la clarté : dans les idées, les enjeux et les pratiques.

Cette proposition doit permettre au Parti Socialiste de franchir une nouvelle étape pour que nous soyons demain en capacité d'offrir aux Français une espérance.

Nous devons ouvrir un nouveau cycle. Il commence aujourd'hui. Ce n'est pas un calendrier, c'est un processus qui s'engage et dont le contenu permettra d'être au rendez-vous de 2012.

C'est dans cet esprit que je vous demande par un vote d'approuver cette démarche de mutation.

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Mercredi 27 juin 2007
Ségolène Royal : Désirs d'avenir est un endroit "à l'abri des conflits de pouvoir" PARIS, 26 juin 2007 (AFP) - Ségolène Royal a assuré mardi soir que les travaux de Désirs d'avenir seraient mis "à la disposition du Parti Socialiste", tout en se félicitant que cette association soit un endroit "à l'abri des conflits de pouvoir". L'ex-candidate à la présidentielle était venue "encourager", selon ses propres termes, le groupe parisien de Désirs d'avenir, qui l'avait invitée à une réunion dans le IVème arrondissement. La rencontre était fermée à la presse. Devant le centre culturel des Blancs-Manteaux, elle a indiqué aux journalistes qu'elle était venue dire aux membres de Désirs d'Avenir "de continuer à travailler". "Il faut que Désirs d'avenir se maintienne et même s'enrichisse, se déploie, car ce sont des lieux où il n'y a pas d'enjeux de pouvoir, il n'y a pas de conflits de pouvoir, ce sont des endroits apaisés", a-t-elle indiqué. Elle a noté encore qu'une majorité des membres de ce "laboratoire de réflexion, d'idées, d'ouverture sur la société" étaient socialistes, ajoutant : "le fruit de ces débats sera mis à la disposition du parti socialiste, parce que je suis dans le parti socialiste". Mme Royal avait boudé la réunion samedi du conseil national du PS, préférant la compagnie de "personnes paisibles" dans sa région de Poitou-Charentes. Quelque 800 personnes assistaient à la réunion parisienne parmi lesquelles Jean-Louis Bianco, qui fut son directeur de campagne, Sophie Bouchet-Petersen et Camille Putois, des membres de son équipe proche, David Assouline, sénateur, Yvette Roudy, ex-ministre, Dominique Bertinotti, maire du IVème, ainsi que le fils de l'ex-candidate, Thomas Hollande. M. Bianco a souligné devant la presse que Ségolène Royal "est dans le parti, continuera à être dans le parti", estimant néanmoins qu'elle avait eu raison de ne pas participer à la réunion de samedi : "il s'agissait surtout de parler de la campagne présidentielle et il était mieux qu'elle ne soit pas là, pour que la parole soit libre dans ce qu'on a entendu de juste et de moins juste", a-t-il dit. Il a affirmé qu'elle avait cependant "pesé sur le contenu" du conseil national, ayant obtenu selon lui que les militants "soient consultés à chaque étape" du processus de rénovation. Pour lui, "Désirs d'avenir demeure un outil irremplaçable pour compléter l'action du parti", dans "une fonction de réflexion et de proposition". Yvette Roudy a rappelé, à propos de Désirs d'avenir, que "dans la tradition de François Mitterrand il y a toujours eu des clubs", "lieux d'accueil pour des gens qui n'ont pas envie d'être dans un appareil". Olga Trostiansky, adjointe au maire de Paris, a souligné que les membres de Désirs d'avenir étaient "perplexes" et qu'ils voulaient "travailler sur le fond pour préparer la rénovation du parti".
par EXCOFFIER publié dans : segolene
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Mercredi 27 juin 2007
Création d'un "grand groupe" PS-PRG-MRC-élus d'Outre-mer PARIS, 26 juin 2007 (AFP) - Le premier secrétaire du PS François Hollande a annoncé mardi la constitution d'un "grand groupe" parlementaire "de 200 à 205" membres à l'Assemblée nationale, réunissant les députés socialistes, radicaux de gauche, divers gauche d'Outre-Mer et un élu chevènementiste. Dans la précédente législature, la plupart des élus PRG étaient apparentés au groupe PS. "C'est un groupe socialiste qui a su s'ouvrir aux radicaux de gauche et à beaucoup d'élus d'Outre-Mer. Il y a aussi un député de Jean-Pierre Chevènement. Ce groupe fera entre 200 et 205 députés, ce qui est quand même considérable", a déclaré M. Hollande, dans les couloirs de l'Assemblée. Selon le numéro un du PS, l'alliance avec les élus du PRG "n'est pas un rapport de simple adhésion, mais de coopération politique où les radicaux peuvent prendre toute leur place, dans un rapport de confiance mais aussi avec leur identité". "Je veux que ce groupe soit le grand groupe, capable de porter la voix de tous ceux qui sont dans l'opposition mais veulent faire un travail utile pour les Français et préparer l'alternance", a affirmé M. Hollande, avec à ses côtés le président du PRG, le sénateur Jean-Michel Baylet. Il s'est félicité de cet accord, y voyant "le signe qu'il y a une opposition forte, rassembleuse, à l'Assemblée". "L'UMP voulait être écrasante et elle a trouvé, grâce aux électeurs le 17 juin mais aussi grâce au rassemblement que nous avons été capables d'opérer, une opposition ferme", a-t-il ajouté. M. Baylet s'est aussi réjoui de cet accord. "Les radicaux souhaitaient un groupe autonome, nous n'avons pas réussi, même en élargissant aux Verts et à l'Outre-mer. A partir de là, nous avons choisi l'accord avec les socialistes", a-t-il dit. "Les radicaux ont leur propre autonomie, leur propre existence, au sein du groupe socialiste. Nous avons un vice-président de groupe, nous serons membres du Bureau de l'Assemblée, nous aurons toute liberté de parole et de vote. C'est la reconnaissance du radicalisme au sein du groupe socialiste", a-t-il ajouté.
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Mardi 26 juin 2007
Julien Dray: "Le tout sauf Ségolène n'a jamais cessé" PARIS, 24 juin 2007 (AFP) - Julien Dray, porte-parole du PS et proche de Ségolène Royal, a estimé dimanche que le "tout sauf Ségolène" au parti socialiste n'avait "jamais cessé". "Il y a tellement des gens qui voudraient la mettre à la retraite, tellement de gens qui voudraient la pousser à l'extérieur, qui n'ont jamais digéré sa désignation", a déclaré M. Dray lors du "Forum" de Radio J, en dénonçant au passage les livres publiés cette semaine par Jean-Christophe Cambadélis et Claude Bartolone, y voyant un signe du "rejet de la candidature de Ségolène Royal" à la présidentielle. Pour lui, le "tout sauf Ségolène" n'a "jamais cessé" et "c'est "un des problèmes, mais ce n'est pas le seul". "Le +tout sauf Ségolène+, c'est le tout sauf Ségolène d'un certain nombre de responsables (du PS). Les militants, eux, ont fait une campagne du feu de dieu". Il a fait valoir qu'un "fossé" se créait "entre une sorte de petit état major et la réalité militante du terrain", en appelant à "en finir avec ce système d'écuries" au sein du parti. M. Dray a en outre souhaité que le congrès du PS se déroule "l'été 2008" et non l'automne 2008 comme l'a préconisé samedi le conseil national du PS. Revenant sur les difficultés du PS, il a fait valoir qu'"un des problèmes" étaient que "les dirigeants socialistes s'émancipent des votes des militants, c'est-à-dire que les mêmes, qui revendiquent le vote des militants en permanence et n'ont que cela à la bouche, lorsque les militants votent à chaque étape, s'émancipent de ces votes et s'autorisent à (les) remettre en cause par un biais ou un autre". "Ce fut le cas au moment du référendum et à nouveau durant la campagne présidentielle", a-t-il dit. Pour expliquer l'échec à la présidentielle, Julien Dray a jugé aussi qu'il y avait "un problème d'identité, de réflexion sur l'état de la société, de la valeur des solutions que nous avons proposées". Il a précisé que le "séminaire" des proches de Ségolène Royal au cours duquel doivent être analysées les raisons de l'échec à la présidentielle et la rénovation du parti se déroulerait "en juillet". sm/sd Conseil national du PS: Ségolène Royal marginalisée (ACTUALISATION, PAPIER GENERAL) PARIS, 23 juin 2007 (AFP) - L'appareil du PS, François Hollande en tête, a repris la main samedi au cours d'un Conseil national où Ségolène Royal a été d'autant plus marginalisée qu'elle s'est fait porter pâle au terme d'une mauvaise semaine pour elle. Dans un climat heurté, le premier secrétaire est parvenu à faire adopter à une très forte majorité un calendrier et une méthode pour mener à bien la rénovation du PS d'ici un an, malgré les critiques feutrées des partisans de Mme Royal, qui souhaitaient "aller plus vite". Seule une poignée de rénovateurs a mené une fronde ouverte. "Les mêmes méthodes, les mêmes équipes, le même premier secrétaire ne peuvent produire que les mêmes effets", a déclaré le député-maire d'Evry Manuel Valls, votant contre la proposition Hollande. Les amis de la présidente de Poitou-Charentes ne se sont pas comptés, ils se sont divisés: son ex-directeur de campagne François Rebsamen a voté les propositions du chef du parti, d'autres, comme