Mardi 26 décembre 2006

Bonjour,

En cette fin d'année, je tenais à vous souhaiter de très bonnes fêtes, et vous remercier pour votre engagement depuis plusieurs mois.


Depuis quelques semaines, en raison de l'organisation de la campagne, nous n'avons pas toujours eu suffisamment de temps pour nous voir et travailler ensemble.
J'ai besoin de toute votre énergie et de votre soutien dans les mois qui nous séparent des élections. Je sais que je peux compter sur vous.


A très bientôt.


Bien amicalement.

                                      Ségolène Royal

par EXCOFFIER publié dans : segolene
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Samedi 16 décembre 2006

FORUM PARTICIPATIF DU 12 DECEMBRE 2006 A ANNECY

 

Développement durable : préparer dès aujourd’hui l’après-pétrole par la promotion des énergies renouvelables

 

Intervenant : Charles MAGNIER
Directeur de l’Association Prioriterre

 

Chroniqueur sur Radio Bleu Pays de Savoie

 

 

Animateur : Jean EXCOFFIER

 

Compte-rendu : Claire DONZEL

 

 

 

1. Constats partagés au cours du débat et leur interprétation

 

 

Grandes Tendances

Grandes Explications

 

- Une conception inégale et injuste de l’accès aux énergies et matières premières, source de tensions et conflits géopolitiques

- Une dépendance énergétique de la France et de l’Europe aux ressources énergétiques concentrées pour l’avenir au Moyen Orient et en Russie

 

- Un double retard : de la France par rapport aux autres pays de développement comparable, des élus par rapport à la population

 

 

 

- Le consommateur et le citoyen, attachés à une image propre de leur mode de vie, sont con-frontés au poids des lobbys et publicitaires

 

 

 

 

- Un abandon de la politique publique de transports en commun

 

 

 

 

 

 

 

 

- Les emplois-jeunes ont été un formidable levier dans le développement de la sensibilisation écologique

 

- C’est le marché qui régit la politique de consommation des énergies et matières premières

 

 

 

- Existe une incompréhension entre scientifiques et écologistes. Les premiers s’estiment empêchés par les seconds dans leur travail et réclament plus de discernement dans l’utilisation du principe de précaution

 

 

- Le nucléaire : se positionner entre idéologie et réalisme

 

 

 

 

 

 

- Le solaire : un retard par rapport aux allemands, notamment

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

- En France, le combat écologique, parce que concomitant avec mai 68, s’est focalisé sur le seul nucléaire, retardant la sensibilisation à une prise en compte plus globale et plus interactionnelle de la question écologique

 

- C’est par l’émotion que s’initient les mouvements, la volonté de changer. En ce qui concerne l’écologie, l’émotion d’appel est la peur, suscitée par les évènements climatiques des dernières années, dans leur répétition et leur ampleur, et par la cherté advenue du pétrole

 

- La dispersion de l’habitat, voire le mitage du territoire sont à l’origine de l’hégémonie du transport individuel sur le transport collectif

- S’y ajoute une image négative du transport en commun, dans la mesure où il n’est utilisé pour l’heure que par un public captif, celui qui ne peut disposer d’une voiture personnelle (jeunes, personnes âgées, femmes …)

 

 

 

 

 

- Le volontarisme politique fait largement défaut sur les questions environnementales. Et si on inversait les choses ? Si le politique reprenait la main, de façon ferme et catégorique ?

 

- Les actions violentes des écologistes ont pour origine le non respect de la loi, le fait que l’Etat ne la fait pas respecter. Le retour du politique se trouve ici aussi

 

 

- Le nucléaire n’est pas l’énergie de l’avenir, non pas tant parce qu’on ne sait pas traiter ses déchets (on peut éventuellement faire confiance à l’intelligence humaine …) mais parce que c’est un minerai, et donc une matière première, forcément épuisable à terme

 

- Le retard a pour partie comme cause le manque de compétence en la matière des artisans locaux

 

 

 

2. Propositions

 

 

Face aux questions environnementales, on peut adopter le pessimisme. Quand on fait de la politique, et qu’on prône la Liberté, l’Egalité, la Fraternité, on ne se résout pas au fatalisme. Au contraire, on revendique le volontarisme politique, la reprise en mains par une politique, au besoin contraignante, des choses.

