Jeudi 19 avril 2007

RTL

L'INVITE – Le 19/04/2007 – 07 :52

Invitée : Ségolène ROYAL, candidate PS à l'élection présidentielle

 


 

Christophe HONDELATTE

07h52, sur RTL, Jean-Michel APHATIE, vous recevez sur RTL et sur le site Internet RTL.FR, Ségolène ROYAL.

Jean-Michel APHATIE

Bonjour Ségolène ROYAL.

Ségolène ROYAL

Bonjour.

Jean-Michel APHATIE

Vous avez proposé, si vous êtes élue présidente de la République, la création d'un contrat première chance à destination des 190 000 jeunes qui sortent du système scolaire sans qualification. Cette proposition a été critiquée par plusieurs de vos partenaires à gauche et aussi par certains syndicalistes. Est-ce que vous la maintenez, cette proposition d'un contrat première chance, Ségolène ROYAL ?

Ségolène ROYAL

Ce que je maintiens, bien évidemment, c'est cette proposition qui s'inscrit dans une démarche globale, qui vise à réussir et à gagner la bataille contre le chômage des jeunes. Nous avons d'un côté des petits artisans, des commerçants, des petites entreprises de moins de 10 salariés, qui nous disent avoir 500 000 offres d'emploi non pourvues, et de l'autre, nous avons 190 000 jeunes qui sortent du système scolaire sans qualification. Faut-il rester inerte face à ce problème, comme depuis des années ? Ma réponse est non. Je veux donc rapprocher ces offres d'emploi de ces besoins d'emploi et mettre à disposition des entreprises, des jeunes sans qualification avec en effet…

Jean-Michel APHATIE

La proposition c'était un financement, voilà, une prise en charge pendant un an.

Ségolène ROYAL

Un financement public. Pourquoi ce financement public…

Jean-Michel APHATIE

Des salaires et des charges, c'est la voie que …

Ségolène ROYAL

… parce que ces jeunes sont sortis en situation d'échec, de l'école, donc ils doivent souvent réapprendre beaucoup de choses et donc je suis dans une logique donnant/donnant, gagnant/gagnant, si vous voulez. C'est-à-dire que les régions prendront en charge, et j'en sais quelque chose, puisque je suis à la tête d'une région, comme plusieurs de mes collègues, et nous avons déjà expérimenté ce type d'action, qui marche bien, et je crois que la politique aujourd'hui c'est de faire des choses qui marchent, et d'agir rapidement, et donc la contrepartie…

Jean-Michel APHATIE

Et donc les régions prendront en charge les salaires et les charges.

Ségolène ROYAL

Le salaire et les charges, pendant un an ; la contrepartie, c'est que nous demandons aux entreprises de donner à des jeunes qui sont très éloignés du marché de l'emploi, leur chance.

Jean-Michel APHATIE

Et au bout d'un an ?

Ségolène ROYAL

Et ça leur demande du temps. Il faut du tutorat, il faut de l'accompagnement, il faut de la formation professionnelle, il faut souvent de la patience et donc dans ce nouveau contrat, dans ce nouveau deal que je veux nouer avec les entreprises et notamment avec les plus petites d'entre elles, l'objectif c'est d'une part de cibler ces aides, or aujourd'hui les aides économiques aux entreprises sont dispersées entre des entreprises qui en ont  besoin, ou celles, même, qui n'en ont pas besoin. Il y a beaucoup d'effets d'aubaine et donc ce qu'il faut c'est être beaucoup plus efficace et beaucoup plus concret et rapprocher les offres et les besoins d'emploi.

Jean-Michel APHATIE

Les critiques qui vous ont été faites, vous y êtes indifférente, Ségolène ROYAL, ou les critiques qui ont été faites à cette proposition ?

Ségolène ROYAL

Mais, écoutez, depuis, les choses ont beaucoup évolué, puisque les organisations syndicales se sont penchées sur la question et par ailleurs, comme je l'ai dit, toute modification du droit du travail ou des dispositifs relatifs à l'emploi et aux salaires et aux qualifications, seront d'abord précédés par une négociation entre les partenaires sociaux. Mais qui peut, aujourd'hui, de bonne foi, s'opposer à ce que se mettent en place des actions très efficaces de lutte contre le chômage des jeunes ? Vous savez, c'est une des questions qui est le plus fortement remontée des débats participatifs, pas seulement des jeunes, mais aussi des parents et des grands-parents, et une société qui accepte d'être rongée par ce chômage, c'est une société qui est extrêmement fragilisée, et j'ajoute que la meilleure action de prévention de lutte contre la délinquance, c'est de mettre les jeunes au contact du travail et de leur redonner l'estime d'eux-mêmes.

Jean-Michel APHATIE

Les indemnités versées à Noël FORGEARD, ou promises à Noël FORGEARD, ancien PDG d'EADS, huit millions et demi d'euros, continuent de susciter beaucoup de commentaires. Souhaiteriez-vous prendre une loi pour encadrer le versement de ces indemnités aux chefs d'entreprises ?

Ségolène ROYAL

Tout d'abord, lorsque nous découvrons que le gouvernement était au courant, que monsieur BRETON a donné son accord, monsieur SARKOZY était membre du gouvernement, donc je n'imagine…

Jean-Michel APHATIE

Monsieur BRETON dément.

Ségolène ROYAL

Il dément, mais pour l'instant il n'a pas apporté les preuves de son démenti, en tout cas l'Etat est actionnaire de cette entreprise et il est inimaginable que le gouvernement n'ait pas été au courant. Donc, quand j'entends le candidat de l'UMP, protester contre ces indemnités scandaleuses, je m'interroge sur sa sincérité, comme tous les Français, d'ailleurs. La première chose, je crois, c'est que monsieur FORGEARD doit rembourser, voilà ce qui correspondrait, je pense, à une décision morale qui pourrait calmer la colère des salariés.

Jean-Michel APHATIE

Rembourser, du moins y renoncer, puisqu'il ne les a pas encore touchées.

Ségolène ROYAL

Ce soir, je vais rencontrer les représentants des salariés d'AIRBUS, je crois que je vais prendre la mesure de leur colère, de leur exaspération, et je crois que là aussi, une société qui se déstabilise, est une société qui accepte une telle provocation, et moi je veux construire une France qui se rassemble et qui considère, parce qu'elle a la certitude que les droits et les devoirs sont les mêmes pour tous, que les sacrifices ne sont pas demandés aux quelques-uns, tandis que d'autres, alors qu'ils ont failli, s'en sortent ou partent avec un pactole, oui, je pense qu'il faut mettre fin à ce type d'injustice et de provocation.

Jean-Michel APHATIE

Il faut prendre une loi ? Il faut prendre une loi pour encadrer ces pratiques ?

Ségolène ROYAL

Il faut de toute façon… Bien sûr il faut réglementer les choses, il faut légiférer, il faut que le Parlement débatte, mais surtout, ce qu'il faut, c'est la transparence et je rappelle que les socialistes avaient fait voter une loi sur la transparence, concernant les rémunérations des hauts dirigeants, et que c'est l'actuelle majorité UMP/UDF qui a remis en cause cette transparence. Quand il y a de la transparence, déjà, je pense que c'est très dissuasif, parce qu'un certain nombre de grands patrons n'oseront pas se comporter de cette façon-là parce qu'il y aura une pression morale des salariés et de leurs représentants qui n'accepteront pas ces provocations.

Jean-Michel APHATIE

La présidente du MEDEF, Laurence PARISOT, dit que si nous prenons une loi, nous serons le seul pays à le faire et les sièges sociaux partiront, les meilleurs talents ne resteront pas en France. Il y a un risque, Ségolène ROYAL ?

