Jeudi 15 mars 2007

D O N N E E S   E T

A R G U M E N T S

L a  n o t e  q u o t i d i e n n e  n ° 4 1 – 1 5  m a r s  2 0 0 7

 

L ’ AGENDA  DU  JOUR

Ségolène Royal est l'invitée, à 20H50, de l'émission "A vous de juger" sur France 2.

PARLONS  DE  …

 

« L ’ i n d é p e n d a n c e  d e  l a  J u s t i c e »

Une magistrate, Josiane Bigot, est convoquée par la Chancellerie pour avoir appelé à voter Ségolène Royal, alors que le juge Bruguière peut faire campagne pour Nicolas Sarkozy sans être inquiété.

L ’ HISTOIRE  DU  JOUR

Travailler plus pour gagner plus, c'est non pour l'équipementier Visteon, à Charleville Mézières : la majorité des 1 000 salariés de cette filiale du groupe américain Visteon Corporation, a refusé de renoncer au bénéfice des accords de RTT.

• La direction du site ardennais, spécialisé dans la production d'éléments de chauffage et climatisation pour l'automobile, avait proposé aux salariés de se prononcer sur le rachat de 10,5 jours de RTT, sur les 20,5 disponibles. Mise au vote par un référendum, cette proposition a été rejetée.

L ’ HOMMAGE  DU  JOUR

• Après Blum et Jaurès, Nicolas Sarkozy est revenu à une rhétorique plus en conformité avec ses idées :

• Lors de son meeting à Besançon, mardi soir, le ministre- candidat a cité l'écrivain Rivarol, figure régulièrement récupérée par l'extrême droite française pour affirmer que "la langue française, c'est la langue humaine", faisant également référence à "la France des croisades et des cathédrales".

ILS  L'ONT  DIT

Jean-Marie Le Pen, au sujet de l’appel lancé par Nicolas Sarkozy pour qu’il soit présent à

l’élection présidentielle "Il avait évidemment lui-même le plus grand avantage à ce que je sois candidat pour ne pas  laisser Monsieur BAYROU bénéficier éventuellement des voix en colère de mes partisans qui n’auraient pas eu de candidat".

Charles Pasqua, lui aussi, trouve que la confusion des genres n’est pas du meilleur effet:

"Nicolas aurait dû quitter depuis longtemps le Ministère de l’Intérieur."

Eric Raoult, sur la menace d’inéligibilité des élus en cas de non-respect de la loi SRU :

 

 

 

 

"On pourrait aussi nous couper l'écharpe tricolore, la tête et les testicules."

par EXCOFFIER publié dans : segolene
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Jeudi 15 mars 2007

Ségolène Royal apprend avec tristesse le décès de Lucie Aubrac et présente ses condoléances à ses proches.

Elle salue la mémoire de cette grande résistante qui a incarné la lutte des Français pour la liberté et qui, dans ce combat, a illustré la participation des femmes.

Lucie Aubrac a été aussi une femme de conviction dont les valeurs de gauche l'ont conduite à se battre en faveur de la décolonisation.

Agrégée d'histoire, Lucie Aubrac a été toute sa vie une enseignante attachée à son métier : elle n'a jamais cessé de transmettre son savoir et ses valeurs à la jeune génération.

La France perd en Lucie Aubrac l'une des grandes figures de la République.

par EXCOFFIER publié dans : segolene
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Jeudi 15 mars 2007
 

Ségolène Royal a reçu, mercredi 14 mars 2007, les représentants des principales associations impliquées dans la lutte contre le sida en France.  

Ségolène Royal tient à saluer le travail et la détermination de ces associations. Face à la hausse des contaminations en France et à la précarisation des malades, face à la situation dramatique dans les pays en voie de développement, Ségolène Royal a rappelé ses engagements pour un changement fort de la politique de lutte contre le sida. Les associations seront associées à la définition de cette politique, dans le cadre de partenariats pluriannuels.  

1.     Prévention et recherche :

. Le plan de prévention prévu dans le Pacte présidentiel comprendra des campagnes de grande ampleur portant sur la mise à disposition partout en France des préservatifs à 0,20 € mais aussi des campagnes  ciblées (jeunes, couples, homosexuels, migrants, transsexuels).

. Des modules d'éducation à la vie affective et sexuelle seront mis en place de façon effective au collège et au lycée.

. Le budget de la recherche augmentera de 10% par an. 

2.     Amélioration des conditions de vie des malades :

. L'Allocation Adultes Handicapés sera immédiatement revalorisée de 5% avec un objectif à terme de rapprochement avec le SMIC. L'accès à l'emploi et au logement sera soutenu dans le cadre d'une lutte résolue contre toutes les discriminations.

. Pour des raisons évidentes de santé publique et de dignité, les moyens supprimés par la droite pour les soins aux étrangers en situation irrégulière seront rétablis.

. Enfin, face à la situation sanitaire très préoccupante dans les prisons, une grande enquête épidémiologique sera organisée, les moyens des UCSA seront augmentés pour améliorer les conditions sanitaires de détention et des préservatifs seront distribués gratuitement. 

3.     Un ordre international juste :

. Conformément aux engagements internationaux de la France, non respectés à l'heure actuelle, l'Aide Publique au Développement sera augmentée pour atteindre progressivement 0,7% du PIB, avec un doublement de la part de l'aide spécifique à la santé consacrée, notamment, à la création ou au développement de systèmes de santé efficaces et pérennes dans les pays du Sud.

. La France agira dans les négociations internationales pour une généralisation et une simplification des procédures d'octroi des licences obligatoires en vue de l'acheminement des génériques dans les pays pauvres.  

