Jeudi 12 juillet 2007
Mme Royal s'insurge contre la publication de photos de vacances dans Paris-Match


LA ROCHELLE, 11 juil 2007 (AFP) - Ségolène Royal, ex-candidate socialiste à la présidentielle, s'est insurgée mercredi soir contre la publication de photographies d'elle-même et de sa fille à la Une de Paris-Match, indiquant vouloir porter plainte pour "harcèlement photographique" contre l'hebdomadaire.
La présidente de Poitou-Charentes, qui se trouvait à La Rochelle pour l'ouverture des Francofolies, a indiqué encore devant quelques journalistes avoir demandé à Paris-Match de modifier sa couverture, en vain.
Elle a précisé avoir demandé à son avocat de saisir la justice afin d'interdire la parution. Une procédure en référé aurait été effectivement engagée, selon une source proche de l'hebdomadaire.
Mme Royal apparaît à la Une de Paris-Match se baignant dans la Méditerranée. L'hebdomadaire publie aussi des photos d'elle sortant de l'eau avec sa fille, ou lisant des journaux au soleil.
Après un premier commentaire devant la presse écrite, elle s'est refusé à le réitérer devant les radios. Elle s'est refusé aussi à tout commentaire sur l'actualité nationale et notamment sur la situation de Dominique Strauss-Kahn et celle de Jack Lang.

chc/bw


LA ROCHELLE - Apprenant la parution prochaine dans "Paris-Match" de photos d'elle et d'une de ses fille en maillot de bain lors d'un moment de repos en Corse, Ségolène Royal a annoncé mercredi à l'Associated Press qu'elle saisissait la justice pour que cesse "ce harcèlement photographique", ajoutant avoir demandé à l'hebdomadaire, par l'intermédiaire de son avocat, de changer sa couverture.

L'été dernier, les hebdomadaires "Closer" et "VSD" avaient déjà fait paraître des photos de la dirigeante socialiste en bikini. Elle avait alors songé à porter plainte, avant de se raviser.

"J'ai besoin de repos. J'ai droit à la tranquillité", a-t-elle martelé mercredi, en marge d'un déplacement à La Rochelle. "J'ai choisi de me tenir pour un moment à l'écart de la vie politique en profitant de mes enfants. Je trouve scandaleux que moi et ma fille soyons à nouveau harcelées et exhibées. Décidément, la loi de l'argent et l'appât du gain l'emportent sur toute pudeur et tout respect de la vie privée. Ca suffit, laissez-nous tranquilles!". AP

str/cre/mw

Ouverture des Francofolies en présence de Mme Royal



LA ROCHELLE, 11 juil 2007 (AFP) - La 23e édition des Francofolies de La Rochelle a été officiellement ouverte mercredi en fin d'après-midi en présence du ministre de la Culture, Christine Albanel, et de la présidente de la région Poitou-Charentes, Ségolène Royal.
Dans son discours inaugural, Mme Albanel a salué "l'esprit d'éclectisme et de découverte" des Francofolies, où a lieu "la rencontre des plus grandes voix et des jeunes talents avec un public passionné".
Pour sa part, Mme Royal a estimé que "les Francofolies sont comme la nation : il n'y a pas de vitalité sans diversité, pas d'assurance de soi sans ouverture aux autres".
"Les Francofolies, c'est aussi des textes forts, des radiographies avec les mots d'aujourd'hui de ce qui ne tourne pas rond dans la France d'aujourd'hui. Si les mots sont crus, c'est que la réalité n'est pas tendre", a-t-elle ajouté.
Pour leur première soirée, les Francos mettaient à l'affiche la Germano-Nigériane Ayo, Miossec, le rappeur Abd al Malik et Renaud. Le festival prendra fin lundi 16 juillet.

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Mardi 10 juillet 2007
08/07/2007 TF1 Sept à huit - interview de Ségolène Royal


Anne-Sophie LAPIX : C'était une icône, une princesse des cOEurs à la française, exaltée par sa mission, transcendée par le soutien de son peuple. Ségolène Royal aurait pu devenir la première femme Présidente de la République française, mais elle a échoué.

Harry ROSELMACK : Et la chute fut rude. La déception à la hauteur de l'enthousiasme manifesté pendant la campagne. Pourtant, la candidate défaite ne s'est pas effondrée, elle tient le cap en marge de l'appareil du Parti Socialiste séparée de celui qui fut son compagnon pendant plus de 25 ans, François Hollande.

Anne-Sophie LAPIX : Pour la première fois, Ségolène Royal parle de son parcours, de son échec et s'ouvre sur ses blessures de candidate et de femme. C'est le portrait de la semaine de Thierry Demaizière.

Thierry DEMAIZIERE : Ses adversaires l'espéraient à terre et sans voix. Terrassée par la défaite, abîmée par sa séparation, isolée au PS, mais Ségolène Royal n'a même pas un genou à terre, même si quelquefois son regard et ses silences laissent imaginer la violence des coups reçus dans cette bataille perdue. Ségolène Royal vaincue n'est jamais défaite. Qu'est-ce qui se passe chez un leader comme vous, un fauve politique comme vous, qui êtes programmée depuis des mois, nuit et jour, matin au soir, pour cette victoire, le moment où vous réalisez que vous ne l'avez pas gagné ? Qu'est-ce qui se passe au fond de soi ? C'est un moment de doute...

Ségolène ROYAL : C'est...

Thierry DEMAIZIERE : ... de souffrance, de... ?

Ségolène ROYAL : C'est un moment de très lourd de déception. Mais, à la limite, pas tellement pour moi-même. C'est, je pense, immédiatement, quand...

Thierry DEMAIZIERE : Aux militants et aux autres ?

Ségolène ROYAL : Oui. Aux millions de gens qui se mettent à pleurer et qui, encore aujourd'hui, quand je suis retournée, après, dans les quartiers, dans les villes, à la gare...

Thierry DEMAIZIERE : Ils ont encore les larmes aux yeux ?

Ségolène ROYAL : Oui. Ils ont encore les larmes aux yeux et...

Thierry DEMAIZIERE : Et vous, vous les avez eues, les larmes aux yeux ?

Ségolène ROYAL : Non ! Non !

Thierry DEMAIZIERE : Vous vous êtes interdit ça ?

Ségolène ROYAL : Oui ! Oui, parce que c'est du... les autres étaient tellement tristes que moi, je devais rester solide, quoi !

Thierry DEMAIZIERE : Et vous ne pensez pas que les larmes...

Ségolène ROYAL : Comme une mère de famille qui tient ses enfants debout, oui.

Thierry DEMAIZIERE : Quoi doit rassurer ?

Ségolène ROYAL : Qui doit rassurer, qui doit rester debout, oui, qui doit rester le phare, la solidité et le...

Thierry DEMAIZIERE : Et vous ne craignez pas, dans les mois qui viennent, que les défenses vont partir et qu'effectivement l'émotion va arriver, qu'il va falloir lâcher un peu ?

Ségolène ROYAL : Non, parce que l'émotion est quand même là. Elle est continue. Et en même temps, ce qui est extraordinaire, c'est que les gens ne nous reprochent rien. Ils nous disent merci. Et le soir où cette image surprenante du second tour, où je suis sur le toit du Parti Socialiste, où la foule est là et crient : "Merci Ségolène". C'est une foule à la fois triste et en même temps une foule fière de cette campagne, et qui sent qu'il y aura une suite. Nous allons continuer ensemble. Et, c'est pour cela que je n'étais pas abattue parce que j'ai senti tout de suite qu'il y a quelque chose s'était soulevé.