 

 

Grandes Idées

Propositions concrètes

 

- Opérer une révolution culturelle et technologique pour économiser l’énergie dans la production industrielle, l’eau dans la production agricole

 

 

 

 

 

- L’évolution technologique et la transformation des mentalités doivent aller de pair

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

- En matière environnementale, une solution isolée ne peut répondre à la problématique

 

 

 

 

 

 

 

- L’apprentissage de l’écologie relève de l’apprentissage du civisme. Dès lors, il a sa place dans l’enseignement (et pas seulement dans l’enseignement agricole)

 

 

 

 

- Volontarisme politique

 

 

 

 

 

 

- Transports collectifs : l’Etat doit intervenir dans un rôle de coordination, de volontarisme de la politique des transports et de promotion d’une image positive du transport collectif

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

- Croissance et consommation : la question des indicateurs de la croissance

 

 

- Energies renouvelables : incitation, formation et information

 

- L’opinion y est prête : agir simultanément sur la contrainte et l’incitation

- Instaurer la contrainte en matière de normes industrielles en matière de construction automobile, de fabrication et fonctionnement des appareils producteurs ou consommateurs d’énergie, d’habitat, d’organisation du territoire…

 

- Appuyer, par des campagnes de sensibi-lisation, la pression des consommateurs et des citoyens sur les constructeurs et industriels et sur les élus pour leur faire adopter des mesures de réglementation contraignantes et précisées dans le temps

- Envisager peu de mesures, mais le faire dans la précision et la détermination de délais précis pour y parvenir

- Construction automobile : contraindre les constructeurs à mettre en œuvre au plus vite les procédés technologiques innovants déjà existants

- La « veille » des appareils : interdire à court terme la fabrication et la mise en vente d’appareils qui ne s’éteignent pas

 

- Légaliser le biocarburant. Pour autant, le biocarburant participe d’une des solutions mais ne peut être LA solution en ce qu’elle provoquerait la concurrence entre espaces agricoles alimentaires et énergétiques

- Ne pas diminuer la TIPP : la cherté du pétrole peut être un des facteurs de prise de conscience chez les consommateurs

 

- Cet enseignement se doit d’échapper à la structure purement disciplinaire de la scolarité mais rentrer à l’école dans une fonction transversale et pluraliste, être envisagé plus dans le sens d’une sensibilisation problé-matique que thématique, dans une démarche d’éducation à la démocratie

 

- En matière de construction des bâtiments, les collectivités doivent donner des signes et montrer l’exemple

- Le volontarisme politique passe aussi par la démultiplication du budget consacré à la recherche et à l’innovation

 

- En matière de transports collectifs, surmonter la parcellarisation des décisions entre collectivités territoriales par une intervention de l’Etat, accompagnée d’un important fond budgétaire

 

- Organiser l’urbanisation autour d’axes bien particuliers, propices à la mise en place de transports en commun

- Site propre et desserte cadencée sont les clefs de la promotion du transport collectif pour que, de visu, les automobilistes en acquièrent la pertinence

- Ferroutage : donner un délai précis à la SNCF pour le mettre en place, sur tout le territoire

- Organiser le co-voiturage

 

- Introduire l’indice de développement humain (éducation, logement, santé …) dans les indicateurs de performance de la croissance

 

- En solaire et éolienne, facteurs d’emploi, agir au niveau local en formation des artisans, information des constructeurs d’habitation, incitation des collectivités

- Soutenir l’information des acteurs profes-sionnels et du public par rapport à EDF et combattre la notion de forfait dans la consommation (où ne sont pas payés de retour les efforts d’économie)

 

 

Poursuivre la réflexion

 

- Le développement durable, pour répondre aux besoins partagés de l’humanité

- Le faire en donnant à chacun le droit de participer à sa construction

- La consommation : passer d’un système linéaire (puiser la matière, l’utiliser, produire du déchet) à un modèle circulaire (prélever, transformer, recycler, ce qui est toujours moins impactant)

-         S’inscrire dans la durée : se donner 50 ans pour redresser la barre nécessite de répondre au problème à hauteur de 2% par an, ce qui est réaliste

- Contribution spécifique de la FRAPNA 74, remise lors du forum :

·        « * Reconnaissance du travail d’animation et d’expertise dans le DEBAT      ENVIRONNEMENTAL PUBLIC des Associations de Protection de la nature agréées Loi 1976

 

·        Reconnaissance par les élus nationaux, départementaux et régionaux de la nécessité d’un financement pérenne des APNE (LPO, FRAPNA, Amis de la terre…)

 

·        Education à la nature dans l’Education nationale généralisée en primaire, secondaire 1er et 2ème cycle