Arnaud Montebourg et David Assouline, n'ont pas participé au scrutin. Ségolène Royal s'est refusée à tout commentaire. "Vous n'aurez aucune déclaration de moi sur la politique nationale", a-t-elle déclaré aux journalistes dans son fief de Poitou-Charentes où elle a passé la journée. "Je suis dans la France paisible, aux côtés de personnes paisibles". Le boycottage par Ségolène Royal de ce premier grand rendez-vous post-électoral destiné à tirer les leçons de la défaite présidentielle et législative a alimenté les critiques, venues pour partie de ses partisans. Le moment qu'elle a choisi pour annoncer sa séparation d'avec François Hollande, ses critiques du SMIC à 1500 euros et des 35 heures, sa déclaration sur sa "probable" candidature à la présidentielle de 2012 ont créé un malaise. "Cette absence tue toute velléité de prétendre au poste de premier secrétaire. Elle est dans l'incapacité d'entretenir un rapport politique normal avec le parti", s'alarmait un haut cadre du parti, qualifiant son comportement de "suicidaire". Un mot, le "mépris" pour son parti, revenait dans bien des bouches pour commenter la défection de la candidate. "Ce serait pas mal que tout le monde soit là", soupirait le président du groupe socialiste à l'Assemblée, Jean-Marc Ayrault. L'ex-Premier ministre Pierre Mauroy ne masquait plus son irritation: "on ne peut pas en permanence être en campagne, le PS est une grande organisation qui ne sera pas prise d'assaut". Les fidèles de Mme Royal se sont efforcés de "banaliser" la réunion. "Ce n'est pas aujourd'hui que se joue l'avenir du PS", observait Jean-Louis Bianco. Les mêmes se targuaient de concessions de la direction, comme l'association des militants à tous les stades de la rénovation. Mais François Hollande leur a refusé une consultation de la base sur le calendrier de la rénovation d'ici le congrès. Celui-ci aura lieu "au lendemain des élections municipales" (mars 2008), a dit M. Hollande, sans plus de précision. Le candidat PS à la présidentielle sera désigné au plus tôt en 2010. Ségolène Royal avait souhaité que ces deux échéances soient anticipées. Pour Laurent Fabius, rien ne presse. "Certains se projettent déjà en 2012 mais les Français ne vivent pas en 2012, ils vivent en 2007, ils vivent au quotidien". Sur le fond, François Hollande n'a pas repris à son compte l'analyse de Mme Royal voyant dans son score du 6 mai "un élan exceptionnel". "Nous sommes minoritaires dans la France modeste, âgée, rurale et ouvrière", a-t-il souligné. tma/cgd/mic François Rebsamen : OK pour calendrier Hollande mais vote préalable des militants PARIS, 23 juin 2007 (AFP) - François Rebsamen, ex-codirecteur de campagne de Ségolène Royal, a indiqué qu'il souscrivait au calendrier de rénovation proposé par François Hollande, "qui a toute légitimité pour lancer ce travail", tout en demandant que les adhérents soient consultés "sur la démarche choisie". "Je souscris à la démarche de François Hollande, c'est un rassemblement de travail auquel aucun responsable socialiste ne pourra se soustraire", a dit le numéro 2 du parti devant le conseil national réuni à Paris, en l'absence de l'ex-candidate à la présidentielle. Pour lui cependant, "il serait curieux de lancer un tel chantier sans consulter les adhérents sur la démarche choisie". "N'ayons pas peur des adhérents, nous en avons besoin pour les élections", a-t-il dit. Il a demandé qu'une "nouvelle campagne d'adhésion soit lancée". "Ouvrez les portes et les fenêtres, faites les venir !", a-t-il lancé, sous les huées d'une partie de l'assistance. La campagne d'adhésions à 20 euros lancée début 2006 avait offert un fort soutien militant à Ségolène Royal. "Vos réactions sont intéressantes et instructives, elles montrent qu'il conviendra à l'avenir de changer nos modes de désignation !", a-t-il lancé devant l'hostilité d'une bonne partie du conseil national. Il avait auparavant pris la défense de la campagne de Ségolène Royal, et évoqué "l'état d'esprit de certains responsables au soir du premier tour" et les livres publiés récemment - tels ceux du strauss-kahnien Jean-Christophe Cambadélis et du fabiusien Claude Bartolone - "qui démontrent combien l'unité et le rassemblement régnaient autour de la candidate". "Il n'y a pas d'élection imperdable", a-t-il dit, reprenant le titre du livre de Bartolone. chc-em/cgd/sd Julien Dray à Bartolone: "Il est temps qu'il prenne des vacances" PARIS, 24 juin 2007 (AFP) - Julien Dray, ex porte-parole de Ségolène Royal, a conseillé dimanche sur Radio J à Claude Bartolone de "prendre des vacances", après que le député fabiusien eut critiqué l'absence samedi de l'ancienne candidate du PS à la présidentielle au conseil national du parti. "Il est temps qu'il prenne des vacances et se repose, il a écrit un livre aux termes très discutables", a déclaré M. Dray qui était l'invité du "Forum" de Radio J. Claude Bartolone "a un tempérament de feu qui fait qu'on ne peut rien lui dire", a-t-il poursuivi, en estimant que ce n'était "pas bien pour lui d'être l'agresseur permanent". Julien Dray a conseillé au député fabiusien "de s'émanciper un peu" et de "ne plus être le porte-flingue". M. Bartolone avait jugé sur France Inter que Ségolène Royal essayait "de démontrer qu'elle (était) une victime par rapport aux grands méchants du parti socialiste". sm/sd Traité simplifié : Julien Dray n'exclut pas un rejet par le Parlement PARIS, 24 juin 2007 (AFP) - Le porte-parole du Parti socialiste Julien Dray n'a "pas exclu" dimanche un rejet par le Parlement français du projet de traité européen, qu'il a dénoncé comme "un compromis boiteux" et "sans ambition", qui ne satisfait, selon lui, ni les partisans du oui ni les partisans du non. "C'est un mini-accord sans ambition, un accord a minima, un accord qui rend encore plus complexe le fonctionnement de l'Europe", a déclaré M. Dray invité du "Forum" de Radio J. L'accord, conclu dans la nuit de vendredi à samedi à Bruxelles, sous l'impulsion du président Nicolas Sarkozy, pourrait nécessiter une révision de la Constitution. La majorité présidentielle ne dispose pas actuellement de la majorité des 3/5eme requise pour ratifier une réforme constitutionnelle par la voie du Congrès. Selon M. Dray, "tout ce qui était l'élan de la construction européenne qui était voulu au départ dans le grand traité constitutionnel rejeté par la France et les Pays-Bas est abandonné". "L'Europe continue sa dérive libérale. A un moment où à un autre il y aura forcément de nouveaux chocs avec les peuples qui ne supportent plus cette dérive libérale", a-t-il dit. "Est-ce qu'on peut accepter ce compromis boiteux? Je ne le crois pas", a poursuivi le porte-parole du PS. Interrogé sur le risque du rejet de ce traité simplifié par le Parlement français, M. Dray a répondu: "ce n'est pas à exclure mais je ne peux pas pour l'instant anticiper sur les discussions qui auront lieu à l'intérieur du parti socialiste et de ses instances". "On va en discuter et lorsque la question viendra nous délibérerons collectivement. Mais mon sentiment c'est que ceux qui ont voté non comme ceux qui ont voté oui ne peuvent pas se retrouver dans le compromis qui nous est proposé aujourd'hui et qui n'est que la simple continuation de la dérive libérale de l'Europe", a ajouté M. Dray. sc/sm/sd Ségolène Royal, loin du PS, près des "gens paisibles" (REPORTAGE) ANGLES-SUR-L'ANGLIN (Vienne), 23 juin 2007 (AFP) - Entre site magdalénien et art roman, Ségolène Royal a préféré rencontrer samedi, au coeur de son fief de Poitou-Charentes, les "gens paisibles" de la Vienne profonde plutôt que de débattre de l'avenir du PS au Conseil national du parti. Suivie par une dizaine de journalistes, tailleur blanc à fine rayures noires, sereine et l'air détendue, l'ex-candidate à la présidentielle et "probable" candidate à la candidature socialiste à la présidentielle de 2012, a sillonné plusieurs sites de ce coin de France à l'histoire multi millénaire. Alors que les hiérarques du PS débattaient à Paris de la rénovation du parti, la présidente de Poitou-Charentes s'est rendue dans le somptueux village d''Angles-sur-l'Anglin, classé "Un des plus beaux villages de France", et dont le château en ruines domine une rivière paisible. Elle a visité l'abri du Roc aux Sorciers, creusé dans le calcaire, qui conserve une frise de l'ère magdalénienne (dernière période du paléolithique supérieur) sur ce site orné notamment de représentations de bisons et de sculptures de chevaux. "Je suis dans la France paisible, aux côté de personnes paisibles. J'ai beaucoup donné pendant les campagnes nationales et maintenant je me consacre à mon rôle de présidente de région. C'est passionnant parce que l'on est au côté de personnes paisibles et authentiques et qui s'impliquent dans le développement de leur territoire". "Je fais mon travail, je suis là tranquillement, là où je dois être", a-t-elle indiqué, avant d'expliquer: "vous savez, ça fait