Dans cet esprit, Ségolène Royal a fait part de son soutien à la pétition de Médecins Sans Frontières demandant l'abandon par Novartis de son procès contre la loi indienne sur les brevets.

par EXCOFFIER publié dans : segolene
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Jeudi 15 mars 2007

D O N N E E S   E T

A R G U M E N T S

L a  n o t e  q u o t i d i e n n e  n ° 4 0 – 1 4  m a r s  2 0 0 7

LE  SOURIRE  DU  JOUR

Décidément, rien n’est simple entre Jean Louis Borloo et Nicolas Sarkozy : Le Président du Parti Radical fait monter les enchères (voir D&A n°39). A tel point que son Secrétaire Général, lui-même, s’est fendu d’un communiqué dans lequel il lui demande de "s'engager totalement et rapidement dans la campagne de Nicolas Sarkozy".

Comme le révèle Le Canard Enchaîné, Sarkozy lui, est à bout : "Ce Borloo commence à m’emmerder. Il fait sa diva et sa chochotte. Il a tellement goûté aux dorures du pouvoir qu’il veut être sur de faire le bon choix".

PARLONS  DE   …

" L ’ é g a l i t é  e n t r e  l e s  c o u p l e s "

Après l’annulation par la Cour de cassation du mariage homosexuel de Bègles et trois semaines après que cette même cour ait jugée illégale l’adoption au sein des couples de même sexe, retour sur les 5 années écoulées sur la question de l’égalité entre les couples.

Un bilan sans appel : Selon l’interassociative lesbienne, gaie, bi et trans (Inter-LGBT), la législature aura été marquée par :

 L’absence totale de toute politique de lutte contre les discriminations

 L’impossible dialogue avec les ministres

 L’hostilité idéologique à l’égalité entre tous les couples

 L’hostilité à l’homoparentalité

 

 La pétition de plus de 300 parlementaires UMP contre le mariage homosexuel

 Christian Vanneste, malgré sa condamnation pour homophobie est toujours membre du groupe UMP

 

LE  DESAVEU DU  JOUR

Pour justifier les difficultés d’Airbus, la droite tente de faire croire que la responsabilité en reviendrait au pacte d’actionnaires initié par la Gauche.

Réponse d’Arnaud Lagardère dans Le Monde : " Ce serait trop simple et caricatural, comme si on voulait éluder les véritables problèmes. "

 

ILS  L'ONT  DIT:

Nicolas Baverez, décortique le programme économique de François Bayrou:

"Les discours que François Bayrou a consacrés à l'économie sont nettement plus libéraux, qu'il s'agisse de la fiscalité avec la proposition de supprimer l'ISF, de la restauration de la compétitivité des entreprises, de l'inscription dans la Constitution de l'interdiction du déficit budgétaire. "

Balladur, en expert électoral, s’interroge sur la campagne de son protégé :

"Il en est déjà à sa troisième stratégie. Il a commencé par être libéral, ensuite il a cité Jaurés et Blum, et maintenant il droitise son discours. Moi, je sais ce que c’est d’avoir changé de stratégie, c’est ce que j’ai fait en 1995 et cela m’a conduit à l’échec. "

 

par EXCOFFIER publié dans : segolene
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Mercredi 14 mars 2007

COMPTE-RENDU  DE  LA  TABLE  RONDE  DU  13 février 2007  

 

 

Présentation du collectif et de son historique par Joël Delafenestre .(president du collectif des saisonniers)

 

 

Paul Coquoz(gie):

 

L’activité touristique et économique est devenu aiguë à Chamonix, 2 saisons importantes, mortes saisons plus marquées qu’avant.

 

Logements : le Novotel est rouvert avec des chambres pour les salariés

 

                         Aux Praz, il y 55 logements pour les saisonniers.

 

L’embauche de saisonniers devrait ètre liée à des logements décents pour eux.

 

 

Morand pascal (best mont blanc) : L’allongement  de la saison conduit à ce que les CDD deviennent nécessairement des CDI, les salariés en CDI se logent plus bas dans la vallée les loyers y sont moins élevés, par contre, il manque des logements pour les apprentis et les stagiaires. Chamonix manque de terrains à un tarif correct pour réaliser des logements de ce type. Transport, il n’y en a pas aux heures d’entrée et de sortie des salariés de l’hôtellerie.

 

 

Antoine Fatiga(UD Cgt73) : Le problème des saisonniers a été étudié (rapport d’Anicet Le Pors), il nous faut trouver des solutions, pousser les employeurs et les salariés à réaliser autour d’une table un accord interprofessionnel local,  il est urgent de réduire le retard pris sur ce territoire par rapport à la Savoie et aux Htes Alpes.

 

 

Rollier roger( Ch. Synd. Hôtellerie): Il y a 3 catégories de saisonniers :

 

1)       Les locaux, subissant la saison

 

2)       Les saisonniers pluriactif (hiver montagne – été mer), il vient d’ailleurs mais ne pose pas de problèmes, logé à 78% par l’employeur.

 

3)       Les saisonniers avec ou sans contrat et sans logement, ambulanciers, ski man, photographe, pour eux il y a un  camping à 5 km, à 150€ / mois, ce n’est pas cher d’après lui

 

Les 20 camions stationnés sur le Grépon ne sont pas des saisonniers.

 

       4)   Logements, s’ il faut dire à l’Etat il nous faut des logements, nous sommes d’accord pour agir avec vous.

 

 

 Delafenestre Joël(collectif saisonniers) : Il est faux de dire que les gens du Grépon ne sont pas des saisonniers, je les ait rencontrés,  ils ont tous des contrats de travail.

 

 

Juyot christian(Cfdt Rhône-Alpes) : Chez les saisonniers, il y a 2/3 de saisonniers et 1/3 d’indépendants (moniteurs de l’Esf). Les différents types de saisonniers sont plutôt :

 

-          Les pluriactif locaux

 

-          Les professionnels mobiles

 

-          Les jeunes en insertion sociale et professionnelle avec des problèmes de vie chère.

 

Un accord local nous va bien.

 

Des commissions paritaires locales où tous les acteurs pourraient discuter des problèmes nous iraient bien aussi.

 

Une partie de la taxe de séjour qui serait redistribuée aux saisonniers serait très bien aussi.