 

·        Refonte des textes encadrant l’utilisation de la TDENS dans le sens protection milieux naturels

 

·        Infraction environnementale plus sévèrement sanctionnée

 

·        Soutien à l’agriculture bio :

 

-         coût exorbitant de la certification bio

 

-         réforme profonde agriculture avec rotation des cultures (réduit ++ pesticides)

 

-         reconstitution des bocages (lutte contre sécheresse/érosion) et aide publique réservée aux mesures agri-environnementales

 

-         mise aux normes sanitaires et environnementales

 

·        Besoin de légiférer sur la préservation et la reconstitution des corridors biologiques

 

·        Besoin de légiférer sur la neige artificielle

 

·        Besoin de rendre obligatoire un schéma régional éolien sur la base des études de potentialité des sites et impact environnemental

 

·        Energie :

 

-         économies d’énergie avec isolation bâtiments anciens

 

-         rendre obligatoire l’efficacité énergétique optimale des bâtiments publics et nouveaux logements individuels et collectifs (les matériaux existent)

 

-         investissement massif sur le transport local et régional par rail

 

-         supprimer les aides directes ou indirectes au transport routier »

 

 

 

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Samedi 16 décembre 2006

SEGOLENE ROYAL - NOUVEL OBSERVATEUR

 

 Ségolène ROYAL a confié au NOUVEL OBSERVATEUR ses propositions pour un développement durable.

 

Le Pacte écologique est un engagement qui touche au cœur de l’exigence environnementale, mais je propose de lancer dès maintenant une nouvelle étape allant au-delà.

 

J’ai placé l’excellence environnementale au cœur de mon programme et je placerai le développement durable au cœur de mon action. La France doit devenir exemplaire en matière de politiques publiques visant au développement durable dans l’ère de l’après-pétrole.

 

Dans ma région, j’ai appliqué cette politique par la preuve en assignant l’objectif d’excellence environnementale au territoire, notamment avec l’initiative Climat qui reprend les objectifs de Kyoto.

 

Depuis le Sommet de Rio en 1992, où je représentais la France en tant que Ministre de l’Environnement, l’évolution n’est pas bonne. Pourtant, la prise de conscience est là. Manque la volonté politique. Nous avons une responsabilité historique face aux défis du changement climatique et à la préservation de la biodiversité.

 

Nous ne devons pas avoir peur d’affronter cette réalité nouvelle, mais au contraire la saisir comme l’occasion d’une révolution douce dans nos modes de production et de consommation.

 

Le bilan de la droite sur le développement durable est catastrophique pour la France : dégradation de la recherche, comme l’a relevé la revue de référence Nature le 23 novembre 2006, recul sur la taxe sur les véhicules polluants, baisse du budget de l’ADEME… Le dernier plan national d’allocation des droits d’émission a été retiré par le gouvernement français au dernier moment, pour éviter un refus certain car il prévoyait des quotas d’émissions supérieurs à ceux de 2005. En matière de développement durable, la gauche et la droite, ce n’est pas équivalent !

 

Le panorama présenté par Nicolas Hulot dans son livre est une bonne base de travail. Je suis favorable à la signature du Pacte écologique et je me réjouis du succès de cette initiative qui traduit la maturité de l’opinion publique.

 

Mais le schéma proposé est incomplet : le développement durable est un problème éminemment politique. Les solutions technologiques ou fiscales ne suffiront pas. De puissants lobbies sont dans la place, comme nous l’avons vu sur la directive REACH (contre les composants chimiques toxiques) : il faut une volonté politique inébranlable pour leur faire face et pour réorienter l’économie. Il y a un lien entre les enjeux environnementaux globaux et les questions de pauvreté et d’immigration. Le véritable défi est de concilier la lutte pour l’environnement avec l’urgence sociale et la croissance économique durable.

 

Je suis animée par cette volonté et je m’engage, si je suis élue, à mettre tout en œuvre pour que la France devienne le pays leader de l’excellence environnementale, de la réussite économique et de l’ordre social juste.

 

De même, j’affirme ma volonté de tenir bon sur les mesures les plus difficiles, celles qui engagent les rapports de force les plus délicats et qui permettent des sauts qualitatifs importants. J’annoncerai tout au long de ma campagne les actions que je défendrai après mon élection : je m’engage ainsi à ce que plus un seul permis de construire ne soit délivré s’il n’intègre les énergies renouvelables. Cela permettra un cercle vertueux « gagnant-gagnant » : les mesures étant annoncées à l’avance, avec l’assurance que mon engagement sera inflexible, le secteur économique pourra anticiper les décisions, ce qui permettra à la fois des améliorations de l’environnement et la création de milliers d’emplois.