Ségolène ROYAL

Ecoutez, on aurait bien aimé entendre Laurence PARISOT protester contre le départ de monsieur FORGEARD dans ces conditions-là.

Jean-Michel APHATIE

Dans un meeting à Nantes, Robert BADINTER, c'était votre meeting, lundi soir, a parlé de « Lepénisation de Nicolas SARKOZY ». Reprenez-vous la formule à votre compte, Ségolène ROYAL ?

Ségolène ROYAL

Ecoutez, il y a actuellement un certain nombre de déclarations, Serge JULY les rappelait à l'instant : si c'était moi qui avais fait ce genre d'accumulations de déclarations, de contrevérités, de provocations, de théories génétiques, je pense que je ne serais même plus candidate à l'élection présidentielle. Alors, pourquoi tolère-t-on de ce candidat UMP qu'il dérape de façon aussi scandaleuse ? Est-ce que ce n'est pas pour faire un clin d'œil vers les électeurs du Front National à n'importe quel prix ? Donc, il assume ses responsabilités devant les électeurs, vous connaissez ma posture, aujourd'hui moi je suis dans un débat d'idées, je conteste très fortement ces débats d'idées, notamment pour tout ce qui concerne la pédophilie, c'est un sujet que je connais bien, pour l'avoir très très fortement combattu en tant que ministre de la Famille et de l'Enfance et je pense que ces théories sont intolérables…

Jean-Michel APHATIE

La formule…

Ségolène ROYAL

Et sur la manifestation d'un risque de fracture républicaine avec ce candidat-là.

Jean-Michel APHATIE

La formule « Lepénisation de Nicolas SARKOZY ».

Ségolène ROYAL

Je laisse à Robert BADINTER, il a …

Jean-Michel APHATIE

Vous ne la reprenez pas à votre compte ?

Ségolène ROYAL

Moi, je suis candidate à l'élection présidentielle, et donc ma responsabilité c'est de ne pas, comment dirais-je, porter de jugement sur les personnalités des uns et des autres, mais c'est de critiquer les projets, les théories et en l'occurrences celles-ci sont très pernicieuses.

Jean-Michel APHATIE

C'est une façon de dire que vous trouvez la formule excessive : « Lepénisation de Nicolas SARKOZY ».

Ségolène ROYAL

J'ai répondu à cette question, je n'ai rien d'autre à ajouter. Je crois que les Français sont suffisamment intelligents pour comprendre les risques, les éléments de violence, de brutalité, qu'il y a aujourd'hui dans les projets du candidat de l'UMP. Il y a d'autres brutalités et d'autres risques dans ce qu'il dit, par exemple les déremboursements en matière de couverture de soins, là aussi il y a un risque de rupture du pacte républicain.

Jean-Michel APHATIE

Dans les derniers sondages, vos intentions de vote baissent, celles de François BAYROU montent. Etes-vous inquiète pour le second tour, Ségolène ROYAL ?

Ségolène ROYAL

Moi, j'appelle les électeurs à venir voter massivement pour le premier tour de l'élection présidentielle…

Jean-Michel APHATIE

Avec inquiétude, cet appel ?

Ségolène ROYAL

… et à faire un vote conscient.

Jean-Michel APHATIE

Vous êtes inquiète ?

Ségolène ROYAL

Je suis sereine.

Jean-Michel APHATIE

Donc, pas inquiète.

Ségolène ROYAL

Et j'ai beaucoup de sang froid et je considère, et vous le savez très bien, qu'il y a encore 17 millions d'électeurs qui ne sont pas encore décidés, et j'aimerai bien que les instituts de sondages, parce qu'il y a eu un gros business autour du sondage au cours de cette campagne, il y a eu plus de 300 sondages, rendez-vous compte, tout cela ça fait beaucoup d'argent…

Jean-Michel APHATIE

C'est bien, les affaires marchent !

Ségolène ROYAL

Et que les instituts de sondages, pour vendre…

Jean-Michel APHATIE

On ne va pas s'en plaindre.

Ségolène ROYAL

… leurs sondages, et les journaux, pour vendre les sondages qu'ils achètent, ont besoin d'entretenir un suspense et souvent en s'abstenant de préciser qu'il y a encore 40 % d'électeurs qui n'ont pas fait leur choix ou qui ne veulent pas répondre aux instituts de sondages. Donc je crois que tout est ouvert, mais j'appelle bien sûr les électeurs à se mobiliser autour d'un vote conscient pour qu'ils aient au deuxième tour, un vrai choix.

Jean-Michel APHATIE

François BAYROU était à votre place hier matin et il a dit qu'il avait dîné avec Michel ROCARD. C'est une trahison de la part de Michel ROCARD quand il dîne avec François BAYROU ?

Ségolène ROYAL

Ça n'est pas une façon de me faciliter la tâche, mais certains éléphants, vous l'aurez constaté, n'ont pas fait tout pour me faciliter la tâche ; un certain nombre d'entre eux ont encore du mal à accepter ma désignation, mais là aussi je garde mon sang froid. Si je suis ici, devant vous, c'est que je garde beaucoup de sérénité et de force intérieure.

Jean-Michel APHATIE

Ségolène ROYAL, avec du sang froid face aux éléphants, était l'invitée de RTL. Merci, bonne journée.

Christophe HONDELATTE

Demain, donc, dernier candidat, sur RTL, ce sera Nicolas SARKOZY, dans le même exercice, à quelques heures de la clôture de la campagne. Merci Madame ROYAL.

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Jeudi 19 avril 2007

Un appel de 200 intellectuels pour Ségolène Royal

Le 22 avril, assumer notre responsabilité

Liberation, jeudi 19 avril 2007

 

 

Nous sommes des intellectuels et gens de culture, engagés à gauche de longue date sous des étiquettes diverses. Par-delà nos différences et nos divergences, qui subsisteront, nous appelons à voter dès le premier tour pour Ségolène Royal, seule candidature de gauche en mesure de remporter l'élection présidentielle.

Aucune femme, aucun homme attaché aux idéaux républicains et aux valeurs de justice et de progrès social ne peut accepter que le 22 avril 2007 répète et aggrave les conséquences du 21 avril 2002. Une nouvelle défaite électorale de la gauche serait synonyme de graves menaces contre les libertés fondamentales et l'indépendance de la justice, de régression pour la recherche et d'asphyxie pour la création artistique, de domestication de l'information. Elle ouvrirait toutes grandes les portes à l'insécurité sociale et à la dérégulation économique, repoussant les forces progressistes et les mouvements sociaux en situation défensive et interdisant toute lutte efficace contre la dictature du marché dans l'Union européenne. Elle accentuerait la xénophobie et la criminalisation de l'immigration.

Ce vote place donc chacune et chacun d'entre nous en face d'une responsabilité historique, pour la France et pour l'Europe. C'est pourquoi nous appelons tous les électeurs de la gauche, dans la diversité de ses composantes, à se rassembler dès le premier tour sur le nom de Ségolène Royal, pour barrer la route aux candidatures convergentes de Nicolas Sarkozy et Jean-Marie Le Pen, et déjouer le leurre que représente le projet de «grande coalition» de François Bayrou, mettant ainsi la gauche en position de gagner au second tour.