 

 

Fournier eric( Sivom pays du mt blanc):

 

L’espace saisonnier, Mme Médéros est venue nous le proposer, suite à des réunions avec le Préfet et le Député.

 

Les indicateurs saisonniers sont les mêmes que ceux de la population :

 

1)       Logement : problème saisonnier, également un problème pour ceux qui travaillent dans cette vallée et sont contraints de se loger plus bas.

 

Il nous faut réhabiliter 400 logements. La commune est prête à racheter des terrains publics et associatifs pour y faire des logements.

 

2)       Le transport : La taxe de séjour pourrait financer des transports gratuits, les saisonniers y ont droit.

 

3)       Services publics : il faut améliorer leur accès.

 

4)       Formation : Il faut anticiper les formations, surtout sur la bipolarisation

 

5)       Logement spécifique des saisonniers, nous voyons ça avec l’UCPA sur Argentière.

 

 

Sauhiergeorges( PS section chamonix) : Dès 2005, j’ai souscrit au Collectif Saisonnier, Personnellement, je suis surpris par l’intervention de Rollier, il est faux de dire qu’il n’y a pas de problèmes, le problème est aussi relatif à la population locale. Il serait souhaitable que les employeurs disent pourquoi il y a blocage, avant les saisonniers étaient logés pourquoi ne peut-on plus le faire autant ?

 

 

Joël : Un des problèmes principaux du saisonnier est le logement, mais un statut du travailleur saisonnier est indispensable et lui amènera les mêmes droits que les autres salariés.

 

 

Coquoz : Le logement est le dénominateur commun. La formation est importante, elles n’existent pas dans la commune, ceux qui viennent sans formation, ça se passe très mal.

 

Le grand tourisme à l’avenir viendra sans doute d’Asie, il faudra avoir des formations en langues.

 

 

Jacquier daniel(Cgt-Fo73) : Il y a un sérieux problème à Chamonix et on doit trouver des réponses :

 

D’abord, est-ce que les saisonniers ont vraiment une saisonnalité choisie ?

 

Faut-il globaliser ou saucissonner les problèmes ?

 

Le logement est un point essentiel,

 

La formation est plurielle : biqualification, VAE pour que les plongeurs ne le soient pas toute leur carrière

 

Entre 2 saisons, il y a l’UNEDIC.

 

Ces solutions sont mauvaises, les difficultés à recruter en est une conséquence, si l’UNEDIC pousse les saisonniers hors saisonnalité, on ne peut donc pas les fidéliser ; mais les organisations d’employeurs ont toutes signées l’accord de l’UNEDIC, de plus, il y a danger lorsqu’un contrat de travail est lié au logement, plus de contrat, plus de logement.

 

La question de fond est : Faut-il faire du bricolage sur place ou aller plus loin ?

 

Il faut, à mon sens rechercher un statut du pluriactif plus que celui du saisonnier.

 

 

Rollier : L’accord UNEDIC induit la suppression du chômage, il incite les saisonniers à rechercher un CDI.

 

 

Cfdt : Formation : En saison, les saisonniers n’ont pas le temps de se former, et hors saison il n’ont plus le statut pour le faire puisqu’il faut être salarié pour bénéficier d’une formation.

 

 

Marie-France Marcos(conseillère régionale,maire de servoz): Pour les aides à la formation il faut voir avec le CTDF.

 

 

Philippe Gagnieux UL CGT PMB):

 

Payé au Smic, sans logement, sans statut social, sans rémunération entre 2 saisons, ce n’est pas l’Eldorado

 

Ce n’est pas pour le plaisir, mais par nécessité que des centaines de salariés se déplacent de région en région, ceux qui vivent en camion sur le Grépon ou ailleurs le font par nécessité car s’il devaient se loger dans du dur, ils y laisseraient leur paie. Il est nécessaire de nommer des Délégués du personnel, quel que soit la taille de l’entreprise plutôt que des « facilitateurs ».

 

Les droits ne sont pas transférables d’une entreprise à une autre, c’est pourquoi nous demandons une sécurisation de la vie professionnelle.

 

 

Coquoz : Les facilitateurs que nous sommes M. Pierrat et moi agissent avec tact afin d’éviter le renvoi de la personne qui a un problème, c’est ce que nous avons fait dernièrement avec succès.

 

 

Mme Marcos : Il existe sur la vallée un gros parc de meublés qui pourraient être loué aux saisonniers avec une aide publique.

 

 

 Mr verrier(UCPA) : Le statut de pluriactif n’existe pas, d’où les difficultés à paire accéder les saisonniers aux formations.

 

 

Joël : Les saisonniers travaillent le week-end, sont flexibles, mobiles mais sans reconnaissance par rapport à ça, un smicard à Cham, ce n’est pas pareil qu’en bas dans la vallée, le salaire saisonnier est en général 80% du Smic, comment améliorer ça ?

 

 

Fatiga : Un texte d’accord interprofessionnel a été signé dans le cadre d’une formation paritaire en Savoie :

 

-          pas de logement lié au travail

 

-          On doit être force de proposition en formation, vu l’argent qui dors, il y a des possibilités, il suffit de décider de se mettre autour d’une table.

 

-          La durée du travail, dans le commerce, on est en dehors du Code du Travail dans les coups de bourre.

 

-          Coté santé, c’est la même chose, qu’est-ce qu’on met en avant, il faut aller vers le concret.

 

L’idée première est que tous vous avez des propositions pour avancer, j’ai crû entendre qu’il fallait faire remonter tout ça au niveau des candidats aux élections, comment interpeller sur les questions qui méritent d’être travaillées

 

En gros : qu’est-ce qui manque pour que ça fonctionne mieux ?

 

 

S. Médéros (maison de l’emploi bonneville): L’Espace saisonnier est là pour mettre en avant les problèmes en lien avec les personnes présentes, c’est en ça qu’ont été institués les « facilitateurs ». Le diapason pour la validation des acquis est la VAE. L’Espace fait remonter les propositions, il y a des choses qui se font, ça ne va pas vite, mais on pose les bases d’un travail solide.