 

Voilà la nouvelle donne environnementale que je veux instaurer : je ne veux pas d’une politique environnementale punitive, qui alourdit l’impôt. C’est la force de l’anticipation et la stabilité de la volonté politique qui forment le socle indispensable du Pacte écologique auquel je m’engage.

 

En matière environnementale, il n’y a rien de pire que l’instabilité juridique, car cela rend impossibles les anticipations.

 

Si je suis élue c’est la Présidente de la République qui sera garante des choix de la croissance durable !

 

Si le climat n’a pas de frontière, le changement climatique et le passage à l’après-pétrole ne frapperont pas tout le monde de la même manière. Certes le diagnostic de la crise n’est ni de droite ni de gauche, mais seule une véritable politique de gauche permettra d’éviter que ce soient les plus modestes qui soient les plus touchés par les désordres écologiques.

 

Je souhaite que la structure gouvernementale reflète les trois axes de notre action : priorité à l’excellence environnementale, à parité avec les préoccupations sociale et économique. Il y aura donc, aux côtés du Premier ministre, ces trois piliers de l’action gouvernementale, à autorité et capacité d’intervention égales. 

 

Nicolas Hulot défend la démocratie participative pour la définition et la mise en œuvre de ces politiques. J’en suis la plus ardente avocate, car pour que les rapports entre science et société ne soient plus marqués par la défiance et le soupçon, nous devons développer des conférences de consensus.  

 

Quant aux interrogations sur l’agriculture, là encore, je m’appuierai sur ce que je fais en Poitou-Charentes comme preuve de mon engagement pour que les subventions soient réorientées vers l’agriculture biologique et les filières durables, et approvisionnent les cantines publiques et pour que les cultures OGM de plein champ soient interdites. En tant que Présidente, je négocierai la réforme de la politique agricole commune.

 

 

Je vous propose une nouvelle étape :

 

Les 5 propositions de Nicolas Hulot sont des « premiers pas ». Il faut renforcer notre engagement sur les changements climatiques (la taxe carbone ne suffira pas) et le rendre cohérent avec les mesures sectorielles proposées (sur l’agriculture par exemple). Je m’engage donc sur :

 

- l’exemplarité de l’Etat et des administrations en matière d’excellence environnementale ;

 

- une politique des transports ambitieuse prolongeant les mesures encore trop faibles du Plan Climat ;

 

- l’incitation des entreprises à faire des efforts importants de recherche et développement pour l’efficacité énergétique ;

 

-  la réduction de l’utilisation des substances dangereuses pour la santé publique.

 

A ce stade, la formulation des objectifs est centrée sur la France, sur l’intervention de l’Etat, et finalement assez peu sur une démarche préventive et incitative y compris au niveau des territoires et des entreprises. Les développements sur l’économie de la fonctionnalité sont pertinents mais pourquoi ne pas mettre à contribution les industriels et la grande distribution ? La sobriété doit intéresser tous les secteurs industriels : certains pourraient être utilisés comme pilotes. C’est le cas des industries de l’emballage.

 

Les conséquences de la raréfaction des ressources fossiles sont insuffisamment soulignées. Le cadre français ne peut suffire à traiter cette question.

 

Il faut envisager la dimension politique, les implications sociales et géostratégiques, et l’espace européen.

 

Nous avons à construire un nouveau pacte national, semblable à celui qui, après la Guerre, a permis la reconstruction de l’Europe !

 

Je m’engage pour ce que soient préservées les valeurs de solidarité entre générations, entre régions, entre pays, entre territoires, entre activités économiques (celles qui dépensent de l’énergie, celles qui en consomment moins) et même entre régions du monde (les zones productrices de pétrole, les zones importatrices) contre les déséquilibres générateurs de tensions et de menaces sur la paix.

 

            En matière internationale, une Organisation Mondiale de l’Environnement sans pouvoirs ne suffit pas : un Conseil Mondial du Développement Durable doit assurer la primauté des droits fondamentaux, sociaux, et environnementaux dans le cadre d’une nouvelle hiérarchie des normes internationales.

 

            L’intervention européenne coordonnée est nécessaire pour une politique européenne durable qui permettra d’éviter que la libéralisation des marchés ne débouche sur la constitution de trusts de l’énergie.