plus de deux ans que je suis en campagne électorale au niveau national et voilà je reviens sur mes bases solides, sur mes racines territoriales". "Aujourd'hui, je suis loin de tout ça, je prends le temps paisible et authentique. Vous n'aurez aucune déclaration de moi sur la politique nationale", a-t-elle dit. En préambule à sa visite de la frise de l'ère magdalénienne datant de 2000 avant Jésus Christ d'Angles-sur-l'Anglin, Ségolène Royal a dit: "Ce sont des moments de réflexion sur les racines du temps, sur la civilisation, et je crois que c'est en prenant le temps de réfléchir aux racines de la civilisation aussi que l'on peut inventer l'avenir". Après la signature d'un Contrat de Développement durable à Saint-Pierre de Maillé, en présence de plusieurs dizaines de personnes, Mme Royal a signé des autographes et serré les mains dans la foule alors qu'une fanfare locale divertissait l'assistance. Ségolène Royal devait animer vers 20H00 à Saint-Savin (Vienne) une conférence de presse présentant le 3e Festival Nuits romanes, qu'elle devait inaugurer en l'Abbatiale du village le soir même. gvy-ej/mic Le conseil national du PS vote le calendrier proposé par Hollande PARIS, 23 juin 2007 (AFP) - Le conseil national du Parti socialiste a voté samedi à une écrasante majorité le calendrier de rénovation du parti proposé par François Hollande, a constaté l'AFP. Le premier secrétaire du parti, refusant l'hypothèse d'un congrès avancé à l'automne 2007, comme le demandaient les partisans de Ségolène Royal, avait proposé au conseil un calendrier de rénovation du parti s'ouvrant dès son université d'été, fin août, et s'achevant par le congrès ordinaire, au lendemain des élections municipales de 2008. Au terme d'un débat ponctué de vives critiques de la candidate à la présidentielle, absente du conseil national, les quelque 300 membres du conseil ont voté ce calendrier à la quasi-unanimité. François Rebsamen, ex-directeur de campagne de Ségolène Royal, avait demandé que les adhérents du PS soient consultés sur le calendrier lui-même, mais il n'a pas obtenu satisfaction. Il a cependant voté le texte proposé. Jean-Louis Bianco, autre ex-directeur de campagne, a relevé "des discours incantatoires", "de petits règlements de compte" et des "sifflets stupéfiants" lorsque M. Rebsamen a demandé une ouverture du parti à de nouveaux militants, "comme si le PS était une secte". Il a justifié l'absence de Ségolène Royal par le fait que l'enjeu "est sur le terrain", et non à ce conseil national. Jean-Luc Mélenchon, sénateur et un des plus vigoureux opposants à Ségolène Royal, a estimé que le PS avait "sauvé les meubles" et que "le putsch a été avorté". "Tout le monde a payé pour voir, c'est le retour dans un univers normal", a-t-il dit. Jean-Christophe Cambadélis, député de Paris proche de Dominique Strauss-Kahn, a noté que grâce à cette décision du conseil, "les enjeux de personnes n'ont plus de cadre pour s'exprimer".
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Mardi 26 juin 2007
Ségolène Royal estime que les attaques à son encontre ne rendent "pas service au collectif" PARIS, 24 juin 2007 (AFP) - Ségolène Royal a répondu dimanche sur Canal Plus aux attaques venant de responsables du PS sur son absence samedi au Conseil national et PS, soulignant que ce genre de propos ne rendait "pas service au collectif, à notre combat commun, à notre idéal commun". "J'avais fait le choix d'être dans ma région. J'ai été écartée longtemps de cette région parce que j'ai été engagée dans une campagne nationale, la présidentielle et les législatives", a déclaré l'ex-candidate PS à l'Elysée. L'absence de Mme Royal a été critiquée par certains responsables PS, qui à l'instar du fabiusien Claude Bartolone avait parlé de "coup de com." Il a également qualifié la candidature de Mme Royal à la présidentielle de "candidature de duplicité". "Il n'y avait pas forcément que des propos aimables qui ont été échangés (lors du conseil national, ndlr). Je me suis posée une règle éthique depuis toujours c'est de ne dire jamais de mal d'un autre socialiste, et en ce qui concerne les adversaires politiques c'est de ne jamais les attaquer sur le plan personnel. Je continue à me l'appliquer", a dit Mme Royal. "J'entends un certain nombre de choses qui sont dites par ceux là mêmes qui sont ensemble venus pour me demander de les aider à gagner les élections législatives. Tout cela n'est pas grave. Je trouve que cela ne rend pas service au collectif, à notre combat commun, à notre idéal commun", a-t-elle poursuivi. Pour Mme Royal, "ce n'est pas à ce niveau que doivent se situer les prises de paroles politiques". "Cela nous fait du mal collectivement et en même temps je ne veux pas me situer sur ce même niveau. J'ai rassemblé sur mon nom 17 millions d'électeurs et d'électrices qui attendent que nous continuions à travailler pour assurer demain une relève, à incarner l'avenir, voilà ma tâche aujourd'hui", a ajouté l'ex candidate à la présidentielle. sc/sm/sd Jean-Louis Bianco : << les absents n'ont pas toujours tort >> L'ex directeur de campagne de Ségolène Royal a pris sa défense en marge du Conseil national du Parti socialiste. En marge du Conseil national du PS qui s'est déroulé ce samedi 23 juin, Jean-Louis Bianco a pris la défense de Ségolène Royal. << Vu l'image qu'a donné le Conseil national, je ne suis pas sûr que les abstents aient toujours tort >>, a-t-il déclaré pour Marianne2007.info, en référence à l'absence remarquée de la présidente de Poitou-Charentes. Le député des Alpes de Haute Provence s'est dit << indigné et stupéfait des sifflets qui ont accueilli la déclaration de François Rebsamen >>, lorsque ce dernier a évoqué la nécessité d'une consultation des militants. << Ce que François Hollande a dit était très bien sur le fond, a-t-il fait savoir. Pour le reste, c'était un concours de langue de bois très classique, sans aucune réflexion sur ce que pourrait être le socialisme du XXIème siècle. De nombreuses interventions n'avait pour objet que de régler des comptes avec Ségolène Royal. Je ne citerai pas de nom... >> Il s'est réjouit de ce que François Hollande avait pris en compte la demande des amis de Ségolène Royal de lancer une nouvelle grande campagne d'adhésion au Parti socialiste. << Nous, on veut l'unité du parti, a-t-il conclu, même si on n'est pas d'accord à 100% avec ce qui a été proposé. >> Samedi 23 Juin 2007 Anna Borrel
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Mardi 26 juin 2007
Motion pour le Conseil National du samedi 23 juin 2007 Présentée par François HOLLANDE Les socialistes viennent de subir deux défaites successives. Elles sont honorables, mais lourdes de conséquences. Lors de la présidentielle, nous avons, avec Ségolène Royal, franchi largement l’étape du 1er tour, mais nous avons échoué à 47 % au second tour. Quant aux élections législatives, si notre Parti progresse en voix et en sièges par rapport à 2002 et si le résultat est largement supérieur à ce qui était annoncé, la majorité sortante est restée majoritaire. Aujourd’hui, Nicolas Sarkozy –avec l’UMP- détient tous les pouvoirs nationaux pour 5 ans et la gauche sort –dans son ensemble- affaiblie. Le Parti Socialiste lui-même doit tirer toutes les conclusions de ce cycle électoral et de ce qu’il a révélé. Il doit produire toutes les analyses nécessaires pour que nous ne soyons plus seulement considérés comme une protection contre la droite, mais comme une espérance pour le pays. Il doit revisiter son corps de doctrine, aborder franchement les sujets qui n’ont pas été suffisamment clarifiés, préciser ses réponses par rapport aux questions de la globalisation financière comme de la montée de l’individualisme et de l’urgence écologique. Sans rien perdre des valeurs qui fondent son identité, il doit définir le Socialisme du XXIème Siècle, en tirer les conclusions indispensables sur ses pratiques, son organisation et ses modes de décisions. Dans le même temps, nous devons être une opposition utile, ferme dans la contestation, ouverte dans la proposition. Tel est le défi pour les 5 années à venir. ******* ** Depuis 2002, le PS a progressé dans bien des domaines, mais il n’a pas gagné là où il était le plus attendu, c’est-à-dire en 2007. Ce n’est pas l’insuffisance des votes qui nous a handicapé (il y a eu deux congrès, un référendum interne et une primaire interne), mais le défaut d’une confrontation assumée et d’un travail collectif respecté. Néanmoins, l’échec que nous venons de subir nous concerne tous. Nous devons collectivement avoir la lucidité de tout regarder : notre projet comme nos comportements et de prendre la mesure de ce que nous n’avons pas fait et de ce que nous avons mal fait. Ce processus de réflexion et de rénovation doit être mené de manière rapide, audacieuse et sincère. Avec le souci de ne rien occulter de ce qui vient de se passer, mais avec la volonté de préparer ensemble l’avenir. Nous devons comprendre les raisons de la victoire de la droite et les causes de notre défaite, saisir les mutations de notre société comme les évolutions des électorats selon les générations et les catégories sociales, pour construire politiquement et idéologiquement la réponse à apporter aux Français. Aussi, nous proposons, sans plus attendre d’engager un travail autour de 3 objectifs : • Aller le plus loin possible dans la redéfinition de nos orientations, afin d’ouvrir tous les choix possibles sur les questions les plus décisives pour les Français (emploi, pouvoir d’achat, retraites, sécurité…). • Rénover nos procédures et revoir notre organisation. Notre démocratie est une richesse, elle ne doit pas servir à nous affaiblir. Nous devons améliorer notre fonctionnement et nos règles de délibération pour donner de la force à notre vision de la société et à nos positions communes. • Tracer les nouvelles frontières de la gauche capables de construire un rassemblement majoritaire. Ce processus doit impliquer directement les militants et permettre des décisions acceptées par tous à l’occasion de notre prochain Congrès, en tranchant sereinement entre nous les options qui peuvent nous séparer. 