 

 

Coquoz : Pour la représentation socio-professionnelle, on est pas très organisés. Pour les logements, on l’a fait avec des élus, on paie le déficit parce qu’il le faut pour conserver ces logements. Un espace saisonnier où on peut discuter, c’est nouveau.

 

 

Joël : On doit pouvoir trouver un accord pour faire remonter les problèmes au niveau national.

 

 

Rollier : Un salarié bien dans sa peau, ça rejaillit sur la clientèle et ça fait progresser l’établissement.

 

 

Cfdt : L’avenir du tourisme dans les Alpes ne peut être que de qualité. Un aspect du rapport Le Pors c’est la mise en place des Maisons des Saisonniers. Des accords ont eut lieu en Savoie et en Hte-Alpes sur le logement avec mobilisation du 1% pour le logement saisonnier.

 

 

UCPA : Le logement est avant tout un problème d’argent, l’Etat a abandonné la logique de l’aide au logement social.

 

 

Mme Marcos : Les logements sociaux sont remis en cause du fait du prix du terrain.

 

 

Pierre boulet(Solidaire74) : Le problème du social est aussi que localement on expulse les problèmes à aborder :

 

-          Vie chère en Haute-Savoie

 

-          Accord employeur-salarié : chiche, commençons

 

-          National : faisons remonter un accord sur les points, même si on n’est pas d’accord sur la mise au point.

 

 

Fatiga : A l’UNEDIC, il n’y a pas de propositions de faites pour un retour sur l’accord signé. Si on veut avoir le tourisme, il faut agir sur le social.

 

 

Une conseillère municipale de Cham : J’ai apprécié la réunion, le tourisme social est un sujet dont on ne parle pas à la mairie, c’est la cause de la chute de fréquentation des stations, le tout promoteur en est la cause.

 

 

Séance levée à 19h30. 

 

par EXCOFFIER publié dans : segolene
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Mercredi 14 mars 2007
Le canard enchainé du mardi 13 mars 2007 :

"Ce sont les sondeurs eux-mêmes qui l'affirment : près d'un tiers des français ne peuvent être joints par leurs enquêteurs ! Pourquoi ? La faute au téléphone portable, qui se répand de plus en plus. Or les instituts n'interrogent que des cobayes pourvus de lignes fixes. Leurs échantillons sont en effet constitués à partir de noms inscrits dans les annuaires téléphoniques.

Selon une enquête - jusque là inédite - de la Sofres et une autre du bureau d'études Credoc, 17 % des foyers français ne disposaient pas d'une ligne fixe en 2005. Tandis que 14 % des foyers équipés, eux, d'un téléphone "à fil" s'en servaient uniquement pour internet. Autrement dit, eux non plus ne peuvent être contactés par les sondeurs.

31 % des Français exclus des enquêtes, c'est beaucoup. Et cela complique le travail. Car dans cette population insondable, la proportion des jeunes de 18 à 34 ans, toujours selon l'enquête Sofres, est très supérieure à ce qu'elle est dans l'hexagone. Idem pour (dixit le Credoc) les ouvriers et les personnes à faible revenus.

Conclusion : les jeunes et les catégories modestes sont plus difficiles à atteindre que les autres, et la fiabilité des échantillons représentatifs risque, là aussi, d'en souffrir. Comme si cela ne suffisait pas, les sondeurs se heurtent à un refus de réponse dans plus de 30 % des appels.

Enfin ils négligent complètement les DOM-TOM, qui représentent tout de même 2,3 millions d'habitants.
Les affres des sondeurs ne s'arrêtent pas là puisque, de leur propre aveu, 40 à 50 % (suivant les instituts) des sondés qui consentent à répondre se disent indécis et capables de changer d'intention de vote au dernier moment !

Dire que c'est sur cet effectif rogné de partout et flageolant, que tourne, aujourd'hui, toute la vie politique. En attendant le sondage grandeur nature du 22 avril."
par EXCOFFIER publié dans : segolene
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Mercredi 14 mars 2007

D O N N E E S   E T

 A R G U M E N T S

L a  n o t e  q u o t i d i e n n e  n ° 3 9 – 1 3  m a r s  2 0 0 7

IL’ A  DIT …

Thierry Breton, le propos toujours précis et chiffré…

"[Le programme de Ségolène Royal] ce sont des milliards et des milliards, sauf à augmenter les impôts, la dette devrait augmenter de 60 à 80 %." NB : La dette étant d’environ 1100 milliards, Thierry Breton parle ici de quelques 800 milliards ! Quand on aime, on ne compte pas…

 

Pour mémoire, le coût net de notre pacte est de 35 milliards.

LE  FEUILLETON  DU  JOUR

• Lors du dernier épisode, Nicolas Sarkozy avait promis un assouplissement des règles de publicité sur les vins et alcools à l’occasion d’un déplacement à Sancerres. Le lendemain même son Ministre de la santé de porte-parole l’avait démenti, assurant qu’il n’en était pas question.

3ème temps de la valse : en visite au salon de l’agriculture samedi dernier, Nicolas Sarkozy remet le couvert : oui il y aura bien assouplissement des règles de publicité sur les vins et alcool.

La suite au prochain épisode…

 

 

LE  SOURIRE  DU  JOUR

• La Société Générale vient de proposer à ses clients de nouveaux paniers d’actions dénommés "Sarkozy" et "Royal". Le premier profiterait des baisses de charges accordées aux entreprises par Nicolas Sarkozy ; le second bénéficierait de la hausse du pouvoir d’achat consécutive à l’élection de Ségolène Royal.

• Pour le moment il n’y a pas de panier Bayrou, car personne ne connaît sa politique, ni qui en bénéficiera…

 

PARLONS  DE …

« G a z  d e  F r a n c e »

 Des résultats exceptionnels

• Un bénéfice record…

2,3 milliards d’euros en 2006

• …en forte progression

+ 35 % entre 2005 et 2006…

…après + 29 % entre 2004 et 2005

 Et pourtant !