Parmi les signataires : Marc Abélès (anthropologue), Françoise Balibar (physicienne), Etienne Balibar (philosophe), Jean Baubérot (sociologue), Christian Baudelot(sociologue), Esther Benbassa (historienne), Fethi Benslama (psychanalyste), Gérard Bensussan (philosophe), Jean-Luc Bonniol (anthropologue), Alain Borer (écrivain), Jacques Bouveresse (philosophe), Geneviève Brisac (écrivain), Robert Castel (sociologue), Christophe Charles (historien), Suzanne Citron (historienne), Olivier Cohen (éditeur), Catherine Colliot-Thélène (philosophe), Véronique De Rudder (sociologue), François Dubet (sociologue), Françoise Gaspard (sociologue), Françoise Héritier (anthropologue), Yves Hersant (historien), Alain Joxe (sociologue), Jean-François Kervegan (philosophe), Patrick Klugman (avocat), Smaïn Laacher (sociologue), Thomas Lacoste (éditeur), Sandra Laugier (philosophe), Jean-Marc Lévy-Leblond (physicien), Eric Macé (sociologue), Gilles Manceron (historien), Frédéric Martel (sociologue), François Maspero (écrivain), Jean Claude Monod (philosophe), Frédérique Matonti (politiste), Fabrice Melquiot (écrivain), Ariane Mnouchkine (artiste), Janine Mossuz-Lavau (politiste), Yann Moulier Boutang (économiste), Marie Ndiaye (écrivain), Pap Ndiaye (historien), Françoise Nyssen (éditrice), Gérard Noiriel (historien), Pascal Ory (historien), Bruno Palier (politiste), Serge Paugam (sociologue), Michelle Perrot (historienne), Thomas Piketty (économiste), Evelyne Pisier (politiste), Michel Plon (psychanalyste), Régine Robin (historienne), Pierre Rosanvallon (historien), Frédéric Sawicki (politiste), Johanna Siméant (politiste), Benjamin Stora (historien), Alain Tarrius (sociologue), Emmanuel Terray (anthropologue), Michel Tubiana (avocat), Anne-Marie Thiesse (historienne), Loïc Wacquant (sociologue), Patrick Weil (historien), Françoise Zonabend (anthropologue), etc.

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Jeudi 19 avril 2007

Les inégalités professionnelles hommes / femmes restent trop élevées

 
Les inégalités professionnelles entre hommes et femmes persistent :

  1. la première des inégalités concerne l’accès à l’emploi : une différence de 13 points subsiste en matière de taux d’emploi entre les hommes et les femmes de 25 à 54 ans.
  2. Elles s’expliquent en grande partie par le fait que, à la différence des hommes, le comportement d’activité des femmes dépend encore de la présence, du nombre et de l’âge des enfants. La pénurie de modes de garde  l’explique en grande partie : seuls 36% des 0 à 3 ans sont accueillis dans des modes de garde organisés ;
  3. Lorsqu’elles sont en emploi, les femmes travaillent beaucoup plus à temps partiel que les hommes : plus de 30 % d’entre elles occupent cette forme d’emploi (contre 5 % des hommes), même si ce choix est sous contrainte et peut s’expliquer par l’insuffisance des modes de garde, l’inadaptation des horaires de travail au rythme des modes d’accueil et de l’école ou la faible participation des pères aux tâches parentales. Cette situation s’est amplifiée au cours des dix dernières années du fait de la précarisation des emplois recherchée par les entreprises : la France se rapproche des autres pays européens où le temps partiel féminin est très répandu (Royaume-Uni, Pays-Bas, …).  Mais il est aussi « subi » : près d’un million de femmes en sous-emploi souhaiteraient travailler davantage.
  4. Les femmes forment les gros bataillons de l’emploi peu qualifié, mal payé : 30 % des femmes occupent des emplois dits non qualifiés.
5.    Toutes ces différences (de durée du travail et d’emploi dans des secteurs peu rémunérateurs) se conjuguent pour expliquer les écarts de salaires de 27 % entre les femmes et les hommes : au-delà du temps de travail et des qualifications, le quart restant est inexpliqué et s’apparente fortement à de la discrimination pure ;

6.    Toutes ces distinctions en œuvre sur le marché du travail se répercutent mécaniquement sur le montant moyen des retraites des femmes, qui, pour les seuls droits directs, correspond seulement à 44 % de celui des hommes.


  
 

La grande distribution


Le secteur de la grande distribution, de la supérette à l'hypermarché en passant par les supermarchés, les magasins discount et les cash and carry, est très féminisé. Les femmes représentent 61 % des effectifs, soit 383 700 personnes sur un effectif global de 625 000 personnes.

L'ensemble des salariés à temps partiel représente 36 % des effectifs, soit 223 100 personnes.  

Si les hôtesses de caisse constituent la grande majorité de ces temps partiels, les femmes accèdent progressivement à des postes traditionnellement masculins mais ne représentent aujourd'hui que 37 % des agents de maîtrise et seulement 26 % des cadres. Ce mouvement de qualification professionnelle doit être encouragé par des actions de formation professionnelle, préalable à la mécanisation des activités.

Pour les salariés qui sont en modulation afin de pouvoir tenir compte des périodes de forte chalandise, l'horaire de 26 heures hebdomadaires est complété par une modulation de plus ou moins quatre heures. La négociation dans l’entreprise doit permettre de concilier les contraintes des salariées pour éviter que ce soit elles qui supportent les ajustements liés à la demande des clients.

La négociation doit aussi porter sur l'organisation de la journée (actuellement,  le minimum de durée de travail est de trois heures) et sur la coupure qui est au maximum de quatre heures, lorsqu'il y a fermeture du magasin à la mi-journée, et, si l'établissement reste ouvert toute la journée, de trois heures, dans la limite de deux fois par semaine et de deux heures les autres jours. Les accords d'entreprise doivent être encouragés pour pouvoir fixer des durées plus longues pour améliorer la qualité de l’emploi. Le délai de prévenance pour l’organisation des plannings doit aussi être allongé pour permettre aux femmes de mieux s’organiser, compte tenu des variations d’emploi du temps existantes.

La pénibilité du travail doit aussi être prise en compte, en veillant aux aménagements ergonomiques du poste de travail pour éviter les maladies professionnelles. 
 

La qualité de l’emploi 
 
La qualité de l'emploi recouvre de nombreuses dimensions. Au niveau européen, dix indicateurs permettent de juger la qualité d’un emploi : ils concernent le contenu de l'emploi et les qualifications requises, le profil du travailleur, son accès au marché du travail et son intégration dans ce marché, ses compétences et l'évolution de sa carrière ainsi que la satisfaction subjective que lui procure son emploi, les objectifs et les pratiques de l'employeur, le milieu de travail et plus particulièrement la santé et la sécurité au travail, l'égalité entre les hommes et les femmes et l'absence de discrimination, ainsi que l'orientation et les priorités de la politique de l'emploi et de la politique sociale. Le Bureau International du travail parle quant à lui de « Travail décent ».
 
Qu’est-ce qu’un emploi de qualité ou un emploi décent au sens du BIT ? C’est notamment :
 
§      un emploi avec un salaire convenable, qui permet de vivre (aujourd’hui ce n’est pas le cas du 1,8 million de travailleurs pauvres, qui s’explique principalement par de très faibles durées du travail sur la semaine et sur l’année, par exemple le million de femmes travaillant à temps partiel subi ont une durée hebdomadaire du travail inférieure à vingt heures…) ; les femmes représentant 80% des travailleurs à bas salaires ;
 
§      un emploi avec des conditions de travail convenables qui n’usent pas prématurément : la condition absolue pour que les personnes de plus de 55 ans puissent rester au travail, c’est qu’elles n’arrivent pas à cet âge complètement usées et détruites par le travail. Le secret d’un taux d’emploi élevé des seniors ce sont des conditions de travail correctes tout au long de la vie, un travail « soutenable », qui ne traite pas la personne comme un matériel qu’on peut remplacer mais comme une ressource à préserver ;
 
§      un emploi avec des horaires de travail convenables, permettant notamment aux parents de jeunes enfants, hommes et femmes, de continuer à avoir une vie familiale, permettant notamment que les jeunes femmes ne soient pas obligé d’arrêter leur travail.
 