1. Le calendrier De l’université d’été de La Rochelle aux assises de la Gauche Dès l’université d’Eté de La Rochelle, le 31 Août 2007, nous ouvrirons la phase du diagnostic. Ensuite, à partir du mois de septembre, trois forums seront ouverts sur : a) Le socialisme dans la mondialisation : comment produire davantage de richesse et d’emplois ? Quelle politique économique possible pour renforcer la compétitivité et la croissance ? Quel rôle pour l’Etat ? Quelle place pour l’impôt et la redistribution ? Quelle dimension donner à l’impératif écologique ? Quel projet européen ? b) L’avenir de la solidarité dans une société individualisée, un monde du travail fragmenté, et une espérance de vie plus longue : Quelle nouvelle relation du travail ? Quelle protection sociale ? Quelles solidarités urbaines ? Quel aménagement du territoire ? c) La citoyenneté dans la Nation : Comment assurer la mobilité et la promotion pour chacun ? Comment lutter contre les discriminations ? Comment assurer le respect des règles, l’autorité de l’Etat et la sécurité ? Quelle politique d’immigration ? Parallèlement, une Commission de la Rénovation sera mise en place pour élaborer une révision de nos procédures et de notre organisation, avec des mesures fortes pour atteindre nos objectifs en matière de parité, de diversité et de renouvellement. Ces conclusions serviront également à nos débats pour le prochain congrès. Enfin, des Assises de la Gauche seront lancées –avec les formations politiques et les acteurs du mouvement social qui voudront s’y associer- pour réfléchir à la structure capable de nous faire travailler ensemble sur la législature en coordonnant notre opposition à la politique de la droite et en préparant les échéances électorales, à commencer par les élections municipales de mars 2008. 2. La méthode La réflexion sera menée par des responsables qui incarneront le renouvellement et l’expérience. Nous confronterons nos réflexions, nos analyses, notre bilan, au regard extérieur : celui des intellectuels, des forces syndicales et associatives et des socialistes européens. Il nous faut chercher des réponses par des remises en cause fortes et des propositions largement nouvelles. Elle associera, à toutes les étapes, les adhérents du Parti et sera l’occasion d’en accueillir de nouveaux. Elle se concluera par des Conventions qui acteront toutes les convergences possibles et marqueront les choix alternatifs que les militants auront à ratifier le moment venu. 3. Le Congrès ordinaire du Parti Il se tiendra après les Municipales de 2008. Il portera, comme tous les congrès ordinaires, à la fois sur la ligne, la stratégie et le leadership. Mais il sera aussi extraordinaire, car il reprendra toutes les conclusions de nos débats. Je propose qu’après le congrès de 2008, le prochain se tienne après la série des élections intermédiaires et locales de 2009 et 2010 (européennes, régionales et cantonales). Il déterminera les modalités de calendrier et de préparation des élections présidentielle et législatives de 2012. D’ici là, nous avons à désigner nos candidates et candidats pour les élections municipales, cantonales et sénatoriales. Une Convention nationale ratifiera à la mi-décembre 2007 les votes des militants et adoptera le projet pour les municipales de 2008. ******* ** Nous sommes devant l’obligation de changer. De mettre les idées avant les personnes ; d’éviter les surenchères et les faux consensus. Bref, « choisir », mais en préservant l’unité des socialistes. Le premier changement commence surtout par un nouvel état d’esprit. Avant toute chose, nous devons nous respecter, respecter le Parti et ses décisions, respecter les militants, ses hommes et ses femmes dévoués, qui localement, là où la gauche est forte mais aussi là où la situation politique est plus difficile pour nous, portent nos idées les espoirs de nombreux Français. Il n’y aura pas demain de victoire possible sans un grand Parti socialiste. Il doit s’ouvrir largement. Il doit porter des valeurs, des propositions susceptibles de structurer le débat et faire pleinement de la politique. C’est-à-dire de l’idéologie. Nous affrontons une droite décomplexée et dont le Chef utilisera tous les moyens pour brouiller les pistes, confondre les enjeux, déstructurer la politique. En face, la gauche doit mettre de la clarté : dans les idées, les enjeux et les pratiques. Cette proposition doit permettre au Parti Socialiste de franchir une nouvelle étape pour que nous soyons demain en capacité d’offrir aux Français une espérance. Nous devons ouvrir un nouveau cycle. Il commence aujourd’hui. Ce n’est pas un calendrier, c’est un processus qui s’engage et dont le contenu permettra d’être au rendez-vous de 2012. C’est dans cet esprit que je vous demande par un vote d’approuver cette démarche de mutation.
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Mardi 26 juin 2007
24/06/2007 - Canal + - Dimanche + Laurence FERRARI : 13h11, en direct dans Dimanche Plus, l'invitée de Dimanche Plus, c'est Ségolène Royal. Bonjour. Ségolène ROYAL, présidente de la région Poitou-Charentes : Bonjour ! Laurence FERRARI : Présidente de la région Poitou-Charentes et candidate à l'élection présidentielle 2007. Merci de réserver vos premières déclarations à Dimanche Plus, après le conseil national du Parti socialiste hier. Pourquoi n'étiez-vous pas présente à Paris, hier ? Ségolène ROYAL : Parce que j'avais fait le choix d'être dans ma région. Vous savez que j'ai été écartée, longtemps, de cette région parce que j'étais engagée dans une campagne nationale, la présidentielle, et puis les législatives. Voilà... Laurence FERRARI : Ce n'était pas par crainte d'être bousculée, d'être chahutée ? Ségolène ROYAL : J'ai entendu qu'il n'y avait pas forcément que des propos aimables qui ont été échangés. Mais vous savez, moi, je me suis imposé une règle éthique depuis toujours, c'est de ne dire jamais de mal d'un autre socialiste ; et en ce qui concerne les adversaires politiques, c'est de ne jamais les attaquer sur le plan personnel. Et cette règle de conduite, je continue à me l'appliquer. J'entends un certain nombre de choses qui sont dites par ceux-là même, d'ailleurs, qui souvent sont venus me chercher pour les aider à gagner les élections législatives... Mais tout cela n'est pas grave. Ce que je demande... Laurence FERRARI : Ça ne vous blesse pas ? Quand Claude Bartolone dit : "On découvre qu'on a soutenu une candidature de duplicité", ça vous blesse ? Ségolène ROYAL : Je trouve que ça ne rend pas service au collectif, à notre combat commun, notre idéal commun. Je crois que ça n'est pas à ce niveau que doivent se situer les prises de parole politiques ; ça nous fait du mal collectivement. Et, en même temps, je ne veux pas situer sur ce même niveau. J'ai été candidate à l'élection présidentielle ; j'ai rassemblé sur mon nom 17 millions d'électeurs et d'électrices qui attendent que nous continuions à travailler pour assurer demain une relève, incarner l'avenir - et voilà quelle est ma tâche aujourd'hui, avec d'autres, bien sûr. Laurence FERRARI : Et c'est en snobant le conseil national que vous arriverez à faire ce travail-là ? Ségolène ROYAL : Vous avez vu les images magnifiques qui viennent de se dérouler, là, sur les écrans ?Je suis allée voir, hier, une frise magdalénienne de 20 000 ans avant Jésus Christ. C'est un endroit exceptionnel et, en tant que présidente de région, j'ai un projet magnifique pour faire en sorte que le public puisse accéder à ces merveilles que nous ont léguées nos ancêtres... Laurence FERRARI : C'est un pied-de-nez ; c'est un pied-de-nez vos amis. Ségolène ROYAL : Regardez comme c'est beau ! Laurence FERRARI : C'est magnifique, j'en conviens... Ségolène ROYAL : C'est somptueux, et aujourd'hui, vous voyez, le public n'y a pas accès. Et donc, je veux que le public puisse y avoir accès... je crois que les merveilles du monde doivent être mises à la portée du plus grand nombre. C'est un projet de démocratisation culturelle et de civilisation très important. Laurence FERRARI : D'accord... Pour en revenir à la politique, il y a deux propositions du projet socialiste que vous avez reprises dans le pacte présidentiel dont vous avez jugé qu'elles n'étaient pas crédibles - c'était le SMIC à 1500 euros et la généralisation des 35 heures. Vous maintenez ces critiques ? Ségolène ROYAL : Mais bien sûr ! Et d'ailleurs, ça n'est pas nouveau, la façon dont je les ai exprimées. Et vous savez, dans la démarche de démocratie participative, jamais on ne m'a demandé le SMIC à 1500 euros immédiatement. Et d'ailleurs, au fur et à mesure de la campagne, c'est en écoutant les gens que j'ai pu adapter ces mesures initiales du projet socialiste qui était insuffisamment préparé donc pas crédible. Pourquoi ? Parce qu'il y a des gens qui me disaient : "Mais attendez... 