Thierry DEMAIZIERE : Et vous saviez que la suite allait être assi compliquée ?

Ségolène ROYAL : La suite est très compliquée. Tous ensemble, tous ensemble, ouais ouais !

Thierry DEMAIZIERE : Tous ensemble, mais tous ensemble contre elle au PS. Elle a senti le vent se lever, mais c'est la tempête qui est arrivée et le putsch qui a raté. Son armure de Jeanne d'Arc ne l'a pas protégé des coups qui font mal.

Ségolène ROYAL : Il y a des traces qui m'ont marqué.

Thierry DEMAIZIERE : Qui vous ont blessé ?

Ségolène ROYAL : Oui.

Thierry DEMAIZIERE : Venant de vos amis ?

Ségolène ROYAL : C'est trop dur.

Thierry DEMAIZIERE : C'est trop dur, vous dites ?

Ségolène ROYAL : Oui.

Thierry DEMAIZIERE : Vous ne pensiez pas que cela serait aussi dur que ça ?

Ségolène ROYAL : Non. Les attaques de son propre camp, je crois que, ça, c'est quand même ce qui a été le plus insupportable, et sans doute le point de faiblesse le plus lourd par rapport à l'adversaire qui avait un parti en ordre de marche.

Thierry DEMAIZIERE : Certains jours, vous avez dit : "J'ai l'impression que c'était une PME face à une multi-entreprise".

Ségolène ROYAL : Oui, un peu ça. Je crois que c'est vrai, on a vu beaucoup de...

Thierry DEMAIZIERE : La PME, c'était vous ou le PS ?

Ségolène ROYAL : C'était moi aussi, je pense. Donc il y a eu de l'improvisation dans l'organisation.

Thierry DEMAIZIERE : Pendant la campagne, vous avez dit : "Si je perds, je serais la seule responsable". Depuis, vous avez une difficulté, dit-on un peu, à l'autocritique. Est-ce que cette difficulté que vous avez à l'autocritique, cela vient d'une fierté que vous avez ou vous avez du mal à admettre vos erreurs ?

Ségolène ROYAL : Ca vient du fait que les déclarations des autres ont été très violentes, indécentes même. Je n'ai pas entendu d'autres candidats battus subir ce type d'attaque très condescendantes. Donc, comme ils ont fait déjà ces critiques, si en plus, moi, je faisais une autocritique, mais je la ferais à la rentrée, donc je l'écris actuellement, et donc je la publierais dans toutes ses dimensions, dans toutes ses facettes.

Thierry DEMAIZIERE : Est-ce que de temps en temps, vous vous êtes dit : "On m'attend tellement, on m'attend tellement que je vais sourire" ? Ce n'est pas un souhait de circonstance, ça a été un sourire en toutes circonstances. Vous avez beaucoup souris, presque comme un sourire armure.

Ségolène ROYAL : Peut-être. Peut-être que c'est une forme d'autodéfense. D'abord, je me suis découverte d'une capacité de résistance, je crois, hors du commun.

Thierry DEMAIZIERE : Qu'est-ce que vous avez découvert des autres que vous ne connaissiez pas avant, avant cette campagne, en dehors de la ténacité et du courage ?

Ségolène ROYAL : C'est déjà beaucoup. Je crois à la ténacité, la capacité de résistance, le courage, et puis découvrir aussi l'affection des gens, le...

Thierry DEMAIZIERE : Vous aimez parler d'amour dans les meetings...

Ségolène ROYAL : L'amour des gens, c'est incroyable.

Thierry DEMAIZIERE : Vous avez reçu de l'amour ?

Ségolène ROYAL : Oui.

Thierry DEMAIZIERE : On le ressent physiquement ?

Ségolène ROYAL : Oui. C'est extraordinaire ça, oui. Bien sûr ! C'est ce qui fait tenir, d'ailleurs, dans une campagne, parce qu'on se reconstruit, on se... on va reprendre de l'énergie au contact des foules qui attendent, qui écoutent, qui palpitent, qui...

Thierry DEMAIZIERE : Et vous vous sentez en devoir par rapport à ces gens-là ?

Ségolène ROYAL : Oui, bien sûr.

Thierry DEMAIZIERE : Devoir de continuer ?

Ségolène ROYAL : Bien sûr. J'ai une responsabilité à l'égard d'eux.

Thierry DEMAIZIERE : On n'a jamais su comment vous avez vécu cette sorte de vénération qu'il y a eu autour de vous. On vous a un peu icônisée, l'icône, la madone. On parlait de l'ovale de votre visage, de vos tailleurs blancs.

Ségolène ROYAL : Aimons-nous les uns les autres !

Thierry DEMAIZIERE : Et il y avait une sorte de ferveur, même dans les meetings, qu'on sentait...

Ségolène ROYAL : Oui, c'est vrai.

Thierry DEMAIZIERE : Et au dernier, vous avez même dit : "Aimez-vous les uns les autres". Comment vous l'avez vécu, ça ?

Ségolène ROYAL : Oui, il y avait une ferveur, il y avait une fierté, je pense, une admiration pour ce... une femme qui se lève, qui est courageuse, qui avance quoi qu'il arrive.

Thierry DEMAIZIERE : Mais le fait de vous transformer en madone, vous disiez quoi, vous ? Ils vont trop loin ?

Ségolène ROYAL : Non, non. Je... Oui, oui. Non, je ne sais pas. Je ne me sens pas du tout le tempérament d'une madone, plutôt d'une combattante. Mais, c'est vrai que c'était touchant cet engagement.

Thierry DEMAIZIERE : Il y a deux moments où vous avez vraiment fondu l'armure, c'est au premier meeting lorsque vous avez mis votre main au ventre.

Ségolène ROYAL : Oui.

Thierry DEMAIZIERE : Chevillée au corps pour parler des gamins de banlieue.

Ségolène ROYAL : Oui.

Thierry DEMAIZIERE : Il y a quelque chose qui s'est passé dans la salle, et quelque chose qui s'est passé en vous, aussi ?

Ségolène ROYAL : Oui, sans doute. Oui.

Thierry DEMAIZIERE : Comme si vous étiez presque transcendée. Vous l'avez vécu comme ça ?

Ségolène ROYAL : Oui. Oui, parce que je crois que c'est... je le pense depuis des années. Donc c'est peut-être qu'apparaissait à la surface, un combat de toujours, quand je...

Thierry DEMAIZIERE : Vous l'avez répété ? Vous saviez que cela arriverait comme ça ?

Ségolène ROYAL : Non, je n'ai pas répété. Je l'ai là, chevillée au corps, parce que je sais, au fond de moi, en tant que mère, que je veux, pour tous les enfants qui naissent et qui grandissent en France, ce que j'ai voulu pour mes propres enfants.

Thierry DEMAIZIERE : Qu'est-ce qui se passe en vous pour que, d'un seul coup, ça explose, quelqu'un d'autre apparaît presque ?

Ségolène ROYAL : Je pense que c'est le fait de tout donner à un moment. C'est-à-dire, de n'avoir plus la pudeur du discours politique ripoliné. C'est à la fois une improvisation, mais en même temps, qui porte une force intérieure qui a été retenue longtemps.