Améliorer la qualité du travail c’est donc à la fois améliorer la productivité et améliorer la participation à l’emploi, c’est à dire le nombre de personnes en emploi, notamment les seniors et les femmes.
 
Comme l’a bien mis en évidence le CERC, les politiques de lutte contre la pauvreté doivent se préoccuper d’accroître l’emploi continu et à temps plein pour tous ceux qui le souhaitent. Ceci renvoie d’abord à l’amélioration des qualifications et à la lutte contre les discriminations à l’embauche, mais également à d’autres dimensions : la formation, les politiques d’intéressement, la localisation des emplois, la prise en charge des enfants et les aides au retour à l’emploi.

 

Les jeunes enfants de 0 à 3 ans


 
La présence d’enfants de moins de trois ans a une incidence importante sur l’activité des femmes. Selon l’Enquête emploi 2005 de l’INSEE, le taux d’activité féminine est de 74.4 % pour les femmes de 15 à 59 ans en couple et sans enfant. Il chute à 59.8 % en présence de deux enfants dont au moins un de moins de trois ans et à 37.1 % en présence de trois enfants ou plus dont au moins un de moins de trois ans. Celui des hommes reste à 96% quelque soit la situation familiale.
 
Tous les enfants de 0 à 3 ans doivent avoir une place d’accueil de manière à ce que toutes les femmes qui le souhaitent puissent travailler
 
Sur 2,4 millions d’enfants de moins de trois ans, la moitié sont gardés par leur mère inactive. 53 pour cent des mères d’enfants non scolarisés ne travaillent pas. Selon une enquête de la DARES la moitié des mères qui se sont arrêtées à la naissance de leur enfant auraient souhaité continuer à travailler. La moitié de ces mères travaillaient en horaires atypiques (le week-end, la nuit, le soir tard ou le matin tôt….) et auraient pu continuer à travailler si des aménagements horaires leur avaient été accordés.


Il est proposé :
 
- de permettre à tous les enfants de deux mois à trois ans d’avoir accès à un mode de garde formalisé (aujourd’hui seuls 36 % des enfants de 0 à 3 ans ont accès à un mode de garde formalisé), qu’il s’agisse de la crèche, des jardins d’enfants, des places chez les assistantes maternelles, à domicile ou à l’école maternelle.
 
- de rendre la scolarité obligatoire à partir de trois ans

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Jeudi 19 avril 2007

D N N E E S   E T

 A R G U M E N T S

L a  n o t e  q u o t i d i e n n e  n ° 6 4 – 1 8  a v r i l  2 0 0 7

 

L ’IMPOSTURE  BAYROU

Il dit qu’il n’est plus de droite, mais ses propositions le sont encore. Sa proposition économique clé (offrir 2 emplois sans charge à toutes les entreprises, sans condition) n’est rien d’autre qu’un cadeau au patronat

cf. Aucune condition de taille pour l’entreprise :

la mesure n’est pas ciblée sur les TPE- PME qui sont pourtant les plus créatrices d’emplois

cela profitera aux grands groupes, sans contrepartie, alors qu’ils n’en ont pas besoin

cf. Aucune condition de qualification ni de salaire pour les employés :

la mesure n’est pas ciblée sur les personnes les plus touchées par le chômage (les jeunes, les personnes sans qualification…)

les entreprises pourront choisir des personnes qu’elles auraient de toute manière embauchées, même sans ce dispositif

LE  PEN,  TOUJOURS LA

Après s’être fait prendre à revers par Nicolas Sarkozy sur ses propres thèmes, il revient à ses classiques pour ne pas se faire distancer

Il prétend être le défenseur des petits, mais a un programme tout ce qu’il y a de plus libéral

Suppression de l’impôt sur le revenu (l’impôt pourtant le plus juste puisqu’il est progressif)

Abolition de tout âge maximum de départ à la retraite

Après avoir échoué à adoucir son image, il revient à ses racines : racisme et provocation

Suppression des dispositions légales sanctionnant les appels à la haine raciale

Rétablissement de la peine de mort

 LE  DANGER  SARKOZY

Nicolas Sarkozy était discret sur les indemnités de Noël Forgeard. Et pour cause, le gouvernement en a été l’artisan (Source Challenges)

Noël Forgeard ne devait pas bénéficier de son parachute doré

Au vu de ses piètres résultats, le conseil d’administration d’EADS y était en effet opposé

Il aurait du être licencié pour faute, mais il menaçait d’attaquer l’avionneur en justice pour non paiement de ses indemnités de départ

Thierry Breton a imposé une solution amiable avec versement d’indemnités à Noël Forgeard

Un tel procès aurait révélé des différents francoallemands, des difficultés sur le programme A 380 et aurait donc pu mettre l’UMP en difficulté

Thierry Breton a donc demandé à Maurice Lévy, Président du directoire de Publicis, de servir d’intermédiaire pour arriver à une solution négociée…

La solution ? Un cadeau de 8,5 millions d’euros et un mouchoir sur la levée des options de Noël Forgeard avant la chute du cours de l’action EADS à hauteur de 2,5 millions d’euros

N° 2 du gouvernement, Nicolas Sarkozy était forcément au courant

NOTRE  PROJET

Nous sommes prêts à prendre les rênes du pays pour rendre la France plus juste et plus forte. Dès cet été, dans le cadre d’un collectif budgétaire :

Nous reviendront sur les dispositions fiscales les plus injustes adoptées par la droite

Le bouclier fiscal à 60 % des revenus qui concerne 0,3 % des foyers fiscaux et coûte plus de 400 millions d’euros par an

Nous lancerons nos premières réformes

Le doublement de l’allocation de rentrée scolaire

Un taux de TVA réduit pour les logements de Haute Qualité Environnementale

Le plafonnement des niches fiscales

*Interview de Didier Migaud, aujourd’hui, dans La Tribune

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Jeudi 19 avril 2007
Avec le Pacte présidentiel, je propose un plan pour lutter contre les précarités spécifiques subies par les femmes.
L’objectif : lutter contre le temps partiel subi et toutes les formes de précarité que subissent très majoritairement les femmes dans l’emploi : 70 % des travailleurs pauvres sont des femmes, le nouveau prolétariat est un prolétariat féminin.
Les moyens :
    I.     Faire en sorte que la négociation s’empare de ces questions, à tous les niveaux, mais particulièrement à celui de l’entreprise, sur les conditions de travail et l’organisation du travail. C’est une telle relance de la négociation, appuyée sur des organisations syndicales en position de force, que doit permettre le chantier prioritaire de réforme de la démocratie sociale qui sera lancé dès mon élection.
Je demanderai aux partenaires sociaux de me proposer des solutions concrètes pour avancer sur la question du temps partiel subi pour :
-     un salaire égal à qualification et ancienneté égales ;
-     le respect de la loi sur la priorité d’accès aux emplois à temps plein pour les femmes travaillant à temps partiel ;
-     la parité dans l’accès à la formation ;
-     la prise en compte de la pénibilité des emplois ;
-     la maîtrise de la variabilité des horaires et l’octroi de compensations lorsque les amplitudes horaires sont trop fortes, les coupures trop nombreuses ou trop longues ou les horaires très atypiques (début du travail très tôt, fin du travail très tard) et que les délais de prévenance sont trop brefs.
Des rapports non suivis d’effet existent depuis des années. Je veillerai à les mettre en œuvre.
Au terme des délais que nous nous serons fixés ensemble, la loi reprendra le résultat des négociations et déterminera les nouvelles garanties nécessaires.
II.   Les allégements de cotisations sociales accordés aux entreprises seront conditionnés au résultat de ces négociations ;
III. Plus généralement, la qualité de l’emploi devra faire l’objet d’un plan rigoureux : j’en ferai ma priorité en veillant à ce que les aides publiques ne soient plus accordées qu’aux entreprises qui mettent la qualité de l’emploi au cœur de leur développement.
IV.        le service public de la petite enfance sera instauré pour permettre aux parents des jeunes enfants de concilier vie professionnelle et vie familiale = plan pluriannuel de construction de places de crèches, formation et revalorisation du travail des assistantes maternelles, école maternelle obligatoire à 3 ans.
par EXCOFFIER publié dans : segolene
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Jeudi 19 avril 2007

Ségolène Royal répond aux questions de «20 Minutes».