• Le prix du gaz ne cesse d’augmenter…

+ 5,8 % en mai dernier alors que la santé de l’entreprise était déjà florissante.

• …sans rapport avec le prix du baril

Au cours des 6 derniers mois, le baril est passé de 70$ à 55$, sans aucune répercussion sur les prix.

 Et la privatisation dans tout ça ?

• La présence de l’Etat à hauteur de 80 % dans le capital de GDF lui permet de peser de tout son poids pour réguler le prix du gaz.

En novembre 2004, GDF demandait une hausse de ses tarifs de 17 % et a obtenu 5,2 %. En mai 2006, GDF demandait 8 % et a obtenu 5,8 %.

On imagine les conséquences pour les tarifs si l’Etat devenait minoritaire.

• Et pour le plaisir…

Avant de soutenir le projet gouvernemental de privatisation, Nicolas Sarkozy s’était formellement engagé à ne pas privatiser GDF, à l’Assemblée on s’en souvient, mais aussi par écrit…

Extrait d’une lettre adressée au Secrétaire général de la CGT le 29 avril 2004 : "si le Gouvernement entend bien (…) faire évoluer la forme juridique des entreprises [EDF et GDF] (…) je vous confirme que ces sociétés resteront publiques et ne seront en aucun cas privatisées."

LA  QUESTION  DU  JOUR

Nicolas Sarkozy vient de se dire favorable à l’action collective des consommateurs.

Question : pourquoi, il y a quelques semaines, avoir retiré de l’ordre du jour de l’Assemblée le projet de loi sur la protection des consommateurs qui incluait cette action de groupe ?

 

par EXCOFFIER publié dans : segolene
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Mercredi 14 mars 2007

TF1
 
JOURNAL DE 20 H – Le 13/03/2007 – 20 :27
 
Invitée : Ségolène ROYAL, candidate PS à l’élection présidentielle
 

 
Patrick POIVRE D'ARVOR
 
La course en tête. Bonsoir Ségolène ROYAL.
 
Ségolène ROYAL
 
Bonsoir.
 
Patrick POIVRE D'ARVOR
 
Ce ne sera pas l’objet de cette interview parce que ça fait à peu près 10 ans qu’on a décidé de ne pas évoquer ces sondages qui reviennent très régulièrement, jour après jour, qui sont parfois d’ailleurs contradictoires. Il y a un certain nombre de faits du jour quand même. D’abord, est-ce que vous êtes déçue de la décision de Claude ALLEGRE de pas vous soutenir ?
 
Ségolène ROYAL
 
Ah, c’est sa liberté et je n’ai pas de commentaire particulier à faire. Je dirais même que ça va peut-être m’aider vis-à-vis des enseignants parce que je crois qu’il n’a pas laissé un très bon souvenir. Mais ce qui est important pour moi c'est de me tourner vers l’avenir. Quand j’ai le souvenir de ce travail que j’ai fait à l’Education nationale, je voudrais vous dire que j’ai mis l’éducation, encore l’éducation, toujours l’éducation au cœur de mon pacte présidentiel parce que je crois que c’est par-là que l’on peut redresser la France, en investissement très fortement dans le système scolaire, dans la formation professionnelle, dans la réconciliation entre l’école et les entreprises. Ma première décision sera de remettre à l’école les moyens qui lui ont été retirés pendant les 5 ans de ce gouvernement pour que nous puissions baisser le nombre d’élèves par classe, c'est-à-dire assurer davantage la réussite scolaire des élèves, puis aussi mettre le soutien scolaire individualisé aux élèves pour les raccrocher au bon moment à la réussite scolaire et leur donner le sens de l’effort.
 
Patrick POIVRE D'ARVOR
 
Bien, j’ai pas eu le temps de terminer ma question, mais est-ce que vous imputez sa décision au fait que c’est le meilleur ami de Lionel JOSPIN ou au fait que, quand vous étiez ensemble, c’était votre ministre de tutelle et que vous n’aviez pas les rapports formidables, c’est une question personnelle à votre avis ?
 
Ségolène ROYAL
 
Excusez-moi, mais cette question ne m’intéresse pas. Je pense que les Français s’en moquent totalement. Je crois… Vous savez que j’ai été longtemps à les écouter avant de présenter mon projet, les Français aujourd’hui ont peur de bien autre chose. Ils ont peur des délocalisations, ils ont peur de la précarité. Ils n’arrivent plus à trouver un logement. Ils s’angoissent pour le chômage des jeunes. Ils se demandent comment les retraites vont être payées. Ils ne savent pas s’ils vont pouvoir encore accéder à  la santé et comment les déficits vont être couverts. Voilà les questions qu’ils se posent.
 
Patrick POIVRE D'ARVOR
 
Alors, justement, puisque vous nous disiez que vous avez beaucoup étudié les Français, pendant ces fameux débats participatifs, vous nous disiez aussi que vous aviez trouvé quelques pépites de-ci, de-là. Quelles pépites avez-vous sorties que vous pourriez, qui vous a étonné même en tant que femme politique aguerrie et que vous pourriez annoncer dans les 40 jours qu’il nous reste ?
 