 

Cette politique s’appuiera sur la création de pôles de compétitivité européens, notamment en faveur d’investissements massifs dans les énergies renouvelables.

 

L’Europe par la preuve doit être au centre de la politique environnementale. Dès la présidence allemande en 2007, et surtout pendant la Présidence française de l’Union Européenne en 2008, il faudra travailler à une nouvelle politique européenne de l’environnement et de l’énergie autour d’un groupe d’Etats ayant une approche commune et engageant un vaste programme de recherche, d’économies d’énergie et d’investissement (ferroutage).

 

Je m’engage à œuvrer au sein de l’Union européenne à la réintégration des Etats-Unis ainsi que la Chine et l’Inde (assortie de conditions) dans le processus de négociation post-Kyoto. Pour être efficace, la mobilisation doit être planétaire. 

 

Je m’engage également pour que toutes les initiatives des collectivités locales (comme la nouvelle Charte du Développement Durable des Régions) soient encouragées par l’Etat.

 

Quant à la proposition de taxe carbone, elle doit être évaluée avec soin et n’est en tout cas pas suffisante. Elle ne doit pas pénaliser injustement les plus modestes. Elle devrait permettre d’investir dans la R&D, les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique, l’isolation, le ferroutage, les transports collectifs en ville.

 

Cette taxe ne peut s’envisager sans un schéma de compensation efficace. La baisse des charges sociales sur le travail (pour éviter les délocalisations d’activités consommatrices d’énergies fossiles) peut être une piste. Il faut mettre en place une fiscalité environnementale globale. Un moyen rapide et efficace d’intervention consiste à introduire une variable environnement dans les multiples instruments fiscaux existants : je m’engage pour une TVA tendant vers zéro pour toutes les écoactivités et les produits responsables.

 

Il faut enfin lancer un vaste plan d’économies d’énergie. L’isolation des habitations est cruciale : toutes les chaudières au fioul devront être remplacées sous 5 ans, avec le soutien d’aides fiscales. Je m’engage pour que des aides à l’isolation dans les logements anciens soient accordées. L’efficacité énergétique passe aussi par des normes sévères sur les appareils électroniques et les éclairages. Je m’engage à une réforme des marchés publics en faveur de critères environnementaux favorisant les nouvelles filières (papiers recyclés, bois certifiés).

 

En matière économique, la labellisation environnementale rend attractifs des produits qui tout au long de leur cycle de vie respectent les normes environnementales. Le bien-être environnemental, la qualité de l’air, de l’eau, sont aussi importants que la croissance du PIB, dont les critères doivent être modifiés.

 

C’est aussi un enjeu de santé publique, permettant d’assurer à chacun – salariés ou consommateurs – que sa santé n’est pas mise en danger.

 

Merci à Nicolas Hulot d’avoir fait émerger la prise de conscience de l’urgence écologique. Il a montré que les Français se soucient de l’état dans lequel ils la laissent la planète aux générations futures.

 

Je veillerai à ce que cette question reste centrale tout au long de la campagne.

 

Je m’engage aujourd’hui, comme je l’ai fait en tant que Ministre et dans ma région, en faveur du développement durable. Je  ferai de l’environnement l’un des cœurs de mon action, comme un pilier de la croissance durable et de l’ordre social juste.

 

 

 

 

 

 

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Mercredi 13 décembre 2006

Peut mieux faire: c'est en substance le message qu'a adressé mardi Ségolène Royal à Nicolas Hulot, venu discuter avec elle des dix objectifs et cinq mesures de son pacte pour l'environnement. Se présentant comme "visionnaire" sur le sujet, la candidate a annoncé qu'elle signerait ce pacte tout en revendiquant des "nuances" et en affichant son intention de le "compléter".

La candidate du PS s'est toutefois défendue de chercher à obtenir le soutien du très populaire fondateur d'Ushuaïa. "Il est libre", "je ne suis pas dans un calcul politique", a-t-elle assuré.

Si Ségolène Royal et Nicolas Hulot ont constaté des points de convergence sur le pacte, aucun accord n'est de fait intervenu en vue d'un éventuel soutien. "Il y a un certain nombre de points qui méritent encore d'être travaillés", a exposé l'animateur à l'issue. "Il n'y a pas convergence sur tout", "on s'appelle bientôt".