1500 euros bruts dans 5 ans, vous vous moquez de nous, puisque, de toute façon, avec l'augmentation des pris et le coup de pouce au SMIC, nous y arrivons." Et donc... Laurence FERRARI : Mais pourquoi ne pas l'avoir dit tout de suite ? Ségolène ROYAL : Mais je l'ai dit au cours de la campagne ! Et d'ailleurs... Laurence FERRARI : Parce que les militants socialistes sont troublés, aujourd'hui... Vous comprenez le doute qui s'est installé dans leur esprit ? Ségolène ROYAL : Peut-être sont-ils troublés parce que mes propos sont déformés... Mais, pendant la campagne, j'ai adapté ces mesures, et j'ai dit : "1500 euros le plus rapidement possible", et pas dans 5 ans puisque les 3,6 millions de Français qui sont payés au SMIC et qui, aujourd'hui, gagnent moins de 1000 euros par mois attendent une revalorisation des bas salaires ; et pour tous les autres, ceux qui avaient compris qui c'était 1500 euros nets du jour au lendemain, et qui se disaient : "Les socialistes ne sont pas responsables ; c'est impossible, sans croissance, d'avoir une telle accélération des salaires" ; plus tous ceux, les 11 millions de Français salariés qui sont juste au-dessus du SMIC et qui se disaient : "Mais nous, nous allons devenir Smicards ; ça ne va pas dut tout !"... pour ceux-là, j'ai expliqué que l'augmentation des salaires, de tous les bas salaires, ne se ferait pas de façon unilatérale et brutale mais en discussions avec les partenaires sociaux, dans le cadre de la conférence nationale sur la croissance et les revenus, d'une part. Et, d'autre part, j'ai mis en avant cette idée nouvelle du gagnant-gagnant en disant : "Il faut que l'augmentation salariale corresponde aussi à l'intérêt des entreprises". Et comment faire cette réconciliation vers le haut ? C'est en donnant massivement de la formation professionnelle aux salariés. Et donc, si les salariés sont mieux formés, à ce moment-là, l'entreprise doit les payer davantage. Et on a donc, à ce moment-là, des entreprises plus compétitives, parce que les salariés sont mieux formés, et des salariés mieux payés et donc qui voient aussi une évolution de carrière se profiler - ce qui manque aujourd'hui cruellement aux salariés. Laurence FERRARI : Madame Royal, est-ce qu'il y a d'autres points du projet socialiste sur lesquels vous n'étiez pas d'accord ? Que vous n'auriez pas appliqués si vous étiez élue ? Ségolène ROYAL : Mais, je les aurais appliquées, ces deux mesures-là ; il ne faut pas qu'il y ait de malentendus. Je les aurais appliquées, c'est-à-dire que j'aurais tenu ma parole mais dans le contexte que je viens de vous expliquer, c'est-à-dire en discussions avec les partenaires sociaux et, deuxièmement, en accompagnant les augmentations salariales d'une discussion globale sur les bas salaires et sur les petites retraites... et en les accompagnant d'un effort très important de formation professionnelle. Donc, je crois que, à l'avenir, pour que nos propositions soient crédibles, il faudra dire comment on les finance, comment on les met en application et quelles sont les mesures d'accompagnement qui leur permettront d'être crédibles, et donc de nous permettre de conquérir l'opinion publique. Laurence FERRARI : Alors, madame Royal, avant de revenir sur ce qui s'est passé hier au conseil national du Parti socialiste, je vous propose de regarder un reportage sur la semaine qui a agité le Parti socialiste, avec un défi à gauche : passer de la division à la refondation. Reportage Thierry Dagiral et Ludovic Tourte. Thierry DAGIRAL : Ah ! c'est la grande lessive qui commence au PS... Deux défaites et des mois de non-dits. Mardi, c'était la rentrée des députés socialistes, mais les éléphants, c'est l'avenir du parti qui les excitent, avec un homme à flinguer : lui, François Hollande. Il l'a décidé : il restera aux manettes jusqu'après les municipales - c'est loin... A distance, Royal se voit déjà en cheftaine socialiste et ses troupes veulent accélérer le tempo... François Hollande a déjà imposer un timing, un agenda... ? Julien DRAY, député de l'Essonne : C'est le sien, oui... Thierry DAGIRAL : Celui du PS ? Julien DRAY : Non, pour l'instant, c'est le sien. Il dit qu'il veut rassembler ; je crois qu'il a raison d'ailleurs. Donc, il faut que ça devienne collectif, donc il faut débattre, il faut en discuter. Thierry DAGIRAL : Vous voulez que l'agenda s'accélère ou pas ? Julien DRAY : Il faut faire attention. Il ne faut pas donner le sentiment qu'on est en train de traîner, quoi ! Voilà. Thierry DAGIRAL : Royal en rêve, les autres y pensent mais se taisent. Votre ami DSK, il pense, lui aussi, à être premier secrétaire ou pas ? Jean-Christophe CAMBADELIS, député de Paris : Oh... ce n'est pas le problème... Honnêtement, ce n'est pas le problème. Thierry DAGIRAL : Ségolène Royal en a parlé dès hier soir... Jean-Christophe CAMBADELIS : Ben oui, elle a raison, mais ce n'est pas le problème. Thierry DAGIRAL : Elle a raison . Jean-Christophe CAMBADELIS : Elle a raison de se poser cette question puisque ça a l'air de la turlupiner... mais ce n'est pas le problème. Thierry DAGIRAL : Le PS se cherche d'abord une doctrine, des valeurs communes ; ne plus éviter les débats pour sauver la façade. Jean-Christophe CAMBADELIS : Il faut de la décision, c'est-à-dire qu'il faut trancher. Il y a un désaccord, visiblement, dans le Parti socialiste, sur la question européenne... Tranchons-la. Il y a un désaccord sur la question de la mondialisation... Tranchons-le. Il y a un désaccord sur la question du social et de l'économie ; comment on fait du social aujourd'hui par rapport à la mondialisation dans l'économie ? Il faut le trancher. Et puis, à partir de là, travaillons aux questions d'organisation. Thierry DAGIRAL : Il y a du boulot, hein ! Jean-Christophe CAMBADELIS : Ah bah oui ! C'est quand même la troisième fois qu'on perd les présidentielles ! Il y a du boulot ! Thierry DAGIRAL : "Hollande incapable de trancher, responsable de l'échec socialiste", Cambadélis l'écrit dans son bouquin sorti cette semaine. Deux tueurs sans cagoule : Valls, ancien proche de Jospin, prêt à rallier Royal ; Gorce, le fabiusien, désormais avec l'ex-candidate. Message limpide : Hollande doit partir, et vite. Manuel VALLS, député de l'Essonne : Il faut un renouvellement des équipes, des idées évidemment, et donc des équipes aussi. Et donc, il faut donner des signes rapides... très rapides ! Evidemment, très rapides. Thierry DAGIRAL : François Hollande doit partir très vite ? Manuel VALLS : Moi, je l'ai dit ; il faut évidemment qu'il cède la place à une direction collégiale. Gaëtan GORCE, député de la Nièvre : Si on s'installe dans un système dans lequel ça ne change jamais quand on échoue, on ne peut pas reprocher à d'autres de le faire. Je veux dire, l'éthique politique, c'est que lorsqu'on subit un échec collectif, eh bien, la direction, ceux qui en portent la responsabilité politique - je ne dis pas personnelle, politique - doivent se retirer. C'est normal. Thierry DAGIRAL : Rue Solférino, le siège du PS, comme le dernier bunker d'Hollande. Ses proches ont sorti les gilets pare-balles. Stéphane LE FOLL, directeur de cabinet de François Hollande : On a bien compris que certains voulaient aller plus vite, pour des raisons qui devront être expliquées, qui peuvent être de bonnes raisons... Thierry DAGIRAL : Alors, qu'est-ce qu'il y a derrière, selon vous ? Stéphane LE FOLL : Je ne sais pas ce qu'il y a derrière... Il y a des analyses sûrement pertinentes qu'on attend. Thierry DAGIRAL : En fait, mes écuries se forment. La plupart des amis d'Hollande ont choisi Royal. Le clan de l'ex-candidate veut mettre la pression, agir vite... Échec à la présidentielle, échec aux législatives et Hollande reste dans son bureau... Rien ne change, pendant un an ? Stéphane LE FOLL : Mais quelle est la question posée ?! Est-ce que