Ségolène ROYAL
 
Eh bien, par exemple, l’idée de créer un nouveau métier dans les établissements scolaires vient de ces débats participatifs. Un nouveau métier qui servira à la fois à éradiquer la violence, c'est-à-dire à mettre des adultes référents plus fréquents dans les écoles, dans les cours de récréation, aux alentours des établissements scolaires. Ce que disent les Français, ce qu’ils ont dit par rapport à la réussite scolaire, c'est qu’il fallait remettre massivement de la culture et du sport dans les collèges. Ils m’ont dit aussi, dans ces débats, qu’ils voulaient que la France sorte de cette logique de confrontations et d’affrontements et qu’il était temps de se tourner vers une logique d’abord de gagnant-gagnant, c'est-à-dire que si l’on donne des aides à certains, il faut que tout le monde puisse en profiter. Donc, ils rejettent, je crois, le système actuel que la France nous laisse aujourd’hui, que la droite nous laisse aujourd’hui, ce modèle où quelques-uns réussissent aux dépens du plus grand nombre. Ils ont dit aussi quelque chose de très vrai, que j’ai repris dans le pacte et que j’ai constaté aussi en tant que présidente de région dans les entreprises que c’était la sécurisation des salariés qui permettait la compétitivité des entreprises et pas l’inverse. On a, donc, aujourd’hui, une confrontation très claire, projet contre projet, d’un côté la droite et le candidat de la droite qui nous dit qu’en généralisant, par exemple, le CNE et en faisant de la précarité les entreprises vont être plus performantes parce qu’elles seront plus flexibles. C’est une vision des choses. Moi, je pense tout le contraire. Je crois que c’est en stabilisant les salariés, en leur donnant de la formation professionnelle que l’on aura aussi des salariés beaucoup plus motivés et donc des entreprises plus performantes. C’est donc un nouveau modèle économique et social.
 
Patrick POIVRE D'ARVOR
 
Alors, vision frontale, nous dites-vous, droite-gauche, mais vous oubliez qu’au milieu il y a maintenant un candidat du centre qui pèse solidement, il fait des propositions lui aussi. Parlons justement de l’emploi parce que c’est un sujet qui passionne les Français…
 
Ségolène ROYAL
 
Oui.
 
Patrick POIVRE D'ARVOR
 
…ça demeure même au cœur de cette campagne le sujet numéro 1. François BAYROU propose, par exemple, qu’il n’y ait pas de charges sociales sur les 2 premiers salaires dans une petite entreprise, ensuite qu’il y en ait. Alors, il n’a pas exactement détaillé pour l’instant le mécanisme, mais est-ce que vous pensez que c’est une solution qui peut être récupérée ? Comme ça, chacun peut picorer dans les programmes des autres, éventuellement, est-ce que ça vous paraît une bonne solution ? Pas de charges sociales, en tout cas, beaucoup alléger les charges sociales pour les 2 premiers emplois.
 
Ségolène ROYAL
 
Les économistes qui ont expérimenté cette proposition l’ont trouvée tout à fait dangereuse et inopérante. Pourquoi ? parce qu’elle crée des effets d’aubaine. Il y a des entreprises qui font des bénéfices, qui font des profits et qui peuvent parfaitement recruter et payer correctement les salariés.
 
Patrick POIVRE D'ARVOR
 
Il s’agit de toutes petites entreprises.
 
Ségolène ROYAL
 
Oui, mais ça peut quand même créer des… Alors, si c’est les toutes petites entreprises, ça ne va pas bien loin parce que je crois que ce qu’il faut aider ce sont les petites et moyennes entreprises, celles qui ont moins de 400 salariés, c'est-à-dire 60 % des salariés. Ce sont elles qui créent l’activité et l’emploi. Moi, ce que je propose, c’est qu’au contraire qu’on puisse cibler les aides aux entreprises. C'est aujourd’hui un paquet de 63 milliards d’euros avec beaucoup de gaspillages et d’effets d’aubaine, donc il faut redéployer ces aides vers les entreprises qui en ont besoin. Qui en ont besoin pour quoi faire ? Pour innover en créant des emplois, pour exporter, parce que c’est là que nous devons gagner aussi la bataille économique au regard de la mondialisation. Donc, il faut à la fois protéger les entreprises – moi, je veux aussi une Europe qui  nous protège contre les délocalisations – et, en même temps, leur donner les moyens, grâce à la formation professionnelle, à l’investissement massif dans l’innovation et dans la recherche, en leur redonnant la confiance de conquérir des marchés étrangers et, donc, de créer des emplois. C’est ce que j’appelle “ le nouveau compromis social ”.
 
Patrick POIVRE D'ARVOR
 
Puisque vous parlez des économistes, quand ils nous regardent de l’étranger, ils sont parfois assez sévères. Il y en a aujourd’hui 5, 5 prix Nobel, anciens prix Nobel d’économie, qui sont Américains pour la plupart, qui nous jugent et qui disent que la France n’est pas du tout dans le coup et qui, pour certains d’entre eux, disent que les 35 h, selon eux, ont été un échec. C’est pas des gens d’extrême droite, Robert SOLOW a été conseiller de John KENNEDY. Est-ce que vous êtes sûre qu’il ne faut pas faire un réexamen, je dirais, doctrinal de cette idée des 35 h ?
 
Ségolène ROYAL
 
Mais, il faut faire un réexamen doctrinal global. C’est vrai, vous avez raison, qu’aujourd’hui la France va mal, que le système économique est en panne, que les gens ont le sentiment d’être tirés vers le bas, qu’ils ont peur du déclassement. Donc, c’est cette spirale descendante qu’il faut absolument stopper. Moi, je veux stopper cette spirale descendante. Comment ? d’abord, en rénovant le dialogue social. Je crois que les pays du nord de l’Europe, comme la Suède ou le Danemark, qui ont réussi à la fois à lutter contre le chômage, à relever les bas salaires et à supprimer quasiment le nombre de journées de grève, ce sont les pays qui ont réussi à rétablir la confiance entre les entrepreneurs, les vrais, pas ceux qui font des délocalisations ou des licenciements boursiers, mais les vrais, ceux qui respectent leurs salariés et qui veulent maintenir les entreprises sur le territoire et les syndicats. Je crois que c’est en nouant ce dialogue, moi, je suis la seule à pouvoir renouer ce dialogue parce que j’ai la confiance des organisations syndicales. Je veux faire émerger dans le pays un syndicalisme responsable et représentatif. Quand je rencontre le Centre des jeunes dirigeants d’entreprise, ils veulent aussi nouer un dialogue social de qualité qui leur permettra à la fois de conquérir une agilité économique et, en même temps, comme je donnerai par la réforme de la Sécurité sociale professionnelle la sécurité des revenus lorsque les salariés sont licenciés parce que l’entreprise a des difficultés et qu’elle n’a pas le temps de se consacrer à des plans sociaux difficiles ou à des journées de grève, moi, je vais sécuriser les salariés pour leur permettre d’avoir une nouvelle activité, une nouvelle formation. Donc, je vais aussi sécuriser l’entreprise pour qu’elle puisse conquérir des marchés et, donc, se rétablir.
 