 

La championne du PS a indiqué qu'elle signerait le pacte, comme plusieurs autres candidats à l'Elysée. Mais elle n'entend pas s'en contenter et a affiché sa volonté de le "compléter". "Sur ces questions environnementales, il faut être visionnaire". Ancienne ministre de l'Environnement et très active dans sa région Poitou-Charentes, elle a revendiqué sa "crédibilité" sur le sujet. "Ça fait quinze ans que j'agis pour l'environnement", a souligné celle qui veut faire de la France le "pays de l'excellence environnementale".

 A cet égard, elle a discrètement renvoyé dans les cordes son rival de l'UMP Nicolas Sarkozy, qui a récemment dévoilé ses pistes en matière d'écologie. "Il y a vraiment un recul du gouvernement actuel en matière environnementale, qui ne le rend absolument pas crédible si aujourd'hui un membre quelconque de ce gouvernement prend des engagements sur l'environnement", a-t-elle tancé.

 Revenant aux cinq mesures concrètes du pacte de Nicolas Hulot, elle a émis des doutes sur son idée de "taxe carbone". Il ne faut pas "augmenter systématiquement les impôts sur les énergies fossiles" pour ne pas fragiliser le pouvoir d'achat, a-t-elle jugé, refusant toute "démarche punitive" en matière d'environnement. Son credo: mieux vaut "encourager" les comportements vertueux en baissant la TVA ou en promouvant les transports collectifs.

 Elle s'est montrée dubitative sur l'idée de charger un vice-Premier ministre du développement durable car "il ne faudrait pas tomber dans des annonces artificielles ou démagogiques". Et a estimé que si un tel poste était créé, il faudrait parallèlement un vice-Premier ministre "chargé de la question sociale et de l'emploi".

 

 

 

Enfin, elle a proposé plusieurs "compléments" au pacte de Nicolas Hulot. Elle s'est notamment engagée à conditionner les permis de construire au respect de normes environnementales dans les nouveaux bâtiments. Elle a également proposé un "plan national de grands travaux sur l'isolation des bâtiments anciens", qui permettrait selon elle de créer près de 450.000 emplois.

 

 

 

Source : AP

 

 

 


 

 

 

 

 

 

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Mercredi 13 décembre 2006

Ce mardi 12 décembre à Annecy, une quarantaine de personnes se sont retrouvées pour débattre sur le thème : développement durable, préparer l'après pétrole.

Après l'état des lieux présenté par Charles MAGNIER, directeur de l'association Prioriterre et chroniqueur à France Bleu Pays de Savoie (vers 7h50 le matin), un débat très intéressant avec des intervenants très au fait de la question. Des membres de la FRAPNA et des Amis de la Terre se sont également exprimés.

Le compte-rendu sera très prochainement disponible sur ce blog.

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Mercredi 6 décembre 2006

De TF1 au Dauphiné Libéré, les médias se sont déchaînés ce week-end contre la soi-disant "faute" de Ségolène ROYAL au Liban. Ce n'est qu'un aperçu de ce qu'il va falloir subir pendant toute la campagne. La réalité est on ne peut plus simple. Dans le cadre des ses multiples contacts au Proche-Orient, Ségolène ROYAL a rencontré des députés libanais de la Commission des Affaires étrangères. Dix-sept personnes, dont l'ambassadeur de France au Libal, un proche de Chirac, sont autour de la table. En retrait un groupe de journalistes. Deux interprètes, l'un derrière S. Royal et l'ambassadeur, l'autre parmi les journalistes. Selon les journalistes, le député Ali Ammar, membre du Hezbollah, s'en prend aux Etats-Unis et compare l'action d'Israël, qualifié "d'entité sioniste" au "nazisme qui a occupé la France". S. ROYAL ne réagit pas à ce dernier propos.

Le lendemain, S. ROYAL découvre dans la presse française le compte-rendu de cette rencontre. Indignée, elle déclare "Je n'ai pas entendu cette comparaison, ni l'ambassadeur. Cela aurait entraîné immédiatement notre départ de la salle". M. Emié, l'ambassadeur, confirme qu'il n'a pas entendu  les paroles d'Ali Ammar. D'ailleurs, qui peut croire que si S. ROYAL n'avait pas réagi à des propos insultants pour Israël, elle aurait été accueillie aussi chaleureusement par les responsables israéliens, dont le Premier Ministre ? Non, la droite a simplement profité de l'absence de S. ROYAL pendant tout le week-end pour monter sa petite opération politicienne.