vous croyez simplement, puisque vous me posez une question, que c'est en changeant de premier secrétaire qu'on va régler les problèmes ? Si c'est ça, il y aura l'occasion de le faire... Thierry DAGIRAL : C'est un signal envoyé aux élus.... ? Stéphane LE FOLL : C'est un signe qui sera donné si les militants et si les responsables du parti le souhaitent ! On se s'accroche pas du tout au poste - et François moins qu'un autre ! Thierry DAGIRAL : Derrière le bras de fer politique, l'affaire privée. C'est à cette journaliste que Ségolène Royal a confié sa séparation. Depuis une semaine, l'ex-candidate est libre, affranchie du PS et de son patron. Christine COURCOL, journaliste AFP, "Les coulisses d'une défaite" : De toute évidence, ils n'ont tout à fait la même conception de ce que doit être le PS, du positionnement du PS... On l'a vu au moment où elle a fait des appels à François Bayrou ; ce n'était vraiment pas le truc de François Hollande. Alors là, ils vont être sans doute en désaccord. Peut-être qu'ils auront plus de franchise dans l'expression des désaccords puisque, bon, ils ne seront plus assimilés comme deux éléments d'un couple. Thierry DAGIRAL : Pendant ce temps, les jeunes militants dépriment. Un couple qui se déchire, des vieux qui veulent garder le pouvoir et la Gauche qui part en lambeaux. Militant PS 1 : Il faut un vrai renouvellement idéologique mais aussi générationnel. Militant PS 2 : Je pense que cette ambiance Santa Barbara, on doit sortir de là. On ne doit pas justement s'intéresser à ces petits problèmes de Voici, "peoplisation" qui, pour moi, dégradent ce qu'on fait au quotidien, nous, en tant que jeunes militants socialistes. Militant PS 3 : On considère qu'effectivement le premier secrétaire est toujours légitime pour mener le Parti Socialiste aux prochaines élections municipales te ensuite jusqu'au congrès. Et je crois que ça, ça ne se discute pas. Thierry DAGIRAL : Bon, ben ça en fait au moins un avec Hollande. En fait, pour l'heure, les éléphants soutiennent le rythme, les patrons. Est-ce que le calendrier de Monsieur Hollande vous convient ? Bertrand DELANOË, maire de Paris : Ben, je ne le connais pas tout à fait. Thierry DAGIRAL : Après les municipales en tout cas ? Bertrand DELANOË : Je pense qu'il faut faire le travail en profondeur, sérieusement, avec audace et en osant se remettre en cause. Et donc no ne peut pas le faire bien en peu de temps. Thierry DAGIRAL : On sent qu'il y a beaucoup de gens derrière vous, les jospiniens... Bertrand DELANOË : C'est un détail. Allez, ciao ! Thierry DAGIRAL : Mais important ! La tactique se joue en deux temps : un, soutenir Hollande pour évincer Royal ; deux, en cas de victoire au municipales, Delanoë se glisserait bien dans le costume de chef. Semaine de huis clos au PS. Mardi, dans Le Marais, Ségolène Royal réunissait ses fidèles. Vous avez parlé de l'après ? Jean-Louis BIANCO, député Alpes de Haute-Provence : On est dans un local privé, donc je ne fais aucune déclaration. Thierry DAGIRAL : Ses proches demandes la consultation rapide des militants - c'est sa force à elle, Royal l'émancipée - et repartir en guerre. Ségolène ROYAL, présidente région Poitou-Charentes : Ce qui importe pour moi, c'est le fond des propositions et c'est la rénovation des méthodes politiques et du Parti Socialiste. En attendant, les éléphants ont voté hier le calendrier d'Hollande. Ségolène Royal a séché le conseil national. Dur retour à la réalité pour l'ex-candidate. Laurence FERRARI : Ségolène Royal, est-ce que vous espérez toujours soumettre le calendrier que François Hollande a fait adopter à une écrasante majorité aux votes des militants ? Ségolène ROYAL : Mais je crois que ce n'est pas le sujet principal. Je pense que lorsque les Français regardent ce type de reportage alors que nous sortons d'une longue période de campagne, éminente d'ailleurs... Laurence FERRARI : Vous pensez que c'est désastreux ? Ségolène ROYAL : Oui, je pense que c'est une très mauvaise image parce qu'on ne voit évoquées que les questions de personnes. C'est-à-dire que c'est un retour aux méthodes du passé. Je crois que les méthodes politiques doivent se rénover et que nous avons la responsabilité majeure de remettre en avant des idées neuves. Et donc moi, je me refuse à rentrer dans les conflits de personnes. Il y a beaucoup de sujets aujourd'hui à trancher puisque donc les Français là maintenant ont voté pour un président UMP, une majorité UMP, et donc l'opposition aujourd'hui a un rôle éminent, pas seulement de s'opposer systématiquement mais aussi de construire et de proposer. Laurence FERRARI : Et d'approuver parfois si des mesures sont bonnes ? Ségolène ROYAL : Et parfois d'approuver si les mesures sont bonnes, en veillant aussi à la façon et à la méthode avec lesquelles elles sont appliquées. Donc aujourd'hui, on le sait, les problèmes qui préoccupent les Français sont encore les mêmes, c'est-à-dire la question du chômage et la question du pouvoir d'achat. Laurence FERRARI : Mais est-ce que vous êtes, vous, ou pas, candidate au poste de premier secrétaire ? Est-ce que ça vous intéresse ? Vous l'avez dit déjà. Ségolène ROYAL : Mais je ne suis pas préssée. Le Parti Socialiste n'est pas un objectif en soi, c'est la plus grande organisation politique qui est au service des Français pour préparer une alternance et pour rénover la vie politique et les idées politiques par rapport aux nouveaux défis auxquels la France est confrontée et auxquels le monde est confronté : les questions de la mondialisation, des délocalisations qui ne sont toujours pas réglées, la question du pouvoir d'achat, des inégalités, etc. Laurence FERRARI : Mais si c'est une étape... Si c'est une étape, vous la franchirez cette étape-là ? Ségolène ROYAL : Mais lorsqu'on me pose la question, vous savez, après une élection présidentielle, il y a deux solutions : soit on dit "On arrête" comme l'avait fait Lionel Jospin - ça n'est pas le choix que j'ai fait et je l'ai respecté, c'est aussi sa façon de voir les choses -... Laurence FERRARI : Vous irez tout droit ? Ségolène ROYAL : ... soit on dit comme François Mitterand après 74, "Je continue parce que, non pas pour moi, c'est pas un itinéraire personnel, mais parce qu'il y a une espérance qui s'est levée, il y a un mouvement très fort qui s'est mis en mouvement lors de cette campagne, il y a des espoirs." Je suis retournée à la demande des candidats dans les circonscriptions de plus d'une centaine de candidats aux élections législatives et j'ai senti la cruelle déception de beaucoup et de beaucoup d'électeurs. Donc cette énergie-là... Laurence FERRARI : Est-ce que vous allez faire, à un moment... ? Ségolène ROYAL : ... cette énergie-là, ce serait un gâchis de ne pas la mettre au service de la rénovation de la politique. Laurence FERRARI : Est-ce qu'il y a un moment où vous allez faire votre auto-critique, Ségolène Royal, dire "Voilà pourquoi j'ai perdu" ? Ségolène ROYAL : Mais bien sûr. Laurence FERRARI : Cet été ? Ségolène ROYAL : Mais ce n'est pas seulement une auto-critique, c'est aussi l'analyse des idées neuves qui ont entraîné 17 millions d'électeurs ; c'est aussi l'analyse des idées qui n'ont pas été entendues, pas été comprises ; c'est aussi l'analyse du système médiatique. On le sait bien, il y a une force de frappe médiatique du côté du candidat de l'UMP que plus personne ne conteste aujourd'hui. Il y a aussi un système sondagier, il y a aussi un candidat de l'UMP qui est resté ministre jusqu'à un mois de l'échéance présidentielle. Il y avait aussi donc une disproportion de moyens qu'il faut analyser. Il faut d'ailleurs que le Parti Socialiste aussi se pose la question de savoir comment il agit pour avoir des outils de communication très forts. Laurence FERRARI : Mais vous n'avez pas fait d'erreur, vous ? Vous avez fait des erreurs, vous. Ségolène ROYAL : Mais sans doute ! Bien sûr. Personne n'est parfait. Rassurez-vous. Laurence FERRARI : Et vous allez les analyser, les rendre publiques ? Ségolène ROYAL : Oui, oui. Laurence FERRARI : D'ailleurs cet été, il y a un séminaire à La Rochelle que vous allez organiser ? Ségolène ROYAL : Oui, c'est-à-dire qu'au lieu de les faire comme ça par bribes au gré des questions des journalistes, auxquelles je réponds, je ne veux pas là refuser de répondre à toutes les questions, donc sur un certain nombre de sujets, même si ça fait polémique, et tant mieux parce que ça fait débat. Moi, je ne crois pas que ce soit des polémiques dès qu'il s'agit de questions de fond. Ce sont des débats. Donc j'aurai bien sûr une approche globale avec toutes celles et ceux qui voudront y participer. Et d'ailleurs c'est déjà commencé. Laurence FERRARI : Éventuellement des gens du Centre ? Éventuellement des gens hors Parti Socialiste ? Ségolène ROYAL : Mais pourquoi pas ? Je crois qu'il faut ouvrir les portes et les fenêtres. D'ailleurs, vous avez vu qu'entre les deux tours des élections