Thierry DEMAIZIERE : Le soir du premier tour, on l'a vue sonnée pour la première fois. Elle arrivait si tard devant les caméras. On a tous imaginé qu'elle savait, ce soir-là, qu'elle avait perdu. Est-ce que vous êtes d'accord pour dire que le soir du premier tour, il y a eu un moment, comme ça, de doute ? Vous vous êtes dit que cela va être plus compliqué que ça, que peut-être vous aviez perdu ?

Ségolène ROYAL : Je ne me le suis pas dit, non. Je pensais que je devais, que je pouvais gagner, disons que ce n'est pas cela que je me suis dit. Mais c'est vrai que l'écart était rude, et que la façon dont Nicolas Sarkozy avait réussi, quand même, à capter les voix de l'Extrême Droite dès le premier tour, donc l'écart était grand.

Thierry DEMAIZIERE : Alors que la défaite, pour elle, sonnait que le camp d'en face exultait, et que le PS s'étripait, Ségolène Royal tentait de prendre Solferino en passant par le toit, laissant pantois ses amis et ses ennemis devant tant de culot et d'énergie. Et d'où vient cette pêche, cette ténacité, il paraît que c'est votre principale qualité et votre principal défaut ?

Ségolène ROYAL : Eh bien, d'abord, j'ai toujours eu conscience que si moi je m'écroulais, c'en était... c'était tellement exceptionnel qu'une femme soit désignée, soit pour la première fois en France, candidate à l'élection présidentielle...

Thierry DEMAIZIERE : Vous n'aviez pas le droit de vous écrouler ?

Ségolène ROYAL : Oui. Je n'avais pas le droit de m'écrouler. Ils attendaient tous, là, que je m'écroule, y compris en cours de campagne. Enfin tous... certains attendaient.

Thierry DEMAIZIERE : Et par rapport à...

Ségolène ROYAL : Mais je n'avais pas le droit. D'abord pour les femmes, parce que derrière, c'était quand même un enjeu très important. On aurait dit : "Ben, tu vois, Ségolène Royal, elle a voulu sortir du rôle traditionnel, tu as vu ce qui lui est arrivé ?" Ca, j'avais une conscience extrêmement aiguë, que je devais tenir impérativement, coûte que coûte. Je devais montrer que dans la longue marche des femmes, on débouchait sur quelque chose de nouveau.

Thierry DEMAIZIERE : C'est pour ça que vous vous interdisez à la sensiblerie, à l'épanchement. Vous refusez vos larmes. Est-ce que vous avez peur qu'on vous dise : "Vous voyez, c'est une femme, elle pleure" ?

Ségolène ROYAL : Non, parce que j'ai mes moments de sensibilité aussi. Je pleure très facilement devant les films tristes. Donc, non, cela je... mais, j'ai une pudeur personnelle sur l'exhibition, oui.

Thierry DEMAIZIERE : Mais je sais que vous ne voulez pas revenir sur votre séparation avec François Hollande, mais comment vous avez vécu le fait que vous soyez obligée d'en faire un communiqué de presse et que ça fasse l'objet de tant d'articles ?

Ségolène ROYAL : Mais ça, je ne veux pas en parler parce que, justement, d'autres en ont déjà tellement parlé. Et je crois qu'il y a un moment, bon, où les choses doivent être... on doit reprendre sa vie en main, quand l'épreuve...

Thierry DEMAIZIERE : Je peux simplement vous poser une seule question ? Est-ce que la politique abîme la famille, abîme le couple ?

Ségolène ROYAL : Pas forcément, parce qu'elle peut aussi rapprocher. Quand on est deux à être engagés en politique, ça rapproche aussi énormément. Bon. Mais, en même temps, il y a des circonstances privées qui font que, à un moment, les choses ne sont plus tenables, quoi, voilà. Et quand on aime et qu'on est trahi, je crois qu'il faut reprendre sa vie en main et dire à un moment : "Ce n'est plus comme ça que je vois les choses et ce n'est plus supportable".

Thierry DEMAIZIERE : Et d'où vient cette capacité que vous avez à décider de votre vie et à dire non, d'avoir dit non à un moment à votre père, à dire non quand ça ne vous va pas, à dire non.

Ségolène ROYAL : Eh bien c'est, je crois, le sentiment de respect mutuel, c'est d'exiger à un moment qu'on soit aussi respecté par les autres, et quand on sent que le respect n'est plus là, que la dignité est atteinte, à ce moment-là il faut se mettre debout et dire : "Ce n'est plus comme ça que je vois les choses. Je les vois autrement, je vais les faire autrement".

Thierry DEMAIZIERE : Et vous avez toujours été debout ?

Ségolène ROYAL : Non, parce que j'ai mes faiblesses aussi, et mes... Et voilà ! Et puis, il peut m'arriver des choses. Ce qu'il y a de pire, je pense, c'est la mort d'un enfant, le handicap d'un enfant.

Thierry DEMAIZIERE : Dans le livre que vous avez écrit, que vous avez écrit avec Marie-Françoise Colombani, vous avez expliqué que c'était la seule chose qui aurait pu vous faire arrêter la politique, la maladie...

Ségolène ROYAL : Oui.

Thierry DEMAIZIERE : ... ou le handicap d'un de vos enfants.

Ségolène ROYAL : Oui.

Thierry DEMAIZIERE : Qu'est-ce qui pourrait vous faire arrêter, aujourd'hui, la politique ?

Ségolène ROYAL : La même chose. La mort d'un enfant, le handicap d'un enfant, la grande souffrance d'un de mes enfants, parce qu'il faudrait que je lui donne du temps, voilà. Et ce temps, je leur en ai pris beaucoup hein, au cours de cette carrière politique. Quand il y a des épreuves comme ça, humaines terribles, il faut donner son temps, quoi. Au bout du compte, c'est l'instinct maternel qui l'emporterait, ça c'est évident.

Thierry DEMAIZIERE : Et intimement, vous êtes toujours sincèrement convaincue que vous serez un jour président de la République ?

Ségolène ROYAL : Je crois que ce n'est pas impossible.

Thierry DEMAIZIERE : Dans cinq ans, dans dix ans.

Ségolène ROYAL : Ca reste une possibilité et je le sens intimement. Ca peut arriver, voilà.

Thierry DEMAIZIERE : Dans cinq ans ou dans dix ans ?

Ségolène ROYAL : Mais ça veut dire que cette fois, il faudra que je me prépare bien plus tôt. C'est mon objectif.
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Mardi 10 juillet 2007
[26/06/07]
Intervention de Ségolène Royal devant Désirs d'Avenir Paris aux Blancs Manteaux

 
Vous êtes très nombreux ce soir !

Et je sais que, par votre présence, vous voulez souligner votre volonté de continuer à travailler.

Je sais aussi que vous vous posez un certain nombre de questions toutes simples : comment on continue ? Quel rôle et quelle place pour Désirs d'Avenir dans la nouvelle séquence ? Comment on s'organise ? Quelles relations avec le Parti Socialiste ? Bref, que fait-on ?

Je vois qu'à Paris, vous avez prévu une séquence de travail très importante, je vous en félicite. Je pense même que ce que prévoit Désirs d'Avenir Paris pourrait servir de modèle pour l'ensemble des 700 Comités présents dans toute la France.