Patrick POIVRE D'ARVOR
 
Je vous remercie, Ségolène ROYAL, d’avoir accepté de répondre à nos questions.

par EXCOFFIER publié dans : segolene
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Mercredi 14 mars 2007
Interview de Ségolène Royal dans les Inrockuptibles.


 
 
 
On vous connaît mal. Jamais sans doute un candidat ou une candidate majeur(e) à l'élection présidentielle n'a été à ce point méconnu des électeurs. Comment l'expliquer ?
 
Beaucoup de choses pourtant ont été dites, écrites. C'est un paradoxe. De nombreux livres et articles ont paru sur moi. Je suis dans le paysage politique depuis longtemps, mais, c'est vrai, les gens ont le sentiment d'en savoir moins sur moi que sur d'autres. Pourtant on m'a reproché de m'exhiber, ce qui est quand même assez étrange. Notamment quand mon dernier enfant est né. Donc je ne sais pas, je vous retourne la question… (rires)
 
Ce qu'on lit sur vous ce sont toujours les mêmes choses : vous êtes née en Afrique, vous êtes la fille d'un militaire, vous avez grandi dans une famille nombreuse, catholique, vous étiez bonne élève à l'école… Cette bio façon Who's Who ne résume pas une personne. Vous y retrouvez-vous dans ce portrait un peu caricatural ?
 
C'est vrai que j'ai connu cet itinéraire assez atypique : je suis issue d'une famille de huit enfants alors qu'il n'y en a plus beaucoup ; j'ai vécu jusqu'à l'âge de dix-huit ans dans un village très rural et je suis aujourd'hui là où je suis… C'est un itinéraire curieux. J'ai su saisir mes chances au fur et à mesure de la vie, je crois.
 
Vous éprouvez vraiment le sentiment d'être atypique ?

Oui parce que rien ne me prédestinait à arriver là où je suis. Je viens d'une famille plutôt de droite. Quand j'ai passé mon bac, je ne savais même pas que Sciences Po existait. C'est de fil en aiguille, en picorant des informations que j'ai choisi mon itinéraire d'orientation. Il s'est trouvé que j'étais à Nancy et que c'était la seule ville de France où il y avait une préparation à Sciences Po, qu'un jour ma sœur qui était secrétaire au rectorat m'a rapporté un dépliant qui présentait cette préparation. J'étais inscrite à la fac de sciences économiques - volontairement, parce que mon père ne voulait pas que je fasse d'études supérieures.
 
Pourquoi l'économie ?

Parce que j'ai fait un bac économique, voilà. J'ai donc ensuite découvert par ma sœur l'existence de cette préparation. Elle m'a dit tiens : toi qui t'intéresses à la politique… Parce que je m'intéressais quand même déjà beaucoup à la politique. Je regardais tous les débats politiques à la télévision. Quand j'étais en pension, je me souviens que j'allais toute seule dans la salle de télé regarder les débats avec Françoise Giroud. Ça m'a toujours attiré le débat public. Je me suis donc inscrite à cette préparation qui s'appelait le CUEP, et j'en suis sorti seconde et suis après entrée à Sciences Po à Paris. J'ai travaillé en même temps, j'ai obtenu une bourse. Et puis à Sciences Po, j'ai appris que l'ENA existait. Je n'étais pas une initiée du milieu. Je me suis retrouvée avec des fils d'énarques, des enfants de gens de la haute fonction publique. Mais je n'étais pas du tout complexée. Sans doute pas très consciente de l'incongruité de ma présence dans ce milieu. Et puis j'ai été reçue à l'ENA et j'en suis sortie. On était en 1980 et c'était bientôt l'élection présidentielle. À ce moment-là François Hollande m'a fait rencontrer Jacques Attali, pour lequel j'ai travaillé, dans une soupente pas très loin d'ici à élaborer des réponses à des questionnaires. Et puis après l'élection, en 1981 j'ai été happée dans l'équipe Attali au 2 rue de l'Elysée dans un petit bureau annexe. J'ai fait mon trou, préparé des dossiers, bâtit des argumentaires… Il y avait un espace et je me trouvais là, c'est comme ça que j'ai été associée à la préparation du sommet de Versailles, le premier sommet des chefs d'Etat des pays industrialisés. C'était un peu le happening au départ en 1981. Un jour, on m'a dit tiens il faut faire un rapport pour François Mitterrand, préparer ce qu'il va dire au sommet. Rien ne m'étonnait : je devais avoir 24 ans, et je faisais le discours de François Mitterrand pour le sommet des chefs d'Etat…
 
En pension, vous vous intéressiez déjà dites-vous à la politique. Etait-ce dans un rôle d'observation ou bien aviez-vous déjà des opinions politiques très formées ?

C'est par le féminisme, je crois, par la question du droit des femmes que mes opinions se sont forgées. Avec la réalisation assez précoce qu'il fallait se battre pour y arriver. Donc tout naturellement à gauche. Mais ce n'était pas en réaction viscérale, comme cela a pu être dit, contre le milieu familial. Non. Par la prise de conscience de l'injustice faite aux femmes. C'étaient des années où ces questions étaient très débattues.
 
Quand avez-vous pris du conscience du fait que le modèle de vie plus ou moins imposé par vos parents n'était pas fait pour vous ?