législatives, les experts estiment à 80 à 90 % d'électeurs du MoDem qui sont venus sur les candidats socialistes. Donc je crois que la façon aussi dont j'ai respecté François Bayrou en prenant contact avec lui a été reconnu. Moi, je crois, vous savez, à la politique par le respect. Je l'accorde aux autres, je la demande aussi en retour et je l'accorde aussi à nos partenaires et même à nos adversaires politiques qui sont aussi des partenaires du débat public. Laurence FERRARI : Est-ce que vous envisagez de quitter le Parti Socialiste et de fonder un nouveau parti ? Ségolène ROYAL : Non, je ne crois pas. Le Parti Socialiste n'appartient pas à, comment dirai-je, un groupe ou à une minorité de personnes dirigeantes. Le Parti Socialiste, il appartient aux militants, à tous les militants. Et je serais la garante du respect du processus démocratique à l'intérieur du Parti Socialiste. Personne n'en est propriétaire et certainement pas ceux qui sont à la tête des courants qui ont été si destructeurs. Parce que la structuration par courant ou par conflits de personnes, souvent a empêché les débats et a empêché la clarification des choix politiques. Donc aujourd'hui, pour moderniser le Parti Socialiste, il faut avoir le courage de clarifier les choix politiques et de faire voter les militants pour structurer la nouvelle pensée politique du socialisme du XXIème siècle en répondant aux préoccupations concrètes des Français. Mais ce sont... c'est aux militants que doit revenir le dernier mot. Mais moi, je voudrais d'ailleurs dire à ce sujet que les militants, là, ils sont fatigués parce qu'ils ont eu la campagne interne, ils ont eu la campagne présidentielle, ils ont eu les campagnes législatives, ils ont eu le débat sur le projet socialiste, le débat sur le pacte présidentiel, les débats participatifs. Laurence FERRARI : Donc ils sont déboussolés ? Ségolène ROYAL : Non, c'est pas ça, mais c'est qu'ils ont énormément donné. Ils sont aujourd'hui 300 000. Nous sommes aujourd'hui 300 000. Ils ont beaucoup beaucoup donné et ils ont... moi, je les ai vus se mettre en mouvement de façon extraordinaire avec tous les sympathisants qui étaient autour, et le Parti Socialiste appartient aussi aux Français, même à ceux qui ne sont pas membres du Parti Socialiste parce que c'est un parti structurant de la démocratie française. C'est pour ça qu'il faut que ses dirigeants fassent attention à leur comportement, à leur prise de parole. Laurence FERRARI : On va parler... Ségolène ROYAL : Et moi, je dénonce toute brutalité verbale parce que, ça, c'est une façon de faire de la politique comme dans le passé et qu'il faut... Laurence FERRARI : Et que vous réprouvez. Ségolène ROYAL : Et que je réprouve. Laurence FERRARI : On va parler d'un sujet qui vous tient à cOEur aussi, c'est l'Europe. On va voir si la méthode Sarkozy telle qu'il l'a déployé d'abord en Pologne et puis à Bruxelles vous convient. Reportage "Sarko l'Européen", c'est une enquête de Jean-Louis Perez avec Charles Bajet. Jean-Louis PEREZ : 6 juin dernier, premier rendez-vous international pour Sarkozy président. La France prend un coup de jeune, lui est heureux de rencontrer ses nouveaux amis, et ça se voit. Mais pour que la fête soit totale, le sommet doit être un succès. Coûte que coûte. Nicolas SARKOZY : Il faut qu'on se fixe un objectif pour bien montrer la détermination du G8 à agir et à obtenir des résultats. Jean-Louis PEREZ : La culture du résultat, le G8 arrache un accord aux Américains : réduction de moitié des gaz à effet de serre d'ici à 2050, sans dire comment y parvenir, mais qu'importe. Dire qu'on a réussi à tout prix, c'est ça la méthode Sarkozy. Varsovie la semaine dernière. Ce jour-là, le président français est venu vendre son traité simplifié aux jumeaux Kaszynski qui n'en veulent pas. Alors pour obtenir leur adhésion, Sarkozy caresse les Polonais dans le sens du poil. Nicolas SARKOZY : Je voulais absolument venir en Pologne parce que la Pologne est un grand d'Europe. Jean-Louis PEREZ : Ça, c'est pour les frères Kaszynski. Nicolas SARKOZY : La Pologne, c'est le pays qui a donné au monde Jean-Paul II. Jean-Louis PEREZ : Et ça pour tous les Polonais. Ca ne mange pas de pain et ça rapporte, surtout après les années Chirac. Helena LUCZYWO, journaliste "Gazeta Wyborcza" : Les relations avec Jacques était un peu difficile. Il a dit à propos de la guerre en Irak qu'on a perdu une occasion de se taire, et ça les Polonais ne l'ont jamais oublié. Jean-Louis PEREZ : Écouter, rassurer, flatter même. Tout faire pour arriver à ses fins. La méthode du président Sarkozy, c'est au ministère de l'Intérieur qu'il l'a rodée, peaufinée. Souvenez-vous en 2003 le Conseil français du culte musulman. David MARTINON, porte-parole de la présidence de la République : En huit mois, il a pu faire émerger un accord sur la création du Conseil français du culte musulman sur un dossier qui était bloqué depuis dix ans. Quand vous êtes un des protagoniste du dossier et que vous voyez que le ministre de l'Intérieur, et aujourd'hui peut-être le président de la République sur un autre dossier, prend autant de son temps pour essayer de vous convaincre, pour essayer de comprendre ce que vous avez en tête, ce que vous voulez, ce que vous ne voulez pas, essayer de mettre en évidence quel est votre intérêt, je pense que c'est une preuve de sa sincérité. Jean-Louis PEREZ : Le problème, c'est qu'aujourd'hui le CFCM, plus personne ne sait vraiment à quoi ça sert. Mais peu importe. Sarkozy avance sans douter. Est-ce que vous envisagez de ne pas arriver à un accord la semaine prochaine à Bruxelles ? Nicolas SARKOZY : Dans ce cas-là, si on envisage de ne pas arriver à un accord, autant rester chez soi. Jean-Louis PEREZ : Mais avant Bruxelles et le sommet européen, il y a Paris et le deuxième tour des législatives. Pas de raz-de-marée à l'Assemblée, il faut donc consulter les autres partis pour vendre le traité simplifié. Entretien glacial avec son détracteur François Bayrou. Et cette fois, Bayrou l'Européen ne parvient pas à critiquer la méthode Sarkozy. François BAYROU, président du Mouvement Démocrate : Si on arrive à un traité simplifié court, lisible, compréhensible par tout le monde, qui reprenne les principes qui sont ceux du traité constitutionnel au moins dans sa première partie, alors je le soutiendrai. Jean-Louis PEREZ : Bruxelles, jeudi dernier. L'ouverture du sommet européen. Derrière les sourires, ça coince. Polonais et Anglais ne veulent pas du traité simplifié proposé par la France. Sarkozy s'active, multiplie les réunions. Il drague. Le nouveau président veut un succès pour l'Europe et pour lui aussi. Philippe RIDET, journaliste Le Monde : La nécessité, c'est de dire qu'il y a un accord. Peu importe ce qu'il y a dans l'accord, peu importe ce qu'il y a comme contenu, il veut cette victoire politique. C'est pour lui quelque chose de déterminant. S'il obtient ça, il va pouvoir rentrer à Paris en disant : "Amis français, soyez fiers de votre président." Surtout après le second tour des législatives un peu en demi-teinte où l'électorat a paru tout d'un coup tout en plébiscitant le style, se méfie un peu du programme. Jean-Louis PEREZ : Vendredi matin, footing pour garder le cap. Toujours pas de compromis, mais le volontarisme de Sarkozy a déjà remporté une victoire : effacer le non au référendum et ses conséquences. Sarkozy a remis la France au centre du jeu européen. Jean-Pierre JOUYET, secrétaire d'Etat Affaires Européennes : Il y a deux mois, il y avait eu une réunion à Madrid où la France n'était pas. C'est quand même un spectaculaire retournement en deux mois que de faire en sorte, et ce quelle que soit l'issue ce soir, que la France soit revenue au centre de la négociation européenne, donne l'impulsion, les initiatives et aide au maximum la présidence allemande. Ce poids est acquis à jamais. Jean-Louis PEREZ : Vendredi soir, Angela Merkel veut signer un compromis sans la Pologne et ses 38 millions d'habitants. C'est l'impasse mais Sarkozy persiste et gagne. Samedi, 04h00 du matin, la France sauve son projet de traité simplifié. Victoire de l'Europe, triomphe de Sarkozy. Nicolas SARKOZY : Vous allez avoir une Europe avec des institutions maintenant. Ecoutez, c'est une nouvelle très importante. C'est peut-être le plus important des sommets européens depuis des années et des années. Jean-Louis PEREZ : Un compromis à Bruxelles, c'est la première victoire politique pour le nouveau locataire de l'Elysée. En France, on a presque oublié que la présidence du sommet était allemande. Laurence FERRARI : Ségolène Royal, est-ce que le consensus autour de ce traité simplifié est un succès pour la France selon vous ? Ségolène ROYAL : Je pense que c'est surtout un succès pour Angela Merkel. Je crois qu'il faut être juste dans la répartition des félicitations. Je crois que c'est elle qui, depuis le début de la présidence allemande, s'est beaucoup activée. Laurence