Je vois que vous prévoyez le 7 juillet un débriefing de campagne : j'espère que vous me tiendrez au courant de ses résultats !

Je vois qu'il y a, le 9 juillet, un séance de travail sur << la connaissance du Parti Socialiste >> : c'est très bien !

Je vois aussi un troisième laboratoire, << inventons sans cesse >> : c'est indispensable !

Enfin, << quelle gauche voulons-nous demain ? >>. C'est effectivement le sujet central.

Je trouve tous ces sujets très judicieux.

<< Quelle gauche voulons-nous demain ? >>, vous prévoyez de l'aborder en vous répartissant en plusieurs sous-groupes thématiques : quelle organisation pour la gauche ? quelles sont les valeurs socialistes ? quelle identité pour le Parti Socialiste ? quel nouveau pacte social ? etc.

Je vous encourage à venir très nombreux dans ces groupes de travail.

Et j'encourage Désirs d'Avenir à continuer massivement à se réunir, à discuter, à débattre, y compris à faire le bilan des élections législatives, à éclairer l'ensemble des thématiques qui ont été abordées pendant la campagne, celles qui ont été comprises par les Français et celles qui l'ont moins été, pour que nous puissions approfondir notre réflexion et continuer à revoir les fondamentaux de la gauche. Car là est l'enjeu.

Nous avons mené une campagne belle, ardente, courageuse.

Nous pouvons en être fiers.

Vous pouvez en être particulièrement fiers ici, à Paris, puisque jamais un candidat socialiste n'avait fait un tel score à une élection présidentielle.

Au cours de cette campagne, grâce à vous, nous avons bousculé certaines idées reçues et nous avons revu certaines manières de faire.

Ce travail que nous avons commencé, nous allons le poursuivre !

C'est le principal message que je voulais vous délivrer ce soir.

J'ai besoin de vous et j'ai envie que vous puissiez continuer à vous impliquer à Désirs d'Avenir car ce travail doit partout prendre toute sa place : dans le Parti Socialiste, bien sûr, mais aussi dans tous les mouvements associatifs, dans le mouvement social. Désirs d'Avenir est un mouvement associatif créatif dont les contributions seront mises à la disposition du Parti Socialiste.

Il n'y a pas d'opposition des uns contre les autres, au contraire.

Mon ambition première, c'est que d'autres mouvements associatifs et syndicaux dans tout le pays, que le mouvement de la société civile et, partout, les citoyens de gauche se saisissent de l'enjeu de la rénovation de la gauche.

Désirs d'Avenir a une qualité particulière - notre trésor commun - c'est qu'ici, il n'y a pas d'enjeux de pouvoir ni d'enjeux de désignation pour les futures élections municipales. C'est pourquoi ce lieu à l'abri des arrières-pensées est extrêmement précieux. C'est pourquoi je compte sur vous pour que la réflexion y soit intense.

Je sais que la plupart des membres de Désirs d'Avenir sont aussi adhérents au Parti Socialiste. Tant mieux ! Cela permettra que le lien soit plus étroit entre ce qui y sera dit, entre les idées qui vont y émerger, entre les analyses qui vont y être produites, et la façon dont nous pourrons les mettre à la disposition du Parti Socialiste. Car c'est la tâche qui est aujourd'hui devant nous : donner au socialisme et à la gauche les couleurs de notre siècle, la compréhension de notre époque, donner aux militants et aux citoyens les moyens de construire collectivement des engagements destinés à être compris puis à être tenus.

C'est pourquoi je vous le dis ce soir : ne cédez pas aux fausses oppositions auxquelles on voudrait nous réduire, à gauche, auxquelles on voudrait réduire le socialisme.

Ce soir, je voudrais d'abord affirmer que le réalisme ne s'oppose pas à la radicalité. C'est un thème que je vous demande d'approfondir. La radicalité vraie, celle qui s'attaque à la racine des problèmes pour les régler concrètement, a besoin d'un regard lucide sur la réalité, sur ce qui marche et sur ce qui ne marche plus. C'est à cette condition que nous pourrons réconcilier le souhaitable et le possible.

Autre thème de réflexion : la liberté individuelle ne s'oppose pas aux protections collectives. Là-dessus aussi, je vous demande de réinventer. Les bonnes protections sont celles qui apportent à chacun, où qu'il soit et d'où qu'il soit, un surcroît de liberté, la possibilité de choisir et de construire effectivement sa vie.

De même, la sécurité n'est pas l'ennemie de la prise de risque : elle est la condition pour que s'épanouisse un goût du risque et de l'effort qui soit également accessible à tous et également porteur de progrès.

Corriger les inégalités et lutter contre l'injustice, c'est toujours la mission de la gauche. Mais en n'oubliant jamais, comme le disait Jaurès, que << l'individu est la mesure de toute chose >>. Dans l'actuel débat sur la montée ou non de l'individualisme, il est intéressant de rappeler cette modernité de la pensée de Jaurès sur l'individu. Cela ne veut pas dire qu'il faut en rabattre sur les protections collectives mais que nous devons inventer comment réarticuler cet individu moderne avec les protections collectives nécessaires, en fonction des risques nouveaux auxquels nous sommes aujourd'hui confrontés, en particulier avec la prise en compte de la globalisation et de la mondialisation.

Voilà la raison d'être des socialistes et des combats de la gauche.

Ces valeurs-là sont intactes.

Nous y sommes plus que jamais fidèles.

C'est au nom de ces valeurs que nous devons mener à son terme le grand chantier ouvert durant la campagne présidentielle, l'actualisation hardie du logiciel socialiste qui est bien autre chose que le recyclage de la social-démocratie des années 50-60.

Vous devez et nous devons aussi attirer largement dans nos réunions des intellectuels, des sociologues, des artistes, des observateurs de la société française. Elargir notre réflexion à la ressource intellectuelle des autres pays européens et même au-delà. Je demande à Désirs d'Avenir d'ouvrir ses portes et ses fenêtres sur les réflexions menées dans d'autres pays car nous sommes tous, à gauche, dans l'ensemble des pays européens et au-delà des pays européens, en recherche de nouvelles solutions qui réconcilient les apparentes contradictions que j'ai évoquées tout à l'heure.

Le monde a changé, la politique doit changer.

Dans le monde d'aujourd'hui, le secret de la réussite, c'est la mobilisation de l'intelligence collective. Cela vaut dans tous les domaines, à commencer par la politique.

Le paternalisme, ça ne marche plus.

Les décisions verticales, ça ne marche plus.

Et cette intelligence collective, c'est notre parti-pris.

Nous avons mis en OEuvre la démocratie participative et nous devons l'approfondir. Au sein du Parti Socialiste aussi qui doit s'en nourrir, s'en enrichir, s'en affermir.

Nous devons nous ouvrir sur le monde tel qu'il est.

Nous devons nous ouvrir à toutes celles et à tous ceux qui ne se résignent pas au désordre des choses, aux politiques destructrices de la droite, et qui veulent prendre leur part de la délibération et de l'action collectives.

Ce lien dialectique, ce cercle vertueux entre le contenu du socialisme du XXIème siècle et la méthode d'une large participation démocratique, c'est de cela que je veux être la garante. Et c'est à cela que je vous appelle à prendre part. Vous, très nombreux à Désirs d'Avenir, qui êtes aussi des militants socialistes et vous qui ne l'êtes pas et auxquels je demande de le devenir.