 
 

Jean-Louis Bianco, co-directeur de campagne de Ségolène Royal a jugé mardi "minable" et "ridicule" la "petite polémique lancée" par la droite sur le voyage au Proche-Orient de la candidate PS à la présidentielle.
A Beyrouth, "les députés du Hezbollah étaient là comme les autres députés", a déclaré dans les couloirs de l'Assemblée nationale M. Bianco, qui a accompagné Mme Royal au Proche-Orient.
"Au mois de juin, l'Assemblée nationale et le Sénat ont reçu une délégation parlementaire libanaise avec deux députés du Hezbollah, je n'ai entendu aucun des cris d'orfraie d'un certain nombre de gens à droite. Cela ne leur posait aucun problème", a affirmé l'ancien ministre PS. 

C'est dire à quel point cette polémique est ridicule", a-t-il dit. "Nos interlocuteurs, à Beyrouth, à Gaza, à Jérusalem ont été gênés pour la France, c'est une petite polémique minable qui dessert les intérêts de la France".
M. Bianco a justifié le refus de Mme Royal de rencontrer des députés du Hamas, car "le Hamas n'a fait aucun pas" et "dès lors qu'il venait de rompre avec les autorités palestiniennes, il n'y avait aucune raison de les voir".
Interrogé sur la justification, par Mme Royal, des survols des positions de la Finul par des appareils israéliens, M. Bianco a affirmé : "elle n'a pas changé de position, elle est allée écouter les soldats de la Finul. Ils lui ont dit que ces survols étaient dangereux et diminuaient notre crédibilité mais, selon eux, il semble que cela aille mieux", a-t-il poursuivi.
Selon M. Bianco, Mme Royal "l'a répété aux responsables israéliens" qui ont assuré que "les dispositions étaient prises pour que ça ne se répète pas". "Restent les survols d'observation qui peuvent poser problème au regard de la communauté internationale mais dont on peut comprendre les motivations par rapport à la surveillance de l'introduction d'armes et d'éléments terroristes", a jugé M. Bianco.
S'agissant du mur de séparation en Cisjordanie, Mme Royal "a dit que, comme les réfugiés, comme les colonies, cela ne pouvait se régler que dans le cadre d'un règlement global".
"Le problème du mur, c'est peut-être avant tout un problème de tracé parce qu'il ne respecte pas la ligne verte de 1967, avant même d'être un problème de principe. Le problème ce n'est pas le mur c'est: peut-on construire la paix avec un mur?", a conclu le député PS.


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Mardi 28 novembre 2006
Devant plus de 1.500 personnes et 400 journalistes réunis à La Mutualité pour son investiture officielle, Ségoléne Royal a promis de "remettre le progrès social au coeur de toutes les décisions politiques".
 
 
Vous m'avez donné de la force, cette force gardons-la intacte, faisons-la grandir pour avoir la victoire en 2007.

Merci de me transmettre ce flambeau devant tous les socialistes rassemblés.

Nous écrivons aujourd'hui ensemble une belle page de l'histoire de France. Un nouvel espoir s'est levé à gauche, comme une vague en formation, qui ne demande qu' à grandir.

J'ai besoin de tout le monde, j'ai besoin de tous les talents, j'ai besoin de tous les socialistes.

C'est la droite qui par ses choix fabrique de l'insécurité sociale, du désordre et de la violence. Elle les fabrique parce qu'elle croit qu'en prétendant les résoudre, elle va gagner la prochaine échéance

La campagne sera victorieuse si nous le méritons.

Pendant cette phase d'écoute, nous allons débattre de quatre thèmes: l'éducation, la lutte contre toutes les formes de violence, le problème de la vie chère" et l'excellence environnementale et le co-développement.

Accomplissons ensemble notre devoir pour les millions de Français qui attendent qu'on mette fin à ces politiques de rupture, de fracture, d'insécurité et de précarité."

Aidez-moi à tracer ce chemin, aidez-moi à construire ce renouveau.

La campagne sera victorieuse si nous le méritons et si nous y travaillons.

Dans cette campagne, il y aura des embûches, des chausse-trapes, car la droite ne recule devant rien. Il y aura des chutes mais nous nous relèverons, il y aura des entorses mais nous les soignerons, il y aura des pièges mais nous les contournerons. J'ai de la résistance, de la force, de l'obstination et du courage.

Il s'agit d'un beau combat des idées et ce combat-là nous allons le gagner.
 
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Samedi 18 novembre 2006
Déclaration solennelle de Ségolène Royal.
 