FERRARI : Mais elle a été aidée par Nicolas Sarkozy. Ségolène ROYAL : Elle a été aidée. Et vous savez, dans la logique qui consiste à ne pas être opposant systématique, c'est vrai qu'il y a eu un activisme qui a débouché sur quelque chose. Mais sur quoi cela a-t-il débouché ? C'est important quand même de le préciser. Sur un accord qui ne sera applicable qu'en 2014, et pour les Polonais qu'en 2017. Donc il y a quand même une disproportion entre la communication qui est faite et les espèces de déclarations de victoire, une sorte d'exploitation quand même médiatique d'une victoire diplomatique alors que, pour la réalité de la vie des gens et de la réalité de l'Europe, les choses ne vont bouger qu'en 2014. Et donc... Laurence FERRARI : Est-ce que... Oui ? Ségolène ROYAL : ... ce qu'il faut regretter, c'est qu'il n'y ait pas eu d'accord sur des actions concrètes qui permettent d'abord de faire en sorte que l'Europe se protège davantage contre les délocalisations. Et cela, ça pouvait se faire par une décision sur l'harmonisation fiscale puisqu'il y a une compétition entre pays du fait que l'impôt sur les bénéfices des sociétés n'est pas le même d'un pays à l'autre, et ça il faut rapidement parvenir à une harmonisation fiscale pour empêcher ces délocalisations, et d'autre part une harmonisation et des investissements communs sur l'environnement, le climat, la recherche, la formation professionnelle, l'innovation, qui sont la seule façon pour l'Europe de repartir sur la croissance et de se défendre face aux autres continents émergents. Autrement dit, moi, j'appelle de mes vOEux une Europe de l'action, une Europe des projets, et c'est comme cela qu'on pourra lutter contre le chômage en Europe, et c'est finalement notre principal objectif. Laurence FERRARI : Ségolène Royal, vous avez décidé d'annoncer cette semaine votre rupture avec François Hollande ; pourquoi maintenant ? Ségolène ROYAL : Vous savez, d'abord, je voudrais dire que ça n'est pas aux médias de choisir la date et la forme d'une annonce de ce type. Et nous avions prévu de mettre au clair les choses par un communiqué commun sobre, digne, respectueux. Et c'est parce que notre vie privée a été mise... jetée en pâture sur la table par des journalistes, puis reprise par un communiqué de l'Agence France Presse qui m'a attribuée de façon mensongère une déclaration en plus le soir des élections législatives... et les choses ne devaient pas se dérouler de cette façon-là... Laurence FERRARI : Mais vous aviez bien parlé à ces journalistes ? Ségolène ROYAL : Je crois... Pour après, oui... Mais les choses étaient sur la place publique depuis longtemps. Et la façon dont il y a eu cette sorte de télescopage entre une annonce privée qui ne concerne pas les Français mais qui, en même temps, nous sommes conscients aussi d'être un couple exposé... Laurence FERRARI : Politique... Ségolène ROYAL : ... connu, politique ; et à partir du moment où il y a une clarification à faire, c'était à nous de la faire au rythme que nous avions choisi de la faire - et qui n'est pas celui que les médias nous ont imposé... et même, je le répète, de façon pernicieuse. Et je voudrais ici dire très clairement que ce qui a pu choquer les Français, les militants, le soir des élections législatives où cette annonce est tombée brutalement, j'avais eu au rédacteur le rédacteur en chef de l'AFP qui m'avait cette dépêche ; je m'y suis fermement opposée en lui disant qu'il y aurait un communiqué commun à nous deux, dans les jours qui suivraient. Malgré tout, il a fait cette annonce qui était une annonce mensongère. Donc, je crois qu'il y a un problème aussi d'éthique journalistique. Je n'ai pas fait d'annonce à l'AFP, et encore moins concomitamment d'annonce sur le Parti socialiste, puisque deux dépêches sont tombées ce soir-là, ont déstabilisé le débat législatif ; et je réprouve, vraiment, très, très sévèrement, ce type de méthodes. J'espère que... On me dit que le rédacteur en chef de l'AFP est un journaliste proche du pouvoir ; j'espère qu'il n'y a pas eu de tentation politique de déstabiliser... Laurence FERRARI : C'est une accusation grave... Ségolène ROYAL : C'est une question, parce que deux communiqués de presse qui ne correspondent pas à la réalité... je n'ai jamais fait d'annonce, et deux dépêches qui titrent : "Ségolène Royal..." Laurence FERRARI : Mais la déclaration est exacte. Ségolène ROYAL : Non. Je n'ai pas fait d'annonce à l'AFP, et je me suis même opposée à ce que l'AFP fasse connaître cette décision le soir des élections législatives, et le rédacteur en chef a quand même décidé de le faire. Je crois que dans une démocratie, il faut aussi de l'éthique journalistique. Laurence FERRARI : Dernière question, madame Royal, comment est-ce que vous imaginez de continuer à travailler avec François Hollande pour l'année qui vient, puisqu'il reste premier secrétaire du Parti socialiste jusqu'en 2008 ? Ségolène ROYAL : Mais, dans le respect des relations. En plus, aujourd'hui, les choses sont claires puisqu'il n'y a pas d'interférences entre la vie privée et la vie politique ; et, à titre d'exemple, par rapport à un reportage que vous avez passé tout à l'heure, c'est vrai que j'ai été consultée par Nicolas Sarkozy, en tant que responsable politique important dans la France d'aujourd'hui, qu'ancienne candidate à l'élection présidentielle, et vous voyez, pour éviter justement qu'il y ait une tentative de division entre nous, avant de me rendre à l'Elysée, j'ai bien évidemment consulté le premier secrétaire du Parti socialiste ; et puisque nous avons constaté ensemble qu'il y avait d'autres personnalités, comme Jacques Delors, comme Simone Weil, qui étaient également consultées, et pas seulement les responsables des partis, nous avons à ce moment-là décidé ensemble qu'il était normal que dans une démocratie je me rende à la consultation proposée par le président de la République. Laurence FERRARI : De la communication, du respect et un pacte de non-agression entre vous deux ? Ségolène ROYAL : Mais bien évidemment. Je crois d'ailleurs que ça a toujours été le cas. Je crois que nous sommes conscients de nos responsabilités, à l'égard non seulement des socialistes mais de la gauche en général. Mais, en même temps, si nous avons une vision nuancée sur les choses, différente sur les choses... Personne n'ignore que c'est vrai que moi, je suis beaucoup plus favorable à un dialogue approfondi avec, par exemple, le MoDem ou avec François Bayrou ; ce n'est pas tout à fait la sensibilité de François Hollande ni même de certains autres dirigeants, mais c'est ce qui fait aussi la richesse du Parti socialiste... Discutons-en, et je crois que la rénovation, la reconstruction de la gauche au sens large, la vision que nous pouvons avoir sur les idées neuves qui vont nous permettre, demain, de gagner la crédibilité, de préparer les victoires futures au service des Français appellent ce respect mutuel dans le dialogue avec chacun. Laurence FERRARI : Merci beaucoup, Ségolène Royal, d'être venue dans Dimanche Plus. C'était notre dernière émission avant l'été. J'espère que vous allez prendre quelques vacances... Ségolène ROYAL : Oui ! Laurence FERRARI : On se retrouve sur Canal Plus le 9 septembre !
par EXCOFFIER publié dans : segolene
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Samedi 23 juin 2007
Chers Amis, Chers Camarades, J'observe toutes les polémiques qui tournent autour de mes récentes déclarations sur les 35 heures ou le SMIC à 1500 Euros. Ces déclarations ne sont pourtant pas nouvelles. Elles n'ont pas été faites de manière unilatérale, mais lors d'une émission politique en réponse aux questions d'un journaliste. Ma conception de la politique, c'est de répondre clairement, sans détour, aux questions qui me sont posées. C'est ma liberté de parole et j'entends l'utiliser tant que ces questions, ces débats portent sur des sujets de fond. Je ne me suis jamais livrée et ne me livrerai pas davantage aujourd'hui à des attaques personnelles. Je souhaiterai que cette règle s'applique à tous. Et que le débat dont nous avons besoin, porte exclusivement sur le fond. Les observations que j'ai faites sur le Smic ou sur les 35 heures sont des exemples parmi d'autres du bilan idéologique qu'il nous faut dresser pour aborder la rénovation. D'ailleurs, les syndicats étaient eux mêmes très réservés sur ces 2 mesures qui doivent faire l'objet d'une négociation avec eux dans un cadre plus large sur le pouvoir d'achat, les salaires et l'emploi tel que prévu dans le projet socialiste et dans le pacte présidentiel (Conférence nationale sur la croissance, les salaires, et l'emploi). La gauche doit être capable de mettre en cause ses dogmes et les formules toutes faites sans que cela ne suscite, immédiatement, des polémiques peu propices au débat. Amitiés fidèles. Ségolène
par EXCOFFIER publié dans : segolene
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