Il ne s'agit pas de je ne sais quelle lutte des places.

Il s'agit de tenir la promesse faite aux 17 millions d'électeurs qui m'ont apporté leur soutien et, au-delà, à tous les Français.

Je sais bien que nous devons avoir une analyse réaliste du vote.

Bien sûr, sur ces 17 millions de Français, il y en a qui ont voté << contre l'autre >>. Mais à nous de transformer ce vote << contre l'autre >> en adhésion aux idées que nous devons approfondir et mettre en avant.

L'enjeu est donc très important : élargir notre compréhension du monde et faire en sorte que ceux qui ont voté à gauche seulement pour faire barrage à la droite puissent se dire que quelque chose est en train de se passer à gauche, que nous avons envie de travailler collectivement pour inventer ce socialisme et cette gauche du XXIème siècle. Cet enjeu-là est très important.

Je ne suis pas propriétaire de toutes ces voix, personne ne l'est, mais ces voix nous obligent à donner corps à l'espérance qui s'est levée. A ne pas décevoir.

A nous d'apporter au Parti Socialiste notre contribution et l'élan dont il a besoin pour se projeter hardiment dans l'avenir. Il n'est pas question de construire autre chose. Il n'est pas question de laisser dire que nous sommes marginalisés.

Ce Parti Socialiste dont les militants m'ont fait confiance en me désignant, j'éprouve pour lui de l'affection. Je sais que sa force, ce sont tous ses militants, ses sympathisants, ses élus de terrain, leur engagement et leur dévouement à une cause plus grande que nous. Vous l'avez certainement observé : nous avons été beaucoup plus présents que la droite dans le militantisme quotidien, dans les distributions de tracts, dans le contact avec l'ensemble des citoyens. Il n'y a pas eu photo entre la présence militante socialiste, la présence des sympathisants et des citoyens qui se sont levés dans cette campagne, qui ont activement participé, et la présence de la droite sur le terrain.

La tâche qui nous attend, c'est de gagner la bataille des idées contre une droite qui a su, elle, il faut le reconnaître, actualiser son logiciel et face à laquelle nous devons être une force de proposition, de protection et d'imagination.

Au fond, la question à prendre à bras le corps, c'est celle que vous avez retenue : quelle gauche voulons-nous pour la France et les Français d'aujourd'hui ?

Avec quelle lecture de la société et du monde ?

Porteuse de quelles réponses concrètes, crédibles, efficaces ?

Avec quel intellectuel collectif qui respecte ses militants, les associe et, avec eux, la citoyens à l'élaboration de son projet ?

Et aussi avec quelles alliances et sur quelles bases avec les autres composantes de la gauche ? Avec quelles convergences avec d'autres sensibilités républicaines et démocratiques ?

Avec quel nouveau dialogue avec les syndicats, les associations, les mouvements sociaux qui participent, ici et maintenant, de la recomposition démocratique dont le Parti Socialiste doit être, sans sectarisme ni angélisme, le fer de lance ?

Alors, me direz-vous, quelle place dans tout ça pour Désirs d'Avenir ?

Je vous demande d'être l'aile marchante de ce vaste mouvement et de vous mobiliser pour cette politique par la preuve à laquelle je suis attachée.

Quelle gauche voulons-nous demain ? Emparez-vous du sujet, débattez-en et appelez les Français à en débattre avec vous !

Nous ferons une grande assemblée générale de Désirs d'Avenir début septembre et nous produirons nos premières synthèses en octobre, que nous mettrons à la disposition de la réflexion conduite en interne au Parti Socialiste.

J'entends, ici ou là, dire qu'il faudrait refermer la << parenthèse >> de la démocratie participative et revenir aux vieilles méthodes d'antan.

Je crois, tout au contraire, que nous devons déployer et approfondir, comme ce soir, cette démarche.

C'est pourquoi je suis venue vous dire combien je compte sur vous, sur tous ces liens que vous avez tissés entre vous et avec nos concitoyens. Je compte sur votre énergie, sur votre liberté de ton, sur votre capacité de mobilisation et de proposition.

Je suis aussi venue vous dire de vous impliquer dans la nécessaire mutation du Parti Socialiste. Beaucoup d'entre vous le sont déjà : militants Désirs d'Avenir et militants socialistes, ce sont les deux facettes d'un même engagement.

Soyons donc les militants d'une alternative crédible en 2012 et d'une opposition constructive dès maintenant en 2007, en lien avec les autres mouvements associatifs, avec les organisations syndicales, avec toute la société française.

La gauche doit se mettre en mouvement pour inventer des solutions créatives et constructives. Ce travail, nous allons le faire en harmonie avec le Parti Socialiste. Je sais bien que dans certaines fédérations comme à l'échelle nationale, il y a parfois des frictions entre les uns et les autres. Ces frictions n'ont plus raison d'être et je veux m'y employer. C'est à cela que je vous invite. Dans ce mouvement, Désirs d'Avenir doit prendre toute sa place. C'est un lieu de débats à l'abri, je le répète, d'enjeux de pouvoir et de désignation, c'est ce qui en fait le prix. Ce lieu de débats, d'imagination, de créativité, ces liens amicaux que nous avez construits sont irremplaçables. Pour surmonter les divisions traditionnelles, il faut que nous fassions sur nous-mêmes un effort de dépassement et c'est pourquoi je m'emploierai à faire en sorte que, dans toutes les fédérations, Désirs d'Avenir soit reconnu comme producteur d'idées qui seront versées à la délibération du Parti Socialiste.

Je compte sur vous.

Je compte sur votre présence, sur votre mouvement, sur votre imagination.

Je compte sur vous pour l'émergence de propositions crédibles.

Je compte sur vous pour libérer la parole.

Je compte sur Désirs d'Avenir pour administrer la preuve du possible.

Je compte sur Désirs d'Avenir pour apporter au socialisme de notre époque le renfort de notre idéal, de nos méthodes, de nos raisons d'y croire et de nos façons de faire, à l'écoute des Français. Car la France a besoin de cette oeuvre collective des militants et des sympathisants pour que, demain, la gauche soit à nouveau victorieuse !

par EXCOFFIER publié dans : segolene
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Lundi 9 juillet 2007
[09/07/07]

Le projet de loi "renforçant" la lutte contre la récidive des majeurs et des mineurs :
un texte inutile et dangereux selon R. BADINTER.


Discours prononcé au Sénat le 4 juillet par Robert BADINTER en ouverture du débat sur la récidive.

"C'est la première fois que vous intervenez dans cet hémicycle, madame la Garde des Sceaux, et je considère avec sympathie votre accession à la Chancellerie. J'y vois un symbole extrêmement important de l'intégration républicaine à laquelle nous sommes tous très attachés.

Pourtant, j'aurais souhaité que vous fassiez vos débuts sur un autre texte. Il ne manque pas de sujets brûlants : ainsi en est-il de la réforme de la carte judiciaire, ou de la situation dans nos prisons pour laquelle nous souhaitons depuis très, trop longtemps une loi pénitentiaire. Vous auriez rencontré alors nos critiques, mais aussi notre volonté constructive.

Mais le texte que vous nous soumettez est inutile, implicitement vexant pour la magistrature et, ce qui est plus grave encore, potentiellement dangereux.