Pour que la France saisisse toutes ses chances, et réalise le progrès pour tous, le respect pour chacun.
 
Je remercie les militants du parti socialiste qui sont venus voter en masse et qui ont donné à toutes celles et tous ceux qui veulent que ça change la force d’y croire.
Je ne tire de ce résultat aucune gloire personnelle mais je mesure l’immense responsabilité de ne pas décevoir toutes celles et ceux qui espèrent.
L’élection présidentielle va à l’essentiel : la possibilité pour chacun de choisir son destin et de le maîtriser dans les turbulences du monde d’aujourd’hui.
Oui, la France peut reprendre la main. Oui elle peut croire suffisamment en elle, renouer avec le meilleur de son histoire, se projeter à nouveau dans l’avenir pour construire un destin commun.
Car les questions que se posent les Français, nous les connaissons : la pauvreté et la précarité sont-elles une fatalité ? Non – ces risques inédits, ces inégalités qui se creusent, ces fragilités qui déstabilisent même ceux qui se croyaient à l’abri, est ce là le visage inéluctable de la modernité ? Assurément pas
Ces jeunes qui désespèrent de pouvoir vivre un jour de leur travail, ces salariés qu’on pousse vers la sortie bien avant l’âge de la retraite, ces familles qui n’arrivent plus à joindre les deux bouts, à se loger correctement, à élever leurs enfants, et qui s’endettent pour faire face aux dépenses courantes, est-ce cela la condition promise aux millions d’ouvriers, d’employés, de salariés mais aussi d’artisans, de commerçants, de petits agriculteurs et de retraités qui forment l’immense majorité du peuple français ? Je ne le crois pas et je ne le veux plus.
Etre socialiste c’est garder au cœur une révolte intacte.
Le socialisme, c’est mettre le progrès social au cœur de toutes les décisions politiques - le progrès social pour tous et le respect pour chacun. C’est l’Education au cœur de tout, encore l’Education, toujours l’Education.
Le monde a changé, la France a bougé, alors la politique doit changer.
Je veux non seulement incarner ce changement profond mais le construire avec tous.
La politique doit partir de la réalité de la vie des gens, être attentive aux leçons que le peuple donne, comprendre que le citoyen est le mieux placé pour faire le diagnostic de sa vie et pour dire au nom de quelles valeurs la gauche doit agir.
La France doit donner à chacun les moyens de prendre effectivement son existence en mains. Voilà pourquoi les libertés individuelles appellent des solidarités et des garanties collectives à construire.
N’ayons pas peur des idées neuves, puisons-les dans la vie quotidienne du peuple français, dans ses souffrances, dans ses difficultés mais aussi dans ses talents et dans ses formidables réussites.
La France doit saisir toutes ses chances et se redresser.
Je veux lui donner cette fierté sans prétention inutile, qui l’aidera à rassembler ses forces et à écrire, avec tous les siens, une nouvelle page de son histoire.
Je la vois créative, innovante, mais bridée de trop de lourdeurs et de méfiances, fragilisée par un Etat qui se désengage et qui devra demain assumer toutes ses responsabilités dans le cadre d’une autorité juste.
Je la sens, cette France, en avance sur ceux qui la gouvernent et qui se plaignent de son immobilisme. Les Français sont prêts aux réformes mais ils ne veulent pas consentir aux décisions qu’on leur impose sans les y associer ; ils ne sont pas partants pour des efforts qui, toujours, pèsent sur les mêmes. Etre socialiste et conduire une politique à gauche, c’est apporter la garantie permanente du recul des inégalités, des précarités et des insécurités. Parce que c’est comme cela que le pays sera plus fort dans la compétition internationale.
On nous répète que le pouvoir échappe à la nation, que la volonté politique peut de moins en moins, que ce n’est plus l’Etat-Providence mais l’Etat-minimal, faiblement protecteur qui serait dans le sens de l’histoire.
Je crois moi tout le contraire. Je crois que la politique peut beaucoup et prouver jour après jour son efficacité.
On nous dit que la mondialisation a disqualifié la nation et l’aspiration croissante à l’autonomie individuelle se ferait forcément au détriment du collectif.
Je crois moi tout le contraire ; ce sont les solidarités collectives qui nous rendront plus forts.
Ma conviction est à l’inverse de cette idéologie insidieuse : c’est au contraire, en restant fidèles à nous-mêmes que nous pourrons résister le plus efficacement aux vents mauvais d’un libéralisme sans foi ni loi et en