Si vous êtes élue le 6 mai, quelles seront vos premières mesures?
Je lancerai un inventaire sur le train de vie de l’Etat et de l’Elysée, pour le réduire et en assurer la transparence. Savez-vous qu’aujourd’hui les parlementaires ou les journalistes qui ont voulu avoir accès aux comptes de l’Elysée, n’ont pas pu? Ce sera ma première mesure symbolique extrêmement forte car je crois que dans une vraie démocratie, il faut éviter toute dérive monarchique.
 
Le gouvernement sera t-il concerné?
Oui, les ministres ne pourront plus faire prendre en charge leurs dépenses privées aux frais des ministères. Je ne veux plus de familles entières nourries, logées et blanchies aux frais des contribuables. S’ils habitent les ministères pour des contraintes professionnelles, ça peut se justifier ; mais si leurs familles sont avec eux, elles devront payer leurs frais personnels. Je ne veux plus de logements de fonctions. J’ai le souci d’un Etat modeste qui donne l’exemple.
 
Au-delà de cette mesure symbolique, quel est votre premier grand chantier?
Je veux réunir immédiatement une conférence pour relancer la croissance, l’emploi et revaloriser les bas salaires. Ce travail a été préparé puisque je suis la seule candidate à avoir rencontré l’ensemble des organisations syndicales. Cette campagne, je l’ai conçue comme une façon d’être prête le jour de l‘élection.
 
Avec les contrats aidés, la lutte contre le chômage des jeunes semble votre première priorité?
C’est une des clés de la croissance. Quand une famille voit qu’un jeune diplômé est au chômage, cela décourage et touche toutes les générations. La France est le seul pays où les entreprises font aussi peu confiance aux jeunes. Notre pays a besoin de nouvelles règles du jeu. Quand l’Etat donne un certain nombre de choses, en contrepartie il doit en attendre d’autres. Par exemple, pour les jeunes diplômés, je crée les contrats-tremplins. L’Etat prend en charge pendant six mois la rémunération et les cotisations sociales du jeune, mais en contrepartie, l’entreprise prend du temps pour insérer ce jeune. L’entreprise doit faire un effort en contrepartie de l’avantage qui lui est accordé.

Le patronat vous semble-t-il réceptif?
Oui, une partie du patronat, que j’ai rencontrée. Ce sont des jeunes dirigeants prêts à entrer dans la logique nouvelle du gagnant-gagnant et qui ont compris que l’efficacité économique passe par le dialogue social. Les entreprises qui embauchent des jeunes, se sentent flouées puisque les entreprises qui ne le font pas, ont aujourd’hui les mêmes aides publiques. Quand François Bayrou promet deux emplois exonérés de charges pendant cinq ans, ce n’est pas normal. Qui en bénéficie? C’est aussi bien les entreprises qui ont licencié que celles qui créent des emplois, celles qui augmentent les salaires et celles qui ne le font pas. Il faut du donnant-donnant, sinon on crée des effets d’aubaines.
 
Si au bout des 6 mois, une entreprise ne garde pas son emploi tremplin?
Si elle ne le garde pas sans pouvoir le justifier, elle rembourse les six mois de salaires, et elle n’aura pas droit de prendre un autre jeune sous ce contrat. Et si elle embauche un autre salarié pour le même emploi, elle n’aura pas droit aux exonérations de charges. Il faut de nouveaux deals équilibrés.
 
Que faire contre les délocalisations?
Je veux une règle implacable: les entreprises qui licencient ou délocalisent alors qu’elles font des bénéfices, rembourseront toutes les aides publiques reçues. Elles réfléchiront à deux fois avant de délocaliser. Je veux un cercle vertueux. Les gens me connaissent, ils savent que je ne faiblirai pas. Je ne dépends d’aucun lobby, d’aucune puissance financière. Le gouvernement, lui, a donné son accord explicite pour que Noël Forgeard quitte EADS avec plus de 8 millions d’euros. Nicolas Sarkozy était alors membre du gouvernement. Il est donc incroyable qu’il s’offusque aujourd’hui de ces parachutes dorés.
Vous êtes donc pour interdire les parachutes dorés?
Evidemment! Et surtout s’il a mis une entreprise en difficulté.
 
Il faut une loi?
Oui. D’abord pour rétablir la transparence sur la rémunération des hauts dirigeants des entreprises. Cette loi existait mais la droite, avec Nicolas Sarkozy, l’a supprimée. Ensuite, avec moi, les organisations syndicales seront membres des conseils d’administration, comme c’est le cas d’ailleurs partout en Europe sauf en France. Elles pourront donc exercer leur contrôle sur ces rémunérations.
 
Intervenir sur les parachutes dorés est possible dans les entreprises où l’Etat est actionnaire, mais pas dans les autres.
Sauf si l’on vote une loi imposant une répartition plus équilibrée des stocks options au profit des salariés. C’est le cas en Suède. Et il faut aussi que la loi limite les écarts de rémunération dans les entreprises.
 
Le modèle scandinave que vous évoquez a un composante libérale forte : pas de loi sur le temps de travail, indemnités chômage plafonnées … La France est-elle prête à cette flexi-sécurité?
On ne peut jamais plaquer à l’identique le système d’un pays sur un autre. Il faut regarder ce qui marche et est compatible avec le système français.
Ces pays ont réduit de 15% leurs nombres de fonctionnaires. Vous en faites autant ?
Non, ce n’est pas le modèle social français. Mais avec ma réforme de la régionalisation, je mettrais fin aux doublons, aux doubles emplois, aux superpositions de structures dont on souffre: la commune, la communauté de communes, le département, la région, l’Etat. Je veux répartir les responsabilités.
 
Faudra-t-il supprimer des postes de fonctionnaires?
Il ne s’agit pas de supprimer des emplois, mais de faire mieux travailler les fonctionnaires pour améliorer les services publics. Si les services publics fonctionnent bien, ils contribuent à la croissance. Quand Nicolas Sarkozy parle de supprimer un fonctionnaire sur deux, il leur dit : votre travail ne sert à rien. Il dresse les gens les uns contre les autres. Moi, je veux faire le contraire. Quand on demande aux entreprises étrangères pourquoi elles investissent en France, elles citent en premier le bon fonctionnement des services publics : c’est le transport, la santé, l’éducation…
 
Je suis licencié le 1er janvier 2008, en quoi votre sécurité sociale professionnelle m’aide-t-elle à retrouver un emploi?
Parce que vous ne serez pas licencié. Je m’explique: une entreprise perd un marché et doit adapter sa masse salariale. Au lieu de faire un plan social qui la déstabilise et traumatise les salariés. On donne aux salariés la sécurité sociale professionnelle. C’est le système danois ou suédois. Vous n’êtes pas licencié, vous gardez votre poste, votre salaire est payé par les pouvoirs publics, le tout pendant un an, mais vous êtes encouragé à préparer votre avenir, soit en suivant une formation ou une reconversion, soit en acceptant une autre affectation dans l’entreprise, soit en créant votre propre entreprise. On l’a expérimenté dans ma région, ça marche.
 