Inutile ? C'est une évidence. Nous ne vivons pas dans un désert législatif. Tous les Gardes des Sceaux, tous les parlementaires, tous les citoyens souhaitent qu'on lutte contre la récidive. D'ailleurs, le législateur n'est pas resté inactif et il n'a pas pris conscience en mai de cet état de fait.

Durant les trois années écoulées, nous n'avons pas eu moins de trois textes à examiner concernant la lutte contre la récidive : il y a eu Perben II en mars 2004, il y a eu celui de votre prédécesseur, Pascal Clément, tout entier consacré au traitement de la récidive, en décembre 2005 et, il y a quelques mois, le ministre d'État, ministre de l'intérieur de l'époque, nous a présenté un texte sur la prévention de la délinquance dans lequel figurait nombre de dispositions sur la récidive. Tous vos prédécesseurs ont-ils cédé à une quelconque tentation laxiste ? Les commissions des lois du Parlement auraient-elles négligé des mesures importantes pour lutter contre la récidive ? Certainement pas !

La nécessité de ce texte n'apparaît donc pas, à moins que vous ne taxiez vos prédécesseurs d'incompétence, ce que je ne crois pas. Les effets de ces lois se sont-ils révélés décevants ? Nous n'en savons rien puisqu'il n'y a pas eu d'études ni de suivi de ces textes. Le Conseil d'État l'a, à juste titre, fait remarquer. Cette loi n'a pas non plus été précédée d'une étude d'impact, notamment sur la situation carcérale à venir.

Vous dites que ce texte est l'expression de l'engagement du Président de la République. Certes, il vient d'être élu, mais ce n'est pas pour autant qu'il a raison sur tous les points de son programme !

Revenons à l'essentiel. Un texte doit répondre à une finalité. D'ailleurs, l'article 8 de la Déclaration des droits de l'Homme ne dit pas autre chose : << La Loi ne doit établir que des peines strictement et évidemment nécessaires >>. Dans le rapport de notre commission figure un tableau très intéressant relatif aux peines actuellement prononcées en cas de récidive. Les magistrats disposent-ils des moyens légaux pour prononcer les peines que le législateur souhaite qualifier de plancher ? Sans aucun doute. Ils peuvent d'ores et déjà prononcer les peines que vous souhaitez instaurer.

Alors, pourquoi ce texte alors que les moyens existent déjà ? La deuxième partie du tableau présenté par notre rapporteur retrace la pratique au regard des peines prévues. Pour les crimes, les magistrats et les jurys vont très au-delà des peines plancher. La qualité de récidiviste n'est apparemment pas la meilleure carte à jouer pour susciter l'indulgence d'une cour d'assises. Concernant les crimes, ce texte ne sert donc à rien. Reste la question des délits. Dans ce domaine, la moyenne des condamnations est effectivement très en-dessous des peines plancher que vous voulez instaurer. Si les magistrats ne les prononcent pas, c'est qu'ils jugent, en leur âme et conscience, en fonction des circonstances et de la diversité des êtres humains. N'oublions pas qu'ils engagent leur responsabilité morale.

C'est pourquoi, lors de nos auditions, pas une voix ne s'est élevée au sein des associations de magistrats pour réclamer l'instauration de ces planchers. Ils nous ont tous demandé instamment de ne pas les prévoir. Et cependant vous le faites. Pourquoi ? Parce que vous estimez que les décisions des magistrats ne satisfont pas aux attentes du gouvernement et du Président de la République.

Il veut donc adresser aux magistrats une sorte d'injonction, en fonction de ce qu'il estime nécessaire en matière de sanction. Lorsqu'il s'adressait à la Nation en tant que candidat, chacun comprenait que les peines plancher ne concerneraient que les délits les plus graves. Alors, certes, vous avez ouvert une fenêtre, que dis-je, un interstice afin de sauvegarder le principe constitutionnel de la liberté des magistrats. Mais soyons réaliste : lorsqu'une loi dit aux magistrats les peines qu'ils doivent prononcer, au minimum, pour les récidivistes, tout en leur donnant aussi la possibilité d'aller en-dessous si ils motivent leur décision, que croyez-vous qu'il va se passer ? Si le juge décide, en son âme et conscience, de ne pas appliquer la peine plancher, il prendra un risque. Si le récidiviste commet un nouveau crime ou délit, qui sera stigmatisé ? Qui verra sa responsabilité engagée devant l'opinion publique et le gouvernement ? Le magistrat ! Certes, il existe des âmes intrépides et des coeurs courageux, mais gageons que la plupart ne prendront pas le risque de subir des critiques stigmatisantes et s'aligneront.

C'est pourquoi j'ai parlé, dans mon propos introductif, du caractère inutilement blessant de ce texte à l'égard des magistrats, car il sous-entend qu'ils sont laxistes et qu'ils n'appliquent pas, ou mal, la loi. Certes, la magistrature française n'a pas que des vertus, mais elle a beaucoup plus de qualités que celles que l'on veut bien lui reconnaître et le laxisme ou la faiblesse à l'égard des récidivistes ne sont en rien ses caractéristiques.

Ce texte est inutile et vexatoire, je l'ai dit. Mais, ce qui est plus grave, il est dangereux. Car il va accroître la surpopulation carcérale. Or, vous connaissez la situation actuelle : plus 18 % de prisonniers au cours des cinq dernières années. Nous en sommes à 63 500 détenus et les prévisions font état de 20 % de plus dans les prochaines années. Les maisons d'arrêt et les centres de détention connaissent un taux de remplissage qui va de 120 à 200 %. Le rapport sur la récidive rédigé par la Commission d'analyse et de suivi de la récidive, présidée par le professeur Jacques-Henri Robert, rappelle que les peines plancher instaurées aux Etats-Unis et au Canada n'ont pas eu les effets escomptés.

Nous savons -le constat est ancien- que le premier foyer de récidive, c'est la prison ; que dans les maisons d'arrêt surpeuplées se côtoient dans la même cellule de vieux chevaux de retour et des primo-délinquants, des professionnels du crime et des jeunes qui sortent de prison avec des adresses et des leçons. Vous jouez avec ce texte au pompier pyromane ; on comprend pourquoi vos prédécesseurs n'avaient pas voulu de peines plancher.

Nous pensons, nous, que la vraie question est celle de la signification de la récidive. C'est évidemment une faute du récidiviste, mais c'est aussi un échec qui le dépasse, un échec familial et social, un échec de l'institution judiciaire elle-même. Comment y remédier, sinon en agissant pour une réinsertion réussie ? Les procédures qui la permettent ont été multipliées ces dernières décennies, libération conditionnelle, semi-liberté, placement à l'extérieur, mais elles sont insuffisamment mises en oeuvre, faute de moyens ; éducateurs, travailleurs sociaux, médecins psychiatres sont trop peu nombreux. Nous luttons avec des textes, nous produisons du papier là où il nous faudrait combattre avec des professionnels.