En sixième. Très tôt. La sixième, c'est le retour de Martinique. Je sortais d'un établissement privé de religieuses, j'ai donc dû passer un examen pour entrer à l'école publique, et on m'a fait redoubler ma sixième, ce qui m'a peut-être fait du bien, d'ailleurs, parce que j'avais un an d'avance et j' j'étais toute jeunette. Alors je me suis retrouvée dans un collège rural d'un chef-lieu de canton des Vosges, Charmes. Pendant quatre ans, j'étais la meilleure élève de ce collège. Ça m'a tout de suite ouvert des perspectives : je me suis dit que je pouvais quand même avoir un autre destin que celui des femmes de ma famille qui ne travaillaient pas.
 
Des enseignants ou des camarades de classe ont-ils été déterminants ?

Des enseignants, oui, qui m'ont tout de suite poussée, qui m'ont dit qu'il fallait vraiment continuer.
 
Vous étiez meilleure dans certaines matières ?

Non, j'aimais toutes les matières.
 
Des matières que vous préfériez alors ?

Non, vraiment, j'aimais tout. J'adorais l'école. C'était un moyen de m'affranchir. Je suis un pur produit de l'école émancipatrice.
 
Avant l'école ou à côté, dans la famille, il n'y avait pas d'autres horizons ?

C'était dur, mais il y a toujours eu un horizon parce qu'on a vécu outremer, et ça procure des échappées imaginaires au moins. Ne serait-ce que l'imaginaire de ma naissance, c'est peut-être cela aussi qui m'a poussée…
 
Pourquoi c'est important pour vous d'être née à Dakar ?

Être née en dehors des frontières, c'est un plus, oui. C'est la biodiversité ! C'est le mystère. Quand on est petite et qu'on est née à Dakar, Sénégal, on est contente. Ça m'a marquée toute mon enfance. Quand à la rentrée je disais née à Dakar, Sénégal, toute la classe faisait ohhh. C'est le genre de petites choses qui marquent très fortement une identité, je pense.
 
À vous entendre, on a le sentiment que vous avez toujours vécu dans un statut d'outsider…

Un peu oui… Dans le débat interne au PS aussi, vous vous souvenez (rires). Et même maintenant, vous avez vu ce qui se passe… (re-rires)
 
Est-ce parce que vous avez toujours eu le sentiment de vivre ainsi que cette position d'outsider ne semble pas vous poser problème ?

Oui même s'il faut aussi à chaque fois de l'énergie pour s'imposer.
 
Enfant, y avait-il à la maison des livres ? alliez-vous au musée, au cinéma ? Quelle place occupait la culture ?

Des livres oui, parce que ma mère qui a fait une école agricole et n'a pas le baccalauréat a une culture rurale. Tout petits elle nous faisait faire des herbiers, observer la nature, mon grand-père nous apprenait les champignons… Il y a là une forme de culture originale, une éducation scientifique, botanique qui nous ouvrait l'esprit. Et puis j'ai toujours vu ma mère lire, aller à la bibliothèque du village, et parler de ce qu'elle lisait. Mon père avait une collection de livres de poche qui couvrait tout un mur.
 
Quelle place occupait la religion dans votre famille ? Et quel rapport vous-même entreteniez-vous à elle ?

Le rapport était très étroit, j'étais dans une famille très pratiquante. Pour moi, la religion a structuré à la fois la pensée et la transgression. C'est ça qui est très intéressant. Car quand j'ai pris conscience de l'écart entre le discours et les actes, je me suis dit, il y a quand même un problème. La religion fut un structurant culturel mais très vite, je l'ai aussi perçu comme une contrainte, comme la transmission d'un dogme, d'une discipline qui ne permettait pas l'épanouissement. Même si c'état aussi un repère, une identification. Ce qui est intéressant ensuite, c'est l'affranchissement. En comparant l'enseignement religieux avec ce qui se passait réellement, y compris au sein de ma propre famille, je voyais vite le problème . Sur la question de l'égalité hommes/femmes, sur celle du respect… Je voyais bien que ça n'allait pas.
 
Et aujourd'hui quel est votre rapport à la religion ?

Je ne suis pas pratiquante. Je défends très farouchement la laïcité, et en même temps je comprends les identités religieuses et le respect qu'on leur doit, par rapport aux convictions des gens. Ce sont des élements structurants de l'histoire, de la culture, des mentalités, c'est important de comprendre comment les gens réagissent. Je soutiens le dialogue interreligieux. Il faut comprendre la diversité du peuple français, dans ses identités religieuses ou, au contraire, non religieuses.
 
Vous parliez de la passion de votre mère pour les livres, y t-il une passion que vous avez partagé avec votre père ?

La musique peut-être. Il écoutait beaucoup de musique classique. Ça imprègne une enfance.
 
Et pour le reste, c'était difficile de partager avec lui ?

Difficile, oui. Il était lui-même victime d'une éducation rigide, le dialogue parent enfant existait peu, comme dans beaucoup de familles à l'époque. L'évolution des droits de l'enfant, tout cela est assez récent. Mais je n'ai pas été maltraitée. On m'a appris l'obéissance, l'honneteté, la rigueur, la discipline … Ça permet de réagir, de s'en affranchir.
 
De tous vos frères et sœurs, vous êtes celle qui s'en est le plus affranchi ?

Non, tous. Chacun à sa manière. Mais c'est une belle histoire. Parce qu'il y a des enfants qui ne vivent rien. Auxquels on autorise tout. Qui vont à vau l'eau, qui sont en souffrance parce qu'ils n'ont rien en face. Ils ont tout ce qui veulent. Ça n'a pas été mon cas - ça c'est sûr. Mais le principe même de l'éducation, c'est la limite. Il faut simplement qu'elle soit bienveillante et adaptable, cette limite.
 
Et quel a été votre rapport à l'autorité non plus parentale mais scolaire ?

Très bon. De toute façon c'était une époque où les élèves obéissaient. Il n'y avait pas beaucoup d'espace (rires)…
 
Vous entrez en pension en seconde. Pour beaucoup c'est un enfermement