La région Ile-de-France, dirigée par le PS, a décidé de la gratuité des transports pour les Rmistes? C’est une bonne mesure?
Ce n’est pas le bon critère à mon avis, car c’est un critère de statut, et non pas de revenu. Un travailleur à temps partiel ou un étudiant qui ne gagne pas plus qu’un Rmiste, doit aussi avoir droit à la gratuité des transports. Il ne faut pas décourager le travail. Dans mon projet, je reprends le revenu de solidarité active inventé par le président d’Emmaüs, qui incite un Rmiste à retrouver du travail, en lui assurant de gagner 30% de plus que ce qu’il avait en restant au RMI.
 
Nicolas Sarkozy le propose aussi...
Je constate qu’il m’a repris beaucoup d’idées. Comme la valeur travail, ou maintenant le co-développement. Mais il les reprend en les déformant.
 
Avez-vous déjà en tête votre futur gouvernement?
Oui, pour l’essentiel. Mais je n’en dirai pas plus, les Français doivent d’abord choisir librement les 22 avril et 6 mai.
 
Bernard Kouchner et Michel Rocard multiplient les appels du pied vers François Bayrou. Pourquoi n’arrivez pas à tenir votre propre parti?
Je ne fais pas de la politique comme cela. Ce qui m’intéresse, ce sont les problèmes de la France, pas les petits arrangements particuliers.

Vous ne pouvez pas faire taire les éléphants?
Ma seule préoccupation, au cours de cette campagne, a été de rendre la parole aux Français, de les écouter pour agir juste. Je l’ai fait en toute liberté, et c’est en femme libre que je me présente à leurs suffrages.
Je veux le socialisme du réel, je suis pragmatique. Je ne suis pas embarrassée de dogme. Je ne dépends d’aucune puissance financière, d’aucun courant du parti, je n’ai personne à placer. Cette liberté-là, c’est ce qui fait ma force.
 
C’est aussi pour cela que vous êtes sûre d’être au second tour?
Non, tant que les Français n’ont pas encore voté. Les instituts de sondage ne disent jamais qu’il y a 40% de personnes indécises ou qui refusent de répondre. Ce qui donne une idée du peu de fiabilité de tous les sondages qui placent Nicolas Sarkozy en tête. Les électeurs doivent savoir que chaque fois qu’il y a eu un mauvais sondage pour moi, j’ai reçu des propositions des instituts de réaliser une enquête complémentaire pour en savoir plus sur ma prétendue baisse. Je les ai bien sûr éconduits.
 
Ces 40% d’indécis peuvent être davantage séduits par la stratégie de François Bayrou…
François Bayrou a été président de conseil général. Qu’a t-il fait? On ne m’a pas cité une seule chose qu’il ait faite. Il a été ministre? Il a mis un million de personnes dans la rue et il a ensuite arrêté de réformer. Qu’est-ce qui se passe dans les régions, les départements, les villes où il y a des élus UDF? Jamais ils ne votent avec les socialistes. Même quand les mesures sont bonnes. Dans ma région, j’ai rendu les livres gratuits pour les lycéens, j’ai créé 500 places d’apprentissage pour les jeunes, j’ai mis en place la sécurité sociale professionnelle, j’ai fait baisser l’endettement, je n’ai pas augmenté les impôts. Est-ce que l’UDF a voté ce budget? Non. Ils ont voté avec l’UMP.
 
Si François Bayrou appelle à voter pour vous entre les deux tours, vous lui tendez la main?
Ce n’est pas une question de personne. François Bayrou n’est pas propriétaire de ses électeurs. Le critère, ce sont ceux qui se rassemblent sur le Pacte présidentiel que je propose aux Français. Ce ne sont pas des ralliements de personnes, ça c’est fini, c’était la IVe République.

Et s’il y a un ralliement sur la base des projets?
Tous ceux qui se rallieront autour de mon projet pour la France feront partie de la majorité. Ça ne se fait pas par de petits arrangements de personnes dans le dos des électeurs avant le premier tour. Ceux qui se livrent à ce petit jeu le font pour m’affaiblir.

Il y aura une négociation entre vous et François Bayrou entre les deux tours?
S’il souhaite battre la droite au second tour, puisque c’est ce qu’il déclare aujourd’hui, il prendra ses responsabilités. On mesurera alors la sincérité de ses propos. Ou bien préférera-t-il sauver ses circonscriptions électorales puisqu’il a un électorat de droite, par un accord avec l’UMP? Ça va dépendre de lui.

par EXCOFFIER publié dans : segolene
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Jeudi 19 avril 2007

FACE A LA UNE – 18/04/2007 – 20 :35
 
Invitée :  Ségolène ROYAL, candidate PS à la présidentielle


 
 
 
 
Patrick POIVRE D’ARVOR
 
Je voudrais d’abord informer nos téléspectateurs qu’il y a plusieurs semaines, nous avons procédé à un tirage au sort pour l’ordre du passage des quatre derniers candidats. Donc, vous l’avez vu, Nicolas SARKOZY, lundi, François BAYROU,hier, demain, Jean-Marie LE PEN et ce soir, Ségolène ROYAL, bonsoir !
 
Ségolène ROYAL
 
Bonsoir !
 
Patrick POIVRE D’ARVOR
 
Il se trouve que, justement, la coïncidence des événements fait que j’ai regardé le script et l’émission que nous avions consacrée à Lionel JOSPIN – c’était exactement aussi le mercredi, juste avant le 1er tour – je lui demandais s’il allait fendre l’armure, il me disait qu’il donnerait la réponse après le 2ème tour, et je lui disais : est-ce qu’il était vraiment sûr d’être qualifié ? Et à ce moment-là, il a eu cette réponse assez stupéfiante, il a dit : « Non, non, je ne suis pas sûr, mais le 5 mai, l’élection sera finie », est-ce que vous, vous êtes sûre d’être qualifiée pour le second tour ?
 
Ségolène ROYAL
 
Je me bats, en tout cas, pour cela, parce que je crois que les Français doivent avoir droit au vrai choix dont ils ont été privés en 2002, et je me bats aussi parce qu’il y a un enjeu de société très fort, je veux mettre fin à ces brutalités, à ces précarités, à ces insécurités, à toutes ces formes de violence que subit aujourd’hui la société française ; en tout cas, c’est ce que les Français m’ont largement dit dans cette démarche participative où je les ai écoutés. Ils en ont envie… Ils en ont assez de cette France qui est tirée vers le bas, et ils ont vraiment envie d’un vrai changement, et donc, je me bats pour être au second tour ; et ce que je veux leur dire, ce soir, c’est surtout qu’ils viennent voter, qu’ils viennent voter en toute liberté, mais qu’ils viennent voter massivement à ce premier tour.
 
Patrick POIVRE D’ARVOR
 
Vous avez peur de cet appel au « vote utile » que revendique François BAYROU, en disant « moi, je serai le seul au second tour à pouvoir battre Nicolas SARKOZY » ?
 