Avec ce projet de loi, madame la garde des Sceaux, vous vous fourvoyez si vous croyez ainsi réduire la récidive. Lutter contre ce phénomène est avant tout affaire de moyens, donc de volonté politique. Nous ne voterons pas ce mauvais texte."
par EXCOFFIER publié dans : ps
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Lundi 9 juillet 2007
Ségolène Royal publiera à la rentrée "l'autocritique" de sa campagne présidentielle


PARIS, 8 juil 2007 (AFP) - Ségolène Royal publiera à la rentrée "l'autocritique" de sa campagne présidentielle et pense toujours pouvoir un jour accéder à la présidence de la République, a-t-elle déclaré dans une interview diffusée dimanche par TF1.
"Je la ferai à la rentée (cette autocritique). Je l'écris actuellement, je la publierai dans toutes ses dimensions, dans toutes ces facettes", a déclaré l'ex-candidate socialiste à l'Elysée dans l'émission "Sept à huit".
Elle a affirmé n'avoir pas voulu se livrer immédiatement à une analyse de sa défaite en raison des "attaques" qu'elle estime avoir subies, notamment de son propre camp, après l'élection. "Je n'ai pas entendu d'autres candidats battus subir ce type d'attaques très condescendantes. Donc comme ils ont fait déjà cette critique, si en plus moi je faisais une autocritique..."
Elle a toutefois reconnu "une improvisation dans l'organisation" de sa campagne, tout en estimant une fois de plus que les attaques venues de son propre camp avaient constitué "le principal point de faiblesse".
Elle a assuré qu'au soir du premier tour, distancée de près de 6 points par Nicolas Sarkozy (31,18% contre 25,87%) elle espérait quand même une victoire. "Je pensais que je devais, que je pouvais gagner. Mais c'est vrai que l'écart était rude", a-t-elle dit, relevant notamment pour expliquer son retard "la façon dont Nicolas Sarkozy avait réussi à capter les voix d'extrême droite dès le premier tour".
Interrogée pour savoir si elle pensait pouvoir un jour être élue à la présidence en dépit de cet échec, elle a répondu: "Présidente: ça n'est pas impossible. Ca reste une possibilité, je le sens intimement. Je le pense. Ca veut dire que cette fois il faudra que je me prépare bien plus tôt". "Ce qui est extraordinaire c'est que les gens ne me reprochent rien, ils me disent merci", a-t-elle assuré.
Tout en reconnaissant sa "très lourde déception" au soir de la défaite, elle assure avoir "immédiatement pensé aux millions de gens qui se mettent à pleurer" et réaffirme qu'il est de sa "responsabilité de continuer".
Elle ajoute ne pas avoir eu elle-même "les larmes aux yeux". "Moi je devais rester solide, comme une mère de famille qui tient ses enfants debout, qui doit rassurer, qui doit rester le phare, la solidité".
Interrogée sur sa rupture avec François Hollande, récemment annoncée, et le fait de savoir si l'engagement dans la vie politique contribuait à l'éloignement au sein d'un couple, elle a estimé que "pas forcément, elle peut aussi rapprocher".
"En même temps il y a des circonstances privées qui font qu'à un moment les choses ne sont plus tenables. Quand on aime et qu'on est trahi, je crois qu'il faut reprendre sa vie en main et dire à un moment c'est plus comme ça que je vois les choses, c'est plus supportable", a-t-elle dit.
so/ei

" Etre Présidente un jour ? Pas impossible " juge Ségolène Royal


PARIS (Reuters) - Ségolène Royal croit "intimement" qu'elle peut devenir un jour présidente de la République - son "objectif".

"Cela veut dire que cette fois il faudra que je me prépare bien plus tôt. C'est mon objectif", explique-t-elle quasiment deux mois jour pour jour après son échec face à Nicolas Sarkozy.
La présidente de Poitou-Charentes, qui rechigne toujours à prononcer le mot "défaite", doit réunir ses partisans le 16 juillet pour un "débriefing" de la campagne.
Dimanche, elle a précisé qu'elle publierait à la rentrée les résultats de cette "auto-critique" à laquelle elle ne voulait pas procéder de prime abord, "du fait que les déclarations des autres ont été très violentes, presque indécentes même".
"Je n'ai pas entendu d'autres candidats battus subir ce type d'attaques très condescendantes. Donc, puisqu'ils ont déjà fait cette critique, si en plus moi je faisais une autocritique...", a-t-elle fait valoir.
"Je la ferai à la rentrée. Je l'écris actuellement. Je la publierai dans toutes ses dimensions, toutes ses facettes", a-t-elle promis alors que plusieurs ouvrages assassins disséquant sa campagne présidentielle, rédigés par des responsables socialistes, sont annoncés pour le mois de septembre.

"LA SUITE EST TRÈS COMPLIQUÉE"

"Il y a des traces qui m'ont marquée. C'est trop dur. Les attaques de son propre camp, ça, c'est quand même ce qui a été le plus insupportable et sans doute le point de faiblesse par rapport à l'adversaire qui avait un parti en ordre de marche", a-t-elle expliqué dimanche.
Au soir du deuxième tour de la présidentielle, alors qu'elle venait d'être battue, Ségolène Royal avait promis aux militants socialistes de les emmener "vers d'autres victoires".
"Je n'étais pas abattue parce que j'ai senti tout de suite que quelque chose s'était soulevé", a-t-elle dit.
Va-t-elle continuer le combat politique? "Bien sûr, j'ai une responsabilité" envers les militants et les électeurs. "La suite est très compliquée", a-t-elle cependant concédé.
Pendant la campagne, elle a ressenti "une ferveur, une fierté, une admiration pour une femme qui se lève, qui est courageuse, qui avance quoiqu'il arrive".
Pour autant, celle qui avait pris pour habitude de s'habiller en blanc pendant la campagne ne se sent "pas du tout le tempérament d'une madone, plutôt d'une combattante".
L'ex-compagne de François Hollande estime par ailleurs que la politique n'abime "pas forcément" la famille ou le couple. "Elle peut aussi rapprocher".
Tout en disant ne pas vouloir revenir sur sa séparation d'avec le premier secrétaire du PS, elle évoque des "circonstances privées qui font qu'à un moment, les choses ne sont plus tenables".
"Quand on aime et qu'on est trahi, il faut reprendre sa vie en mains et dire à un moment: 'ce n'est plus comme ça que je vois les choses, ce n'est plus supportable'". /LBR


par EXCOFFIER publié dans : segolene
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Dimanche 8 juillet 2007
Affaire Scheidermann: le Poitou-Charentes entre en résistance
 
Ségolène Royal, présidente de la région, a proposé à Daniel Schneidermann de produire < >, son émission récemment supprimée par France 5.
 
Par Liberation.fr avec AFP
 
LIBERATION.FR : vendredi 6 juillet 2007

Ségolène Royal a bien contacté Daniel Schneidermann, assure l'AFP. Elle a proposé au présentateur du magazine Arrêt sur images, supprimé par France 5, un projet de production de l'émission avec la Région Poitou-Charentes qu'elle préside. Une confirmation de l'information parue dans le quotidien régional La Nouvelle République.

Royal a laissé un message téléphonique jeudi à Daniel Schneidermann, présentateur du magazine hebdomadaire de décryptage des médias. Celui-ci l'a confirmé à l'AFP et a indiqué être <<en discussions avec des interlocuteurs de la Région pour savoir en quoi consiste plus concrètement la proposition>>.

Selon la proposition de la candidate, l'émission pourrait être produite par le service Poitou-Charentes Cinéma du Conseil régional, qui comprend un pôle d'éducation à l'image, en s'associant éventuellement à d'autres régions. Ce service serait chargé d'étudier la viabilité du projet avec l'équipe de Schneidermann. L'idée serait de diffuser l'émission sur internet. Si aucune date n'a été encore fixée, le principe d'une réunion technique sur le sujet a été acté, a-t-on ajouté dans l'entourage de Ségolène Royal.