Ségolène ROYAL
 
Mais je ne veux pas manipuler les électeurs. J’appelle à un vote conscient ! Je leur dis que je suis celle qui peut incarner le changement. Les deux autres candidats sont des candidats sortant, ils ont participé à la majorité sortante, ils ont voté toutes les lois sortantes, toutes les réformes sortantes. Donc, aujourd’hui, c’est vrai, ils proposent de faire autre chose, mais comment pourraient-ils être crédibles en promettant ce qu’ils n’ont pas fait hier ? Et puis je crois aujourd’hui, il y a un vrai choc de valeurs. On voit, dans cette dernière ligne droite, un vrai choc de valeurs. C’est-à-dire non seulement la fracture sociale s’est creusée, mais il y a aujourd’hui une fracture républicaine, une menace de fracture républicaine. On le voit dans l’accumulation des propositions et des déclarations des candidats de l’UMP.
 
François BACHY
 
Et pour vous, Nicolas SARKOZY et  François BAYROU, c’est pareil ? c’est « DUPONT et DUPONT » comme dit Marie-George BUFFET ? Ou alors ils représentent des valeurs différentes, justement ?
 
Ségolène ROYAL
 
Je pense que Nicolas SARKOZY est un homme dangereux, on le voit sur plusieurs de ses propositions ; c’est un homme dangereux lorsqu’il développe un certain nombre de thèses, lorsqu’il avance, par exemple, des thèses génétique sur la pédophilie, je trouve que cette thèse est inacceptable. Moi qui me suis occupée, en tant que ministre de l’Enfance, des pédophiles, je puis vous dire qu’ils sont parfaitement conscients de ce qu’ils font et avec moi, la cause de la lutte contre toutes déviances sexuelles faites aux femmes et aux enfants sera décrétée Grande cause nationale et il n’y aura…
 
Patrick POIVRE D’ARVOR
 
Et François BAYROU, lui, n’est pas dangereux ?
 
Ségolène ROYAL
 
… Aucune faiblesse à cet égard. Il y a aussi, chez Nicolas SARKOZY, la défense d’une France des communautés, une forme de communautarisme. Moi, je crois à la République une, laïque et indivisible. Il a aussi promis les déremboursements de soins. Moi, je ne veux pas de la privatisation de la Sécurité sociale. Quant à François BAYROU, il le dit lui-même pour l’instant, il n’a pas de programme, puisqu’il attend de savoir…
 
François BACHY
 
Ce n’est pas tout à fait ce qu’il dit, quand même !
 
Ségolène ROYAL
 
Il l’a dit à plusieurs reprises ! Il a dit qu’il n’avait pas de programme…
 
Patrick POIVRE D’ARVOR
 
Ce n’est pas ce qu’il nous a dit hier soir, en tout cas… Il nous a énoncé un programme…
 
Ségolène ROYAL
 
Il a un petit peu évolué, oui, il y a quelques mesures, et surtout, il n’a pas d’équipe ! Puisqu’il en est à aller chercher, chez les socialistes, un ou deux futurs ministres.
 
François BACHY
 
Qui tous, ne disent pas non…
 
Patrick POIVRE D’ARVOR
 
Oui, ils ont l’air d’être assez satisfaits, là, Dominique STRAUSS-KAHN aujourd’hui, disait qu’il pouvait devenir son Premier ministre, à supposer, bien sûr, qu’il y ait une majorité socialiste à l’Assemblée en juin…
 
Ségolène ROYAL
 
Oui, c’est pour cela qu’il n’a pas tout à fait dit ce que vous venez de dire…
 
Patrick POIVRE D’ARVOR
 
Non. Dire, il l’a dit très précisément mais à supposer que…
 
Ségolène ROYAL
 
En tout cas, je crois qu’il est indécent, de la part de François BAYROU, de commencer à promettre des ministères, alors que le premier tour de l’élection présidentielle n’est pas encore passé.
 
François BACHY
 
Vous dites que vous êtes très sereine, justement, et puis au début, dans vos meetings, vous refusiez même qu’on attaque votre adversaire principal qui est Nicolas SARKOZY en disant : « Pas de ou » et maintenant, vous le faites même huer à la tribune de vos meetings. Pourquoi ce changement d’attitude ? C’est parce que c’est la loi électorale ?
 
Ségolène ROYAL
 
Non, ce n’est pas un changement d’attitude ! C’est que, aujourd’hui, nous sommes dans la campagne officielle. Et donc, nous sommes dans la confrontation projet contre projet. Et je veux, moi, réformer la France sans brutalité. Je ne veux pas d’une France qui dresse les Français les uns contre les autres ! Vous l’avez entendu, il dresse les fonctionnaires contre les non-fonctionnaires, ceux qui font grève contre ceux qui ne font pas grève, ceux qui auront droit aux heures supplémentaires, ceux qui n’y auront pas droit, ceux qui pourront se payer la Sécurité sociale privée et ceux qui ne pourront plus se faire rembourser les soins, ceux qui auront droit au bouclier fiscal, c’est-à-dire les plus riches et puis ceux qui auront droit à la précarité avec son nouveau contrat de travail ; donc…
 
Patrick POIVRE D’ARVOR
 
Cela, c’est le choc des idées, pour le moment, ce ne sont pas les hommes ! …
 
Ségolène ROYAL
 
C’est le choc des idées, je n’ai jamais attaqué les personnes. C’est le choc des idées. Et je crois que la démocratie a besoin de ce choc des idées parce qu’il y a là deux projets de société très différents, deux types de valeurs qui s’affrontent. Les siennes ne sont pas les miennes et je pense que celles que je défends correspondent davantage à ce dont la France a besoin, et en particulier à la lutte contre les formes de violences, les violences conjugales, les violences familiales, les violences scolaires, celles contre lesquelles d’ailleurs j’ai toujours lutté. Moi, je n’ai pas inventé des valeurs pour le temps d’une campagne électorale, elles ont toujours été les mêmes. Je pense que tout se tient dans la maison en France. Des familles qui fonctionnent bien, qu’on aide à bien fonctionner et si elles ne fonctionnent pas bien, on met les allocations familiales sous tutelle ; une école qui fonctionne bien, ouverte à tous et donc on donne le soutien scolaire gratuit aux élèves qui en ont besoin, mais on leur demande un effort ; du travail pour tous et donc on aide les entreprises à condition qu’elles embauchent, donc ce que je propose…
 
François BACHY
 
Et là justement, on vous dit que vous les aidez un petit peu trop, parce que votre contrat Première chance, il n’a pas été très bien compris par vos partenaires de gauche, en disant : « pourquoi ce sont les Pouvoirs publics qui doivent payer les charges mais aussi les salaires ? », même si c’est pour une période limitée et que cela se négociera, j’imagine, avec les partenaires sociaux, après ?
 
Ségolène ROYAL
 
Parce que j’ai confiance dans tout ce qui marche et que cette expérience-là a été réalisée dans plusieurs de nos régions et ça a réussi ; c’est-à-dire que le chômage des jeunes a baissé. Avec des principes simples, avec un nouveau deal, un nouveau contrat avec les entreprises. Je crois qu’aujourd’hui, ce qui ronge l’équilibre de la société française, c’est le chômage. Et à la base, le chômage des jeunes. Quand on interroge les parents ou les grands-parents, ils nous parlent aussi du chômage des jeunes. Il y a aussi un chômage très élevé chez les plus de 50 ans, il y a du chômage aussi entre les deux, du chômage des femmes, mais si l’on réussit à lutter – et ce sera un combat principal – c’est-à-dire à remettre les jeunes au travail, ça permet aussi de lutter contre la délinquance. Il est beaucoup moins coûteux d’investir dans le travail et dans l’éducation en remettant l’éducation au cœur de tout, que guérir après, en mettant des jeunes en prison ou en réparant les dégâts que constitue la délinquance des jeunes dans les familles et dans les quartiers ! …
 
Patrick POIVRE D’ARVOR
 
Ségolène ROYAL…
 
Ségolène ROYAL
 
.. Donc, là aussi, il y a un choix de société.
 
Patrick POIVRE D’ARVOR
 
… Un mot sur le SMIC. Les six candidats qui sont à votre gauche, donc à l’extrême gauche, réclament tous le SMIC à 1.500 euros tout de suite ; vous, vous dites : progressivement. Est-ce que, pour obtenir leur ralliement au second tour, vous êtes prête à accepter que ce soit tout de suite, ces 1.500 euros ?
 
Ségolène ROYAL
 
Mais moi, je veux faire des réformes économiques équilibrées et crédibles. Et donc, je veux un équilibre entre la performance économique des entreprises et la justice sociale. Donc, dès que je serai élue, si les Français me font confiance, une conférence nationale sur les salaires et sur la croissance et sur les revenus sera réunie, c’est-à-dire qu’il y aura une décision immédiate sur la revalorisation du SMIC, des bas salaires et des petites retraites, mais je ne veux pas que cette réforme-là pèse sur les entreprises de main d’œuvre. Donc, il y aura des compensations, aussi, en terme d’allégements de charges, et des compensations en terme de créations d’emplois. On sera dans le « donnant donnant », si l’Etat fait un effort en terme d’allégement de charges, alors les entreprises devront faire un effort pour embaucher sur des contrats à durée indéterminée. Mais ce qui est évident aujourd’hui, c’est qu’il  y a trop d’inégalités entre les salaires. On a vu le scandale de l’affaire FORGEARD – d’ailleurs au passage, on vient d’apprendre que le gouvernement auquel appartenait Monsieur SARKOZY, était parfaitement au courant et qu’il a donné son feu vert pour que Monsieur FORGEARD parte avec…
 
Patrick POIVRE D’ARVOR
 
Ce que nie Thierry BRETON, à l’instant, oui…
 
Ségolène ROYAL
 
… Mais c’est lui, pourtant, qui l’a affirmé. Ecoutez, l’Etat est membre du Conseil d’administration, est actionnaire de cette entreprise. Donc je crois, en effet, que ces inégalités insolentes nous conduisent à définir des politiques salariales beaucoup plus justes et ces politiques salariales seront définies avec les partenaires sociaux, mais je veux des compromis sociaux, c’est-à-dire je veux à la fois que les entreprises deviennent plus performantes, mais que les salariés soient aussi mieux rémunérés parce qu’ils seront mieux formés, donc plus motivés dans leur travail, donc plus compétitifs avec l’entreprise. C’est-à-dire qu’au lieu de dresser les gens les uns contre les autres, on les rassemble, on fait converger les intérêts. C’est ça, la société que j’appelle la « société des cercles vertueux ».
 
Patrick POIVRE D’ARVOR
 
Ségolène ROYAL, un mot sur votre caractère, parce qu’on a posé des questions sur le caractère de Nicolas SARKOZY ; vous, vous avez annulé deux interviews au PARISIEN et au FIGARO qui étaient prévues aujourd’hui, et beaucoup de gens disent « mais elle n’en fait qu’à sa tête, a l’humeur du jour », est-ce que c’est votre façon de fonctionner ? Est-ce que vous serez comme cela si jamais, un jour, vous êtes présidente ?
 
Ségolène ROYAL
 
D’abord, je suis une femme libre. Ce n’est pas tel ou tel journal qui définit mon rythme de campagne.
 
Patrick POIVRE D’ARVOR
 
Mais si vous avez pris l’engagement d’y aller…
 
Ségolène ROYAL
 
Non, parce que c’est soit moi, soit l’un de mes représentants, soit quelqu’un de mon équipe. Je n’ai pas pris d’engagement !  Nous sommes soumis à des injonctions comminatoires de tel ou tel organe de presse, mais moi, je suis une femme libre ! Ce qui est une garantie pour les Français ; puisque je ne dépends d’aucun groupe de pression, d’aucun groupe financier, je n’ai personne à placer, je suis une femme libre et ce qui me guide, c’est l’intérêt général. Et donc, aujourd’hui, je suis en dialogue direct avec les Français. Ce qui m’importe, c’est de savoir où je suis le plus utile. Et au lieu de donner ces interviews, je suis allée voir les caissières d’une grande marque de distribution qui, comme vous le savez, voient leur emploi supprimé parce qu’il y a une mécanisation des caisses et je suis allée voir avec elles comment, justement, dans le cadre du nouveau compromis social, on peut permettre à ces grandes entreprises de distribution, au lieu de liquider les salariés, de créer des emplois supplémentaires ! Car si on a besoin de moins de caissières, alors mettons davantage de vendeuses dans les rayons, mettons des personnes pour accompagner les personnes âgées ou les personnes handicapées qui font leurs courses, créons des crèches d’entreprise avec de nouveaux métiers…
 
Patrick POIVRE D’ARVOR
 
Là, je vais vous arrêter…
 
Ségolène ROYAL
 
… C’est pour vous montrer qu’à partir d’un cas concret, il y a de nouvelles règles du jeu et de nouvelles valeurs. Et en tout cas sur mon caractère, je crois qu’il y a une qualité très importante qu’avait François MITTERRAND, c’est le sang-froid. Et pour tenir ce que j’ai tenu, je crois que je peux revendiquer aussi cette qualité.
 
Patrick POIVRE D’ARVOR
 
Je vous remercie, Ségolène ROYAL de vous être rendue à notre invitation. C’est la fin de « Face à la une » qui continue, d’ailleurs sur le site de la Rédaction sur tf1.fr avec trois questions exclusives que je vais poser à notre invitée du jour.

par EXCOFFIER publié dans : segolene
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Jeudi 19 avril 2007
Ségolène Royal précise les fonctions d'un ministre du développement durable


PARIS, 18 avr 2007 (AFP) - Ségolène Royal a souligné que le "vice-Premier ministre chargé du développement durable" qu'elle souhaiterait mettre en place si elle était élue aurait pour tâche d'analyser les conséquences des propositions des ministères et d'essayer de les mettre "en synergie".
Ce poste de vice-Premier ministre avait été demandé par l'écologiste Nicolas Hulot dans son "Pacte écologique". Mme Royal, qui en avait accepté le principe, précise à l'hebdomadaire Politis du 19 avril ses fonctions.
Pour la candidate socialiste, ce vice-Premier ministre "aura en charge l'analyse des conséquences à long terme des propositions faites par les différents ministères et veillera à promouvoir une approche transversale pour mettre en synergie ces différentes propositions".
Il sera aussi "chargé de l'aménagement du territoire, tant les décisions dans ce domaine conditionnent la structuration d'une société plus ou moins durable".
Elle rappelle que, dans cette configuration, le poste de ministre de l'Environnement serait conservé.
Mme Royal souligne aussi que pour faire face à la crise écologique, il faudra aller "bien au-delà de la seule application des lois existantes" et "promouvoir une réflexion de fond sur la qualité de la croissance", en redéfinissant les modes de production et de consommation et "en utilisant moins d'énergie, d'eau et de matière première". "Cette économie de sobriété sera aussi un facteur de performance pour nos entreprises", souligne-t-elle.

par EXCOFFIER publié dans : segolene
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Jeudi 19 avril 2007
Voici l'intégralité de la tribune publiée par Jean Pierre Mignard et Jean Yves Le Drian* dans le Nouvel Observateur de jeudi 19 avril, en réponse à l'a