<<Autant l'idée me séduit de voir une région, ou des régions, pallier à une carence de la télévision d'Etat. Autant il est évident que je ne souhaite pas faire l'émission du PS, ou de Ségolène Royal>>, explique le journaliste sur son blog, précisant qu'il continue de <<discuter avec la télévision suisse romande (pour une éventuelle production de l'émission, NDLR), dont l'intérêt bienveillant pour notre demande d'asile médiatique ne faiblit pas >>.

L'annonce par la chaîne publique de la non-reconduction de l'émission à la rentrée à déclenché un tollé, notamment à gauche, et une pétition de soutien en ligne a recueilli plus de 150.000 signatures.

© Libération
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Vendredi 6 juillet 2007
Jean-Louis Bianco : Ségolène Royal porte "la force de rénovation" et dispose de "réseaux"

PARIS, 5 juil 2007 (AFP) - Jean-Louis Bianco s'est dit jeudi "convaincu" que Ségolène Royal était "celle qui porte le plus la force de rénovation" au PS, ajoutant qu'elle disposait "de réseaux importants".
"Ségolène Royal travaille. Elle a toujours des réseaux d'amis", a affirmé M. Bianco sur France 2, interrogé sur l'absence de l'ex-candidate socialiste à l'élection présidentielle depuis les législatives.
Il a admis que certains de ses soutiens sont "peut-être partis". "Mais les meilleurs sont restés. Ils restent parce qu'ils ont confiance en la personne. D'autres peut-être vont voir sous d'autres cieux", a-t-il observé.
Selon l'ancien directeur de campagne de Mme Royal, la présidente de la région Poitou-Charente "a des réseaux importants dans les fédérations". "A la base, elle a un charisme incroyable chaque fois qu'elle va sur le terrain. Elle a, à l'Assemblée, un nombre considérable de députés qui sont proches d'elle", a-t-il ajouté.
M. Bianco a ajouté que "le but n'est pas de s'organiser en courant, le but est de réfléchir, de proposer des idées nouvelles et elle le fera dans les semaines et les mois à venir".
Il s'est dit "convaincu que c'est celle qui porte le plus la force de rénovation". "Elle l'a prouvé dans la campagne, elle l'a prouvé en disant la vérité sur le Smic à 1500 euros", une mesure du projet socialiste qu'elle a récemment jugée peu crédible, a-t-il dit.
Le député socialiste des Alpes-de-Haute-Provence a observé qu'à l'inverse du PS, l'UMP avait fait en amont de la présidentielle "un travail remarquable", "une préparation idéologique de très longue date" et disposait d'"un candidat chef de parti et désigné à l'avance".
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Vendredi 6 juillet 2007
Jean-Louis Bianco : l'ouverture est "effet de casting", il faudra "juger aux résultats"

PARIS, 5 juil 2007 (AFP) - Le socialiste Jean-Louis Bianco a estimé jeudi que l'ouverture de Nicolas Sarkozy à des personnalités de gauche n'était qu'"un effet de casting", ajoutant qu'il faudra "juger aux résultats" le gouvernement Fillon.
"Tout cela n'a qu'un temps", a-t-il dit sur France 2 à propos de l'ouverture. "Ce sont des effets de casting, des effets d'annonce. Je jugerai, les Français jugeront aux résultats", a-t-il indiqué.
De la part de Nicolas Sarkozy, "c'est habile, c'est bien joué mais on regardera les résultats. On verra bien si le gouvernement fait baisser le chômage, augmente le pouvoir d'achat, bouche le trou de la sécurité sociale, diminue la précarité", a ajouté le député PS des Alpes-de-Haute-Provence.
Il a notamment mis en cause le projet de franchise médicale, selon lui, "injuste et inefficace".
L'ancien directeur de campagne de Ségolène Royal a fait une distinction entre les personnalités de gauche qui ont rejoint le gouvernement Fillon et Hubert Védrine qui a accepté une mission.
M. Bianco a indiqué comprendre "tout à fait" l'attitude de M. Védrine, ancien ministre socialiste des Affaires étrangères. "Accepter une mission n'est pas entrer au gouvernement", a-t-il plaidé.
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Vendredi 6 juillet 2007

PARIS (AFP) - Ségolène Royal est sortie de son silence jeudi dans un entretien à l'AFP, en indiquant qu'elle avait choisi ces dernières semaines de travailler "à l'abri des médias" pour "mettre en place" ses équipes et préparer sa rentrée, le 25 août, une semaine avant l'université d'été du parti

Depuis près de deux semaines, l'ex-candidate à la présidentielle était restée silencieuse, en dépit d'une abondante actualité.

Jeudi, Le Parisien parlait même de sa "grande solitude" et de la désertion de certains de ses fidèles.

Mais pour l'ex-candidate à l'Elysée, de telles informations sont "totalement infondées".

"Je travaille à l'abri des médias, c'est un choix délibéré", confie-t-elle, indiquant avoir refusé "plusieurs émissions ou interviews".

"Je n'ai pas peur du vide, il faut savoir travailler dans le silence pour mieux rebondir", ajoute-t-elle. "Je mets en place mes équipes", précise-t-elle, indiquant avoir eu "encore une réunion de travail mercredi soir".

Christophe Chantepy, qui fut son directeur de cabinet, continue à présider l'association Désirs d'avenir, qui tient des assemblées générales à l'initiative de comités locaux.

Jean-Louis Bianco, qui lui parle au téléphone tous les jours, s'occupe des parlementaires, dont "une soixantaine" ont fait savoir qu'ils souhaitaient travailler avec elle.

L'avocat Jean-Pierre Mignard, dit-elle, travaille "sur la refondation du parti".

Ségolène Royal dit aussi "rencontrer des gens": économistes, chercheurs, experts, élus, des "contacts individuels de fond, de réflexion, pour préparer l'avenir", dit-elle.

Elle réunira un séminaire le 16 juillet à l'Assemblée nationale, sur l'après campagne présidentielle, "une première réunion de travail interne de débriefing" où seront conviés des parlementaires, des maires, des premiers fédéraux, des experts et intervenants extérieurs...".

"Au total, estime-t-elle, "une centaine de personnes".

Certains dans son entourage auraient sans doute voulu que ce "débriefing" intervienne plus tôt, mais c'est "un choix" de sa part d'avoir attendu. "Je me suis donné un délai pour réfléchir, les gens peuvent comprendre qu'il faut un temps pour tout", dit-elle.

Et la présidente de la région Poitou-Charentes fera sa rentrée politique une semaine avant l'université d'été de La Rochelle, le 25 août, lors de la "Fête de la rose", dans son fief de Melle (Deux-Sèvres).

"Ce sera mon propre événement politique, ma première prise de parole publique" après la période électorale, précise-t-elle.

L'an dernier, alors qu'elle n'était pas encore candidate, c'est à la "Fête de la rose" de Frangy-en-Bresse (Saône-et-Loire), dans le fief d'Arnaud Montebourg, qu'elle avait fait sa rentrée politique.

Elle prévoit de sortir en septembre un livre sur la campagne présidentielle, qui pourrait être écrit à plusieurs mains.

Auparavant, elle aura pris des vacances "en France, avec enfants et amis", à partir du 20 juillet et pour environ "un mois"

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